Une semaine en enfer
Par Saeshma
Traduction : Calidora Black
Béta Drennae
« Il y avait un homme portant des vêtements noirs et un masque argenté. Il avait des cheveux et des yeux noirs, il vient de partir. Savez-vous qui il est ? » Je demande à la grosse femme au comptoir de l'entrée.
« Je suis vraiment désolée madame mais la discrétion est notre politique. »
Je suis trop épuisée pour me disputer avec cette femme alors j'attends le retour de l'homme torse-nu qui est parti chercher mon manteau et je pars.
Il est minuit passé quand j'arrive au portail de l'école. Il avait commencé à neiger quand je suis partie cet après-midi et maintenant tout est recouvert d'une fine couche de neige blanche qui scintille à la lumière de la pleine lune. Je dois admettre que c'est magnifique.
Alors que je traverse le hall du château, je me perds dans mes pensées. J'ai été fessée, attachée, aveuglée, baisée par les mains habiles d'un homme que je pensais être un étranger mais qui ne l'est pas…
Honte. Voilà ce que je devrais ressentir en ce moment mais ce n'est pas le cas. Comment pourrais-je avoir honte de quelque chose qui m'a fait ressentir tant de plaisir ?
La peur. Voilà ce que je ressens. L'homme derrière le masque me fait plus peur maintenant que tous ceux que j'ai pu combattre pendant la guerre. Qui est-il ? Où est-il ?
Finalement arrivée dans mes appartements, je quitte ma robe et ma ceinture, mets ma chemise de nuit et me blottis sous les couvertures. Mes fesses me font encore mal mais je m'endors rapidement et, pour la première fois depuis des semaines, je ne fais aucun cauchemar.
…
Ma routine du lundi matin recommence et j'espère que cela va m'aider à oublier ce week-end. Evidemment, j'ai tort.
Pendant le repas, je me surprends à observer les hommes de l'équipe enseignante, essayant de reconnaitre ses yeux noirs sur le visage de mes collègues. Heureusement, je n'y parviens pas mais, quand je reviens dans mes appartements le soir, je réalise que cela signifie seulement qu'il peut être n'importe qui, que j'ai pu le rencontrer n'importe où. Avant d'aller me coucher, j'ouvre une bouteille de mon jus d'œillet préféré et m'en verse un verre.
…
Le mardi, il me vient à l'esprit qu'il s'agit peut-être d'un membre de l'Ordre. Black, par exemple, pourrait facilement correspondre à la description de mon mystérieux maître s'il n'avait pas été emprisonné il y a deux mois. Je ne peux toujours pas croire qu'il ait pu trahir ainsi Potter. Ces garçons étaient inséparables quand je les ai eu à Gryffondor et maintenant… Pauvre Lily. Si elle avait su que son fils chéri allait être abandonné chez sa sœur moldue. Je ne parviens pas à sortir cet enfant de mon esprit. Pauvre Harry, j'ai besoin d'un verre.
…
Je passe le mercredi après-midi à chercher dans les anciens albums de promotions. Il m'a appelé 'professeur', il doit donc être un ancien étudiant. J'espère que les photos vont m'aider à me souvenir mais je me rends vite compte que cette idée était vraiment très mauvaise, surtout en ouvrant le livre de la promotion 1970-71 et que je vois le jeune Franck Longdubat qui me sourit. Oh Frank. Je devrais envoyer un hibou à Augusta. La dernière fois que je lui ai parlé était quand nous avons attrapé les Lestranges. Mais Fol-Œil avait été blessé et … Cela doit faire au moins trois semaines.
Je retourne dans mes appartements, prends un parchemin, une plume, de l'encre, la bouteille de jus d'œillet que j'ai ouverte lundi et je commence à écrire. J'espère que tout se passe bien avec son petit-fils.
…
Le jeudi, je décide de m'occuper l'esprit. Une fois que j'ai fini de corriger des copies et de préparer mes cours, je commence à faire le ménage. Après le rangement de mon bureau et la réorganisation de ma bibliothèque, vient le tour de mes armoires. Une fois que j'ai vidé les tiroirs, je tombe sur ma ceinture en cuir, celle je portais à La maison de la Soumission, celle qu'il a utilisée pour me punir et pour m'attacher au lit. Le souvenir de cette nuit me fait mouiller et je fini par me masturber sous mes draps.
Plus tard, je verse ce qu'il reste du jus d'œillet dans un verre et je me demande si je vais enfin réussir à deviner l'identité de mon mystérieux maître.
…
Le vendredi marque enfin la fin de cette semaine d'enfer. Je n'ai cours que le matin et après le déjeuner dans la Grande Salle, je vais à Londres.
Alastor est toujours à l'hôpital et il va y rester pour au moins les deux prochaines semaines. Le voir avec une jambe en moins est pénible mais je me suis arrangée pour que le bureau des aurors finance la meilleure prothèse du marché. Ils ont d'abord refusé car il a été blessé pendant une mission pour l'Ordre et pas pour le Ministère. Mais heureusement, je sais tirer les bonnes ficelles si c'est nécessaire.
