Fou ou courageux
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Par Saeshmea
Traduction Calidora Black
Béta Drennae
Quand je sors de la douche, c'est comme une renaissance. J'avais besoin de ça plus que je ne voudrais l'admettre.
Je m'habille et sort, sans savoir si je suis prête à faire face à Severus après ce que nous avons fait. Mais j'ai vraiment besoin d'une oreille amicale maintenant que je me suis suffisamment calmée pour en parler.
La vérité est, en y réfléchissant, que mes larmes étaient vraiment stupides. Je suppose que je ne pouvais plus faire face et que j'avais besoin de pleurer.
…
Je suis allée rendre visite à Alastor à l'hôpital pour la dernière fois, pas parce que j'ai décidé de ne plus le voir, mais parce que lundi, il doit rentrer chez lui. Nous avons joué aux échecs, partagé la moitié d'une bouteille de whisky pur-feu et nous avons fait une courte promenade dans l'entrée de Sainte Mangouste. Cette fois-ci, le voir avec une jambe orthopédique est moins étrange que vendredi dernier quand ils lui ont donnée.
« Comment fonctionne-t-elle ? » Je demande alors que nous revenons dans sa chambre.
« Mieux que l'ancienne, » plaisante-t-il « tu te souviens que je ne pouvais plus plier le genou ? »
« Je suis sérieuse Alastor. » Je le fixe du regard.
« Je sais » C'est tout ce qu'il me dira, alors qu'il s'accroche à mon bras pour monter les escaliers. Je n'insiste pas.
« Comment ça va dans ton école ? » Demande-t-il pour briser le silence.
« Ce n'est pas mon école. »
« Eh bien, tu la fais fonctionner pour Albus, non ? »
Je passe un moment à réfléchir à sa réponse. Je ne veux pas admettre qu'il a raison mais je ne veux pas non plus lui mentir. Je décide alors de revenir à la question initiale.
« Les choses se passent bien à Poudlard. »
« Minerva, s'il te plait. Nous avons à peine marché la dernière fois que tu es venue et être ici est pénible. Raconte-moi quelque chose qui m'amuse. »
« Nous avons un nouveau professeur » Pourquoi je lui raconte ça ? « Enfin, il n'est pas professeur, seulement apprenti, mais Albus l'a fait venir pour ensuite l'embaucher. »
« Vraiment ? »
« Il était Mangemort. »
« Tu n'es pas sérieuse ? » Demande-t-il « Il a réellement fait venir Snape à Poudlard ? »
« Attends, tu le connais ? »
« Bien sûr, il est devenu espion pour l'Ordre pendant le dernier mois de la guerre, donc je l'ai rencontré à quelques reprises. »
« Tu ne me l'as jamais dit. » Je fais un peu la tête alors que nous arrivons devant sa chambre.
« Eh bien, Dumbledore a été très clair à ce sujet : nous devions garder le secret et, je sais que j'ai déjà partagé des secrets avec toi, mais là c'était vraiment dangereux. »
« Je déteste quand tu penses que tu dois me protéger. » Lui murmure-je
« Je le dois parfois, tu es mon amie. »
« Bon ! » Je décide de changer le cours de la conversation car je déteste quand nous réfléchissons à ce que nous sommes l'un pour l'autre. « Que penses-tu de Snape ? »
« Pas un mauvais garçon mais reste loin de lui. »
« Tu ne lui fais pas confiance ? »
« Il n'est pas dangereux mais il a changé de camp quand tout le monde pensait que Tu-Sais-Qui allait gagner. »
« Mais c'est bien, non ? » J'étais confuse.
« A mon avis, quelqu'un qui fait ça est soit très courageux, soit complètement fou. »
Je quitte la chambre d'Alastor en me disant que Severus ne me semble pas fou. Oui, il y a cette face de lui que j'ai découverte à La Maison mais si avoir ces plaisirs signifiait être fou, alors je le suis moi aussi.
