Le prix d'un Baiser.
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En se levant, en ce matin du quatre mai, Tina pensait passer une journée normal.
Elle pris une douche rapide et un café noir avec deux sucres, comme d'habitude. Elle enfila l'uniforme, puis le harnais où elle rangea son arme et sa carte électronique. Elle saisi, pour finir, sa casquette et ses écouteurs anti-bruit, avant de jeter un dernier coup d'œil à son miroir pour une dernière vérification. Satisfaite, elle quitta son domicile.
Comme les autres jours, elle était tirée à quatre épingles et prête à prendre son service. Sa posture était droite, sa marche assurée, elle se rendit au commissariat où elle allait certainement passer une journée des plus banales.
Elle l'imaginait déjà.
Elle arrivera à l'heure, en même temps que son coéquipier Lewis.
Elle croisera sûrement Hank et Connor qui apporteront le petit déjeuné après être passé à la nouvelle boulangerie du coin.
Elle imaginait aussi un Nines agacé, rangeant les dossiers laissé sur la table du détective le plus désordonné de Détroit. Pour finir elle visualisait parfaitement ledit détective arriver en retard, l'air penaud et enragé sans raison apparente. Puis Fowler commencera à réprimander Gavin, qui répondra irrespectueusement en se cherchant des excuses sans queue ni tête.
Il retournera à son bureau où il insultera gratuitement son coéquipier Android qui ne se laissera pas faire et ils passeront la journée à se quereller inutilement.
D'autres les auraient déjà séparer, ne serait-ce que pour garder la paix dans le commissariat. Cependant, aussi étonnant que cela ne puisse paraitre, leurs chiffres d'affaires résolues étaient exceptionnels. Malgré leur différents, le lieutenant Reed et Nines fonctionnaient parfaitement en tandem. Le pragmatisme silencieux de l'Android et l'instinct aiguisé de l'homme se complétaient comme les pièces d'un puzzle et même Gavin l'avait compris. Il crachait toujours des insultes acerbes vers son partenaire, mais il était passé d'un agressif "casse toi de mon chemin, connard de boite de conserve, que je vois pas ta sale gueule, sinon je te butte!" à un "ramène ton joli p'tit cul, putain de Robocop, je vais pas t'attendre quinze ans.". Les mots étaient toujours durs, mais le venin n'était plus aussi corrosif qu'au début. En réalité, tout le district avait constaté que ce n'était plus vraiment des disputes. Ils commençaient toujours par des querelles aléatoires, mais ça évoluait très vite en une sorte de parade nuptiale pour abrutis, mais toujours sous couvert de jurons. Personne n'osait les arrêter.
La tendance qu'avait Gavin à pointer son arme sur Nines, avait laissé place à des bousculades plus proches de la taquinerie et du flirt que d'une réelle agressivité. L'homme avait même commencer à s'entrainer au combat au corps à corps avec son partenaire afin d'éviter une nouvelle humiliation comme celle qu'il avait subit face à Connor. Il avait gagné en force, en efficacité et en maturité.
Tout le monde le voyait, et certain paris étranges circulaient déjà parmi les policiers. Le district policier s'était alors habitué à leurs engueulades matinales depuis près d'un an tout en gardant les yeux sur eux.
Alors, Tina se prépara mentalement. Il n'y avait pas d'affaire en cours, ils étaient tous de corvée paperasse et donc tous cloitrés dans la même grande pièce. La journée allait être pénible.
Elle arriva à l'heure comme d'habitude mais se figea devant l'escalier du district. Quelque chose attira son regard sur le parking, une anomalie surprenante qui la fit reculer légèrement. La voiture de Gavin Reed était déjà là. Elle fronça les sourcils et releva sa manche empressement pour s'assurer qu'elle n'était pas en retard.
Elle eu une moue stupéfaite et hocha la tête. De toutes les personnes travaillant dans la police, celui dont elle attendait le moins la ponctualité avait fait l'effort d'arriver avant elle. Elle le connaissait depuis le lycée et ce n'était quasiment jamais arrivé. Elle adorerait le féliciter mais autre chose attira son attention.
Elle se passa la main sur le visage et regarda le bâtiment devant elle, hésitant à entrer. Ce n'était pas une journée comme une autre. Son partenaire arriva à ce moment là, d'un pas tranquille et la main sur la ceinture. Il la salua d'abord, puis la tapota sur l'épaule, inquiet de son absence de réponse.
-hey Tina, tu vas bien? que t'arrive t'il?
Elle se mordit la lèvre et hésita un court instant. Elle pencha la tête vers Lewis et marmonna.
-Gavin est là… sa voiture est garée.
Son partenaire avisa la voiture d'un bref coup d'œil et haussa les épaules.
-tu sais les miracles, ça arrive, même pour les cas désespérés comme Reed. Je ne comprends pas pourquoi tu en fais tout un plat.
Elle secoua la tête lentement.
- Un miracle, je veux bien le croire… Mais si Gavin est là, que Nines ne quitte habituellement pas le bâtiment la nuit, pourquoi le District est si… silencieux?
Le regard de Lewis laissa transparaitre un éclat de surprise quand il compris. Tina pris une grande inspiration et monta enfin les marches du commissariat. Elle devait savoir ce qu'il se passait là dedans.
Elle ouvrit la porte et les oreilles. Toujours pas de cri ni d'insulte. D'un pas lent et prudent, elle avança jusqu'à son bureau et remarqua Fowler, l'air inquiet, appuyé contre sa baie vitrée. Tina suivit son regard et tomba sur Gavin qui buvait silencieusement un café. Il était appuyé sur la table, la tête baissé, le pouce appuyé sur ses lèvres. Il semblait pris dans un profond dilemme. Par moment, il jetait un coup d'œil discret et rapide vers la salle où Nines passait ses nuits assis sur un banc et se chargeait. Tina arriva à son bureau et fronça les sourcils, se demandant pourquoi Nines était toujours assis. N'était il pas censé être déjà chargé à cet heure-ci? Depuis quand était-il balafré? Pourquoi avait il l'air confus? Pourquoi sa LED clignotait elle en rouge?
Alors qu'elle allait tirer sa chaise en arrière, elle suspendit son geste et finit par s'éloigner de la table pour aller voir son ami d'enfance. Il fallait qu'elle sache ce qu'il se passait. Son pas se fit plus rapide mais elle força un sourire sur son visage. Quand Gavin releva la tête, il la remarqua et amorça un léger recule, très discret. Tina leva la main, le saluant amicalement et entamant la conversation tout en coupant l'homme dans sa fuite.
-Salut Gav, tu m'offres le café?
D'abord hésitant, il tenta un sourire et poussa le bouton de la machine qui vrombit doucement. Tina remarqua immédiatement qu'il fit la grimace en appuyant sur le bouton. Elle remarqua aussi la superbe marque violacée qu'il arborait sur sa gorge. Quand il lui tendit le gobelet, elle le remercia et pencha la tête. Elle n'était pas du genre a prendre des pincettes avec Gavin.
-Tu vas me dire ce qu'il s'est passé hier soir? Pourquoi t'es blessé, et surtout, pourquoi tu as l'air si perturbé? Si j'en crois ce que je vois, tu as l'air d'avoir passé une bonne soirée, hmm?
-Tch, va chier.
Le brun ferma les yeux, cacha le suçon de sa main et tourna la tête pour éviter de lui répondre. Elle soupira et le bouscula légèrement. Son sourire se fit plus calme, plus compatissant et sa voix plus douce.
-Tu sais que tu peux tout me dire, Gav.
Elle passa sa main calmement dans le dos de l'homme qui sembla se détendre à son contacte. Il pris une grande inspiration et marmonna quelques mots du bout des lèvres. Tina leva un sourcils et se pencha sur la table.
-Pardon? je n'ai pas entendu, parle un peu plus fort.
-...Putain ! J'ai couché avec Nines… J'me suis fait sauter par Robocop! Voilà contente?! Putain...
Elle sursauta, prise au dépourvu par le volume de la voix de Gavin. Celui-ci avait tourné la tête pour cacher un rougissement naissant, mais ses oreilles pourpres le trahirent. Tina se remis droite et laissa échapper un petit soupire avant de murmurer.
