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Importantes Notes de l'Auteure :
Bon, mon esprit se trouve en pleine dichotomie depuis un moment. Le Maître et Mick se disputent incessamment dans le Palais Mental et ils essayent de voler chacun leur tour mon temps de cerveau disponible.
Du coup, le soir, mon esprit part dans tous les sens. Je n'arrive pas à m'accrocher à une Dimension ou à une Ligne Temporelle spécifique.
Ainsi, un personnage en a profité pour se glisser dans ce Void.
Qui ?
Kaz Brekker !
Ce n'est pas la première fois que je rêve de lui. Notre dernier cauchemar ensemble date du 12 Février 2023, et je l'ai publié au nom de :
« Don't Blink »
Cela fait déjà plusieurs mois que j'ai terminé de regarder la saison 2 de :
« Shadow and Bone »
D'ailleurs, je l'ai carrément préféré à la première ! (Surtout parce que nous en apprenons beaucoup plus sur le personnage de Kaz...)
En me réveillant en sueur et en sursaut à 4h20, j'ai écrit les mots-clefs pour ce songe très étrange, mais surtout très très très long !
Alors, installez-vous, prenez un café, un thé ou une bière et allons-y !
Pour la chanson, j'ai choisi :
« Breath Of Life » de Florence + the Machine.
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La morale de l'histoire : N'allez pas à l'École le dimanche !
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« I was looking for a breath of life,
A little touch of heavenly light,
But all the choirs in my head sang 'No !' »
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Comme tous les matins, le réveil se mit à sonner à 6h. J'ai râlé en appuyant sur l'appareil, manquant de peu de le briser. Je me suis levée pour rejoindre la cuisine principale en traînant des pieds dans mes pantoufles.
Je vivais avec plusieurs jeunes adultes de mon âge. Nous avions la vingtaine, autant de filles que de garçons, et nous résidions dans une petite maison de plain-pied au milieu de la campagne Gersoise. Les membres du personnel étaient en réalité des membres de ma famille : tantes, marraines, oncles, etc.
Ils avaient changé cette demeure en École, ou plutôt en Refuge, pour que les étudiants comme moi puissent avoir un endroit où vivre lorsque nous n'étions pas à la FAC.
Parmi les étudiants, il y avait ma jeune sœur Helya, ma meilleure amie Banshee, mais aussi d'autres personnages :
Rosaline, Jesper et Wylan.
Et lui :
Kaz Bekker...
Sa chambre se situait à côté de la mienne. Les pièces étaient assez grandes pour y accueillir plusieurs lits. Moi, par exemple, je dormais avec ma sœur et mon amie.
Kaz dormait avec deux autres étudiants.
Comme tous les matins, les adultes slalomaient entre tout le monde pour poser sur l'immense table en bois de la cuisine de quoi petit-déjeuner :
Café, thé, tartines beurrées, confitures, etc.
Après un rapide repas, je suis retournée dans ma chambre pour vérifier mon emploi du temps de la journée, lorsque je me suis rendu compte de quelque chose de très énervant.
- Oi ! hurlais-je en courant dans le couloir. Nom de Dieu, nous sommes dimanche ! Pourquoi devons-nous aller à la FAC un dimanche ?!
Ma marraine, qui passait dans le corridor, m'avoua :
- Ce n'est pas obligatoire, mais c'est conseillé.
La colère monta en moi :
- Quoi ?! Mais, non ! Nous allons déjà à l'École du lundi au samedi ! Y'a moyen de dormir au moins une fois par semaine ? M'en fou, je n'irais pas !
Ma sœur, Helya, qui était déjà en train de préparer son sac, me rappela :
- Ouais, mais c'est con, Alisone, tu es déjà debout de toute façon. Pour une grasse matinée, c'est foutu. Du coup, autant aller à la FAC.
J'ai ragé contre elles, puis je me suis dirigée vers mon armoire en criant derechef :
- Très bien ! Mais, c'est le dernier dimanche où je vais à la FAC ! Nom de Dieu...
Helya leva les yeux au plafond.
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« To get a dream of life again,
A little of vision of the start and the end,
But all the choirs in my head sang 'No !' »
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En réalité, ma marraine m'a rappelé pourquoi je devais me rendre à la FAC ce dimanche-là :
Il y avait une remise de médailles et, pour l'occasion, je devais revêtir mes habits de lumière.
Ainsi, j'ai enfilé une magnifique robe entièrement rouge sang. Le pan s'arrêtait au-dessus de mes genoux, des épaisses bretelles tombaient sur mes épaules et le bustier englobait toute ma poitrine. Mes longs cheveux châtains étaient noués en une tresse imposante qui cascadait dans mon dos. J'avais également des chaussures à talon, ressemblant à des Escarpins, aussi rouge que ma robe.