Deux coups courts, un long, deux courts et il me laisse entrer.
« Je savais que c'était toi. » Dit-il « Personne ne pense à utiliser le mot de passe. »
« J'ai déjà vu ce que tu faisais aux intrus et je ne veux pas prendre ce risque. » Dis-je en retirant mon manteau et en l'accrochant au mur.
Nous aimons plaisanter mais nous ne rions pas souvent ou pas très fort. Nous savons que les gens pensent que nous prenons la vie trop au sérieux mais ce n'est pas cela. Alastor dit que c'est parce que nous avons trop souffert et qu'il n'y a plus de rire en nous. Je suis assez d'accord.
Il se décale dans le lit pour me faire de la place et je m'assois pour lui faire face.
« Comment vas-tu ? » Dis-je en arrangeant les coussins derrière lui pour qu'il puisse s'assoir correctement.
« Bien, ils prennent bien soin de moi ici. Comment a été ta semaine ? »
« Comme toujours : classes, copies, réunions… »
« Tu devrais essayer de t'amuser un peu, Minerva. La guerre est finie et tu as besoin d'une vie en dehors du château. Trouve un hobby. Trouve un homme. »
« Êtes-vous en train de me draguer, Mr Fol-Œil ? » Je préfère plaisanter parce que je ne peux pas lui dire quel genre de hobby j'ai trouvé, ni quel genre d'homme j'ai rencontré.
« Non, Mrs McGonagall, j'ai abandonné il y a bien longtemps. » Me répond-il avec un demi-sourire.
« Que dirais-tu d'une partie d'échecs ? » Je lui propose pour rompre la tension qui s'est formée entre nous.
« Seulement si tu me donnes un bon poison. » Je pointe ma baguette vers mon manteau et une bouteille de Whisky Pur-Feu vole vers nous.
…
Je passe la nuit à l'hôpital. C'est difficile de dire au revoir à un ami quand on passe un bon moment et je m'amuse toujours beaucoup avec Alastor. Nous sommes sorti de Poudlard la même année, nous avons travaillé au Ministère ensemble pendant quelques temps et nous avons combattu côte à côte Vous-Savez-Qui pour l'Ordre. Nous sommes de bons amis. Je sais qu'il aimerait que nous soyons autre chose. Je suis célibataire et j'aimerais cela aussi – les choses seraient beaucoup plus faciles – mais je ne ressens pas cela pour lui.
…
Je transplane à Pré-au-Lard et commence à marcher vers l'école. Je n'ai pas encore quitté le village quand une voix m'interpelle.
« Minerva. » Je me retourne pour voir le Directeur qui marche vers moi dans la neige.
« Bonjour Albus. »
« Je ne pensais pas vous trouver ici. » Il m'offre son bras et je pose une main dessus alors que nous commençons à marcher ensemble.
« J'ai passé la nuit avec Alastor. » Dis-je, seulement parce que je sais qu'il ne va pas s'imaginer des choses.
« J'espère qu'il va bien. »
« Oui. Je suppose que vous revenez du Ministère. Comment le procès s'est-il passé ? »
« Mieux que je ne l'espérais, ma chère. Ils ont accepté ma proposition et il ne va pas aller à Azkaban. Il va rester libre sous ma responsabilité. »
« J'espère que vous savez ce que vous faites, Albus. »
« Oui, je lui fait une confiance totale. C'est pour cela que j'ai tout arrangé pour qu'il revienne à Poudlard. »
« Comment ? »
« Il va devenir l'apprenti de Slughorn. Il veut prendre sa retraite à la fin de cette année, donc nous devrons le remplacer après l'été de toute manière. Ainsi, nous n'aurons pas à chercher un remplaçant. »
« Pensez-vous que ce soit une bonne idée, Albus ? Il reste un ancien Mangemort. »
« Il a seulement fait un mauvais choix, c'est un bon garçon. Vous devez vous souvenir de lui lorsqu'il était étudiant. N'est-ce pas, Minerva ? »
« Vaguement. » J'admets alors que nous arrivons au portail de l'école.
« Bien. Vous pourrez le voir de vos propres yeux cet après-midi. »
« Cet après-midi ?! »
« Oui, je serai là pour l'accueillir quand il arrivera après le déjeuner mais j'aurai besoin de vous pour lui faire visiter le château. Je dois retourner au Ministère à six heures, donc je ne peux pas le faire moi-même et Slughorn passe le week-end dans sa famille. Il ne reste plus que vous. Ça ne vous dérange pas, ma chère ? »
« Bien sûr que non. » Je mens. La dernière chose que je veux faire cet après-midi est du babysitting pour un ancien étudiant, spécialement en sachant que celui-ci est un ancien Mangemort. Mais je ne peux pas dire non à Albus.
Dites moi ce que vous en avez pensé, si la traduction vous plait et si l'histoire vous intéresse. Les reviews me permettent de m'améliorer, et si vous préférez les PM, je les lis aussi avec plaisir ;)
