Disclaimer : Magnificent Century Kösem est l'oeuvre de Yılmaz Şahin .
Résumé : Si elle n'avait pas convoité le pouvoir, elle n'en serait pas là. Entre la femme et l'autorité, elle choisira toujours l'autorité. [Magnificent Century : Kösem]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de fandoms méconnus (49/50) + Période historique du 12/08/2022 au 19/08/2022 : L'EMPIRE OTTOMAN (1299-1922) + Palette des sens 29 Toucher : Des poils de chat Vue : Une lettre ouverte Goût : Miel Odorat : Encens Ouïe : La pluie
La femme et l'Etat
Dehors, la pluie arrose Constantinople. L'encens embaume les appartements de la sultane. D'un geste répété, délicat et presque inconscient de la main, Safiye caresse sa chère Elizabeth, laquelle mâchonne un jouet. Sur la table, une lettre de sa fille Hümasah, laquelle lui annonce la terrible nouvelle :
Elle a perdu le bébé qu'elle attendait.
Elle n'était qu'en début de grossesse donc les dégâts sur son corps sont moins importants.
Elle retombera enceinte assez vite.
Safiye l'espère et prie pour une fille : une fois en âge, elle pourra la marier à un pasha pour maintenir son influence, faire ainsi barrage à Handan. La petite Mahpeyker, Anastasia comme elle s'évertue à se prénommer, est encore jeune et malléable. A travers elle, elle peut régner sur Ahmed et donc sur l'Empire, comme elle l'a fait avec son mari Murad ou avec son fils Mehmed. Elle se penche, attrape son gobelet de sherbet. Le cuisinier a un peu trop forcé sur le miel mais comme elle a un peu mal à la gorge, ce n'est pas plus mal.
-Ma sultane ?
-Oui, Bülbul ?
-Je tenais à vous présenter mes condoléances pour la perte de l'enfant à naître de la sultane Hümasah. Quelle tragédie !
L'espace d'un instant, Safiye réalise une chose : elle pense en dirigeante mais plus en mère. Une mère aurait de suite écrit à sa fille, serait allée la voir pour la consoler de sa perte. Elle-même serait attristée.
Elle n'éprouve aucun chagrin.
Elle pense juste à l'opportunité gâchée.
Le pouvoir vient au prix de l'humanité, dirait-on.
-Merci, Bülbul. Nous sommes touchée par ta bienveillance. Nous l'écrirons à notre fille.
Elizabeth ronronne. La grand-mère du padichah sourit : si elle n'avait pas convoité le pouvoir, elle n'en serait pas là.
Entre la femme et l'autorité, elle choisira toujours l'autorité.
FIN
