Bonjour à tous !

Voici le chapitre 4 😊.

Bonne lecture !

Chapitre 4

26 octobre 2001

Comme promis par Ron, ils accompagnèrent Harry à son rendez-vous. Il avait quelques minutes d'avance et Malefoy n'était pas encore arrivé. Harry décida d'aller l'attendre de l'autre côté de la rue.

- On te laisse Harry, dit Hermione. Mais ne t'enfuie pas, on sera sous la cape d'invisibilité jusqu'à ce qu'il arrive. Tu ne pourras pas lui poser de lapin.

Harry grogna mais hocha la tête. Ses pensées étaient allées bon train lors du repas. Il s'était contenté de répondre à ses amis par monosyllabes pendant qu'il imaginait des scenarii catastrophe sur son rendez-vous avec Malefoy.

Lorsque Harry tourna la tête, ses amis avaient disparu et Drago Malefoy se tenait de l'autre côté de la route, balayant les alentours sûrement à sa recherche. Lorsque le blond l'aperçut, il sourit et le rejoignit en quelques enjambées.

Harry fut surpris par sa tenue. Un simple jean, une chemise et des chaussures moldues passe-partout. Le jean lui serrait les cuisses et, si Malefoy daignait se retourner, Harry était persuadé que ses fesses seraient parfaitement moulées. Il en bavait presque. Et s'il ne faisait pas d'efforts pour arrêter de penser au petit cul de Malefoy, Salamèche en baverait réellement.

- Bonsoir Potter. Suis-moi.

Harry ne posa pas de questions et le suivit. Mais c'était sans compter ses pensées traitresses.

Et si c'était un piège ? Et si l'ancien Serpentard l'emmenait dans un endroit mal famé pour le torturer puis le tuer ? Et si le rendez-vous n'était qu'un stratagème pour le ridiculiser ? Et si…

Un choc arrêta sa liste de « si » et un bras chaud entoura sa taille pour l'empêcher de tomber.

- Ça fait deux fois, Potter, n'en prends pas l'habitude.

Harry releva les yeux sur Malefoy et vit son sourire un peu moqueur. Le bras quitta doucement son corps et Salamèche frétilla, déçu. Il se mit à rougir et ne répondit pas, trop gêné.

Malefoy, haussa un sourcil mais ne fit pas d'autres commentaires. Il se dirigea vers une porte et entra dans le bar devant lequel ils s'étaient arrêtés. Harry devait arrêter de penser et se concentrer sur le présent.

Il suivit Malefoy. Le bar moldu était un bar comme tous les autres, jugea le brun du peu qu'il en savait. Il suivit le blond vers le fond de la pièce en saluant l'un des barmen d'un signe de tête et les installa sur une table un peu en retrait. La musique pop n'était pas trop forte et le bar commençait à se remplir.

Harry se saisit de la carte des boissons pour occuper ses mains et fit semblant de s'y intéresser. À part le Whisky, il ne connaissait pas beaucoup d'alcools moldus. Sorciers non plus, après réflexion. Il n'avait aucune idée du goût du Gin, du Martini ou du Rhum et avait un très mauvais souvenir avec la Vodka.

Et il ne devait pas boire d'alcool. Plus jamais. Il ne se faisait pas assez confiance pour ne boire qu'un verre. Inconsciemment, il était toujours à la recherche de l'oubli de soi et l'alcool était un moyen simple d'y parvenir. Surtout dans un bar.

Mais Malefoy ne pouvait pas savoir alors Harry décida de ne pas lui en vouloir. Pas trop. Ce n'était pas comme s'il venait de jeter le brun dans son enfer personnel. Non, pas du tout.

- Qu'est-ce que vous prendrez ?

La voix d'une serveuse le sortit de ses pensées. Se fixer sur le présent allait être plus difficile que ce qu'il avait imaginé.

- Un bloody Mary pour moi mon ange, répondit Drago avec un clin d'œil et un sourire charmeur.

- Oh, on sort des sentiers battus ce soir, mon chou ? t0aquina la serveuse en lui rendant son sourire.

Harry aurait juré la voir rougir mais la lumière était trop tamisée pour qu'il en soit complètement sûr.

