"Un seul mouvement fatal

Et moi, dans le noir le plus total,"

Le calme, une si belle chose. Ce qu'il pouvait aimer le calme. Après cette guerre chaque jour était gris. Personne n'avait plus rien à faire de très important. Pourtant Severus Rogue, lui ne s'était jamais senti aussi bien. Personne ne voulait le tuer, et il n'y avait personne à protéger. Surtout pas cet abruti de garçon à lunettes rondes et cassée la plus part du temps. Il s'était souvent demandé s'il ne connaissait pas "oculus reparo" ou s'il était incapable d'exécuter un sort de niveau un. Mais après deux minutes il en revenait toujours à la même conclusion: Lui même, Severus Rogue, n'en avait strictement plus rien à faire de ces affreuse lunettes. Ce n'était plus son travail de s'en préoccuper. Il était libre de faire ce qu'il voulait, libre de passer une nuit à concocter des potions, libre de se lever à quatorze heures en vacances, libre de ne pas manger. Il faisait ce qu'il voulait. Après la guerre, à la plus grande surprise du monde sorcier, il avait épousé une femme, Élyse VanLassford, dix ans plus jeune que lui. La pauvre jeune sang-mêlé était décédée trois années plus tard d'une pneumonie. Le monde sorcier devait encore faire des progrès au niveau de la médicomagie. Severus n'avait jamais vraiment été amoureux, il avait été un peu chagriné le premier mois sans elle mais sans plus. Elle était une femme assez malléable, gentille et attentionnée c'est pour cela qu'il l'avait choisie. Il lui avait proposé le mariage car à l'époque, il pensait que ne plus vivre seul était ce qu'il lui fallait. Et puis ce foutu lien magique comptait vraiment pour elle. En trois ans, ils n'avaient pas eu le temps de faire un enfant. Mais de toute façon, il n'était pas vraiment sûr d'en vouloir. Severus pouvait dire qu'il vivait des potions. Il enseignait à Poudlard à mi-temps et s'occupait de ses deux boutiques le reste du temps. Il avait acquis une petite richesse grâce à l'invention d'une nouvelle potion qui enlevait l'asthme. Cette potion était très chère et devait être prise cinq fois pour totalement éradiquer l'asthme à vie chez un malade. Il travaillait sur le remède contre la pneumonie, pas que cette cause lui tienne vraiment à coeur, mais il était souvent d'humeur créative.

Encore une soirée comme les autres dans le laboratoire du professeur et maître de potions Severus Rogue. Assis sur un haut tabouret en bois, une plume à la main et un parchemin sur la table, il évaluait l'utilité des ingrédients pour sa potion. Il passait par les plus connus comme les yeux de poisson, les fèves soporifique, l'infusion d'armoise mais il n'hésitait pas à en passer en revue des ingrédients moins voir jamais utilisées comme la menthe, l'arnica et la lavande. Il se demandait vraiment pourquoi jamais personne n'avait utilisé de menthe ou avait écrit à ce sujet. Il n'en avait jamais entendu parler dans le domaine des potions, ni mêne plus généralement dans le domaine de la magie. Cette plante poussait-elle seulement sur les terres des sorciers? Il avait devant lui dix feuilles qu'il avait ramassée sans son chez-lui moldu. Plus loin sur la table se trouvait sa potion en préparation depuis deux jours déjà. Après une courte délibération, il avait fini par choisir la menthe pour cette potion contre la pneumonie, pour ses vertus sûres, jugeant que l'arnica et la lavande ne serviraient pas cette fois-là. Plutôt que mettre les feuilles entières, ce qui serait trop agressif, il prit un mortier et écrasa sept feuilles pour en sortir l'extrait. Ensuite il versa les quelques gouttes dans la potion qui prit une couleur bleu nuit. C'était bon signe, les bleus et les verts étaient des tons guérisseurs que l'on pouvait souvent voir en médico-potion. Avant de tester sa potion sur lui, pour voir si déjà cela n'affectait pas un homme lambda. Il alla chercher son hamster tigré géant, tout droit ramené d'Égypte, un animal de la taille d'un chat, avec un pelage tigré orange et noir. C'était une espèce peu vue en Angleterre. Malheureusement, après consultation du vétérinomage de pré-au-lard deux mois auparavant, le verdict était que son animal était malade de ce qui s'apparentait le plus à une pneumonie. À l'aide d'une grande pipette il préleva cinq gouttes de sa potion et les fit boire son hamster. Il se hérissa un peu, mais rien de plus. Il ne restait plus qu'à voir si il était guéri.

