Introduction à la domination

Par Saeshmea

Traduction Calidora Black

Béta Drennae


J'ai du mal à croire Dumbledore quand il me dit que je n'ai rien à craindre. J'ai tué des innocents. J'ai torturé des innocents. J'étais, je suis et je serai toujours aux yeux de la justice magique, un mangemort. Et il ne me fera pas croire le contraire.

Le ministère veut montrer à la communauté magique que tout est sous contrôle, ils doivent regagner la confiance des gens et nous – les quelques-uns qui sont jugés en ce moment – devons payer pour nos propres crimes, ainsi que pour ceux qui sont en fuite ou qui ont pu acheter leur liberté.

Je connais suffisamment de noms pour donner des exemples de chaque type, des noms que personne d'autre que moi ne peut fournir mais ils ne me sont pas d'une grande utilité car j'ai déjà dit tout ce qui aurait pu constituer mon ticket pour la liberté avant que le Seigneur Noir ne soit défait. J'ai donné à Dumbledore toutes les informations qu'il voulait, j'ai trahi mon Maître et ceux que je considérais comme mes amis, en échange d'une seule vie : celle de Lily et il a échoué à la protéger.

C'est pourquoi il est difficile pour moi de croire que Dumbledore a suffisamment de pouvoir pour me protéger. Je me suis fait à l'idée que je passerai le reste de mes jours à Azkaban et je suis incapable de montrer la moindre émotion en apprenant que ça ne sera pas le cas.

« Vous resterez en probation sous ma responsabilité pour les dix prochaines années. » M'explique-t-il alors que nous marchons pour sortir du hall souterrain du Ministère. « Pour que ce soit plus simple, vous viendrez à Poudlard. Je sais que ce n'est pas l'endroit où vous voudriez être mais c'est mieux qu'Azkaban. »

« Je n'ai pas besoin de votre charité. »

« Ce n'est pas de la charité, Severus. C'est un emploi, un foyer, une vie. »

« Un emploi ? »

« En tant que professeur. Je suis sûr que vous avez beaucoup à offrir à la prochaine génération, mon garçon. »

Les portes de l'ascenseur s'ouvrent mais je ne sors pas. Moi ? Professeur ? A Poudlard ?

« Je suppose que je suis bon en matière de Forces Obscures. »

« Et bien... » Il hésite sur ce mot, probablement est-il en train de réfléchir au meilleur moyen de rejeter cette idée. « Il n'y a pas de poste libre pour cette matière mais le professeur Slughorn va bientôt partir en retraite et j'ai pensé que vous pourriez prendre sa place l'année prochaine. »

« En potions ? »

« Oui. J'ai remarqué que vous aviez votre propre laboratoire quand je suis venu vous rendre visite et j'ai vérifié vos notes d'ASPIC : elles étaient excellentes. J'ai pensé que vous trouveriez ma proposition convenable. »

« Eh bien oui, monsieur. Mais c'est une chose de brasser des potions et çaen est une autre de l'enseigner à des enfants. Je ne sais même pas par où commencer. »

« C'est pour cela que je souhaite que vous emménagiez au château dès maintenant. Vous serez l'apprenti d'Horace jusqu'à la fin de l'année, vous travaillerez main dans la main avec lui pour vous habituer à votre nouvel emploi. »

« Est-ce que j'ai le choix ? » Je demande en me souvenant combien je détestais cet homme lorsque j'étais étudiant.

« Non, sauf si vous voulez retourner devant la cour de vous-même. » Dit-il avec ce ton particulier qui parait aimable mais qui contient une nuance de menace.

Plus tard, je suis chez moi. Je me dirige vers ma bibliothèque, mes placards et mes tiroirs, me demandant ce que je suis censé prendre ou pas. Je sais que je n'ai besoin de rien concernant le laboratoire car il y en a à Poudlard et qu'ils sont mieux équipés. Je voudrais prendre tous mes livres mais je suppose que je n'aurais pas suffisamment de place dans mes appartements. Je ne mets donc dans ma vieille malle que les affaires qui peuvent m'être utiles. Les vêtements sont les plus faciles à choisir. Une fois que j'ai pris l'essentiel, il ne reste qu'une boîte posée dans un coin.

Je ne l'ai pas ouverte depuis très longtemps. Je sais que ce qu'elle contient pourrait déranger la majorité des gens mais... Peut-être pas tout le monde.

C'était durant ma dernière année à Poudlard. Pendant l'été, j'avais lu quelques magazines volés dans la chambre de mon père. C'était du porno. J'en avais déjà vu avant, mes camarades de dortoir en avaient parfois ramené de chez eux et, bien qu'ils ne les aient jamais partagés avec moi, j'avais parfois jeté un coup d'œil à ces femmes nues bougeant sensuellement sur les photos. Et je n'avais pas compris ce qui les intéressait tant.

Les photographies sur les magazines de mon père ne bougeaient pas mais elles ont éveillé bien plus d'intérêt chez moi. Ces femmes étaient montrées attachées, agenouillées devant des hommes ou d'autres femmes, fessées ou fouettées… Il y avait parfois de courtes histoires à propos de ces femmes soumises et je devais aller dans la salle de bain en plein milieu de la nuit pour lire et pour me masturber en m'imaginant être leur maitre.