Une fois prête, nous sommes tous partis vers la FAC.
Il y a deux choses très importantes à savoir pour la suite :
- D'abord, nous étions tous des 'enfants particuliers' et l'École était en réalité un Établissement Magique. Ouais, un peu comme Poudlard, mais au milieu de la campagne. Chacun de nous avait des capacités magiques spécifiques. Par exemple, moi, je pouvais réciter des formules en vieil Anglais pour jeter des sorts. Ainsi, le Refuge dans lequel nous vivions était en réalité une maison protégée contre le Mal du dehors, contre les gens avec de mauvaises intentions qui souhaitaient nous kidnapper pour utiliser nos pouvoirs contre notre grès.
- Aussi... Eh bien, j'étais follement amoureuse de Kaz depuis des années. Nous avions grandi ensemble au Refuge et nos sentiments se sont développés au fil du temps. Sauf que, comme nous étions quand même deux neuneus, nous n'avions rien fait. Il n'est jamais venu vers moi, ni moi vers lui. Nous gardions une relation amicale, alors que tout le monde savait que nous étions éperdument amoureux l'un de l'autre...
Jusqu'à ce que...
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« But I only needed one more touch,
Another taste of heavenly rush,
And I believe, I believe it so... »
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Lorsque Kaz m'a vu dans ma robe rouge, son souffle se coupa.
En réalité, j'étais de mon côté bien trop focalisé sur ses propres effets.
Kaz était plus grand que moi, me dépassant d'une tête et demie. Il portait un costume composé d'une chemise foncée avec, par-dessus, un veston bleu marine aux entrelacs magnifiques et aux boutons argentés. Il portait aussi un pantalon noir et des chaussures tout aussi sombre. Ses cheveux bruns étaient, la plupart du temps, coiffés en arrière, sauf lorsque ses mèches du devant lui tombaient dans les yeux. Des yeux qu'il avait profondément bleus et sempiternellement tristes. Son visage entier paraissait toujours sévère, avec ses pommettes saillantes et son regard perdu. Une chose importante, Kaz utilisait tous les jours une imposante canne pour marcher. Suite à une blessure mystérieuse, sa jambe gauche n'était plus fonctionnelle, ainsi il clopinait à l'aide d'une canne, avec un sublime pommeau en forme de tête de corbeau, couleur or, dont seuls les yeux de diamants semblaient vous épier. Kaz avait aussi un adorable accent Anglais, que j'aimais écouter pendant des heures et des heures, et ce, même s'il n'était pas très loquace. Sauf lorsqu'il parlait en énigme !
Pour l'heure, tous les élèves se sont dirigés vers le Lycée Magique.
Il faisait si gris dehors, le ciel menaçait de pleuvoir, rendant l'ambiance angoissante.
Personnellement, j'aimais beaucoup ce genre de météo, comme une journée d'automne, avec l'air humide, l'odeur de la pluie, le sol mouillé et le brouillard qui se mélangeait à un jour fané, sans couleur.
C'était une atmosphère parfaite pour Halloween.
Et je ne croyais pas si bien le penser...
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« Whose side am I on, whose side am I ?
Whose side am I on, whose side am I ? »
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Notre petit groupe arriva enfin devant les hautes portes grillagées de l'École. L'endroit était vide, les Professeurs n'étaient pas encore présents, mais nous devions préparer la cérémonie. Nos Gardiens, les adultes, repartirent en direction du Refuge.
Quant à nous tous, Helya, Banshee, Jasper, Wylan, tous les autres, Kaz et moi, nous avons commencé à allumer toutes les salles de notre Poudlard personnel. Il faisait encore nuit dehors, il était tôt et l'hiver rendait l'ambiance du dehors plus sombre encore.
Étrangement, Kaz gardait son regard fixé vers une immense fenêtre qui donnait directement vue sur le chemin tordu qui menait à l'École. Je me suis dirigée vers mon ami, en lui demandant :
- Hum... Kaz ? Est-ce que tout va bien ?
Sans quitter la fenêtre du regard, il répondit de sa voix grave et sérieuse :
- Il y a une voiture là-bas. Le véhicule se cache dans la brume. Je crois reconnaître le conducteur...
Mon ventre se noua.
- Ami ou ennemi ?
Kaz se tourna enfin vers moi. Ses yeux plongèrent dans les miens, en avouant :
- Ennemi.
- Shiiiiiiit...
Nous sommes sortis sur le balcon de notre étage pour mieux observer l'intrus. Kaz avait une vue imprenable, aussi parfaite qu'un aigle ou que les corbeaux dont il arborait le symbole.