Je marche dans le couloir quand je reconnais une voix familière.
« Qu'est-ce que vous voulez dire en disant qu'ils sont transférés ici ? Mon fils n'est pas fou ! » Augusta Longdubat se tient avec un bébé dans les bras, hurlant sur une infirmière qui est au bord des larmes.
« Je suis désolée madame mais je ne peux rien faire »
« Vous ne pouvez rien faire ? » Répété-t-elle, alors que je la vois sortir sa baguette. A ce moment, je presse le pas et pose la main sur l'épaule de mon amie avant qu'elle ne fasse quelque chose de stupide.
« Vous devriez partir maintenant. » Dis-je à la médicomage, qui disparait immédiatement.
« Minerva ? » Augusta se tourne vers moi, son petit-fils dormant dans ses bras, probablement habitué aux crises d'hystérie de sa grand-mère.
« Tu devrais ranger ta baguette, n'est-ce pas ? » Je plaisante, tout en sachant qu'elle ne va pas rire, mais j'essaie de faire baisser la tension ambiante. Elle se jette dans mes bras et la seule chose que je peux faire est de l'embrasser, elle et l'enfant, alors qu'elle passe sa main libre dans mon dos.
…
Nous montons au cinquième étage et parlons devant une tasse de thé. Pendant qu'elle m'explique ce qu'elle a enduré depuis que Frank et Alice ont été hospitalisés, je réalise à quel point j'ai été négligente envers elle.
J'étais aux côtés d'Alastor et des autres aurors pour les aider à les trouver mais je n'étais pas là quand ils ont capturé les Lestranges. Alastor a été blessé cette nuit-là et j'ai vu les corps torturés du fils d'Augusta et de sa belle-fille quand ils les ont amenés à Sainte Mangouste. J'ai été chargée de lui annoncer.
« Vous êtes son amie » a dit Albus « Vous savez comment lui parler. »
Il avait tort. Personne ne sait comment dire à un ami que son fils se bat pour sa survie a l'hôpital, après avoir enduré des semaines de torture.
Alors que nous finissons notre thé, Augusta me dit qu'Alice a été la première à reprendre connaissance mais qu'à ses yeux il ne restait rien de sa belle-fille chez cette personne. Alice a été emmenée dans la section de Janus Trickey et Augusta commence à espérer que son fils ne se réveille jamais. L'entendre dire qu'elle voit son fils, sa chair, son sang, mort plutôt que fou me brise le cœur. Frank s'est réveillé il y a quelques jours et, après beaucoup de tests, les médecins l'ont déclaré dément.
Augusta commence à pleurer devant moi pendant que le bébé est bercé dans les airs par un charme très maternel. Je tente de la réconforter, j'essaie de lui faire comprendre, de lui dire qu'elle doit être forte pour le petit Neville, et que si elle a besoin de quelque chose, n'importe quoi, je serai là. Même si je suis parfois très occupée et que j'oublie de lui écrire.
Seule, dans les rues de Londres, dans l'obscurité de la nuit, je lutte contre mes propres larmes. Je ne peux pas les retenir plus longtemps. Je suis désolée pour Augusta, qui doit voir son propre fils ailleurs, mais sans pouvoir le pleurer dignement, car techniquement, il est toujours là. Je suis désolée pour Frank, Alice, pour Neville et Harry, pour Lily et James et pour Alastor, parce que sa jambe, même s'il peut à nouveau plier le genou, était toujours mieux qu'une maudite prothèse.
Quand j'arrive à l'école, ma tête va exploser, je ne peux pas empêcher mes larmes de couler et mon cœur bat plus vite que jamais. Tout ce que je veux, c'est que ça s'arrête.
Voila la fin de ce chapitre !
J'espère qu'il vous a plu, l'histoire commence à s'installer progressivement, et on les verra plus souvent ensemble dans les prochains chapitres.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, par review, MP ou hiboux. Promis je ne mords pas ^^
Merci de votre lecture, et à bientôt !
Calidora