Deux jour plus tard et après une visite chez Théodile Brook, le vétérinomage qui confirma que le hamster était guéri, Severus était prêt à tester sa potion. Bien sur, ce n'était pas sans risques, mais chaque ingrédients dans sa potion était calculé et approuvé par lui même. Aucun ingrédient n'était assez nocif pour le tuer. Après l'avoir testé lui-même, il ne resterait plus qu'à le tester sur un patient atteint de pneumonie. Dans un élan de positivité il but un flacon de sa création. Comme il s'y attendait il frissonna puis plus rien. La période de test était sur dix jours. Si au bout cette période il n'avait toujours rien, alors il était libre de continuer.

Le jour suivant, il devait commencer à préparer des potions pour les loup-garous. Il en faisait par lot de dix. Après une demie heure à couper, écraser et doser les ingrédients. Sa vision devint trouble. Il pensa à la fatigue qui lui rappelait qu'il était un humain et qu'il devait se reposer. Il termina vite de faire ce qu'il avait à faire, se doucha et alla se coucher. Malheureusement, le lendemain au réveil sa vision fut tout de suite trouble. "Grand Merlin, je me fait vieux", pensa-t-il. Il se dirigea dans l'après-midi chez Veronica Torns, qui essaya de mesurer sa vue à l'aide sa baguette. Elle avait dit une seule phrase après une dizaine de tentatives: "Je suis désolée monsieur Rogue, mais je suis incapable de mesurer votre vision, j'ignore encore pourquoi, je vais donc vous envoyer à sainte-mangouste chez nôtre opticomage consultant Raphaël Wright." Un peu surpris Severus transplana vers l'hôpital sorcier et demanda à voir ce M. Wright. Après cinq minutes, l'opticien lui annonça qu'il aurait les résultat de son examen au cours de la semaine suivante et le congédia.

Très hésitant, Severus Rogue, habillé d'une chemine bleue nuit et d'un pantalon noir, se décida à entrer chez un opticien moldu. Il passa dans deux salle différentes puis un vieil homme aux cheveux gris vêtu d'une blouse blanche vint lui parler.

-M. Rogue? Bonjour, je suis le docteur Pierre Marb.

-Bonjour.

-J'ai vu vos analyses, et il y avait une chose assez étrange. Je n'avait encore jamais vu cela. Comment vous l'expliquer? Hum... sur vos yeux, il y a sorte de pellicule qui se forme, comme un voile qui vous empêche de voir et qui s'obscurcit à chaque minutes.

-Comment cela se soigne-t-il.

-Aucun remède n'existe et aucune opération n'est possible sans endommager votre œil ce qui vous rendrait aveugle. Et cela ne reviendrait à rien puisque ce voile ne vous mets pas en danger.

-Mais il me rends mal-voyant.

-Et bientôt, je ne crains que vous soyez totalement dépourvu de vision.

Severus se leva en silence et s'en alla. Il rentra chez lui sans trop de difficultés. Il entra dans son bureau et commença à relire les ingrédients de la potion contre la pneumonie. Il lut la menthe en dernière position. Était-ce à quoi il pensait? Seule, cette plante était un remède, dans une potion, elle devenait dangereuse. Ce ne pouvait être que ça. Il avait fait un seul mouvement fatal. Celui d'incorporer la menthe et bientôt il se retrouverait dans le noir le plus total.