-Ah, t'aurais pas put attendre encore un mois?...
-Hein?!
-Non, non rien. Bon tu as couché avec Nines, ok. Bah , c'est pas si grave, tu en as eu plein, des plans culs. Je suis la mieux placée pour savoir ça, depuis le lycée, tu n'as jamais hésiter à toujours tout me raconter en détail. Un de plus, même si c'est un android, ça changera pas le monde. Je veux dire, il est plutôt bel homme, très séduisant, suave, et, malgré ta façon de lui parler, tout à fait ton type. Te prends pas la tête comme ça pour une nuit de débauche. C'est pas comme si tu l'avais embrassé.
Elle ponctua sa phrase en prenant une gorgée de café. Gavin ne répondit pas, et amena les doigts à ses lèvres à nouveau. Le geste se voulait discret mais Tina le regarda faire, son sourire se fanant. Elle cligna des yeux, un court instant puis avala son café de travers quand elle réalisa. Elle toussa plusieurs fois, afin de récupérer son souffle et le défigura d'une expression choquée.
- Tu l'as embrassé!
Gavin se recula sèchement en fixant la jeune femme. Son visage écarlate, laissait désormais clairement apparaitre la panique et la gêne. Ses yeux ronds, comme ceux d'un cerf devant les phares d'une voiture, confirmèrent l'hypothèse de Tina. La nouvelle n'avait peut-être pas d'importance pour d'autre, mais pour Gavin, un baiser était ce qu'il pouvait donner de plus précieux. Sa seule façon d'exprimer des sentiments. Elle cacha sa bouche derrière sa main pour dissimuler son sourire.
-Gavin! Oh mon dieu! Elle est passé où, ta règle principale là!? "On embrasse pas un coup d'un soir."
-ta gueule! je sais, putain, je sais! Je suis dans la merde là, Ti… Je sais pas quoi faire…
Il se tenait désormais la tête, les yeux baissés, les dents serrés. Gavin se tourmentait de milles questions et semblait au bord de la crise de nerf. Tina soupira et regarda l'heure. Elle saisi son téléphone et envoya un message à Fowler.
"laisse moi une heure avec Reed, et je tente de débloquer la situation... Oh, et dit à Hank qu'il remporte le paris. Le vieux à encore un bon pif."
La réponse ne se fit pas attendre et l'heure fut accordé. Fowler détestait les conflits et malgré ses colères incessantes, il s'inquiétait de la situation. Il n'avait pas d'autres choix que de faire confiance à Tina. Heureusement que c'était une journée plutôt tranquille. Elle rangea son téléphone et retira sa casquette. Elle saisi Gavin par le bras et le tira sur le divan. Il ne résista pas, toujours pris dans ses pensés. Tina lui saisi les épaules, ce qui le sortit de sa stupeur, et lui fit un petit sourire inquiet.
-Gavin, je suis ton amie. Je veux t'aider. J'ai toujours été là pour toi, tu le sais?
Gavin leva les yeux vers elle. Il hésita un instant, regardant autour de lui. Un soupire lui échappa quand il se pinça l'arrête du nez. Il se mis droit et hocha la tête en rencontrant son regard. Elle pris un ton plus prudent.
-Raconte moi tout.
Il claqua la langue et regarda le sol, cherchant ses mots et essayant de se rappeler, en détail, la soirée de la veille.
***########
Mardi, 3 mai, 18h.
Gavin avait passé la journée sur le dossier de l'affaire Sigma, triant les multiples preuves qui lui était procurés par Nines via Drive. Les documents étaient en désordre et ça prenait tellement plus de temps qu'il avait prévu qu'il perdait patience.
-Merde! Goldorak, t'aurais put trier tes preuves avant de les envoyer au dossier! j'ai vraiment pas que ça à foutre que de ranger après toi comme une putain de baby-sitter. J'vais finir par croire que tu aimes ma compagnie.
Nines se tenait droit, derrière le siège du détective, sa tête parfaitement droite. Sa LED clignotait et ses yeux brillait. Il observait et décortiquait chacun de ses dossiers avec une grande précision. Un petit sourire en coin déforma ses lèvres.
- Peut-être, devrais-tu vérifier mieux les documents que je t'envois. Je n'ai aucun doute que tu sois un peu confus, mais mes dossiers sont trier par ordre d'importance, juste avant de te les envoyer. Ton incompétence ne me surprends pas cependant, je suppose qu'on ne peux pas tout avoir.
Gavin grogna légèrement en souriant en coin.
-C'est ça, ta gueule, sous-merde en plastique… Je suis parfait. Bon, de toute façon, ça va bientôt être l'heure de rentrer. T'as trouver quelque chose d'intéressant, où je peux me barrer?
L'Android avait changer de posture et pris le contrôle de l'ordinateur du détective en s'appuyant sur son épaule. Celui-ci se concentra sur l'écran et vit apparaitre une série de photos prises sur les lieux du meurtre par la seconde équipe. C'était une petite grange, très reculée dans une zone industrielle. On voyait le charnier où était les victimes, pleins de morceaux de bois cassés et les fenêtres qui donnaient sur un grillage épais. Nines se rappelait parfaitement de la présence de planches tout le long d'un mur. Le scanner n'avait rien donné, probablement à cause du plomb présent pour dissimuler certain compartiment. Sur les photos, cependant, quelques une des planches étaient clairement ouverte comme la porte d'une armoire.
-Quelqu'un à eu le temps de passer… Ôte moi un doute, il y avait combien de temps entre notre départ du lieu et l'arrivée de la seconde équipe?
Gavin fronça les sourcils en regardant les photos et se leva soudainement. Il saisi sa veste et son arme.
- 15 minutes… Ce connard devait nous observer… Ramène ton cul, Terminator, et fait moi une triangulation des lieux d'où on peut voir la porte de la grange. On va taper de l'heure sup. C'est ton jour de chance, j'accorde pas souvent des rencards.
Il passa rapidement derrière son partenaire à qui il claqua les fesses. Nines ne réagit pas, force d'habitude, son processeur commençant les calcules nécessaires tandis qu'il enfillait son propre gillet pare-balle et emboitait le pas de Gavin. Ils démarrèrent à la seconde ou Nines avait fermé la portière.
- 322 avenue Devonshire, Bâtiment 2, les 3ème et 4-ème étages ont tout deux vue sur la grange.
Gavin fronça les sourcils et pris un ton accusateur.
-Et pourquoi on est pas aller les interroger, ceux là?
-Bâtiment non conforme, aucun acheteur pour rénovations. Construction dangereuse. Ordre d'abandon imposé aux locataire le 15 janvier. Bâtiment à détruire avant la fin de l'année. Il était considéré vide... Ah, une maison en ruine, vous connaissez si bien mes goûts, lieutenant.
Les faits furent prononcés rapidement, mais Nines appuya bien ses informations ainsi que sa petite taquinerie. Il ajouta.
-La construction est très instable, potentiel écroulement. Danger plutôt élevé pour ton petit corps fragile. Pour plus de sécurité, je peux aller seul à l'intérieur.
Gavin gara la voiture en soufflant par le nez. Nines pensait même avoir vu un sourire en coin.
-Va chier, je viens avec. Pas question que l'inspecteur gadget récupère toute la gloire!
Les deux policiers approchèrent en silence du bâtiments "abandonné". Aucun des deux ne pipait un mot. D'après les observations de Nines, l'effet de surprise était leur meilleur atout. Gavin, son arme au poing, fit plusieurs signes à son partenaire, lui indiquant de commencer par le 3ème étage. D'un signe de tête, Nines pris la tête et commença à monter l'escalier, pointant du doigt les zones les moins bruyantes de chaque marches. Il nota aussi l'absence total de deuxième étage qui avait dû s'écrouler sur lui même.
Gavin suivait ses indications, calmant sa respiration au maximum pour se faire plus discret. Leurs pas étaient synchronisés, et leur posture voutée. Nines profita de leur arrivée au troisième étage pour scanner la zone, espérant trouver la trace du suspect. Au moment même où il avait procéder les informations qu'il reçu, il se rendit compte qu'il aurait dû scanner plus tôt. Il avait trouver le suspect, juste au dessus d'eux, mais celui-ci les avait déjà repérer, et les tenaient en joue à travers les trous de l'escalier.