Quelques minutes plus tard, les autres étudiants nous ont suivis dehors pour vérifier par eux-mêmes le grabuge qui se préparait.
La voiture arriva devant l'entrée de la FAC et deux hommes en sortir.
Kaz reconnut facilement l'un d'eux, en crachant presque :
- Pekka Rollins...
- Shiiiiiiit...répétais-je.
Nos ennemis, certains d'entre eux, avaient également des pouvoirs Magiques. Comme l'homme à côté de Pekka Rollins, qui nous jeta un sort.
Une énorme boule de feu se dirigea directement vers nous, pour ensuite s'écraser à quelques mètres à peine, détruisant trois fenêtres dans une détonation effrayante.
Les élèves hurlèrent et certains se couchèrent sur le sol.
Kaz me jeta un regard angoissé. Sans qu'il ne me le demande, je compris ce qu'il voulait dire. Il implora simplement un :
- Alisone...
- Je sais...
J'acquiesçai et j'ai levé mes mains vers la route en face de moi.
Les deux hommes remontèrent à bord de leur engin, lorsque je me suis mise à hurler en commandant ma main droite :
- Awendaþ eft wansæliga neat !
Mon sort fonctionna. Un champ de force invisible s'éleva devant les murs de l'École. Puis, de mon autre main, j'ai jeté un autre sortilège :
- Flíeh on nu moras !
Désormais, un vent invisible et violent poussa la voiture hors du chemin. Ils ne pouvaient plus nous atteindre, ni venir, car je les traînais loin de nous.
Pendant ce temps, Kaz ordonna à tous nos amis de se mettre à l'abri. Il les rassura et leur donna des directives pour rester en vie. Il en releva certains pour les faire entrer dans la pièce.
Je gardais mes mains en l'air, mon esprit focalisé sur les sorts et sur le véhicule qui roulait par Magie de plus en plus loin de nous, avec les deux hommes qui hurlaient à son bord.
Ils maugréaient et me maudissaient.
Je suis restée ainsi de longues minutes, jusqu'à ce que Kaz s'approche de moi et me murmure :
- Alisone...
J'ai baissé les mains et je me suis tournée vers Kaz. Il m'a pris par le bras pour me ramener à l'intérieur de la grande salle. Juste après, Jesper a utilisé ses pouvoirs pour verrouiller la fenêtre. Jesper est ce que nous appelons un Durast, il contrôle le métal, il peut le tordre dans tous les sens, ainsi que tirer des balles avec ses revolvers sans ne jamais manquer les cibles.
Une fois en sécurité, les élèves ont levé leurs yeux vers Kaz et moi.
Nous pouvions facilement voir leurs détresses et leurs questionnements.
Ils avaient peur.
Et ils avaient raison.
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« And the fever began to spread,
From my heart down to my legs,
But the room was so quiet. »
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Il faisait encore nuit, comme si le soleil ne désirait pas se lever. Il avait de la chance, au moins lui pouvait faire une grasse matinée !
Wylan, le petit-copain de Jesper, demanda si nous devions téléphoner à nos Gardiens, des adultes, pour venir nous chercher.
C'était, en effet, une bonne idée. Néanmoins, aucun de nous ne possédait de téléphone portable. En revanche, cela n'arrêta pas Kaz qui utilisa sa Magie pour enchanter des corbeaux et s'en servir comme messager pour porter notre S.O.S jusqu'au Refuge.
En attendant, Helya et Banshee essayèrent de calmer les Étudiants, pendant que Kaz me traîna loin de la foule, dans un coin de la salle, en chuchotant à nouveau :
- Alisone, comment est-ce que Pekka Rollins et son Sorcier nous ont trouvés ici ? L'École est censée être protégée contre les intrus...
Oups...
Comme souvent, trop souvent, Kaz fut affreusement perspicace. J'ai soufflé et j'ai glissé ma main dans la poche droite de ma robe rouge, et j'en ai sorti un mystérieux Artefact.
J'ai ouvert ma paume pour montrer l'objet à mon ami.
Cela ressemblait à une simple pièce de monnaie, en or, avec des inscriptions sur les bords.
Un voile d'incompréhension traversa les yeux bleus de Kaz, qui essaya de comprendre :
- … Comment ? Cet Artefact est recherché depuis la nuit des Temps... Les Sorciers le pensaient perdu... La Légende dit que...
- … celui qui décrypte l'énigme peut activer un immense pouvoir. Yep, je suis au courant. Ma marraine me l'a offert il y a quelques jours. J'ignore où et comment elle l'a trouvé, mais elle pense que ma Magie peut résoudre l'énigme.
J'ai fermé ma main pour cacher la pièce dans ma poche. Kaz reprit ses esprits, en comprenant :
- La Magie qui émane de l'Artefact a sûrement attiré nos ennemis ici...
