"Je t'écoute fille loquace,
Un peu trop perspicace."
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Severus était concentré dans sa lecture lorsqu'une certaine personne décida de l'interrompe pour lui parler. Il se décida à suspendre sa lecture pour l'écouter.
-Savez-vous pourquoi j'ai choisi de venir vous aider?, demanda Hermione.
-Aucune idée, répondit Severus.
-Je cherchait quelque chose à faire car j'ai besoin que tout mon temps sois pris. M'occuper de n'importe qui d'autre aurait été trop facile, mais avec vous, je savais ce qui m'attendait. C'était une sorte de défi, dit Hermione.
-N'avez-vous pas un mari et des enfants à qui donner votre attention?
-Il me semble que je le saurait si j'était mariée, dit Hermione. En ce qui concerne les enfants je... ne peux pas en avoir, c'est un poison de Voldemort qui... je ne sais pas... c'était juste après la guerre quelqu'un a mis une chose dans mon verre et depuis je... enfin non, ça n'a aucune importance.
-Un poison vous dites, c'était dans un verre de quoi?, demanda Severus.
-Un verre d'eau, mais ma boisson était orange et sentait la citrouille, je ai donc pensé que au lieux de me servir de l'eau j'ai mis du jus mais non.
-Quel gout?, demanda Severus.
-Citrouille, légèrement amer, avec un arrière gout piquant, répondit Hermione.
-Je connais ce poison, je suis navré, c'est une de mes confection et c'est Lucius qui l'a mis dans votre verre se servant de Drago sous impérium. Je ne pensait pas qu'il n'avait pas réussi.
-Je vais aller dans le laboratoire un petit moment... je vais me changer les idées, dit Hermione, la voix tremblante.
Elle avait engagé une conversation et pourtant elle aurait mieux fait de se taire. Elle ne pouvait pas lui en vouloir à lui, les ordres étaient les ordres mais pourquoi faire cela. Au lieux de préparer une potion Hermione resta assise par-terre appuyée contre le mur. Il aurait été normal, dans cette situation, de pleurer. Mais elle n'avait fait que ça après la guerre. Elle en était fatiguée. Elle ressortit, la demie heure plus tard quelques notes qu'elle avait gribouillée sur un parchemin entre les mains et le regard quelque peu triste. Heureusement il ne pouvait pas la voir ni vraiment être sûr de ce qu'elle ressentait. Le soir, après avoir fait elle-même le dîner et mis les couverts, elle s'assit à table accompagnée de Severus. Il renversa la soupe qu'il y avait en entrée par mégarde. Hermione ne dit pas un seul mots. Elle nettoya et continua son repas.
-Je suis désolé, murmura Severus.
-Ah bon? Vraiment?, dit Hermione incrédule.
-Ai-je l'air si cruel? Ou ne me connaissez-vous qu'ainsi?, demanda Severus.
-Non, vous n'avez pas vraiment l'air cruel, et maintenant que je vous connais je sais que vous ne l'êtes pas. Juste un peu grincheux et têtu et parfois même agaçant.
-Je suis désolé, répéta Severus.
-Oui, vous l'avez déjà dit et je l'ai compris dès la première fois, j'ai juste été surprise. Et puis ce n'est pas vraiment votre faute, dit Hermione.
-Vous essayez encore de vous en convaincre, dit Severus.
-Peu importe.
Sans aucune permission Hermione prit Severus par le bras et le tira pour l'emmener vers le laboratoire de potions. Pas celui à Poudlard, il fallait qu'il quitte cette école. Elle transplana jusque son manoir à lui. Il était temps qu'il refasse des potions. Son talent n'avait d'égal alors il n'était pas envisageable de le perdre. Hermione décida de commencer par la base; reconnaître les différents ingrédients et ustensiles. Severus eu un peu de mal au début, mais il n'était pas le meilleur pour rien. Au bout de deux heures sans pause, il était capable d'en identifier un grand nombre grâce aux odeurs, aspects et textures. Pour ce qui était de la matière des chaudron, il suffisait d'essayer de voir au poids, à la taille, a la texture et au son lorsque l'on y donnait un coup. Reconnaitre un chaudron en bois était facile mais distinguer un chaudron en argent jumelé avec un autre metal d'un chaudron en argent massif était tout de suite plus compliqué. Pour les ustensiles, il suffisait de se fier à la forme. Heureusement que les potions étaient un art précis et logique car sinon tout aurait été plus compliqué. Hermione décida qu'une potion d'enflure était un bon début. C'était une potion de troisième année. Il reconnut facilement les yeux de poisson et les orties séchées. D'emblée il prit trois yeux de poisson, les orties et un mortier où il écrasa le tout à la perfection. Hermione reconnaissait là celui qui lui avait tout appris. Elle était subjuguée à chaque fois qu'il était concentré et passionné. Il continua avec un philtre de mort-vivante, déjà un peu plus compliqué. Hermione prit la liberté d'infuser l'armoise pour lui pendant qu'il s'occupait des fèves soporifiques et des racines de valérianes. Là encore c'était un sans faute. À trois heures du matin, il terminèrent enfin leur travail. Severus partit se doucher et Hermione commença un projet pendant la demie heure qui suivit. Ensuite elle passa aussi faire son brin de toilette. Dans son lit, elle pensa à sa prochaine invention. Elle voulait créer un remède pour Severus. À chaque potion sa cure; parfois c'était juste trop compliqué mais elle, elle était persuadée d'y arriver. Cela ne lui paraissait pas bien compliqué. Elle trouva dans un tiroir le parchemin de la potion qui l'avait rendu aveugle. De la menthe, il avait mis de la menthe et c'était là son erreur. Dans une potion cette plante ne pouvait être utilisée que dans les pommade comme l'essence de dictame et pas en potion buvable. N'importe quel abruti le savait. Pourtant Severus Rogue l'avait oublié ou ne l'avait jamais appris. Ne s'informait-il pas des nouveautés dans le monde sorcier? Surtout lorsque cela concerne sa matière, son art, ses potions. Bien que la mise en garde contre la menthe était parue fin novembre dans le catalogue de potion, ils aurait pu s'informer. Trop d'enthousiasme sûrement. Dans tous les cas, elle travaillerait sur ce remède la nuit entière. Elle voulait vraiment le faire. Elle le ferait.
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