Il se retourna soudainement et poussa Gavin qui recula de quelques marches juste avant que la volée de balles du fusil ne l'atteignent.
-putain de…
Gavin eu le souffle coupé sur le coups de la pression de la main de Nines, mais il se reprit immédiatement et se mis a courir dans les escaliers pour atteindre l'étage où se trouvait le criminel. Nines le talonnait, en prévenant les autres équipes et en scannant l'étage supérieur, au cas où il y aurait des pièges.
-Lieutenant! Ne marche pas au milieu de la pièce, ça risque de s'écrouler! Les renforts sont en route.
Notant le conseil, Gavin se plaqua contre le mur le plus proche et se mis à couvert quand le suspect apparut dans l'encadrement de la porte pour lui tirer dessus. Cette fois il était armé d'un pistolet léger. Gavin jura entre ses dents, le souffle rapide et le cœur battant. Ce mec devait avoir tout un arsenal et il ne savait pas combien de temps le divan qui le protégeait allait tenir.
Il fit signe à son partenaire de trouver un moyen de le prendre à revers. Nines Acquiesça et contourna le mur d'entrée afin d'encercler le suspect via le couloir principal. La manœuvre était extrêmement dangereuse car elle poussait le criminel dans son dernier retranchement. Qui plus est, le couloir était assez court, plein de trou et l'ennemi le voyait sans problème de là ou il était. Nines était à son désavantage et n'avait aucune couverture pour se protéger des balles. L'Android saisi donc une porte d'un vieux réfrigérateur qui se trouvait par terre, comme protection de fortune. Il saisi son pistolet et tira deux coups de semonces contre les barricades qu'il s'était construit.
Cela attira le suspect qui tira sur Nines plusieurs fois. Par chance, les balles semblait ricocher sur la porte, même si certaine traversait les taches de rouilles et griffait la peau de l'Android. Il continua à avancé, sans hésiter malgré les quelques taches bleues qui commençait à apparaitre sur ses vêtements.
Gavin s'élança de son coté, trébuchant sur les reste de tables et de pierres. Il se remis précipitamment à couvert contre le mur. Ses mains crispées sur son revolver, il tenta un coup d'œil rapide dans la pièces de l'assaillant. Il put enfin voir le meurtrier, recroqueviller dans son bunker. Gavin ne put s'empêcher de remarquer qu'il lui ressemblait un peu, avec plus de barbe, les cheveux longs et bien plus maigre. Il pinça ses lèvres, l'air ennuyé. Entre ce fou-furieux et Kamski, il allait finir par croire qu'il avait de la famille cachée.
Il l'entendait vider son chargeur vers son partenaire. Puis il y eu un "clic", indiquant qu'il devait recharger. Gavin jaillit de derrière son mur et en profita pour se lancer sur le suspect et lui coller une violente mandale. Il le maitrisa très rapidement, exécutant des prises de soumissions qu'il avait appris avec son partenaire. Ce dernier arriva enfin, suivit de l'équipe de renfort qu'il avait appeler plus tôt.
Les policiers embarquèrent le suspect et quittèrent les lieux aussi vite qu'ils étaient arrivés, laissant Gavin et Nines sur place.
Gavin s'appuya sur le mur au fond de la pièce, en s'allumant une cigarette en silence, observant son partenaire qui récoltait les dernières preuves de cette affaire. Ils avaient retrouver l'arme du crime, ainsi que des traces de sang identiques aux traces dans la grange. Gavin claqua la langue après avoir craché un nuage de fumée dans un soupire de soulagement.
-Putain, pour une conserve censée être plus rapide que Connor, tu prends bien ton temps là. Tu sais que j'ai pas que ça à foutre?
Nines haussa les épaules mais ne répondit pas. Le dossier devait être parfait pour que cette affaire soit enfin classée. Il releva les dernières empruntes et se tourna enfin vers son équipier en posant la main sur l'encadrement de la porte de sortie.
-Le dossier est complet. On a accumulé tout ce dont nous avions besoin. Merci de me reconduire au commissariat avant de retourner dans la décharge qui te sert de domicile.
Nines eu un sourire en coin, clairement fier de sa réponse. Gavin pouffa en secouant la tête.
-Ferme donc ta belle gueule si tu veux pas mon pied au cul.
Il jeta sa clope au sol et l'écrasa avant de quitter son mur et de traverser la pièce.
Au moment où il posa le pied au centre de la chambre il sentit le sol s'affaisser et su qu'il avait fait une connerie. Il entendit un craquement sinistre et son regard s'écarquilla, horrifié quand il se sentit tomber.
- … he?
Tout était comme au ralentit. Il vit Nines montrer pour la première fois une expression d'épouvante. Gavin se dit qu'il est ironique qu'une des seules personnes ayant montrer de l'inquiétude pour lui était un Android. Il lui sembla même l'entendre l'appeler par son nom pour la première fois. Ce n'était pas désagréable comme sensation. Un désir de l'entendre à nouveau naquit en lui, il en aurait rit s'il n'était pas en danger de mort. Une chute de deux étages sur des débris de pierre et de métal, il n'était même pas sûr de se relever un jour. Il ferma les yeux et serra les dents.
Puis il sentit un impacte violent de mains contre sa poitrine qui le propulsa contre le mur d'où il venait. La collision puissante de son corps contre le parpaing était douloureuse mais pas autant que de tomber dans l'abîme.
Il ouvrit les yeux sous le choc, juste à temps pour voir la silhouette de son partenaire disparaitre dans l'écroulement à sa place. Le souffle coupé, le visage déformé par la douleur dans son bras et l'incompréhension, il se laissa glisser contre le mur un court instant.
Son cerveau avait du mal à analyser ce qu'il s'était passé. Il haleta quand il sentit l'adrénaline redescendre et l'horreur traversa son regard quand il assimila les évènements. Il bondit sur ses jambes tremblante et se plaqua contre le mur pour contourner le trou béant qu'était devenu la pièce. Il s'élança ensuite dans l'escalier, trébuchant, titubant et pantelant, jusqu'à l'étage où l'éboulement avait engloutit son partenaire.
C'était un tas de pierres et de débris, à peine dissimulé par une poussière étouffante. Gavin saisi les pierres et commença à creuser précipitamment en jurant d'une voix rauque.
-Non putain non... non ... Nines! Merde!
Ses nerfs étaient à fleur de peau et son corps était à bout, mais lorsqu'il trouva une main couverte de sable et de poussière. Il creusa avec plus d'empressement encore jusqu'à l'avoir totalement libéré. Il était inerte, les yeux fermé mais sa LED brillait encore. Il avait quelques blessures au visage au niveau des tempes.
-T'as pas intérêt d'être mort, putain! Dit quelque chose!
Il y avait tellement de thirium, partout, Gavin se demanda s'il avait déjà autant détesté une couleur. Ses mains tremblait quand il vint toucher son visage pour trouver un signe de vie. Les yeux de Nines s'ouvrirent soudainement, faisant reculer Gavin d'un bond. L'Android pris une inspiration qui semblait saccadée.
-"quelque chose".
Le lieutenant ne savait pas s'il essayait de faire de l'humour, où s'il était complètement confus par son accident, alors il ne releva pas. Un rire stressé lui échappa et il passa une mains tremblante sur son visage. Son souffle avait beaucoup de mal à retrouver un rythme normal. Son esprit encore sous le choque des derniers évènements, il tenta de reprendre un ton neutre quand il s'adressa à Nines.
-C'est tout vous ça, les Terminator. Vous faites une chutes de mort et vous trouvez encore le moyen de faire des blagues de merdes. T'as quoi? deux, trois éraflures grand max.
-J'aimerais beaucoup vous donner raison... pour une fois...
La LED clignotait encore rouge et Nines ne se levait pas. Sa voix était clairement vacillante et son regard semblait étonnamment douloureux. Gavin compris à ce moment que quelque chose clochait. L'Android se saisi du pan de sa veste et dévoila qu'une barre de fer avait perforé son lombaire droit. Dans sa chute, il a été embroché. Le lieutenant écarquilla les yeux et se mis la main devant la bouche, s'empêchant de rendre le contenu de son estomac. Sa respiration accéléra à nouveau, il perdit toute sa contenance et sentit la panique le reprendre.
