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Hermione est devenue muette suite a un mauvais sort d'un camarade ou rival et que la plupart des élèves sont ravis car ils ne supportaient plus son caractère de "miss je sais tout". Cependant, Hermione remarque que petit a petit les personnes qui se moquent d'elle reçoivent des mauvaises blagues comme les cheveux colorées, vomissement de limace, les dents qui poussent etc. En réalité c'est Draco qui est derrière tout ça, car au fond de lui il aimait bien être en compétition avec Hermione et depuis qu'elle a perdu sa voix, elle s'enferme sur elle-même.
Hermione se réveilla et se prépara, comme tous les matins ses camarades de dortoir étaient encore endormies. Une fois ses vêtements enfilés elle se rendit dans la salle commune et sourit en voyant ses deux meilleurs amis. Elle voulu les saluer, mais aucun son ne réussit à franchir ses lèvres. La née Moldue se racla la gorge en fronçant les sourcils, pensant qu'elle était peut-être juste légèrement enrouée, mais lorsqu'elle voulu de nouveau parler, le même résultat se produisit. Harry arqua un sourcil :
-Hermione, c'est bizarre que tu ne puisse plus parler. Tu as mal à la gorge ?
La jeune sorcière secoua négativement la tête et Ron enchaîna :
-Est-ce que tu as bu ou mangé quelque chose d'inhabituel ?
Nouveau mouvement de tête négatif après avoir essayé de prononcer un simple « non » mais qui ne sortit pas. Le trio resta là, hagard, sans vraiment savoir quoi en penser. Le trio décida de partir pour la Grande Salle, car l'heure du petit-déjeuner arrivait. En chemin, ils essayèrent de réfléchir à une explication rationnelle à tout ça, mais une idée leur apparaissait comme évidente : Hermione était victime d'un sort ! La jeune sorcière avait l'air désespérée, et cela faisait mal au cœur à ses deux amis.
Ils s'installèrent tous les trois à la table et commencèrent à manger. Au bout d'un moment Ron décida de s'approcher de la table des professeurs et demanda timidement :
-Bonjour Professeur McGonagall, pensez-vous qu'un sort puisse rendre quelqu'un muet ?
-Bien sûr, mais pourquoi poser cette question puisque vous parlez ?
-C'est Hermione, plus aucun son ne sort de sa bouche quand elle essaye de parler.
-Voilà qui est étrange ! Il faudra qu'elle passe me voir plus tard, je verrai ce que je peux faire.
-Merci beaucoup.
Ron retourna s'asseoir à table et se remit à manger. Il lança, la bouche pleine :
-J'ai été voir le Professeur McGonagall, elle dit que tu devras aller la voir, qu'elle va essayer de t'aider.
Hermione écarquilla les yeux, attrapa une plume et un morceau de papier et écrivit à toute vitesse avant de lui montrer le résultat avec un regard accusateur :
-Mais pourquoi tu as été lui en parler ?! C'est tellement humiliant !
-Bah je voulais t'aider... ça me fait de la peine de te voir comme ça.
Les autres autour d'eux semblaient avoir commencé à remarquer le manège, et certains commencèrent à ricaner. Hermione baissa les yeux et se remit à manger avec l'air triste, elle se doutait bien que les autres devaient être contents qu'elle ne puisse plus parler. Une Serdaigle lança un peu plus loin en souriant d'un air diabolique :
-Pour une fois elle va enfin nous foutre la paix, Madame Je-sais-tout !
Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux mais essaya de les chasser, elle avait sa fierté. Elle finit de manger et partit pour leur premier cours de la journée. Pendant le cours elle essaya de répondre aux questions, mais une fois de plus le silence fut la seule réponse qu'elle parvint à donner. La sorcière était désespérée, elle détestait cette impuissance, elle avait l'air tellement idiote. Chaque fois elle ouvrait la bouche et on aurait dit un poisson hors de l'eau qui essayait de se débattre pour respirer, alors qu'elle, c'était pour essayer de faire sortir des sons ! Au bout d'un moment, Hermione décida de ne plus essayer de répondre aux questions, même si elle en connaissait la réponse et que devoir se retenir était la pire des tortures.