Elle était plutôt jolie, c'est vrai, observa-t-il. Pulpeuse, jambes musclées, visage harmonieux, mains soignées. Ses yeux étaient d'un marron banal mais son regard était rehaussé par de longs cils et un maquillage fin.

La serveuse se tourna vers Harry et attendit. Il reporta son attention sur la carte et commanda :

- Un mojito sans alcool et une assiette de tapas à partager s'il-vous-plait.

Il releva la tête et fit un sourire qu'il espéra éblouissant à la serveuse. Le regard de la femme croisa l'émeraude des yeux de Harry et il la vit clairement rougir cette fois.

Malefoy se racla la gorge et Harry pinça les lèvres pour s'empêcher de rire. Ils pouvaient être deux à jouer la carte de la séduction. Ses couilles étaient de retour pour il ne savait combien de temps et il allait en profiter avant que Salamèche n'aille les planquer il ne savait où. Pardonnez-lui sa vulgarité.

La serveuse partit en sautillant presque et ils se regardèrent en chien de faïence. Harry vit Drago reprendre contenance.

Le moment terrible était arrivé. Ils n'avaient rien à se dire et allaient se regarder dans le blanc des yeux toute la soirée. Il devrait peut-être partir avant de se ridiculiser. Il allait sûrement renverser son verre ou s'étouffer avec un tapas ou sa chaise allait se briser et il se retrouverait les quatre fers en l'air. Ne riez pas, avec la chance qu'il avait, il était persuadé que cela pouvait lui arriver.

Malefoy posa son dos sur le dossier de sa chaise et adopta une posture moins… Malefoy, et un peu plus naturelle que l'habituelle rigidité qui le caractérisait. Harry choisit de rompre le silence le premier, ça devenait pesant.

- Tu viens dans ce bar régulièrement ?

Drago ricana. Bon, il n'aurait peut-être pas dû engager la conversation.

- Décidément Potter, tu aimes énoncer des évidences.

Harry repensa à la scène dans son magasin. Oui, il aurait définitivement dû se taire. Il se tassa sur sa chaise et décida de ne plus l'ouvrir. Du tout. Il racontait trop d'âneries.

Un air doux passa sur le visage de Malefoy en voyant sa réaction.

- Je suis un habitué oui. Je viens ici régulièrement avec Grégory, Pansy et Blaise. C'est notre coin détente.

- Pourquoi un bar moldu ?

Satanée bouche !

- Sûrement pour la même raison que toi tu préfères aller dans le monde moldu dès que tu le peux. Notre… réputation nous empêche de fréquenter certains lieux.

Harry acquiesça. Il n'y avait rien à répondre. Lui fuyait les populations en liesse à chacun de ses passages et de l'image que les gens avaient de lui. Eux fuyaient la haine de ces mêmes personnes emplies de préjugés et d'idées de vengeance.

Pendant sa formation d'auror, Harry avait entendu parler de tentatives de prises d'otages et meurtres sur les enfants de mangemorts encore en liberté. Ils étaient traités de la même manière que Harry, Ron et Hermione : en scoops et possibles scandales. Sauf que le trio récoltait remerciements et admiration alors que les enfants de mangemorts encaissaient haine injustifiée et insultes.

- Je comprends, finit-il par répondre doucement.

Drago acquiesça et la serveuse revint déposer leurs consommations. Harry sortit de sa poche sa bourse et régla la note sans faire attention à la mine renfrognée de Malefoy. Il laissa un pourboire généreux et les doigts de la serveuse s'attardèrent un peu plus longtemps que nécessaire sur sa main.

- Quand as-tu appris l'art de la drague ? demanda Malefoy une fois qu'elle fut partie. Maladroit comme tu es, je ne te savais pas capable d'autant d'adresse avec les femmes.

Harry se détendit un peu, but une gorgée de son cocktail – pas mal - et s'étira la nuque. Malefoy commença à taper du pied et ses lèvres se retroussèrent. Emmerder Malefoy lui avait manqué.

- Depuis ce soir. Je ne savais pas que ça fonctionnait aussi bien.