-Merde, merde, merde...
- Gavin... J'ai besoin de toi. Gardes la tête froide...
Son nom à nouveau, soupiré dans un souffle fatigué, comme un rappel à l'ordre. Gavin n'est pas celui en danger, c'est Nines, et son état était entièrement de sa faute. Gavin secoua la tête et approcha son partenaire. Il se lécha les lèvres et s'éclaircit la voix.
-Dit... dit moi ce que je doit faire.
Nines hocha la tête, un peu plus détendu par l'effort de volonté de Gavin.
-Cette blessure... elle n'est rien de grave pour le moment. Il n'y a que la peau qui a été percé et quelques composant mineur. Aucun bio-composant vital n'a été touché... il faut juste m'aider à me lever et soigner ça rapidement. Mon châssis est léger, tu devrais pouvoir y arriver.
Bien que ces mots rassurèrent le détective, il ne pouvait pas se sortir de la tête le fait que Nines souffrait. Son visage ne montrait rien, mais sa voix était terriblement expressive. Il aurait voulut se dire qu'il n'était qu'une machine, mais même sa mauvaise foi n'a pas réussit à l'empêcher d'ouvrir les yeux. Savoir cela, alors qu'il faisait douloureusement glisser le corps du seul partenaire qu'il supportait sur une barre qui l'avait empalé, par sa propre faute, le rendait malade. Le pire, c'est qu'il était certain que Nines se forçait à ne pas exprimer sa douleur pour ne pas culpabiliser Gavin.
Il ne s'était jamais sentit aussi mal de sa vie.
Le métal était enfin entièrement sortit et l'Android était sur ses pieds.
Penché, brisé, blessé, mais sur ses pieds.
Son stresse était dangereusement haut.
Gavin saisis son bras et le posa sur ses épaules afin de supporter le poids de son partenaire. Il le tira à sa suite vers sa voiture. Une fois installés, il sentit enfin la douleur de l'impact engourdir son bras. Nines sortit de sa trance.
-Il y a un Cyber Docteur sur le chemin du commissariat, si on s'y arrête pour récupérer mes Bio-composants et de quoi recoudre mes tissus, dans approximativement trois quarts d'heure tu peux me déposer à...
-Même pas en rêve!
Nines fut surpris de l'éclat de voix du détective. Ce dernier était rouge, de colère, d'embarras et peu être de frustration. Ce qu'il s'était passé ce soir, c'était trop pour lui. Il porta une cigarette à ses lèvres, pour se détendre et ajouta d'une voix plus calme.
-B... Bon écoute, ya un Cyber Doc juste à coté de chez moi... Et la route est moins longue… Dans tout les cas, tu vas devoir te contenter de la "décharge" qui me sert d'appartement.
Nines calcula rapidement et conclu que Gavin avait raison. Même s'il avait tord, il n'aurait sans doute pas protester. Le lieutenant repris calmement.
-Hé, ducon, combien de temps ça prendra au Doc de te remettre sur pieds?
-Je crois qu'il y a méprise. On ne va que chercher les pièces. je fais le remplacement moi même.
-Hein?!
Gavin le fixa avec horreur, il faillit craché sa clope. L'Android sourit même si sa voix trahissait encore de la souffrance.
-Je suis le seul RK900 qui existe et je suis un prototype. Si Connor n'était pas devenu un déviant, mon model serait l'un des plus prolifique sur le marché de l'armée et policier. Suite aux évènements, Cyberlife à cessé toute fabrication de RK900. D'ailleurs ma pompe à Thirium est unique. Ils ne m'ont même pas terminé. Mais j'était déjà suffisamment fonctionnel et Connor m'a trouvé et éveillé. Ma naissance est le résultat d'une bâtardisation éhonté des meilleurs modèles d'Android et de technologie de destruction militaire. Seul Kamski, l'équipe de Cyberlife qui m'a créer, et moi-même peuvent opérer sur moi.
Le visage de Gavin passa par tellement d'émotion qu'il ne savait pas comment exprimer. Toutes les instances où Nines fut blessé pendant leur partenariat lui revinrent en tête. Ses dents se serrait sur la cigarette.
- Comment ça, t'es pas finit? genre, tu veux dire qu'à chaque fois que tu es blessé... Putain, tu fais ça tout seul au commissariat les soirs?!
Il y eu un blanc, long, le temps que Gavin comprenne tout ce qui lui avait été dit.
-Attends... quand tu dis que ta pompe à thirium est unique, ça veux dire que...
-Je porte un gilet pare-balle pour une raison, détective...
Gavin passa la main sur le front, retirant la sueur et la poussière qui couvraient sa peau. Il n'aimait pas du tout ces nouvelles informations. Il n'aimait pas du tout imaginer ce qu'il se serait passé si Nines était tombé quelques centimètres plus à droite. Il n'aimait pas penser à ce qu'il aurait put ressentir en faisant face à cette scène. L'image qui lui apparaissait le fit déglutir.
Ils arrivèrent au Cyber Doc et le détective se tourna vers son partenaire. Son regard était plus déterminé qu'avant.
-Tu gardes tes miches dans la voiture et tu bouges pas, je vais chercher tes pièces.
Nines ferma les yeux et soupira, avec un sourire en coin.
-Tu ne connais même pas les composants dont j'ai besoin.
-Mais t'es con ou quoi? Tu me donnes une liste. Je suis pas capable de faire grand chose pour sauver ton cul, mais j'ai mes deux jambes et je peux aider!
Nines voyait clairement les tourments que subissait son partenaire. Il se sentait inutile, coupable, et incapable et souhaitait aider à tout prix. L'Android hocha la tête en silence et lui envoya la liste par SMS et Gavin quitta la voiture. Dans le silence, le stresse de Nines descendit à un pourcentage non létal. Mais la douleur restait présente. Il maudit Markus d'avoir imposé à tout les déviants à porter un module de gestion de douleur et un module de simulation d'endolorissement pour les rendre "plus humains". Il était un modèle militaire, qui bossait dans la police. C'était comme torturer un Tank parce qu'il avait des sentiments.
Gavin fut plus rapide que Nines avait prévu et ils arrivèrent enfin chez le détective. Le lieutenant saisi la boite de composant sous son bras douloureux et supporta le poids de Nines sur le second. Ce n'était pas comme ça qu'il avait imaginé la fin de sa soirée.
La porte de l'appartement s'ouvrit sur une pièce à vivre plutôt ordonnée, mis à part quelques jouets pour chats qui trainaient sur le sol. L'endroit servait de salon et de bureau, et le plafond haut donnait l'impression que tout était plus spacieux. C'était bien plus propre que ce que l'Android s'était imaginé.
Il fut déposé lourdement dans un fauteuil, son sang bleu salissant le sol et le tissus du meuble. Il serra les dents sous la douleur, ayant de plus en plus de mal à caché ses émotions. Gavin commença à lui retirer sa veste et la jeta par terre avant de s'attaquer à sa chemise. Nines le laissa faire, conscient que l'homme avait désespérément besoin de servir à quelque chose. Il lui retira la chemise, lentement, glissant ses doigts sur ses épaules pour pousser le tissus sans aggraver les blessures. Il n'aurait jamais imaginer une telle douceur venir de Gavin. Nines frissonna incontrôlablement. Ce n'était pas des sensations qui lui étaient familières et bien qu'il désirait apprécier ces effleurements encore un peu, ce n'était pas le moment.
Le visage de Gavin était fermé, fixant intensément la blessure, désormais découverte. Il avait l'habitude des cadavres humains et Androïdes, mais cette blessures là le touchait plus que d'autre. Il tenait la chemise noirs serré contre lui et resta figé. C'est le contacte de la main de Nines sur les siennes qui le réveilla de sa torpeur. Leurs yeux se rencontrèrent.
-Gavin, vas te laver. Je vais m'occuper de cette plaie.
Le regard de Gavin s'emplis de tristesse à la sensation d'impuissance que lui procuraient les mots de Nines, et celui ci le remarqua immédiatement. Il chercha rapidement une excuse.