Hermione prit la décision de ne pas aller voir la Présidente de leur maison, elle voulait essayer de se débrouiller seule. Elle finirait bien par trouver qui lui avait fait ça ! Elle n'y pouvait rien si elle était brillante et si les autres n'avaient pas ses connaissances ! Avec un peu de chance, demain matin tout serait revenu à la normal, alors elle ne voulait pas aller ennuyer sa professeur avec quelque chose d'aussi inintéressant.
Elle passa donc une journée épouvantable, à ne toujours pas pouvoir parler, et à devoir essuyer les moqueries sur son passage. Car bien sûr, tout le monde avait remarqué que la jeune Gryffondor ne pouvait plus rien dire et ça leur faisait apparemment des vacances à tous ! La née Moldue se persuada que tout serait revenu sur pied le lendemain et que les choses allaient s'arranger, que ce n'était qu'un mauvais moment à passer. Elle mangea donc avec ses amis le soir et finit par aller se coucher, elle était épuisée et triste que malgré toutes ses tentatives, elle reste définitivement muette.
Le lendemain, Hermione rejoignit ses amis comme la veille, et là encore, lorsqu'elle voulut les saluer, rien ne sortit de sa bouche. Elle soupira et décida d'aller à la bibliothèque. Elle voulait trouver des explications sur sa situation dans les livres, sans avoir à subir l'humiliation de demander de l'aide à ses professeurs, car elle se doutait que sa situation devait être une vengeance de quelqu'un. L'énorme bibliothèque du château n'avait plus de secret pour elle, et la sorcière avait tout de suite su vers quelle étagère se diriger. Elle avait lu plusieurs livres, mais aucun ne lui apportait de réponse satisfaisante. Elle soupira et quitta la bibliothèque car son cours de potion allait commencer.
Hermione entra dans la pièce et remarqua trois filles dans un coin qui rirent en la voyant arriver. Apparemment le fait d'être encore muette aujourd'hui avait fait le tour du château dès le petit-déjeuner. La sorcière s'installa à sa table et le professeur Rogue commença son cours. Il lança un regard à la jeune Gryffondor en voyant qu'elle n'était pas la première à essayer de répondre comme d'habitude. Les autres ricanèrent de nouveau, mais un regard noir du professeur leur intima aussitôt le silence.
Après le cours, ils partirent dans la cour pour prendre l'air. Hermione s'assit dans un coin en soupirant, elle n'avait envie de voir personne. Harry et Ron avaient essayé de lui remonter le moral, mais toutes leurs gentilles paroles ne faisaient que la faire se sentir encore plus mal et inutile. Elle préférait donc être seule, pour réfléchir au moyen de se guérir toute seule. Elle vit passer les trois Serpentards qui s'étaient moquées d'elle tout à l'heure et arqua un sourcil. Tessa avait les cheveux rouges alors qu'elle les avaient bruns habituellement, Sidonie avait maintenant de grandes dents de lapin, et Glandys avait plein de boutons partout alors qu'un peu plus tôt elles étaient tout à fait normales. Hermione ne savait pas vraiment ce qui s'était passé, mais elle sentit son cœur se réchauffer un peu de voir qu'elles étaient punies pour leurs moqueries. À la fin de la pause, la jeune fille repartit pour son cours suivant. Le soir elle mangea à peine avant d'aller se coucher, elle voulait être seule, elle était épuisée de constater que ses efforts étaient vains et que ses recherches n'étaient pas fructueuses. C'était la première fois qu'elle ne trouvait pas de réponse à ses questions dans des livres !