- Si j'ai bien compris le signal, tu ne rentreras pas seul ce soir, répliqua Malefoy en faisant jouer ses sourcils, le sourire goguenard que Harry connaissait si bien sur les lèvres.

- Je passe mon tour, répondit Harry en haussant les épaules.

- Pourquoi ? s'exclama le blond. Elle est jolie, dans nos âges et tu lui plais.

- Elle a aussi des seins, un peu trop d'œstrogènes et pas assez de poils.

Harry se raidit brusquement en analysant ses dernières paroles. Merde. Merde, merde et merde ! Un éclat de rire lui parvint. Malefoy riait franchement devant lui. C'était la première fois qu'il l'entendait. Si Salamèche avait pu miauler, il l'aurait fait. Sexy…

- Elle va être déçue, dit Drago après quelques instant, son éclat de bonheur s'atténuant. Pourquoi tu l'as draguée alors ?

- Je m'entraine, répondit Harry.

- Les femmes ne se draguent pas de la même manière que les hommes, Potter.

- Ah, et comment tu sais ça ?

Seul un air mystérieux lui répondit. Harry se promit de creuser. Mais pas pour l'instant. Il devait continuer à rester calme jusqu'à la fin de la soirée, et ça allait lui demander beaucoup d'énergie. Étrangement, c'était la première fois depuis longtemps qu'il se sentait lui-même en d'autre compagnie que celle de Ron et Hermione.

- Au fait, Potter, merci pour la pub. L'article de Sorcière Hebdo, ajouta Malefoy à la mine perdue de Harry.

- Oh ! s'exclama ce dernier, remerciant intérieurement Hermione. Désolé, j'ai oublié de remettre ma cape en partant. J'espère que ça ne t'a pas posé trop de problèmes.

- Potter, je t'ai remercié, ce n'était pas ironique, le rassura le blond. Des visiteurs curieux sont venus au magasin après l'article et j'ai récupéré quelques commandes.

Harry ne sut que répondre et se contenta de hocher la tête. Il se rappela soudain du nom du magasin.

- Pourquoi avoir pris le nom de jeune fille de ta mère pour le nom ?

- Tu connais le nom de ma mère, Potter ? Tu n'es peut-être pas si ignare que je le pensais.

Harry eut envie de lui tirer la langue. Il le fit. Il devait rester naturel. Si Malefoy n'acceptait pas Harry, alors tant pis. Mais il ne mentirait pas, même si c'était pour réprimer des gestes puérils.

- Malefoy rit face à son geste en secouant la tête.

- Finalement, il n'y a rien à faire pour toi, tu es un cas perdu.

Cette fois, ce fut le majeur de Harry qui lui répondit.

Le rire de Malefoy résonna à nouveau dans les oreilles de Harry. Délicieux… Salamèche approuva en s'allongeant.

- C'est Granger qui me l'a conseillé. Au début, je voulais prendre mon nom, pour bien narguer le Ministère.

- Orgueil mal placé, marmonna Harry.

- Tout à fait, approuva Malefoy. Mais Granger m'a convaincu de faire profil bas et de prendre un nom plus discret. La population a oublié que ma mère est une Black. Ils ont la mémoire courte.

Le souvenir d'articles de presse signés Rita Skitter en mémoire, Harry approuva en soupirant.

- Comment Hermione est-elle mêlée à ton magasin ?

- Elle ne t'a pas dit ? C'est elle qui a autorisé l'ouverture de la boutique. C'est pour ça que j'étais là-bas quand on s'est recroisés la première fois.

Tout s'expliquait. Et il avait fallu que Harry traine dans le coin à ce moment précis. Quoi que, pour l'instant tout se passait bien.

- En quoi consiste ton travail ? questionna de nouveau Harry.

- Toujours aussi curieux, il y a des choses qui ne changent pas, remarqua Drago.

- Et c'est mal ? s'inquiéta aussitôt Harry.

Il était curieux par nature, est-ce qu'il devait changer ça pour être Harry et juste Harry ? Non, non, non, il n'avait pas à changer un de ses traits de caractère pour devenir lui-même. « Contre-productif » aurait répondu son thérapeute.