Mon ventre se noua. J'ai baissé mon regard vers le sol :
- Je suis désolée... Je l'ignorais. Si je l'avais su, jamais je ne l'aurais pris avec moi. Je souhaitais seulement le montrer aux Professeurs pour avoir leurs avis.
- C'est une bonne idée... Mais j'ai bien peur que cet objet attire d'autres Sorciers jusqu'à nous. Nous devons partir. Et vite.
- Je suis d'accord.
Nous nous sommes tournés vers les élèves au milieu de la salle.
Nos cœurs ratèrent un battement.
Nos ennemis se tenaient là, debout, devant nous et nos camarades. J'ai profité de la surprise de Kaz pour glisser ma main dans une poche de sa veste.
Puis, tout est devenu noir...
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« And although I wasn't losing my mind,
It was a chorus so sublime,
But the room is too quiet. »
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Une migraine intense vrilla mon pauvre crâne. Si intense et violente qu'il me fallut de longues minutes pour seulement ouvrir les yeux. Quelle ne fut pas mon erreur lorsque la première image que je vis fut le visage balafré de notre ennemi.
Shit.
J'ai mis du temps à comprendre que je me trouvais allongé de tout mon long, sur le dos, à même le sol de la grande salle. L'ennemi se situait juste derrière moi, derrière mes cheveux, son visage au-dessus du mien, à l'envers, et ses mains posées sur mes tempes.
C'était un Mind Reader. Et je compris avec horreur ce qu'il faisait :
Il utilisait sa Magie pour lire dans mes pensées.
Shit. Encore.
Je me suis concentrée de toutes mes forces pour penser à n'importe quoi.
Pekka Rollins hurla à son acolyte :
- Je veux savoir où se trouve l'Artefact !
Ils m'avaient fouillé, bien évidemment, mais ils n'avaient pas trouvé la pièce.
Oups.
Le Mind Reader reprit ses explorations dans mon crâne avec plus de violence encore et je me suis mise à hurler. J'avais verrouillé l'emplacement de l'Artefact derrière une porte infranchissable.
Malheureusement...
Le Sorcier sourit en informant son patron :
- Boss ? Je crois que j'ai quelque chose.
- Au sujet de l'Artefact ?
- Non... Mais je crois savoir comment la faire parler...
Il sourit de toutes ses dents manquantes.
Puis, la douleur me fit perdre connaissance.
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Des tambours cognaient avec horreur dans mon crâne.
Un, deux, trois, quatre.
Une migraine violente me donna la nausée.
Lorsque j'ai ouvert les yeux, j'ai compris que j'étais toujours allongé par terre. En face de moi, loin de moi, contre le mur, il y avait les autres élèves, prisonniers de nos ennemis.
L'homme édenté m'attrapa par le bras. J'ai sursauté.
Pekka Rollins me toisa de haut en souriant d'une façon machiavélique :
- Ça alors, Alisone... Nous ne savons pas où tu as caché l'Artefact, mais nous connaissons ton petit secret...
Mon cœur rata un battement. Encore.
Rollins me montra quelque chose du regard.
J'ai tourné mes yeux vers le centre de la pièce, et j'y ai vu Kaz.
Seulement, il était debout, sans bouger, le regard inexpressif, les yeux dans le vide.
Il était clairement sous l'emprise d'un puissant sortilège. Le pire, dans ces cas-là, je savais que son corps était bloqué par la Magie, mais pas son esprit. Il pouvait tout voir, tout comprendre, sans ne rien faire.
À sa droite, se tenait la belle Rosaline, son bras enroulé autour de celui de Kaz. Le Sorcier bougea ses mains en jetant son nouveau sort pour les faire avancer vers nous.
Vers moi.
J'ai essayé de me relever, sans y parvenir. Je suis restée à moitié allongé par terre, écoutant les explications perverses de Pekka Rollins :
- Well, Alisone... Apparemment, tu tiens énormément à Kaz Brekker. Je compte bien utiliser ton amour pour lui pour te faire parler.
Moi, en revanche, je ne réussis pas à parler. J'étais encore groggy à cause du sortilège et je ne comprenais pas le sous-entendu de ce crétin. Il reprit, en se pavanant :
- Puisque tu es si amoureuse de Kaz, nous avons décidé de le marier à Rosaline. Devant toi.
De quoi ?!
Mon esprit partait dans tous les sens tandis que j'essayais de bouger sur le sol, comme un poisson hors de l'eau. Le Sorcier jeta un nouveau sort.