Les jours passaient et la Gryffondor restait muette. Elle désespérait de plus en plus et se demandait si elle ne finirait pas par aller voir Madame Pomfresh ou le Professeur McGonagall, car elle n'en pouvait plus de ce silence. Elle n'arrivait pas à parler, et elle ne voulait plus voir personne, elle fuyait tout le monde comme la peste. De plus, chaque fois qu'elle sortait de son dortoir, elle devait affronter les moqueries de ses camarades. Toutefois, étrangement, quand certains se moquaient d'elle, elle voyait qu'ils étaient eux aussi victimes de mauvais tours quand elle les recroisait. Bernardo, un garçon de Poufsouffle avait vomi des limaces toute la journée après s'être moqué d'elle pendant le petit-déjeuner la veille, Henrietta, une Gryffondor s'était retrouvée couverte de poils après lui avait lancé un « bah alors miss je-sais-tout, on fait moins sa maligne depuis quelques jours ! » pendant un cours d'astronomie.
La jeune femme soupira, elle ne savait plus quoi faire, elle avait l'impression de devenir folle ! Elle avait arrêté d'insister car elle avait peur de se casser les cordes vocales à force d'essayer de forcer pour parler. Elle resta donc dans son coin, à se demander ce qui allait bien pouvoir se passer maintenant, et quand ça allait enfin s'arrêter ! Chaque fois qu'elle voyait Harry et Ron elle se cachait, elle ne voulait plus les voir car la pitié dans leurs yeux lui apportait plus de mal que de réconfort. Même pendant les repas, elle se contentait de venir chercher de quoi manger, cachée sous la cape d'invisibilité qu'elle avait chipée à Harry. Le brun n'avait toujours pas remarqué qu'elle lui avait chipé le vêtement, et la jeune femme en était ravie car ça lui permettait de pouvoir se déplacer sans qu'on l'embête. Elle ne sortait à découvert que pour aller en cours, car malgré son envie de rester dans son lit, elle ne pouvait se résoudre à sécher les cours.
Hermione finit par se dire qu'elle n'allait jamais retrouver sa voix. Ça faisait plus d'un mois qu'elle n'arrivait plus à parler, alors elle ne se faisait plus trop d'illusions. Les autres continuaient de se moquer d'elle et ça lui faisait mal à en mourir, mais elle essayait de garder la tête haute. Elle voyait toujours que ceux qui se moquaient d'elle était ensuite sévèrement punis par quelqu'un d'autre. Hermione comprit qu'une personne dans le château essayait de lui rendre Justice, et elle voulait trouver qui c'était, pour comprendre pourquoi cette personne la vengeait sans pour autant venir lui parler. C'était totalement incompréhensible, mais la jeune Gryffondor était heureuse de sentir que quelqu'un la protégeait dans l'ombre. La sorcière se lança donc dans une nouvelle quête : trouver son justicier de l'ombre !
Hermione suivait donc ses cours, tout en essayant de repérer qui, à part Harry et Ron car elle savait que ce n'étaient pas eux, réagissait face aux moqueries des autres. Elle avait beau scruter les réactions chaque fois qu'on se moquait d'elle, elle ne remarquait jamais qui que ce soit qui semblait réellement blessé pour elle. Enfin si, il y avait Neville, mais elle l'avait interrogé à ce sujet, et il avait avoué à regret que ce n'était pas lui, que lui aurait été du genre à utiliser des plantes et qu'aucun mélange n'aurait pu lui fournir de tels résultats quand elle décrivit les changements qu'elle avait remarqués chez tous ceux qui s'étaient moqué d'elle. Neville s'excusa, mais il ne savait pas qui était son vengeur masqué et il le regrettait car il aurait aimé pouvoir l'aider. Hermione retourna donc dans son dortoir et se laissa tomber sur son lit, se creusant les méninges pour essayer de trouver de qui elle pouvait bien attirer la pitié pour qu'on veuille la venger. Ça faisait bien trop longtemps qu'elle ne pouvait plus parler, et ça la rendait plus solitaire que jamais. Elle ne voulait pas rester silencieuse pour le reste de sa vie, car elle avait encore tant de choses à dire ! Il fallait qu'elle trouve qui était la personne qui trouvait amusant de lui avoir lancé un tel sort et lui demander pourquoi.