- Non, nia Drago. C'est rassurant, au contraire.

Harry ne comprit pas mais ne releva pas. Pourquoi pas, après tout. Et il resterait curieux. Même si Malefoy n'avait pas été d'accord avec ça.

- Je répare des objets magiques cassés, je restaure et je peux aussi adapter un outil moldu au monde magique en fonction du besoin du propriétaire. Aujourd'hui, un homme est venu avec une perceuse moldue. Il voulait qu'elle fonctionne sans électricité. C'est sa femme moldue qui lui a fait découvrir l'objet et il le trouve plus pratique que le sort de creusage qu'on utilise habituellement. Les trous sont plus propres et les forets permettent de choisir la taille exacte que l'on veut.

- Tu as l'air plutôt d'accord avec lui, remarqua Harry.

- C'est le cas. Les moldus se sont adaptés à leur mode de vie sans magie et sont beaucoup plus créatifs que les sorciers. Nous ne faisons que nous reposer sur nos acquis et sur ce que nous apporte la magie, sans chercher à évoluer. Eux, sont toujours dans l'innovation, ils cherchent toujours à aller plus loin. Regarde par exemple…

Harry sentit un sourire tendre prendre place sur son visage. Les joues un peu roses, Malefoy s'était emballé et parlait avec de grands mouvements des bras. Il semblait passionné par son sujet. Le Drago Malefoy coincé dans le contrôle de ses sentiments et dans la haine des moldus semblait loin.

Il était fasciné par ses mouvements. Les mains du blond palpitaient, son torse se soulevait et s'abaissait au rythme de sa respiration et ses lèvres bougeaient. Une dent se plantait régulièrement dedans et il commença à avoir chaud.

- La machine à coudre dans ma vitr… Tu m'écoutes ?

Harry s'arracha à sa contemplation du corps de Malefoy et croisa son regard. Oups, il n'avait pas l'air content.

- Oui, je t'écoute, je…

- M'admirais-tu, Potter ?

Le rouge aux joues, Harry souhaita disparaitre. Il chercha des yeux un moyen de fuir. Une porte, une fenêtre, un trou de souris, une bagarre, des mangemorts en soif de vengeance… Tout mais par pitié, qu'on le laisse s'enfuir !

Drago dut sentir son malaise. Son regard se fit calculateur et il se pencha vers Harry, les coudes sur la table. L'odeur de sciure de bois envahit les narines de Harry.

- Tu évalues tes chances pour savoir qui fera craquer la serveuse le premier ? Inutile, tu n'as aucune chance.

Harry éclata soudain de rire. La pression dans ses épaules se relâcha et il respira de nouveau. Malefoy lui avait offert une porte de sortie, et il était persuadé que c'était volontaire.

Ce nouveau Malefoy, plus naturel, moins moqueur et plus ouvert l'intriguaient. Il était beau, commençait un travail qui avait l'air de le passionner et de lui correspondre, avait une éducation magique que Harry ne pourrait jamais rattraper et il était sûr de lui.

Un éclair de jalousie le traversa. Il était parfait. Tout ce que lui aurait voulu être après la guerre était en face de lui. Malefoy s'était détaché de la guerre, de ce qu'il y avait vécu et réussissait là où Harry échouait lamentablement.

- Potter, t'es toujours avec moi ?

Harry regarda Malefoy, un peu perdu. Il revint sur Terre et se fustigea. Pensées parasites de me…

- Oui, oui je suis toujours là, répondit-il avec un sourire hésitant.

Il tenta de changer de sujet.

- Tu m'as dit que tu restaurais des objets. Quelles sortes d'objet ?

- Tu m'écoutais bien, je me suis trompé, répliqua Malefoy.

Le sourire et la posture décontractée au fond de la chaise revinrent et l'odeur de sciure de bois disparut. Harry but une gorgée pour reprendre contenance et se lécha les lèvres. Il choisit un amuse-bouche de l'assortiment posé sur la table et attendit. Malefoy prit également quelque chose à manger avant de répondre.

- Je restaure de tout. Des vieilles horloges de grand-mère, aux salons de jardins chauffants qui n'ont pas été conservés correctement.