- Pour refermer la blessure, il faudra du fil et une aiguille. Je ne suis qu'un prototype, ma peau ne se referme pas automatiquement. Vu la position de la plaie, je craint ne pas pouvoir atteindre cette zone par moi-même. Mais il faut que tu sois propre pour ne pas me faire subir d'infection…
Ses yeux semblaient briller et il hocha la tête. Son esprit traumatisé et fatigué n'ayant pas assimilé le fait qu'un Android ne pouvait pas être sujet à une infection.
-Ou... ouai bien sûr! Je suis pas si con, je peux te recoudre! Je sais faire! Je vais me laver!
Gavin quitta la pièce et le son de l'eau qui coulait résonna dans l'appartement. Rassuré, Nines commença à inspecter la plaie. Elle était vraiment mal placée et il devait prendre une position un peu maladroite afin de retirer les composants brisés. Ce n'était pas facile et extrêmement douloureux. Dans un souffle, il jura, maudissant le fait que son régulateur de douleur était, bien évidement, une des pièces qui était détruite dans sa chute.
Ses doigts s'enfonçaient dans sa plaie et il ressortait les morceaux brisés des parties qu'il devait changer. Il haleta, exprimant sa souffrance librement maintenant que son partenaire ne l'entendait pas. Quelques câbles couverts de thirium étaient jetés sur la table et il put enfin commencer à placer les composants neufs.
Il commença par le régulateur qu'il enfonça dans sa blessure. Le supplice qu'il ressentit à ce moment là était tellement épouvantable qu'il ne contrôla plus sa force. Il leva la main et frappa de toutes ses forces sur l'accoudoir du fauteuil qui se brisa en un bruit sourd. Son expression choquée à ce moment là n'était égalée que par le regard ahuris de Gavin qui venait de sortir de la salle de bain en pyjama. Celui-ci semblait avoir récupérer contenance. Son expression était clairement vexée mais Nines ne s'attendait pas à se faire aboyer dessus.
-Je le savais! Tu es en train de morfler et t'essayes de me le cacher! Putain de merde! A chaque fois que tu prends une balle, c'est pareil, tu fais le dur et tu m'en parles pas! L'histoire de ta pompe là, pareil!
Nines fronça les sourcils, son manque de thirium n'aida pas à contenir sa frustration. Sa LED clignota jaune. Sa voix claqua comme un fouet.
-Je fais ce que je juge être le mieux pour notre coopération et mon état ne regarde que moi. On ne m'a pas donné le plus stable des partenaires alors j'ai fais des concessions! Tu n'es pas en droit de parler quand tu n'es pas capable de garder ton sang-froid!
-Oh ferme là Wall-E! Je suis stable! Je me démerdait très bien avant que tu arrives! Le sang-froid, ça sert à rien quand tu es mort. Et ton état me regarde, tu es MON équipier et j'ai beau être le dernier des connards, je suis inquiet quand même! Putain, tu aurais put te faire tuer!
L'Android ne comprenait pas pourquoi Gavin refusait de comprendre. L'agacement qu'il ressentait grandissait dans sa poitrine. Le stresse intense qu'il subissait déliait les langues. Sa LED devint rouge.
-J'ai choisis de me taire pour pas que tu culpabilises. Je ne veux pas que tu souffres et au lieu de reconnaissance, j'ai droit à des insultes. Si tu ne veux pas comprendre ça, demande un autre équipier!
- Je me sent mal parce que ton état est entièrement ma faute. Rien de ce que tu puisses faire ne m'enlèvera ce goût de culpabilité, RIEN. Tous ce que je demande c'est que le seul putain de partenaire en qui je crois, me fasse confiance! Mais même ça, c'était trop demandé!
Nines aurait voulu répondre, mais son état de stresse était monté trop haut, probablement à cause de la dispute et de la perte abondante de thirium. Ses mains tremblèrent et sa LED clignotait rouge de manière erratique. Son regard laissa apparaitre sa peur. La frustration de Gavin s'évanouit et il approcha, inquiet. Le regard de Nines se leva vers son partenaire. Dans l'état actuel des choses, il n'était plus capable de s'opérer lui même pour le moment. Il avait put attendre que son stresse retombe mais le danger était trop présent. Il pris une voix plus calme et lui fit signe d'approcher.
-Gavin…
Gavin haleta. Nines mettait sa vie entre ces mains. Il pouvait refuser, reculer et le laisser se débrouiller mais fuir devant la détresse, ça ne lui ressemblait pas. Il voulait l'aider, plus que tout. Le détective saisi une chaise et s'installa aux cotés de Nines, sa respiration un peu saccadée. Il n'était pas doué avec l'électronique mais il ne pouvait pas laisser son coéquipier sans rien faire. Il souffla lentement, pour se calmer et murmura.
-Je suis prêt, dit moi ce que je doit faire.
Nines posa les mains de Gavin sur le module de régulation de douleur qui était déjà en lui et essaya d'être précis. Sa voix resta calme, et il se força à ne pas hacher ses mots.
-Le module a deux branches, la branche avec le symbole Z doit être branchée sur le câble bleu et blanc. La plus petite branche est noté A, elle branchée sur le indigo et noir. Quand le module est branché, pousse le contre la bornes noir dans ma hanche, il devrait se fixer facilement.
Concentré, le détective obéissait. Son doigté était hésitant mais étonnement précis. Il mis en place le module qui s'activa immédiatement. La douleur s'estompa et Nines émis un soupire soulagé. Il ne craignait plus pour sa survit et son stresse redescendait. Il aurait put reprendre l'opération lui même mais l'aide que Gavin lui apportait le rassurait. Sa présence silencieuse calmait son stresse et ralentissait sa pompe à thirium. Cacher ses émotions n'était plus envisageable.
Il lui tendit le second composant. Le lieutenant observa la pièces et son partenaire lui donna les explications.
Nines fut agréablement surpris de la capacité qu'avait Gavin à apprendre. Parfois, il lui donnait une pièce et le brun devinait ou elle allait. La tension n'était plus, entre eux. Le danger était passé. Le moment terrifiant s'était transformé en activité agréable. C'est comme si la barrière entre eux était brisée. C'était la première fois qu'ils étaient si proche en dehors du travail. Le visage de Gavin lui semblait incroyablement beau quand il était détendu. Il avait l'air aussi de plus en plus confiant avec la mécanique du corps de L'Android. C'était un moment hors du temps où personne d'autre n'existait qu'eux. Nines ne put retenir un sourire.
-Tu ferais un Cyber Docteur décent, je devrais peu être te former. Si tu es bon élève, tu pourras faire mon entretien.
Gavin laissa échapper un léger rire en posant la plaque sur l'ancienne plaie.
-Heh, qu'est ce que tu crois, j'ai plein de qualités cachés. J'ai toujours dit que mon génie n'était pas assez reconnu.
Il se concentra pour recoudre la peau de son visage et de son ventre. Son sourire s'effaça et il s'éclaira la voix. Son visage devint rouge.
-Ce que j'ai dit tout à l'heure… C'est de la connerie. J'était à peine fonctionnel avant que tu arrives. Un vrai connard. Au début, j'était terrifié que tu viennes pour prendre mon boulot, alors je t'ai craché à la gueule. Je t'ai insulté et menacé. Mais tu es resté, tu m'as botté le cul et forcé à m'améliorer pour me maintenir à niveau. Je suis devenu un putain de bon flic… et tout à l'heure, tu m'as sauvé la vie… Ce que je veux dire… Je ne veux pas d'autre partenaire que toi.
Nines fit un sourire calme, il passa la main dans les cheveux encore humides du détective.
-Tu es mon premier et seul coéquipier, Gavin, je ne veux pas te remplacer et je ne veux pas que tu me remplace. Nous fonctionnons parfaitement ensemble. Mais tu avais raison. Je ne doit plus te cacher de tels informations. En voulant épargner tes sentiments, j'ai construit un mur entre nous et la situation a empiré. Ce n'était pas la solution... Quand à ma chute, tu dois comprendre que je ne t'aurais jamais laissé tomber si je pouvais te sauver. Tu es important pour moi.
Gavin entrouvrit les lèvres, mais les mots ne sortaient pas. Le rouge sur ses joues s'accentua. C'était des mots qu'il voulait désespérément entendre depuis longtemps. Nines finit par se relever, retirant le reste du sang bleu qui le couvrait.