La Gryffondor faisait donc de son mieux pour essayer de trouver les réponses à ses questions, tout en restant seule dans son coin la plupart du temps. C'était plus fort qu'elle, Hermione ne voulait plus affronter les autres si ce n'était pas nécessaire. Elle voulait rester seule, ça l'aidait à réfléchir et ça lui épargnait le besoin d'écrire pour se faire comprendre des autres chaque fois qu'elle devait communiquer avec eux. Elle se sentait si humiliée et inutile depuis qu'elle ne pouvait plus parler, elle avait l'impression que ses problèmes ne pourrait plus jamais se résoudre !
Hermione observa avec plus d'attention tous ceux qui étaient présents dans la pièce quand elle se fit encore embêter par d'autres camarades en cours de divination. Les Gryffondor et les Serpentard partageaient le cours, et la sorcière ne réussit pas à distinguer de réaction qui pourrait lui mettre la puce à l'oreille. Finalement, après le cours, Joyce, une Serpentard s'approcha :
-Je t'aime tellement mieux depuis que t'es muette ! J'en pouvais plus de t'entendre faire ta maligne en permanence. T'es qu'une sang de bourbe qui essaye de se faire passer pour plus intelligente qu'elle ne l'est ! Là au moins tu peux voir que t'es pas celle que tu crois, que sans ton claquet toujours ouvert, tu n'es rien du tout ! T'es qu'une sale Moldue, t'as rien à faire à Poudlard !
Hermione partit en courant, c'étaient les paroles les plus affreuses qu'on lui avait dites depuis bien longtemps.
Elle alla se cacher dans un coin pour pleurer, elle avait sortit la cape d'invisibilité d'Harry qu'elle avait toujours avec elle dans ses affaires. Elle était donc dans un coin, à pleurer, lorsqu'elle vit Joyce passer devant elle, seule. Draco arriva et posa sa main sur son épaule :
-Hey Joyce !
La Serpentard se tourna et sourit à Draco, c'était évident qu'elle avait un faible pour lui. Celui-ci la regarda avec un regard de glace :
-Ce que tu as dit à Hermione était horrible ! Ce n'est pas de sa faute si elle est plus intelligente que toi et que tu te sens humiliée à cause de ça !
Avant que sa camarade n'ai eu le temps de réagir, Draco sortit sa baguette et l'agita en prononçant une formule à voix basse. Aussitôt la Serpentard se mit à gonfler comme un ballon de baudruche et Draco cracha :
-Maintenant laisse-la tranquille ! Et si j'apprends que c'est toi qui as jeté ce sort de mutisme, je ne me contenterai plus d'un petit sort innocent, crois-moi.
Malfoy partit comme il était venu, sans se retourner face au désarroi de sa camarade. Hermione était sous le choc face à la scène qu'elle venait de voir. Draco était le dernier auquel elle aurait pensé pour prendre sa défense ! Habituellement le Serpentard la détestait, et il avait d'ailleurs été le premier à la traiter de sang de bourbe lors de leur deuxième année ! Joyce partit et Hermione sortit de sous la cape une fois qu'elle fut sûre d'être totalement seule.
Les jours suivants, Hermione essuya d'autres moqueries, et en se cachant sous la cape, elle vérifia effectivement que c'était toujours Draco qui la vengeait. Il avait fait pousser les dents d'un, fait disparaître les cheveux d'une autre, fait roucouler un garçon à chaque fois que ce dernier voulait parler... La jeune Gryffondor était flattée qu'il prenne sa défense, dans un sens. Toutefois elle ne comprenait pas un tel revirement, il fallait qu'elle lui demande des explications !
Le lendemain, la sorcière décida qu'il était temps d'aller demander des comptes à Draco. Elle alla donc le voir, à un moment où il était seul. Elle s'approcha et l'observa avant de lui tendre un papier :
-Je sais ce que tu fais pour moi. Pourquoi ?
