Des terribles conséquences d'une insomnie

Auteur : PlumePlume

Disclaimer : l'univers et les personnages de Merlin appartiennent à ses créateurs et je ne tire aucun profit financier de cette histoire.

Spoiler : pas vraiment, ça se situe quelque part pendant/après la saison 1 (mais en supposant qu'Arthur sait à propos de la magie de Merlin)

Pairing : Merlin / Arthur, alias Merthur

Two-shot qui correspond au thème "Être pris la main dans le sac", du Petit salon, du serveur Discord "Le Petit Salon d'Ecriture".

Warning : c'est du heavy angst, il y a quelques brefs propos homophobes, et mention de torture (pas infligée sur Arthur ni Merlin, mais quand même, je préfère prévenir)

Bonne lecture !


Chapitre 1 : Petite insomnie...


Personne n'était à l'abri d'une insomnie. Pas même le grand Arthur Pendragon, prince et unique héritier du trône de Camelot. C'était donc à cause de fâcheux état de fait que le-dit prince s'était retrouvé à errer dans les couloirs de son château, en quête de son sommeil disparu.

Maugréant tout bas, Arthur manqua presque les éclats de voix provenant d'une porte sur sa gauche. Une porte qui menait à l'armurerie, qui aurait dû être déserte par cette heure si tardive… Le prince s'approcha et poussa la porte entrebâillée le plus doucement possible. Il sursauta en reconnaissant la voix de Merlin.

– Vous n'auriez jamais dû venir ici ! Vous avez abusé la confiance du roi, et il vous punira pour cela !

Arthur fronça les sourcils et s'avança à pas de loups. Les colonnes en pierre le dissimulaient au groupe d'hommes en contre-bas. Merlin, une épée en main, faisait face à trois chevaliers. Qu'Arthur reconnut comme faisant partie de l'escorte personnelle du roi d'un pays voisin, qui était arrivé deux jours plutôt. Pour signer un traité, avaient-ils annoncé, mais désormais Arthur doutait que ce fut l'unique raison… Les menaces de Merlin furent accueillies par un rire mauvais.

– Faudrait-il encore qu'il ait des preuves ! Qui penses-tu qu'il croira, entre la putain de son fils et les chevaliers d'élite d'une escorte royale ?

Arthur tremblait de colère, et se retint à grand peine de bondir, attraper une épée et égorger le salopard. Mais le pire était que cette raclure avait raison sur un point, Arthur devait attendre d'avoir des preuves, sans quoi sa parole, aussi princière était-elle, ne vaudrait rien. Aussi le prince se contenta de serrer les dents et pria très fort pour que Merlin finisse par leur faire cracher le morceau. Le serviteur reprit, sa voix calme dissimulait une colère froide et meurtrière.

– La question est plutôt : qui croira-t-il entre des hommes à l'esprit tellement torturé qu'ils en auront perdus la raison, et un humble et fidèle serviteur qui les a surpris en train de pratiquer de la magie dans l'enceinte même du château ?

Un silence lourd plana. Arthur entendait son cœur battre le tambour dans sa poitrine. Ces hommes pratiquaient la magie ? Comment Merlin pouvait-il paraître si sûr de lui face à trois sorciers, qui le tous dominaient d'une bonne tête, de surcroît !

Un éclat de rire retentit, suivit de deux autres, moins enthousiastes. Le chevalier qui avait insulté Merlin reprit la parole.

– De la magie ? Quoi ? Tu vas nous dire qu'en plus de servir cette lopette de prince au lit, tu sais faire de la magie, maintenant ? (Un nouveau rire fusa) Soit réaliste, gamin ! Tu sais à peine tenir une épée !

Arthur serra les poings tellement fort qu'il pouvait sentir ses ongles s'enfoncer dans ses paumes. Il sursauta lorsque la voix de Merlin s'éleva à nouveau. Mais la langue qu'il parlait lui était totalement inconnue. Un frisson remonta la colonne d'Arthur, et il se risqua à jeter un œil à la scène, depuis la colonne derrière laquelle il était caché.

Merlin, qui lui tournait le dos, avait le bras tendu vers le chef des chevaliers, dont le visage se tordit en une expression de pure horreur. L'homme tomba à genoux, les mains plaquées sur ses yeux, et se mit à hurler à plein poumon. Un hurlement de terreur à vous glacer le sang.

Les deux autres chevaliers dégainèrent leur épée et s'approchèrent prudemment de Merlin.

– Arrête ça tout de suite, sorcier, ou on te tue !

Leur ton tremblant contredisait leurs menaces. Merlin releva tout juste la tête vers eux, visiblement concentré sur l'homme à genoux à ses pieds, qui se tordait de douleur. Les cris atroces semblaient indifférer totalement le serviteur. Arthur frémit de la tête aux pieds. Il était presque heureux de ne pas pouvoir voir le visage de Merlin. Le voir torturer quelqu'un de sang-froid était déjà suffisant pour lui donner la nausée.

– Arrête, on-t-a dit !

Un des chevaliers leva son épée vers Merlin, qui relâcha enfin son emprise sur sa victime. Les hurlements cessèrent aussitôt, remplacés par des râles et des pleurs étouffés. Merlin se tourna vers l'homme qui l'attaquait, ce qui permit à Arthur de pouvoir apercevoir son visage. Comme il le craignait, il n'y trouva qu'un masque de dure impassibilité. L'épée que le chevalier brandissait d'une main tremblante s'arracha de sa poigne pour voler à travers la pièce, jusqu'à se planter dans le mur en pierre opposé, hors d'atteinte. Le chevalier désarmé tremblait comme une feuille, alors que Merlin s'avançait vers lui.

– Ne t'approche pas ! Sorcier ! Engeance du démon !

Merlin agita une main et la tête de l'homme pivota comme s'il venait de recevoir une puissante gifle.

– Vous avez osé vous en prendre au prince. commença calmement Merlin.

L'homme recula de quelques pas, puis blêmit brusquement en sentant le mur dans son dos bloquer sa retraite. Il jeta des regards paniqués aux alentours, et Arthur se cacha juste à temps derrière son pilier. Il perçut le gémissement terrifié de l'homme, suivi par la voix glaciale de Merlin.

– Vous avez tenté de le tuer.

Arthur ouvrit de grands yeux stupéfaits, alors que les « accidents » louches de ces derniers jours se rejouaient dans son esprit, ainsi que le comportement très étrange de son serviteur, et ses fréquentes absences. La voix de Merlin continuait, dure.

– Par trois fois, et malgré mes avertissements. Vous avez continué…

Sa voix n'était plus qu'un grondement rauque, qui rappelait les intonations gutturales d'un dragon. Arthur pouvait sentir la voix de Merlin vibrer jusque dans ses os. Il sursauta lorsque ce dernier s'écria soudainement :

– Et vous OSEZ me demander d'arrêter ?

Un gémissement terrifié lui répondit. Suivit de quelques mots inconnus, qui émanait de Merlin. Arthur détourna le regard pour fixer le plafond, les mains sur ses oreilles. Il ne supporterait pas d'entendre son ami torturer encore une fois. Surtout pas maintenant qu'il savait que c'était en son nom… Ce fut en se détournant qu'il aperçut l'autre homme, épée en main, qui se précipitait sur Merlin, alors que les cris atroces commençaient.

Alors, comme au ralenti, Arthur bondit de derrière sa colonne, pour s'élancer vers Merlin. Ce dernier se tourna vers lui et ouvrit de grands yeux écarquillés. Mais nul ne sut si c'était à cause de l'apparition du prince, ou de l'épée qui venait de lui déchirer le dos.


À suivre...