-Merci de ton aide Gavin, il se fait tard, je vais marcher jusqu'au commissariat, comme ça tu n'auras pas à me ramener.
Alors qu'il récupérait sa chemise, il sentit la main de son partenaire se serrer sur son bras.
- Reste!
Le regard étonné de Nines croisa celui, paniqué de Gavin. Il semblait choqué par sa propre audace mais ne recula pas. Il voulait le faire depuis un moment, son corps à juste agis pour lui. Il calma le tambour dans sa poitrine et ferma les yeux. Le détective se remis droit, baissa la tête et posa son dos contre le mur sans lâcher le bras de son partenaire. Sa position était lascive, son t-shirt transparent, et aux yeux de Nines, il était au bord de l'indécence. Confus, celui-ci ne savait pas comment décrypter le comportement du brun. Il pencha la tête, questionnant son équipier. Gavin soupira et releva les yeux pour affronter son regard. Les mots se bloquèrent à nouveau dans sa gorge. Il hésita mais finit par murmurer.
-ptain de... S...scanne moi.
La LED de Nines clignota jaune à sa demande étrange. Son partenaire détestait se faire scanner, et le voyait comme une violation de sa psyché. Qu'il lui demande aussi sincèrement et ouvertement rendit Nines inquiet. Cependant la curiosité de l'Android était piquée et il obéis. Il procéda les informations reçus, et sa pompe à thirium manqua un battement.
"Oh "
Gavin réitéra sa demande en déglutissant, la tête basse. Ses mots n'étaient plus qu'un soupir hésitant.
-Nines... Reste...
Il tourna tout son corps vers Gavin et l'approcha d'un pas lent et prudent. Son regard était indéchiffrable. Il s'arrêta devant l'homme, le dominant de sa hauteur et frôlant son corps avec le sien. Gavin frissonna devant ces yeux bleus si intenses. Il avala sa salive, enivré par la présence si imposante et suffocante de son partenaire mais continua à affronter son regard.
D'un geste souple, Nines, saisi la main qui le tenait et la pressa contre son torse. Sous ses doigts, Gavin sentait les battements affolés de sa pompe à thirium, de son cœur, identiques aux siens. Il fit un sourire en coin et laissa ses doigts glisser le long du torse devant lui. Ses doigts dessinèrent lentement les muscles du ventre, traçant les cicatrices qu'il remarquait enfin, puis passèrent sur la naissance de l'aine. Il sourit quand il sentit les frissons qu'il déclenchait par ce simple touché, cette montée de désir qu'il provoquait du bout des doigts. Nines était entièrement à sa merci. Il arrêta son exploration à la ceinture qu'il empoigna de manière autoritaire et tira l'Android à sa suite, dans la chambre sans rencontrer la moindre résistance.
D'un geste fluide, Nines retira le haut du pyjama de Gavin avant de le pousser sur le lit et de grimper à sa suite. Il se mis à quatre pattes au dessus de son partenaire et passa la main dans ses cheveux, puis sur son visage. Il dessina du pouce les lèvres dont il savait que l'accès lui était interdit, mais dont il avait follement envie. Il pencha la tête et vint lui mordiller la gorge jusqu'à son lobe. Il l'entendit haleter à ce simple contacte comme s'il était déjà à fleur de peau, et le moindre effleurement semblait le brûler. Nines sourit et murmura d'une voix sensuelle au creux de son oreille.
-Fais moi confiance.
Le souffle du lieutenant mourus dans sa gorge et il ferma les yeux avant de hocher la tête. Nines se lécha les lèvres et les posa sur la peau offerte devant lui. Il descendit lentement le long du corps finement musclé de son partenaire, dans un silence religieux. Il prenait son temps, dessinant chaques muscles du bout des lèvres et du bout des doigts. Il semblait en pleine adoration et le cœur de l'homme manqua un battement n'ayant pas l'habitude que ses conquêtes d'un soir s'occupe autant de lui. Ce n'était pas quelque chose qu'il pensait mériter. Mais il ne pouvait pas nier qu'il était excitant de voir ces mains puissantes, capables de briser un meuble, caresser sa peau avec une telle douceur.
Ses mains glissèrent sous le tissus de son pantalon et l'attiraient dans leur descente. Très vite, Gavin se retrouva nu et embarrassé. Malgré sa timidité apparente, il ne pouvait pas cesser de regarder ce qu'il se passait, surtout quand la langue, étonnament longue, de l'Android caressa son membre dans toute sa longueur. Son corps entier se tendit de surprise et il laissa échapper un premier gémissement. Un bruit qui provoqua un sourire vorace à l'android qui passa à nouveau la langue sur le sexe devant lui mais en insistant cette fois sur le gland. L'homme hoqueta et se mordit la lèvre, cherchant à calmer le feu qui cherchait à le consumer.
Il abaissa à nouveau les yeux vers son partenaire quand, soudainement, son sexe disparut entre les lèvres de son partenaire qui le fixait intensément. Gavin sentit tout son être brûler quand, en plus de cette bouche qui le dévorait, il sentit les mains de l'Android l'explorer.
L'une d'elle passait sur son flan, sans pression dans une caresse très légère. L'autre pressait l'intérieur de sa cuisse pour relever sa jambe et la placer sur l'épaule de Nines. Et la tête de Nines qui continuait d'aller et venir, suçant le gland plus lentement, sans briser le contacte visuel. Il était torturé si lentement, si délicieusement par cette bouche chaude et humide qui l'accueillait encore et encore. C'était si bon. Il ne pouvait plus retenir sa voix qui lui échappait en murmure plaisant et injures qui emplirent la pièce.
Cet enfoiré le scannait constamment, il en était sûr, il savait exactement où le toucher, mais il n'émis aucune autre plainte que celles qui exprimait son plaisir. Il aimait cette sensation de se faire dévorer.
-hah... putain... mh.
Nines relâcha sa prise sur le sexe devant lui pour placer ses lèvres contre l'intérieur de la cuisse posée sur son épaule. Il ouvrit la bouche et enfonça ses dents dans la chair tendre de l'homme qui glapit de surprise et se releva sur ses coudes, le regard dangereux. Il n'avait pas percé la peau, mais voulait juste attirer l'attention sur ce qu'il faisait. Une marque rosée apparut et il l'embrassa du bout des lèvres. Il déposa plusieurs petit baisers sur sa route en se rapprochant dangereusement de l'intimité convoitée. Comprenant ses intentions, Gavin écarquilla les yeux et rougit furieusement. Il tendit la main vers l'Android.
-a.. attend ...c'est pas..
Une langue inhumainement longue et froide s'enfonça dans ses chaires, soudainement et Gavin rejeta la tête en arrière.
-HAAAAaaaaah! ... hah...
Tout son corps se tendit à l'intrusion et les vagues de chaleurs et de plaisir s'intensifièrent. Par reflexe, ses mains agrippèrent les cheveux de l'android et il se mordit la lèvre pour retenir sa voix. Il sentait le muscle lubrifié bouger en lui et une main se refermer sur son sexe pour le masturber lentement. Trop lentement à son goût. La langue en lui continua à forcer le passage jusqu'à la prostate qu'elle tortura délicieusement. Nines appliqua la même vitesse à sa langue et à sa main. c'était si lent, trainant, mais précis et Gavin était à la fois proche de la frustration, et proche de l'orgasme.
C'était insupportable.
Il avait l'impression de devenir fou.
Quand la langue se retira de son corps il émis un jappement indigné avant de sentir les doigts chauds s'enfoncer en lui jusqu'au point du plaisir. Un long soupire se fit entendre à la pénétration. Il n'eut pas mal du tout, probablement grâce à la salive lubrifiante de son partenaire. Celui-ci fit descendre sa main le long de l'érection du détective. Il sourit en levant un sourcil et murmura.
-J'ai une surprise pour toi, un petit cadeau qu'aucun de tes amants humain ne t'as jamais fait.
Gavin allait se relever et s'indigner mais les mots se bloquèrent dans sa gorge quand les doigts en lui se mirent à vibrer contre sa prostate. Il jeta à nouveau la tête en arrière, les yeux exorbités et sa voix libérée.