Draco rougit et se passa une main sur la nuque, semblant hésiter avant de répondre :
-J'ai bien vu que tu t'étais refermée sur toi-même depuis que tu n'arrives plus à parler et je trouve ça triste. En plus, j'aimais bien notre rivalité intellectuelle, le fait d'être en compétition. Par contre, je ne sais pas qui t'as lancé ce sort de mutisme, ni combien de temps il va durer, mais je mène mon enquête.
Hermione attrapa sa plume et écrivit un autre mot sur le papier :
-Mais pourquoi t'intéresser à moi soudainement ?
-Parce que maintenant que tu n'es plus la première à répondre à toutes les questions en cours, je te découvre autrement. Je réalise que tu es très vulnérable, et ça me touche. Je n'ai pas toujours été tendre avec toi et je le regrette. Mais les autres n'ont pas à se moquer de ta souffrance, je n'arrive même pas à imaginer à quel point tu dois souffrir de ne plus pouvoir t'exprimer.
Hermione, poussée par un élan qu'elle ne contrôla et ne comprit pas, se jeta au cou du blond et déposa un rapide baiser sur les lèvres de Draco avant de reculer aussi vite qu'elle s'était élancée. Elle rougit et écrivit à la hâte :
-Je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris !
-Ce n'est rien, j'imagine que savoir que quelqu'un essaye de se mettre à ta place te fais du bien. En plus en sachant qu'on a jamais été amis, c'est peut-être plus important pour toi que quand ça vient de tes vrais amis. Ça veut dire que d'autres personnes peuvent se soucier de toi sans que tu en aies conscience.
Hermione hocha la tête d'un air pensif, en effet elle n'avait pas pensé à tout ça. Elle découvrait une sensibilité chez le Serpentard qu'elle n'avait jamais soupçonnée, mais en même temps, elle ne le connaissait pas ! À part leur rivalité, elle n'avait jamais échangé de paroles avec lui avant aujourd'hui ! Draco croisa les bras sur son torse et eut un léger sourire en coin :
-Comment tu as su que c'était moi ?
-J'ai volé la cape d'invisibilité d'Harry pour me cacher, et tu as puni Joyce devant moi sans le savoir. Alors après j'ai surveillé ceux qui se moquaient de moi, pour voir si tu allais les punir eux aussi.
Hermione écarquilla les yeux, les mots venaient de sortir de sa bouche ! Elle sautilla sur place en applaudissant :
-Je peux à nouveau parler ! Merci !
-Je n'y suis pour rien.
-Si, c'est grâce à toi !
Elle le serra fort dans ses bras et murmura :
-Je crois qu'au fond de toi, je ne sais pas par quel moyen car on ne se connaît pas finalement, mais tu dois souffrir et que du coup, tu t'es vu en moi.
Draco referma ses bras autour d'elle sans rien dire. Pendant un bon moment il resta silencieux, puis il finit par murmurer :
-Je n'aime pas parler de moi, mais oui je souffre, et oui je me suis vu en toi, quand tu as commencé à te couper de tout le monde. Moi je fanfaronne, je fais exprès de faire l'inverse, mais au fond je me sens très seul. Tu n'imagines pas la pression que mon père met sur mes épaules en permanence. Cette rivalité avec toi, c'est la seule chose qui me permet de me sentir intelligent alors que mon père me répète constamment que je suis stupide. Alors j'avoue que ça me manquait depuis quelques temps, de ne plus t'entendre parler.
Ils reculèrent et la jeune femme sourit :
-C'est là qu'on voit qu'en fait on est pas si différents !
-En effet, et euh... la rivalité n'était pas la seule raison pour laquelle ta voix me manquait.
-Ah non ?
Hermione ouvrit de grands yeux surpris. Draco rougit de nouveau, baissa la tête et reprit :
-Non, elle me manquait car sans savoir quand ni pourquoi, j'ai fini par tomber amoureux de toi. Et te sentir si démunie, et voir que les autres en profiter pour te faire souffrir... je n'ai pas supporté !