Kaz et Rosaline, contre leurs volontés, marchèrent jusqu'à un troisième personnage. Encore un ennemi, de toute évidente, un autre Sorcier, qui tenait un énorme grimoire en main et qui commença son laïus :
- En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par la loi, je vais unir par les liens sacrés du mariage Monsieur Kaz Brekker et Miss Rosaline Frostbloom.
Mon cœur se serra. Rollins jouissait clairement du mal que cela me faisait. Il se pencha vers moi :
- Dis-moi où se cache l'Artefact et j'arrêterais cette ignominie...
Je ne le pouvais pas.
Kaz le savait. Il devait certainement le comprendre.
Je l'espérais.
En attendant, je ne pouvais rien faire d'autre que de pleurer et laisser mes larmes s'écraser contre le sol froid...
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« I was looking for a breath of life,
A little touch of heavenly light,
But all the choirs in my head sang 'No !' »
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Cette longue torture se termina lorsque le mariage prit fin.
Oui, ils étaient mariés. L'homme que j'aimais et une de mes amies étaient mariés contre notre volonté à tous.
Lorsque, soudain, une élève apeurée a décidé de se lever d'un bond.
Elle se mit à sourire et avoua à nos ennemis :
- Je sais où se trouve l'Artefact.
Pekka Rollins sourit à son tour. Il adorait les traîtres. Son équipage en était rempli.
La traître a expliqué :
- J'ai vu Alisone glisser l'Artefact dans la poche de Kaz.
Shit.
Sans attendre, notre ennemi se jeta sur Kaz, qui ne pouvait toujours pas se défendre car contrôlé par les sortilèges du Sorcier Noir. Une fois que Rollins attrapa l'objet pour le faire tourner dans sa main avec joie, j'entendais les battements de mon cœur cogner dans ma poitrine. Je devais faire quelque chose, et vite !
Je portais toujours cette magnifique robe rouge avec mes talons, et toujours agenouillé sur le sol, j'ai levé mes mains en l'air en hurlant avec rage :
- Ic þé wiþdrífe folge min bebod !
Rosaline et Kaz reprirent enfin leur esprit.
Un flash lumineux aveugla nos ennemis.
Les élèves en profitèrent pour quitter la grande salle, pendant que Kaz courut vers moi pour me relever et m'aider à quitter les lieux avec tous les autres.
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Je courais aussi vite que mes horribles talons me le permettaient. Aussi vite que Kaz le pouvait, en boitant grâce à sa canne. Il me supportait par le bras et nous 'courions', si nous pouvons appeler ça courir, ensemble dans les longs couloirs sombres de l'École.
Au détour d'un corridor, nous nous sommes adossés contre le mur, à bout de souffle.
- Je suis désolé... avoua Kaz.
J'ai sursauté.
- Quoi ? Pourquoi ?
- … Pour le mariage... Je ne voulais pas...
- Je sais, Kaz, je sais. C'était juste un sort... Un horrible et pervers sortilège...
Nous pouvions entendre l'écho de nos ennemis courir dans les couloirs pour nous chercher. Kaz me demanda d'ailleurs :
- Pourquoi ils nous pourchassent maintenant qu'ils ont l'Artefact ?
- Eh bien... Il a l'énigme autour de la pièce et... Je suis la seule à pouvoir lire le Code.
Kaz souffla et sourit en même temps.
- Pourquoi ne suis-je pas étonné ?
Il étouffa un rire.
Quant à moi, je me suis tournée vers lui. Mon visage sévère et mes yeux tristes le firent tiquer.
- Alisone... ? Qu'est-ce que... ?
- Je suis désolée, Kaz... Mais, c'est moi qu'ils veulent. Ni toi, ni les autres, juste moi...
Il sursauta, il venait de comprendre :
- Non, non, non, non, Ali ! Tu ne peux pas t'enfuir toute seule, ils sont trop puissants !
Je commençais déjà à reculer pour me diriger vers la porte de secours. Les larmes aux yeux, j'ai avoué :
- Je suis désolée, je ne veux pas qu'il t'arrive une autre horreur comme tout à l'heure. Jamais plus.
Je savais que si je faisais un sprint loin du couloir, il ne pourrait jamais me rattraper, peu importe la vitesse à laquelle il clopinait sur sa canne.
Il le savait aussi.
Il ne pouvait rien faire d'autre, à part essayé de me faire changer d'avis.
- Alisone, non. Ne fais pas ça. Attends, je...
- Pardonne-moi.
Puis, je me suis tournée et j'ai détalé en quelques secondes à peine, loin de lui.
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« To get a dream of life again
A little vision of the start and the end
But all the choirs in my head sang 'No !' »
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Même si ma robe n'était pas bien longue, je relevai les pans avec mes mains, tout en courant le plus vite possible avec mes horribles Escarpins. J'ai traversé la cour extérieure et son jardin Anglais, dont les fleurs partaient dans tous les sens, puis je me suis engouffrée sur des chemins tortueux sur les bords de la Forêt Hantée.
