"Je me relève sans trop de craintes
Et arrête mes incessantes plaintes."
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Il en avait marre de cette fille. Elle s'imposait à chaque secondes. Il n'était seul que quand elle sortait voir de la famille ou des amis. Il n'en pouvais plus et en devenait aigris. Il était sur les nerfs. Après une semaine et demie de vie commune, il était compréhensible qu'il n'en puisse plus. Il aimait le silence, elle parlait tout le temps et était maladroite. Il aimait le calme et la tranquillité, elle aimait sortir et être active. Elle essayait de le forcer à faire un tour avec elle chaque jours et jamais il ne sortait.
Il se plaignait à chaque minutes à propos de tout et n'importe quoi. Mais ce soir, ils retournaient à Poudlard car il y travaillait toujours et elle avait un travail pas loin de pré-au-lard. Ils avaient trois jours pour se préparer à l'entrée dans le monde du travail de Severus. Elle prépara sa valise puis celle du professeur. Ensuite elle prit sa main et ils transplanèrent. Même s'il ne l'aimait pas beaucoup, il avait développé une certaine confiance. Une confiance réfléchie et logique, même obligatoire.
Arrivés dans l'école de sorcellerie, ils allèrent voir Minerva. Il avait sa main vers le coude d'Hermione qui le guidait a travers les couloirs et les escaliers. Elle donna le mot de passe et entra toujours accompagnée de son monsieur grincheux. Le regard de la directrice s'illumina lorsque Hermione entra.
-Bonjour miss Granger, comment ça se passe?
-Aussi bien que je pouvait l'espérer, vous connaissez Severus, répondit Hermione.
-Bien, je vous souhaite du courage. Enfin bon, vous souvenez-vous de l'emplacement de vos appartements de préfète?, demanda Minerva.
-Il me semble que oui, dit Hermione avec un sourire.
-La porte à côté sont vos nouveaux appartements, à vous et... à Severus naturellement.
Hermione et Severus partirent donc en direction de ces appartements. Arrivés devant la porte, elle lacha son professeur cinq minutes pour choisir un mot de passe. Elle le sentit respirer très fort. Un peu trop fort pour d'ailleurs. Il faisait encore ce qu'elle appelait une crise. Ce n'était pas réellement une crise de panique mais plutôt, du moins Hermione le pensait, un refus de bouger et l'envie de se faire remarquer. Un monsieur Rogue aveugle ça a besoin d'une attention constante. Hermione finit par entrer suivie de Severus. Elle l'assit sur un canapé le temps de faire elle-même le tour de la maison. En sortant des chambres, elle se rendit compte que Minerva avait fait mettre une parure de lit style Griffondor pour Severus. Le jour où il se rendrait compte de cela, elle allait beaucoup rigoler. C'était donc un appartement de deux étages avec deux grandes chambres, une petite cuisine, deux salles-de-bain avec toilettes, un salon avec grande bibliothèque et un espace bureau. La chambre d'Hermione était à l'étage, et celle de Severus en-bas. Elle lui fit ensuite visiter l'endroit pour qu'il puisse se déplacer à peu près seul. Ensuite il resta un moment dans sa nouvelle chambre, seul. Hermione lisait un livre lorsqu'elle entendit un "boum". Elle courut vers la chambre de Severus. Il était assis par-terre. Devinant qu'il n'avait pas encore remarqué sa présence, elle prit quelques secondes pour l'écouter. Il était entrain de se parler à lui même. Encore ses plaintes. Hermione se demandait pourquoi il était aussi défaitiste. Ne pouvait-il pas voir la vie du bon côté au moins une fois. Peut-être pas dans ce cas précis mais dans n'importe quel autre.
-Professeur, ça va? Relevez-vous si vous pouvez, ordonna Hermione.
-Ça va je ne suis pas un handicapé ou un vieux crouton, bien sur que je peux me lever. Et si j'avais envie de rester par-terre? En plus je déteste les parures de lit en coton alors je ferait mieux de dormir à même le sol.
-Allons professeur, cessez vos plaintes et vos gamineries et relevez-vous, dit Hermione en l'aidant.
Il finit par se relever et arrêter de se plaindre sans cesse. Ce qui était une bonne nouvelle pour la santé mentale et la joie de sa colocataire. Il alla se doucher et se coucher sans passer par la case dîner le soir venu. Hermione mangea seule à une table pour six personnes et épuisée par un bouquin de six-cent pages elle s'endormit sur le canapé.
Lorsque Severus se leva au petit matin, il resta un moment immobile avant de prendre un peu d'assurance et de marcher. Il se dirigea vers la bibliothèque qu'il retrouva assez vite. Il toucha la couverture de certains livres sans oser les ouvrir sachant qu'il ne pouvait simplement pas lire sans voir. Il fut attristé par tout cela. Il était conscient qu'il se torturait mais il avait tellement envie de lire. Il s'assit sur un fauteuil. Que pouvait-il bien faire? Hermione se réveilla la demie-heure plus tard en un bâillement sonore.
-Bonjour miss Gr... Hermione, dit Severus.
-Boujour Severus, cela fait-il longtemps que vous êtes debout?
-Un petit moment.
Severus avait eut la nuit pour penser, miss Granger ou Hermione, peu importe, ne méritait pas de supporter sa méchanceté et son sarcasme. Il garderait ces pensée là pour lui, ne pouvant pas les bloquer. Devinant ce que Severus était venu faire à la bibliothèque elle décida qu'il était temps qu'il finisse d'apprendre à lire le braille. Les deux heures suivantes furent donc consacrées à cela jusqu'à ce que le ventre d'Hermione crie famine. Heureusement Severus se débrouillait déjà très bien et apprenait vite. Il était près à passer à la pratique. Ils mangèrent ensemble. Biensur, Severus faisait de son mieux pour ne pas en mettre partout mais il finissait toujours par faire tomber quelque chose et se salir. Il se changea et Hermione lui annonça qu'elle avait une sorte de surprise. Elle prit la baguette de Severus et la lui donna. Elle lui demanda de tendre le bras comme pour jeter un sort. Ensuite elle se plaça derrière lui et tendit aussi son bras attrapant elle aussi la baguette de Severus. Elle lui indiqua un mouvements et une formule. Elle était entrain de lui apprendre à transformer des livres normaux en livre braille. Il exécuta le sort une première fois sans succès mais réessaya plusieurs fois et réussit. Il prit son livre préféré et le transforma, se plongeant ainsi dans une lecture passionnée.
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