La Gryffondor hocha la tête, ça faisait beaucoup d'informations d'un coup. Elle n'avait jamais suspecté que Draco Malfoy, le rival de leur trio, pourrait être amoureux d'elle ! Elle recula d'un pas :
-Je... c'est gentil, mais je ne sais pas quoi répondre à ça.
-Ce n'est rien, je ne te demande pas de me dire quoi que ce soit, je voulais juste que tu le sache.
-Merci, c'est très gentil.
-Je pensais que tu devais le savoir, je n'en pouvais plus de garder le silence.
-En tout cas merci de ton aide, c'est grâce à toi que je peux reparler maintenant !
-Non.
-Bien sûr que si ! Dans mon monde, il y a un conte de fée qui dit qu'un baiser d'amour est la magie la plus forte... alors peut-être que mon baiser de tout à l'heure a déclenché ça. Après tout, tu es amoureux de moi alors ça suffit peut-être.
Hermione se sentit rougir et se détourna vivement. Sa voix lui avait semblé fausse, comme si elle mentait. Mais c'était impossible, elle ne pouvait pas être amoureuse de ce détestable Draco Malfoy ! Certes il était plutôt beau avec ses cheveux clairs, ses yeux bleus et sa mâchoire carrée, mais ça ne retirait pas le fait qu'il était imbuvable le reste du temps. Ils ne se parlaient que pour s'affronter, alors Hermione ne comprenait pas pourquoi ni comment elle aurait pu tomber amoureuse de lui ! Elle finit par lancer :
-Je dois y aller !
Et elle partit en courant sans lui laisser le temps de répondre, de peur que le blond ne devine son secret et ses pensées.
Hermione se réfugia dans son lit et se roula en boule sous la couverture. Il fallait qu'elle fasse le point, qu'elle réfléchisse à tout ce qui venait de lui arriver. Tout à coup, l'idée qu'elle était amoureuse de Draco lui semblait être une évidence ! Mais pourquoi ne l'avait-elle jamais remarqué avant ? C'était si étrange ! Comment annoncerait-elle à ses amis qu'elle avait retrouvé la voix ? Comment leur expliquer le pourquoi du comment ? Et de quelle manière allait-elle leur annoncer qu'elle était amoureuse de Draco, finalement ? Hermione soupira et finit par s'endormir, elle était épuisée.
Elle continua de jouer la muette pendant quelques jours de plus, car elle n'osait pas avouer la vérité à ses deux meilleurs amis. Elle se fichait bien que les autres continuent de se moquer d'elle, car elle savait qu'elle pouvait compter sur Draco maintenant. Car même si ce dernier connaissait la vérité, il continua de la venger chaque fois qu'un élève se moquait d'elle. Finalement, la Gryffondor donna rendez-vous au Serpentard, un soir, près du Saule Cogneur.
Hermione attendait au point de rendez-vous, et Draco finit par arriver. Il la regarda avec surprise :
-J'avoue que je ne m'attendais pas à un rendez-vous nocturne. Que me vaut l'honneur ?
-Je crois que je suis amoureuse de toi moi aussi, mais que je n'en avais pas conscience avant.
-Pourquoi tu ne parles qu'avec moi ?
Hermione se sentit stupide sous cette question, car elle savait que son attitude l'était. Elle finit par lancer :
-Je ne sais pas comment avouer à Harry et Ron que je peux à nouveau parler grâce à toi, grâce à notre baiser. J'ai peur de leur réaction quand je le leur dirai. Après tout, tu es notre pire ennemi, alors dire que je suis amoureuse de toi va faire l'effet d'une bombe !
Draco enfouit ses mains dans ses poches pour se donner contenance, mais la jeune sorcière vit que ses paroles le flattait et lui faisait plaisir. Il haussa les épaules :
-T'es pas obligée de leur dire pour nos sentiments. Tu peux juste dire que tu es guérie et que tout va bien.
-Mais je n'ai pas envie de leur mentir. J'aime l'idée qu'on soit amoureux, malgré nos différences, car au fond, on a aussi pleins de points communs.