En tendant l'oreille, je compris que les ennemis me pourchassaient moi, et laissaient enfin tranquilles mes amis.
Ouf !
Malgré le cœur au bord de l'infarctus, j'ai repris ma grande évasion en slalomant entre les branches, les plantes carnivores, les orties qui touchèrent mes jambes en me provoquant une crise de démangeaison, puis dans un coin de buisson, j'ai aperçu...
… des tortues géantes. Enfin, 'géantes', tout est relatif. La maman tortue faisait 1 mètre de haut et 3 mètres de large. Il y avait deux bébés tortues autour de la mère.
C'était adorable.
Je voulais me cacher dans les buissons, mais je n'eus pas le temps de chercher un endroit où m'engouffrer, parce que les cris des ennemis résonnèrent dans la jungle, tout comme leurs pas qui faisaient craquer les branchages sur le sol.
Ils hurlaient à travers le feuillage :
- Sale Grisha, nous allons te retrouver !
Sympa...
'Grisha' était leur insulte pour nommer des Sorcières comme moi. Celles qui n'utilisent pas la Magie Noire, en l'occurrence.
- Ablinn ðu forlæte ðu nu.
Mon sort fit pousser des lianes et des fleurs plus hautes et plus touffues encore, derrière moi, pour semer mes poursuivants. J'ai repris ma course effrénée.
Une demi-heure plus tard, je suis tombée sur un fossé rempli de...
… serpents.
Oh ! Génial ! Mon animal préféré ET le symbole de ma Maison ! Parfait !
Ils étaient de toute taille et de toute couleur, et de différentes espèces, surtout.
Ils semblaient vindicatifs, défendant leurs territoires. J'ai donc pris un sentier plus petit et j'ai continué jusqu'à tombé sur...
… une autre cour extérieure !
J'ai tourné en rond, je me suis retrouvée de l'autre côté de l'École.
Mon cœur rata un battement lorsque je compris que tous mes amis, Kaz comprit, se trouvaient dans la cour pour...
…. me chercher.
Ils hurlaient mon nom. Le soleil venait enfin de se lever. Je pouvais les voir, et eux n'allaient pas tarder à me voir. Je ne voulais pas prendre ce risque.
J'ai pris une profonde inspiration et j'ai murmuré :
- Onstyrian, onbregdan...
J'ai tendu mes bras, gardant mes poings fermés, formant ainsi une espèce de croix avec mon corps et, tout en retenant ma respiration, j'ai marché vers la cour sans redescendre mes bras, en serrant mes doigts avec force.
Je devais rester ainsi pour être invisible.
Totalement invisible. Je me suis faufilée entre les élèves, passant à côté de Kaz, ce qui me serra le cœur, mais je restai invisible à leurs yeux grâce à mon sort.
Une fois qu'ils terminèrent de fouiller la cour, ils sont rentrés à l'intérieur de l'établissement.
Ouf !
C'était moins une, car mes ennemis sortaient de la jungle pour m'attraper. Au moins, j'étais encore invisible, mais je dus reprendre ma fuite.
Une fois hors de vue de tout le monde, j'ai baissé mes bras et je suis redevenue visible.
Lorsque, sur ma droite, j'ai découvert des...
… dinosaures ! Oui, oui ! Des bébés Brachiosaures !
En temps normal, je serais allée vers eux pour les caresser, mais là, je n'avais pas le temps. J'ai couru droit devant moi.
Encore et encore.
Jusqu'à arriver à l'entrée d'un couloir et j'ai couru jusqu'à l'étage au-dessus de moi.
- Oferswing !
La porte d'une grande salle, vide, s'ouvrit par Magie et je me suis engouffrée à l'intérieur. Le sol n'était qu'une vieille moquette rouge, avec d'épais rideaux de velours, une cheminée ainsi que des chandeliers tombant du plafond.
- Forþ fleoge !
Les bougies s'allumèrent par Magie pour éclairer l'immense pièce.
Lorsque soudain, derrière moi, la porte grinça et une personne entra dans la salle...
.
« It's a harder way,
And it's come to claim her,
And I always say,
We should be together. »
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J'ai sursauté en me retournant.
C'était Kaz.
Il ferma la porte derrière lui et se dirigea lentement vers moi en utilisant sa canne.
- Alisone ! Par tous les Saints ! Nous étions si inquiets ! Je... J'étais... Si inquiet.
Il sourit en marchant vers moi.
Je souris à mon tour, lorsque la fenêtre de la grande salle explosa dans un bruit assourdissant.