-Oh LA VAAACHE! Haaah! HAAAAAAAAaaaah!
Il était si prêt, il voulait désespérément venir, mais son partenaire ne lui laissait pas ce luxe, s'arrêtant à chaque fois qu'il jugeait opportun. Le regard satisfait de Nines profitait de chaque secondes du splendide spectacle que lui offrait son amant. Il était au bord du précipice et mourrait d'envie de sauter, mais Nines l'en empêchait.
C'était trop.
Gavin n'en pouvait plus. il se releva brusquement et saisi le visage de Nines entre ses mains. Ses joues rouges, la salive aux lèvres et les yeux brumeux, il haletait bruyamment. Tout aussi soudainement, il tira Nines en avant, le forçant à s'allonger sur lui. L'Android ne chercha pas à se débattre. Il retira ses doigts, laissant une sensation de vide à Gavin. Dans un souffle saccadé, il murmura des injures entre ses dents. Tout son corps tremblait mais il en voulait bien plus. Sans briser le contacte visuel, il se saisi du pantalon de son partenaire d'une mains maladroite et lui ouvrit la braguette, libérant l'érection jusqu'alors contenue par le tissus. Il la caressa dans toute sa longueur, observant les réactions de Nines. Celui-ci ferma les yeux et laissa échapper un gémissement silencieux qu'il ne contrôla pas.
Gavin eu un sourire en coin, satisfait de voir son partenaire réagir et saisi l'Android par les cheveux. Il poussa le sexe qu'il tenait contre son intimité, approcha de son oreille et ronronna.
-Baise moi.
Nines émis un grognement rauque et son corps se raidit. Le long de son dos, de la vapeur fusa hors de lui comme s'il était en surchauffe. Il poussa lentement pour s'enfoncer dans le corps de son amant mais, au bout de sa patience, Gavin croisa les jambes derrière les hanches de son partenaire et serra sa prise d'un coup sec pour le forcer complètement en lui. Il ferma les yeux et laissa un long gémissement lui échapper. Nines desserra enfin la mâchoire et souffla un nuage de vapeur chaude avant de reprendre un souffle plus humain. Il pencha la tête et passa la langue sur la gorge offerte et y planta les dents quand il donna son premier coup de rein. Gavin entrouvrit les lèvres mais ses plaintes mourraient dans un soupir.
Nines recula les hanches, agrippa ses cuisse et donna un coup puissant avant d'accélérer et de prendre le rythme parfait. Le corps chaud l'accueillait délicieusement, coup après coup. C'était tellement plus que ce qu'il avait imaginé. Gavin était haletant, à bout de souffle, les bras autour des épaules larges de son partenaire. Son corps bougeait par acoups et le bruit de claquement incessant se fit plus fort. Chaque nouvelle pénétration libérait sa voix par vagues bouillante. Il était, à nouveau si proche de venir quand Nines décida de le frustrer un peu plus en ralentissant.
Le regard noir de pur frustration rencontra les yeux bleus taquin de l'Android. Gavin ne se laissa, cependant, pas faire cette fois.
-Même pas en rêve!
Il sera ses jambes autour des reins qui le torturait et, d'un geste souple, comme pour maitriser un adversaire, Gavin retourna leur position. Il se retrouva au dessus de Nines, qui ne s'y était pas attendu. Il posa une mains sur la cuisse et l'autre sur le torse et imposa son propre rythme, tout en empêchant l'autre de se débattre.
Mais Nines ne souhaitait pas s'en plaindre, il ne pouvait pas. Pas quand il voyait Gavin ainsi, haletant, la tête penchée, les joues rougis, brillant de sueur et venant s'empaler avidement sur lui. Il se sentait infiniment chanceux de pouvoir enregistrer tout ce qu'il regardait. Nines avait le souffle coupé. Il leva la main, doucement et passa ses doigts sur le visage de Gavin. Dans un murmure, il prononça d'une voix emplis d'émotion.
-... Magnifique...
A bout de souffle, Gavin se figea en l'entendant prononcer ce simple mot avec autant de sincérité. Sa main se posa sur celle qui lui caressait le visage. Il haleta, ces yeux embrumés par le plaisir fixant intensément les lèvres de son partenaire. Son esprit trop proche de la délivrance, il ne réfléchit pas plus.
Il saisi la tête de Nines, ferma les yeux, et posa ses lèvres sur les siennes. C'était un contacte léger, à peine plus qu'un souffle mais un torrent d'émotions s'éveilla dans le regard bleu. Sa LED clignota rouge. Se rendant compte de son acte, Gavin le fixa avec un air paniqué, mais avant qu'il n'ai le temps de s'éloigner, Nines vint écraser sa bouche contre celles de son partenaire, l'empêchant de fuir. Il était plus exigeant, plus passionné et le brun ne put que répondre avec autant d'ardeur, empoignant les cheveux noirs de l'Android.
La vapeur fusa à nouveau de tout le corps de Nines qui se remis à bouger, mais cette fois il ne contrôlait plus ses coups de rein, ni sa vitesse. Il sentit Gavin se crisper et gémir contre sa bouche, son corps bougeant au rythme saccadé qui lui était imposé. Il sentait chaque impact du sexe en lui contre sa prostate et tout son corps tremblait de plaisir. La main de son partenaire vint saisir son érection et le masturber violement. La voix de Nines ronronna à son oreille.
-Viens pour moi, Gavin.
Cette fois, plus rien ne l'empêcha d'atteindre l'orgasme. Il posa la tête sur l'épaule de son amant, les yeux fermés, et le dos vouté. Il criait de tout son soul, laissant tout le plaisir lui échapper quand il vint sur le ventre de Nines. Celui-ci le suivit dans le plaisir d'un dernier coup de rein et dans un râle étouffé.
Sa force l'abandonnant, Gavin se laissa tombé dans les bras de son partenaire. C'était trop pour lui, jamais il n'avait ressentit ça. Ses paupières étaient lourdes et la fatigue l'empêcha de se dégager de l'étreinte de Nines. Il haleta en sentant le sexe de son partenaire quitter son corps. Posé contre l'épaule chaude, il soupira d'aise et s'endormit ainsi, sentant des doigts passer dans ses cheveux avec tendresse.
Il n'avait jamais aussi bien dormis.
Quand il ouvrit les yeux, tôt ce matin, il tomba sur le visage détendu de Nines, qui lui sourit calmement. Il lui avait dormis dessus. Les souvenirs de la veille ne tardèrent pas à revenir et son regard s'écarquilla d'horreur.
Il se leva sèchement sans un mot, rouge de honte en passant les doigts sur ses lèvres. Nines amorça un geste pour le rassurer, mais Gavin repoussa sa main en le regardant avec angoisse. La LED passa du bleu au rouge immédiatement et le visage de l'Android se ferma.
Gavin quitta la pièce, précipitamment, ramassant ses vêtements en catastrophe. Il ne savait pas quoi penser et refusait de parler. Nines le rejoint peu après, ces gestes droits et mécaniques, comme une machine. Sa LED désespérément rouge.
Le lieutenant ne dit rien. Lui et son partenaires montèrent en voiture jusqu'au commissariat dans un silence de plomb.
###""*###
Mardi, 3 mai, 10h.
-Oh, wow. Il a dû te faire sacrément grimper aux rideaux pour que tu en parles comme si c'était la meilleur nuit de ta vie.
-Putain ouai, ça l'était, j'ai encore le cul qui applaudit là. J'imagine même plus me faire sauter par quelqu'un d'autre...
Il passa la main dans ses cheveux et poussa un long soupir de désespoir.
-J'sais pas quoi faire, Ti, j'avais pas prévu que ça aille aussi loin... Mais en même temps, j'en crève d'envie.
Tina regarda un point dans le vide, l'air pensive. Elle soupira longuement se passa la main sur le visage.
-alala, tu es un cas, Gav... Pauvre Nines.
Gavin fronça les sourcils et la regarda, l'air outré.
-Comment ça "pauvre Nines"?! C'est moi qu'est perdu, là!
Le lieutenant Chen regarda son ami d'enfance avec désapprobation.
-Sérieux? Non Gavin! Juste non! Toi, tu es pas bien parce que tu as peur de t'attacher et de t'engager. T'es pas perdu, t'es juste égoïste et tu le sais! Mais Nines...