Draco hocha la tête, il comprenait son point de vue. Il se pencha et déposa un léger baiser sur ses lèvres :
-On a tout notre temps avant de l'annoncer à qui que ce soit. On peut simplement profiter et nous voir en secret, en attendant de vérifier si c'est sérieux et ce que ça va donner.
-Oui, tu as raison.
Hermione sourit et posa sa tête contre son épaule :
-Tout est si compliqué !
-Je sais, désolé.
-Tu n'y es pour rien.
La jeune femme soupira et ils restèrent un moment ainsi, avant qu'ils ne doivent repartir chacun de leur côté, de peur de se faire découvrir dehors alors que l'heure du couvre-feu était passée depuis longtemps !
Les semaines suivantes, Hermione continua donc de voir Draco en secret. Elle avait fini par avouer à ses amis qu'elle avait retrouvé la parole, mais ne leur avait pas révélé la vraie façon dont elle l'avait retrouvée. Elle se contentait de dire que la personne qui avait lancé le sort avait dû se lasser et changer de victime. Elle n'en était pas mécontente, mais ça lui avait apporté une nouvelle humilité qu'elle n'avait pas avant. Elle avait réalisé qu'en effet, avant elle avait été particulièrement hautaine et agaçante. Toutefois elle avait repris sa joute avec Draco comme avant, pour ne pas éveiller les soupçons. Elle voulait que leur amour naissant reste encore un secret pendant un temps, pour qu'ils puissent être sûrs que leur relation était assez solide pour affronter le jugement de leurs amis respectifs. Après tout, leurs maisons étaient rivales, ils ne s'entendaient pas en temps normal, alors annoncer qu'ils étaient amoureux et ensemble du jour au lendemain allait forcément faire parler ! Alors finalement, Hermione aimait l'idée de Draco de vivre leur amour dans leur coin pour le moment. D'ailleurs, ils ne savaient pas encore si ça marcherait entre eux, alors autant prendre leur temps et garder les choses officieuses autant que possible.
Quelques temps plus tard, la jeune femme découvrit par hasard que ce n'était pas un élève qui lui avait jeté ce sort, mais le professeur McGonagall elle-même ! En effet, la jeune Gryffonfor était sous la cape d'invisibilité pour se rendre en cachette à un rendez-vous avec Draco, et elle avait surpris une discussion entre la professeur et le professeur Rogue :
-Vous voyez, c'était une brillante idée de faire ça. Mademoiselle Granger est maintenant bien plus humble, et vous devez avouer qu'ils sont adorables tous les deux, à essayer de cacher leurs sentiments !
-Je ne sais pas si on peut dire que l'idée était brillante. Elle était plutôt risquée !
-Bien sûr que non, c'est un sort anodin et élémentaire, qui ne pouvait pas mal tourner. Elle était si aveuglée par son besoin de reconnaissance puisqu'elle est née Moldue et qu'elle veut prouver qu'elle mérite sa place ici, qu'elle ne voyait rien d'autre. Je lui ai permis de voir les choses autrement, de se focaliser sur autre chose qu'être la première a répondre. C'est une bonne sorcière, une très gentille jeune femme, mais elle n'arrivait pas à voir ce qu'elle avait sous les yeux. C'était évident que Malfoy était amoureux d'elle, et je pense qu'ils s'apporteront de bonnes choses mutuellement, ils sont bien plus identiques qu'ils ne le pensent.
-J'imagine oui, je ne suis pas le meilleur placé pour juger de ce sujet précis, n'est-ce pas ?
-Je sais que votre vie sentimentale n'est pas simple Severus, mais je sais que vous avez déjà été amoureux.
Les deux professeurs s'éloignèrent, et la jeune sorcière resta un moment immobile, à digérer tout cela. Si même les professeurs se mettaient à jouer ce genre de tours maintenant ! Finalement elle partit pour son rendez-vous avec Draco et lui expliqua tout. Celui-ci éclata de rire avant de la prendre dans ses bras :
-Ce n'est pas si grave, on va dire que ça partait d'une bonne attention !