Quand je suis revenu à l'école cette année-là, j'ai emmené certains magazines avec moi. Un matin, un de mes camarade en a trouvé un et l'a montré à tout le monde en disant qu'il était à moi. Je pensais qu'ils se moqueraient, qu'ils diraient que j'étais bizarre… Mais ils ont aimé les images, ils ont ris des femmes photographiées et ont commenté leurs corps comme ils le faisaient pour les autres revues. Mais ces femmes n'étaient pas comme les autres, pas pour moi.

Ce même jour, je reçu une note : Retrouve moi dans la salle de bain des préfets à 10h. Il n'y avait pas de signature mais c'était une très belle écriture, sûrement d'une femme et la curiosité m'a poussé à me rendre au rendez-vous.

« Tu es venu. » Dit sa voix alors que je refermais la porte. Elle était grande, brune et portait l'uniforme de Serpentard. Mais je ne la connaissais pas.

« Qui es-tu ? »

« Le magazine que les garçons avaient ce matin » Commence-t-elle en me caressant le torse « C'était vraiment le tien ? »

« Oui » J'étais distrait par ses caresses mais je devais insister. « Qui es-tu ? »

Christine, c'était son nom. Elle était en sixième année et a été ma première soumise. Nous nous retrouvions dans la salle de bain des préfets ou à la volière la nuit. Au début, elle a dû me guider, me disant ce qu'elle voulait que je lui dise ou fasse. Je ne comprenais pas pourquoi la douleur l'excitait autant mais c'était incroyable de voir les réactions de son corps ou l'expression de son visage en sachant que j'en étais la cause. Je ne suis jamais tombé amoureux d'elle et je pense qu'elle non plus. J'aimais juste l'avoir en mon pouvoir, la contrôler, être le Maitre de son corps, d'une manière que je n'aurais jamais pu espérer avec celui de Lily. Ses raisons ne m'intéressaient pas.

Comme j'ai pris trop de bagages, je décide d'utiliser le Poudlard Express jusqu'à Pré-au-Lard. Il y a peut-être un peu de nostalgie dans ce choix mais je m'empêche d'y penser.

Le train est quasiment vide, paisible… Et je réalise à quel point je pourrais apprécier ce trajet si je ne pensais pas à Dumbledore, au fait que je lui dois ma liberté, à la promesse que je lui ai faite et à mon futur travail avec Slughorn. Je secoue la tête essayant de penser à autre chose et l'image du professeur McGonagall allongée sur la table des professeurs pendant que je lui fouette les fesses avec sa ceinture de cuir me vient soudain à l'esprit.

Samedi dernier, c'était mon anniversaire et comme il y avait de fortes chances pour que je finisse à Azkaban dans les jours qui suivaient, j'ai décidé de m'accorder un retour à La Maison de la Soumission où je n'avais pas été depuis mon intégration parmi les mangemorts. J'avais besoin de trouver et de torturer n'importe quelle salope que je pourrais trouver, spécialement car ça risquait d'être la dernière fois. Je suis arrivé tôt et je me suis assis sur l'un des canapés. Peu de temps après, une femme est arrivé et est restée au bar. Elle était nouvelle, je pouvais le deviner à la façon qu'elle avait d'observer tout ce qu'il se passait dans la pièce. Et surtout parce que les habitués ne portent pas de masque blanc. Ils préfèrent porter quelque chose de plus personnel.

J'essayais de ne pas trop m'intéresser à elle, si c'était une maitresse, elle ne m'intéressait pas. J'ai donc continué à regarder autour de moi mais, malgré tout, je ne pouvais pas l'ignorer. Elle n'était pas jeune, je pouvais le deviner, et elle était trop mince pour m'intéresser mais elle me rappelait quelqu'un, son chignon brun, sa façon de s'assoir… A un moment, mon ancienne professeure de métamorphose me vint à l'esprit et, aussi ridicule que l'idée puisse paraitre, je décidai de me lever et de m'assoir plus près de cette mystérieuse femme. Soudain la ressemblance me frappa. C'était elle.

Mon idée fut confirmée au moment où elle ôta son masque. C'était donc elle, mon ancienne professeur McGonagall, assise au bar de la Maison de la Soumission, le visage à découvert.

Je m'approchai d'elle sans la moindre intention de l'emmener là-haut, je voulais juste la taquiner un peu. Découvrir pourquoi elle était ici. Elle avait été ma professeure, ça aurait été vraiment bizarre de toute manière. Mais à mesure que nous parlions, elle devenait juste une femme à mes yeux, une très belle femme à la recherche de liberté.

Je savais exactement à quel genre de liberté elle faisait référence. Elle se fuyait elle-même, elle voulait devenir quelqu'un d'autre, exactement comme moi quand je deviens dominant. En la regardant dans les yeux, je compris que je pouvais lui donner ce qu'elle cherchait.

Alors que j'attends Dumbledore au portail, je regarde l'école recouverte de ce manteau blanc, je ne peux m'empêcher de penser qu'elle est quelque part dans ce château et qu'elle a autant besoin de moi que moi d'elle.


Nous voilà maintenant avec le point de vue de Severus. Toute la fic reposera sur l'alternance des points de vue. N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce chapitre, en review ou en MP.

Bonne journée et à bientôt !