Elle se leva et pointa du doigt la zone de charge des Androïdes.
-Tu te rends bien compte que pour lui, tu es le premier "tout". Son premier partenaire, son premier ami, son premier amant, son premier baiser... peut être même son premier amour. Il n'en sait rien parce que hier, tu t'es jeté sur lui, et ce matin tu l'as juste complètement évité. Gavin, il est tellement plus perdu que toi. Alors oui, "Pauvre Nines"
Gavin se leva à son tour et regarda vers son partenaire qui fixait le sol, sa LED toujours rouge. Il sentit sa gorge se serrer. Tina ajouta.
-Tu l'as accueillit chez toi, vous avez couché ensemble, tu l'as embrassé alors que tout le district, lui compris, connais ta règle. Tu as dormis dans ses bras et dès que tu es sortit du lit, tu as été un infame connard. Les signaux que tu lui as envoyé et ta réaction son entièrement contradictoires.
Il se passa la main dans les cheveux et soupira en commençant à piétiner.
- J'ai aucune foutu idée de ce que je veux de lui... avec lui.
Tina sourit calmement.
-Oh si tu le sais. Mais comme tu penses pas mériter d'être heureux, tu repousses l'idée. Tu sais quoi, je vais te dire un secret. Toi et Nines méritez de vous donner une chance. Mais, même si tu veux pas, il faut que tu lui parles, pour mettre les choses à plat. Il te fait confiance.
Gavin fixa Tina un instant, puis il sourit et vint lui embrasser le front.
-Merci Ti.
Il quitta la salle précipitamment et se dirigea d'un pas assuré vers la pièces où les Androids se chargeaient.
Cependant son assurance s'amenuisait au fur et à mesure qu'il avançait et il ralentit. Juste au moment où il allait abandonner l'idée, il vit son partenaire, le regard vide et la LED rouge. Les balafres de la veille marquant encore son beau visage. La culpabilité l'étouffa à nouveau. Il serra les dents et se gifla pour se donner du courage.
Silencieusement, il pénétra la pièce et se retrouva face à Nines qui avait relever le regard vers lui. Gavin se sentit paralysé par la douleur qu'il lisait dans les yeux orages qui le fixaient. Il déglutit et fit un signe de la main.
-Nines je... écoute... je peux te parler?
Nines resta de marbre un instant et sa LED passa rapidement au jaune avant de redevenir rouge. Il se leva de son siège et vint faire face à Gavin. Celui-ci recula, dos contre la porte. Il détestait quand Nines se comportait en Machine. La voix glaciale de l'Android se fit entendre.
-Vous n'avez pas besoin d'expliquer quoi que ce soit. Vous avez été très clair ce matin.
Gavin n'aimait pas ce ton, il n'aimait pas le vouvoiement et le froid dans ces paroles.
-Attends, j'ai...
Nines le coupa immédiatement.
-Ne vous inquiétez pas pour ma discrétion, je ne vais pas tarder à m'effacer la mémoire et me rebooter entièrement.
-ARRETES PUTAIN, ARRETE!
Par colère, Gavin cogna la porte derrière lui d'un coup de poings lancé avec son bras blessé. Il Siffla entre ses dents de douleur. Bien malgré lui, Nines entama un geste, inquiet. Le brun releva un visage misérable vers son partenaire et il balbutia.
-Nines, pourquoi tu irais aussi loin?
L'Android soupira silencieusement mais finit par fermer les yeux.
-Ce matin, j'ai vu ton visage. La terreur et la panique, quand tu m'as regarder. Je veux oublier.
Il fit une grimace douloureuse et regarda le sol.
-Ces souvenirs, cette nuit, ton toucher, ton regard, ton baiser... Je veux tout effacer. Je veux étouffer cette anomalie dans mes circuits qui me murmure des choses impossibles et insensées. Je souhaite repartir de zéro.
Gavin le contempla avec un air grave. Il appelait ça une anomalie, mais l'homme savait de quoi il parlait. C'était si dur pour Nines de faire face à ces sentiments nouveaux alors que Gavin les avait juste fuis, sans penser à ce que pouvait ressentir l'Android. Il déglutit et approcha de son partenaire, cherchant son regard.
- Cette anomalie... Elle te dit quoi.
Nines hésita longuement, mais le regard intense de Gavin lui rappela sa promesse. Il ne voulait plus lui mentir.
-Elle me dit qu'il n'y a rien de plus précieux dans ce monde que ta présence à mes cotés, que tu es un trésor d'humanité. Elle me dit que si Connor m'a donné la vie, tu m'as offert une raison d'être, mon nom, mon identité. Elle me dit de t'offrir une épaule quand tu souffres, prendre ta place quand tu tombes et qu'il y a rien de pire que de te savoir blessé par mes actions.
Le cœur de Gavin battait si fort dans sa poitrine qu'il ne sentait plus ses jambes. Il tomba assis au sol se passa une main sur le visage. Ces mots qu'il avait craint, il les aimait tellement. Il se sentait si lourd et léger à la fois.
-Nines, j'ai pas été blessé par tes actions... Tout ce que tu as fait hier, c'était génial. Tu as été parfait, j'ai juste été un gros lâche.
Il mâcha ses mots, cherchant à bien s'exprimer. Il ne voulais pas blesser son partenaire.
-Je t'ai embrasser, parce que j'en avait terriblement envie, parce que tu me plais. J'ai fuis ce matin parce que j'ai peur de m'attacher et que je suis un connard. Je ne suis pas le "trésor de l'humanité" que tu vois.
Il se releva difficilement et fit face à Nines. Il l'approcha lentement.
-Je suis un gars égoïste, le genre de con qui aime être gâté mais qui s'occupe pas assez des autres. Je suis pas un gentleman et je suis pas connu pour être poli. Je suis bordélique, mal rasé et je fume comme un pompier. Ce n'est pas extraordinaire, mais tout ça, c'est moi. Gavin Reed. Je serais jamais parfait, mais je veux être cet homme que tu me décris. Si ce n'est pas trop tard, es ce qu'une relation avec un enfoiré comme moi t'intéresse toujours?
Le visage sévère de l'Android s'adoucit et sa LED passa au bleu. Gavin lui faisait face, et ne fuyait pas. Il n'y avait plus de peur ni de douleur dans son regard. Nines passa la main sous le menton de Gavin et le força à lever la tête vers lui. Ses doigts caressèrent la barbe de trois jours que l'homme portait. Nines eu un sourire en coin.
-Je suis un Android, prototype militaire avancé RK900 inachevé. Un Android qui porte des cicatrices et qui doit se soigner seul. Un robot de guerre, tueur, avec un coeur fragile. Je suis en vie, mais je serais toujours une machine aux yeux de certains. Tu feras surement face à de la discrimination à mes cotés. Tout ça, c'est moi, Nines. Mais si ça ne te fais pas peur, que tu penses que le défi en vaut la peine, alors je suis à toi.
Gavin eu un rire en devenant rouge. Il saisi le col de son partenaire et sourit de toutes ses dents.
- Oh hoo, j'ai aucun doute que je vais devoir péter quelques gueules pour tes beaux yeux, Wall-E. Et je le ferais avec plaisir!
Son regards glissa sur la bouche de son équipier. Mû par son audace, il tira sur le tissus du col et scella leurs lèvres. Il sentit des bras puissants entourer son corps et le presser contre l'autre homme. Tout son être frissonna et il se colla d'avantage à l'Android. Oui c'était ce qu'il voulait.
Gavin pencha la tête et commença à approfondir le baiser quand un bruit sourd de verre qu'on cogne le fit sursauter. De l'autre coté de la baie vitrée, une Tina grimaçante fit un geste ample pour leur faire comprendre que tout le district les voyait et qu'il valait mieux tout garder dans le pantalon. Nines souffla à son oreille.
-Nous sommes au travail. Peu être devrions nous en reparler ce soir.
Décoiffé, le brun hocha la tête, penaud. Les partenaires se mirent droit et retournèrent bosser. Gavin sourit et se promis de faire installer une station de charge chez lui. Après tout, ni lui, ni Nines n'avaient plus besoin de passer leurs nuits tout seuls.
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FIN