- Tu touches au bois ?

- Oui, c'est une matière que j'apprécie particulièrement. Tu as une idée précise ? soupçonna le blond.

- C'est possible, oui.

Harry se tortilla sur sa chaise, mal à l'aise. Il pouvait toujours demander mais il avait peur d'un refus catégorique. Après tout, Malefoy et lui ne se revoyaient que depuis peu et c'était première conversation sans insultes qu'ils arrivaient à tenir depuis… Jamais. C'était une première.

« On n'a rien sans rien », pensa-t-il. Il se lança.

- J'ai fait un peu de ménage dans une des pièces de ma maison ces derniers jours. C'est la salle à manger principale. Les meubles sont magnifiques mais la table est éraflée et trouée à certains endroits et deux chaises sont fichues. Selon mon elfe, un Reparo ne pourra rien y faire, il manquerait des pièces.

- Si ton elfe l'a dit, c'est que c'est vrai, approuva Drago. Les elfes ont des connaissances infinies sur le maintien d'une maison et des pouvoirs que les sorciers n'ont pas, développa-t-il en voyant l'air interrogateur de Harry. Ils sont capables de faire la différence entre une cire d'abeille pure et une cire d'abeille modifiée en un coup d'œil et peuvent réparer, nettoyer et adapter beaucoup plus efficacement que les sorciers tout ce qui a un lien avec la maison. Ils peuvent recoller une tapisserie ou…

- Jeter un sort de Glue Perpétuelle sur un tableau pour que les habitants ne puissent pas se débarrasser du portrait ? lança à tout hasard Harry.

- Ce serait étrange mais oui, en principe, ils peuvent le faire, affirma Drago.

- Je comprends mieux, marmonna Harry.

Drago fronça les sourcils.

- Tu habites où déjà ? Ça a l'air d'être du vécu.

- Au Square Grimmaurd. Ta mère t'en a peut-être déjà parlé. C'est le portrait de la sœur de ta grand-mère, Walburga Black, qui a été collée sur le mur au fond de l'entrée par son très cher elfe de maison. Ainsi que toutes les têtes des ancêtres de Kreattur. Eux, ils sont dans le couloir de l'entrée et vont jusque dans les escaliers.

Malefoy avait l'air d'hésiter entre rire et plaindre Harry. Le rire gagna. Le brun profita jusqu'à la dernière goutte de cet élan de bonheur. Salamèche laissa Harry déguster son plaisir.

- Pourquoi aurait-il fait ça ?

Harry haussa les épaules.

- Disons que depuis la mort de sa maitresse, il n'a plus toute sa tête.

- Pourquoi tu le gardes, alors ?

- Je l'aime bien.

Malefoy le regarda étrangement. Il ne pouvait pas comprendre. Kreattur les avait aidés pendant la chasse aux horcruxes et avait ravalé son aversion pour les traitres à leur sang et autres sangs de bourbe depuis que Harry lui avait offert le médaillon. Il avait été présent lorsque Harry était au plus mal. Et l'elfe n'était pas dangereux si on le traitait bien. C'est-à-dire, si on ne lui en demandait pas trop.

- Et ma table et mes chaises, tu pourrais faire quelque chose ? reprit Harry. Je te paierai pour ton travail, bien entendu.

- Il faudrait que je voie l'étendue des dégâts. La table peut accueillir combien de personnes ?

- Une vingtaine je dirai, je n'ai pas compté.

- Il faudra que je me déplace, on ne peut pas réduire sans dégâts permanents un objet de cette taille.

- Laisse tomber alors, répondit Harry, déçu. Ne gâche pas un weekend pour ça.

- Pas si vite, Potter, s'exclama Malefoy.

Un serveur passa pour prendre leurs verres vides et Harry recommanda un Bora Bora, sans alcool toujours. La couleur de la boisson sur la photo lui avait plu. Drago prit un Whisky sans glace. Harry colla son dos au fond de la chaise pour ne pas sentir l'odeur de son alcool fétiche lorsque le serveur le leur apporta. Heureusement, Malefoy n'eut pas l'air de s'apercevoir de la gêne de Harry, concentré à régler les consommations avant le brun.