Sous le choc, Kaz et moi avons protégé nos visages des morceaux de verre en levant nos bras devant nous, ensuite, nous avons relevé nos regards vers l'intrus.
Le Sorcier Noir qui nous souriait sans ses dents.
Kaz se trouvait à ma gauche, sa canne en main prêt à se défendre. L'ennemi lança son sort et les morceaux de verre à ses pieds commencèrent à flotter tout autour de lui. Puis, il tendit ses mains vers nous et les morceaux aiguisés se dirigèrent droit vers nous pour nous tailler en pièces.
J'ai hurlé :
- Bord, wiþ stende hine !
Le verre s'arrêta devant nous, stoppé par un bouclier invisible.
Pourtant, le méchant Sorcier rit aux éclats et sauta par la fenêtre pour retrouver son patron.
J'ai tiqué, ne comprenant pas pourquoi il quittait le combat aussi facilement.
- Kaz ? Pourquoi il... ?
Je me suis tournée vers Kaz, et j'ai compris pourquoi le Sorcier venait de rire...
… Kaz baissa les yeux sur le morceau de verre planté au plein milieu de son torse. Le sang coulait déjà le long de ses vêtements, et ses bras tremblèrent.
- Alisone... ?
Mon cœur rata un battement.
Kaz laissa tomber sa canne et, avant qu'il ne tombe à son tour sur le sol, je l'ai retenu juste à temps. Je l'ai pris dans mes bras, l'allongeant délicatement sur mes genoux, agenouillée sur la moquette. J'ai commencé à pleurer en murmurant des :
- Non... Non... Non... Kaz...
Mes doigts tremblaient également lorsque j'ai attrapé l'énorme morceau de verre.
- Je... Je suis désolée... Mais, ça va faire mal...
Une larme coula le long de ma joue et j'ai tiré de toutes mes forces.
Kaz hurla à la mort.
J'ai posé ma main sur la plaie en criant :
- Bord wiþ stende hine !
Une lueur dorée sortit de mes doigts. Je savais que le sort ne serait pas assez suffisant pour le sauver. Ce fut à ce moment-là que débarqua dans la salle :
Helya, Banshee, Jesper, Wylan et Rosaline. Ils avaient entendu le grabuge et, me voyant pleurer au-dessus de Kaz couvert de sang, ils ont vite compris le problème...
Tout mon corps tremblait, Kaz commençait à perdre connaissance et je ne retenais plus aucune larme. J'ai levé la tête vers mes amis pour plaider :
- Je... Je ne sais pas quoi faire...
Jesper se dirigea vers moi pour me dire, la voix cassée :
- Hum... Le... Le sortilège de Guérison... Je... Je sais que c'est un violent sort que...
Je tiquai :
- Pas seulement... C'est un sort très... Intime, je ne peux pas...
Jesper leva les yeux au plafond et railla :
- Bloody Hell, Alisone ! Tout le monde sait que tu aimes Kaz ! Et tout le monde sait que Kaz est amoureux de toi ! Alors, maintenant, sauve-lui la vie !
Malgré les millions de questions qui inondaient mon esprit, je me suis mise au travail...
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(La partie qui suit est très étrange, mais je vais l'écrire telle qu'elle s'est réellement passé...)
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Kaz était toujours en proie à une atroce douleur. Je me suis concentrée. J'ai fermé les yeux et j'ai commencé à réciter ce sort, pour la première fois de ma vie :
- Lasa n-uile fil ocum ocus lasa nuile fil indium, ar-focraim atot-oilg ! Lasa n-uile fil ocum ocus lasa nuile fil indium, atot-oilcfe, gìallfae dom !
C'était un très long sortilège que j'ai répété à trois reprises.
Encore et encore.
- Lasa n-uile fil ocum ocus lasa nuile fil indium, ar-focraim atot-oilg ! Lasa n-uile fil ocum ocus lasa nuile fil indium, atot-oilcfe, gìallfae dom !
Jusqu'à ce que je sente ce que je cherchais :
Sur ma langue apparut par Magie une petite chose qui ressemblait, à s'y méprendre, à un minuscule cachet ou à un morceau de sucre. C'était très petit, blanc et... En forme de cœur.
Oui, oui, en forme de cœur !
Maintenant que l'objet était là, littéralement sur le bout de ma langue, je devais l'utiliser pour sauver Kaz et, pour ce faire, je me suis penchée vers lui.
Mon cœur rata un battement puis j'ai posé ma bouche sur la sienne.
Il se laissa faire, ouvrant sa bouche pour englober la mienne, puis nous avons échangé notre premier baiser. Mais, pas seulement...
… à mesure que nos langues dansèrent entre elles, j'ai glissé le médicament Magique dans sa bouche pour que ce dernier fonde dans sa gorge et circule dans son sang, puis dans tout son corps.