-Oui mais... et si ça avait mal tourné ? Après tout, tu aurais pu ne pas réagir !
-Mais je l'ai fait.
-Je sais, mais elle aurait pu simplement me parler.
-Tu crois vraiment que ça aurait suffit à te faire changer de point de vue ?
-Non, j'imagine que non.
La Gryffondor soupira et se blottit contre lui. En effet tout était très étrange et se bousculait dans sa tête. Les paroles de sa professeur avait été un véritable électrochoc pour elle. Elle réalisait qu'en effet, avant elle ne voyait que le fait d'être la première de la classe comme priorité. Il fallait qu'elle prouve à tous les autres qu'être une Moldue ne faisait pas d'elle une mauvaise sorcière, bien au contraire ! Elle comprenait qu'elle avait vraiment dû être une jeune femme énervante et détestable aux yeux des autres, car si même les professeurs se mettaient à lui faire ce genre de choses pour la faire réagir ! Les moqueries des autres élèves ne l'atteignaient pas la plupart du temps car le plus important pour elle était de toujours réussir ses cours et examens, mais à présent elle comprenait mieux qu'elle devait vraiment taper sur les nerfs des autres. Draco déposa un baiser sur son front :
-Ce n'est rien, l'important c'est que tu sois guérie maintenant et que tu aies réalisé qu'être la première de la classe n'est pas le plus important. Il ne faut pas t'arrêter à ce que les autres pensent de toi, car je sais ce qu'ils pensent de moi aussi : que je suis un fils à papa, que je n'ai rien dans la tête, que je suis trop pourri gâté... et c'est en partie vrai ! Mais ils ne savant pas que mon père ne m'aime pas, qu'il me met une pression incroyable et que peu importe ce que je fais, je ne suis jamais assez bien pour lui. Nous avons tous nos propres démons, et il est très dur de les montrer. Par contre, pour les autres il est très facile de nous juger dessus sans chercher à nous connaître plus que ça. Moi je premier je vous ai pris en grippe avec Harry et Ron alors que je ne vous connaissaient pas. C'est la nature humaine, ce n'est pas si grave.
-Je ne te connaissais pas si sage !
-Que veux-tu, c'est ça d'être avec une fille brillante, tu déteins sur moi !
Il se mit à rire et la serra dans ses bras. Il voulait essayer de la consoler car il comprenait que réaliser tout cela était difficile pour elle. Elle était si aveuglée par son besoin de succès qu'elle n'avait pas vu qu'elle en faisait trop, et maintenant que c'était le cas, bien sûr elle réalisait que le regard des autres pouvait être vraiment douloureux lorsqu'on s'y attardait. Hermione redressa la tête et l'observa :
-Je ne comprends pas comment, en étant si intelligente, je n'avais jamais compris avant que tout le monde me trouvait si embêtante et que j'étais totalement à côté de la plaque !
-Non, ce n'est rien. Moi j'aimais bien que tu sois comme ça. Tu ne passeras pas toute ta vie à Poudlard, on s'en fiche bien de ce que les professeurs et les autres élèves peuvent penser de toi. À la fin de ta scolarité, tu partiras et tu feras ta vie ailleurs, et ce ne sera pas grâce à eux que tu réussiras brillamment, mais bien grâce à ton intelligence et ton caractère battant et compétitif !
Il lui fit un clin d'œil et l'embrassa à nouveau. Hermione soupira d'aise, rassurée par les paroles du blond. Elles lui faisaient le plus grand bien, car elle savait qu'il avait raison. Une fois sortie de l'école, elle pourrait devenir qui elle voulait, faire le métier qu'elle voulait, et sa réussite elle ne le devrait qu'à elle, et à personne d'autre. Ce mauvais tour de sa professeur lui avait au moins permis de réaliser qu'elle était amoureuse de Draco et de connaître sa première romance, et que pour la première fois elle ne voulait pas tout contrôler. C'était ça le plus important à retenir !
Fin.