- Je disais donc… reprit Malefoy après avoir pris une gorgée et fini l'assiette de nourriture. C'est un peu de mon patrimoine familial dont on parle, Potter. Et je ferme ma boutique deux jours par semaine pour me rendre chez des clients comme toi qui ont des objets trop volumineux pour être transportés. Donc ça ne pose aucun problème. Je viendrai.

- Très bien, répondit Harry.

Il était bêtement heureux. Il allait revoir Malefoy ! La compagnie du blond était vraiment agréable et il se rendit compte qu'il s'était monté la tête pour rien. La conversation était facile et les sujets sensibles comme la guerre n'avaient pas été abordés.

Il prit sa serviette en papier, changea le parasol de son cocktail en stylo discrètement avec sa baguette et écrivit l'adresse de sa maison.

- Retiens bien ce qui est écrit. Tu recevras un hibou demain avec ce qui manque.

Il s'était fait Gardien du secret de sa maison juste après la guerre. L'idée avait beaucoup déplu à Ron et Hermione. Beaucoup de gens savaient qu'il habitait cette maison et son choix de gardien du secret était trop évident. Alors, Harry avait décidé de faire appel à un second Gardien. Pour avoir accès à la maison, il fallait que les deux Gardiens donnent chacun leur morceau d'adresse et, seulement ainsi, la maison était découverte. Seuls Ron, Hermione et les Weasley – et bientôt Malefoy – avaient eu ce privilège. Et Luna Lovegood, puisqu'elle était la Gardienne de la seconde partie de l'adresse.

Luna étant qui elle était, personne n'irait imaginer que Harry lui avait confié un tel secret. Et elle était plus que fidèle. Les craintes de ses amis avaient été apaisées.

Malefoy prit la serviette en frôlant les doigts de Harry qui fut parcouru d'un frisson. Toujours aussi chauds. Malefoy avait la peau couleur neige mais dégageait une chaleur digne d'un volcan en éruption. Il vit le blond lire plusieurs fois le mot et brûler de lui-même la serviette.

- Je ferme les lundis et mercredis, qu'est-ce qui t'arrange ? reprit Malefoy.

- Tout dépend de tes disponibilités, je ne veux pas bousculer ton planning, répondit Harry.

Peut lui importait, en vrai, il ne faisait rien de ses journées quoi qu'il arrive.

- Je suis disponible dès lundi prochain, je peux arriver chez toi pour 9 h. Avec le petit déjeuner, ajouta-t-il à la grimace de Harry.

Ce dernier approuva de mauvaise grâce. Ne pas faire la grasse matinée allait peut-être lui faire un peu de bien. Retrouver un rythme normal faisait partie de ses objectifs sur le long terme parmi tant d'autres. Et non, se lever à 12 h 30 et se couche du matin n'était pas un rythme sain. Parole de thérapeute. Et de Hermione. Et de Molly aussi.

Ils repartirent sur d'autres sujets et la soirée s'étira sans que Harry ne s'en rende compte. Lorsque la cloche de la dernière tournée sonna à minuit passé, ils finirent par se lever.

Sur le pas de la porte du bar, Harry eut un regain de courage.

- Merci Malefoy, j'ai passé une bonne soirée.

- Drago, le reprit l'intéressé.

- Pardon ? hoqueta Harry.

- Appelle-moi Drago.

Puis le blond se retourna et s'engouffra dans une ruelle. Un petit « Pop » annonça qu'il était bien parti.

Harry suivit sa trace des effluves de sciure de bois se sentaient encore après le passage de Malefoy. Il devait vraiment aimer travailler le bois pour avoir cette odeur accrochée à lui.

Arrivé dans la ruelle, il fronça le nez. L'odeur des poubelles était beaucoup moins agréable. Il disparut chez lui aussi et atterrit en douceur dans l'entrée. Il monta silencieusement jusqu'à sa chambre et s'étala sur son lit sans se déshabiller.

Il avait passé une excellente soirée. Malefoy était d'une excellente compagnie. Drago.

Et en plus ils se reverraient bientôt. Il s'endormit, un sourire béat aux lèvres.