Sa plaie se referma enfin grâce à mon sort.
Kaz venait d'être sauvé par le plus puissant sortilège que je n'avais jamais lancé.
Jusqu'à présent...
.
« I can see below,
'Cause there's something in here,
And if you are gone,
I will not belong here. »
.
Une heure plus tard, nous étions autour d'une grande table rectangulaire dans la cantine de l'École. Il était presque midi et toutes nos aventures nous avaient donné faim et soif.
Nos Gardiens, les adultes du Refuge, étaient enfin venus pour nous aider.
Enfin... Nous 'aider', il faut le dire vite, quoi...
Ils avaient bien reçu le S.O.S venant du corbeau de Kaz, de toute évidence.
J'étais assise sur le bord de la table, une tasse de thé fumante dans ma main droite et une tartine grillée dans la gauche, lorsque j'ai demandé à ma marraine :
- Et maintenant ? Nos ennemis ont l'Artefact et ils rôdent tous ensemble quelque part autour de l'École. Qu'est-ce qu'on fait ?
Les élèves tournèrent leurs regards vers les adultes, qui ne surent quoi répondre.
Ça partait mal...
Mon oncle avoua un peu penaud :
- Nous n'avons jamais eu ce genre d'attaques auparavant...
- Well... Tout arrive ! railla Jesper.
Une autre adulte réfléchit à haute voix :
- Techniquement, c'est Alisone qu'ils veulent. Il suffirait de la protéger d'un sortilège très puissant et ensuite, nous pourrons tous rentrer au Refuge.
J'étouffai un rire :
- Démerdez-vous sans moi pour le 'sortilège très puissant'. Je viens d'en faire un et je n'ai pas envie de réitérer l'expérience.
Kaz me sourit.
Sourire que je lui rendis.
Jesper souffla en levant les yeux au ciel.
Lorsque, soudain, un bruit assourdissant nous fit tous sursauter. Comme le bruit d'une bombe explosant dehors. Nous avons couru vers les fenêtres de la cantine. La vue donnait directement sur les bordures de la Forêt Hantée.
De puissantes lumières, pourpres et orangées, traversèrent la cime des arbres.
- What the Hell ? lâchais-je.
Ma marraine tiqua :
- Oh, merde... Ils ont résolu l'énigme et ont activé l'Artefact...
- Ah bah super... râlais-je derechef. Ça valait le coup de me pourchasser toute la matinée à travers la jungle...
Kaz, qui gardait son sérieux en toute occasion, demanda avec appréhension :
- Qu'est-ce que l'Artefact est censé activer ?
Ma marraine répondit avec mystère :
- Aucune idée...
Merveilleux !
Nous voilà bien avancés !
.
« And I started to hear it again,
But this time it wasn't the end,
And the room was so quiet. »
.
Il n'y avait qu'une seule façon de savoir ce que nos ennemis préparaient comme plan machiavélique : nous avons quitté l'École pour nous diriger vers l'explosion, en suivant les vives lumières qui sortaient encore de la jungle. Jesper tenait fermement ses revolvers en main, pendant que les élèves, dont moi, suivirent les adultes vers la Forêt Hantée.
Plus nous progressions au milieu de la végétation, plus il faisait sombre.
Rosaline vint à ma droite pour me dire, gênée :
- Hum... Alisone, tu sais... Je n'aime pas Kaz... Je compte bien divorcer...
J'étouffai un rire :
- Je sais, ne t'inquiète pas pour ça. Vous n'étiez pas consentants, et ce mariage ne vaut pas grand chose, de toute façon.
Elle sourit, soulagée :
- C'est pas faux. Et puis, tout le monde sait que Kaz est amoureux de toi, et toi de lui. Enfin, 'tout le monde' à part toi et Kaz.
- J'avais compris...
J'esquissais un sourire. Puis Rosaline partit rejoindre Banshee.
Il nous fallut une bonne demi-heure pour arriver près des lumières.
Nous nous sommes cachés dans un coin non loin de l'endroit où l'espèce de bombe avait explosé. Kaz utilisa sa super-vue pour analyser ce qu'il se passait. Il décrivait ce qu'il voyait au fur et à mesure :
- Cela ressemble à un Porte Dimensionnelle. C'est un arc-de-cercle en pleine jungle, avec en son centre des millions d'étoiles de galaxies, mais... Il y a autre chose... Cela ressemble à des éclairs verts, comme de l'électricité qui part dans tous les sens autour du Portail. Et... Oh, mon Dieu...
- Quoi ? tiquais-je, inquiète.
Un voile de terreur traversa les yeux bleus de Kaz, lorsqu'il avoua :
- Le Sorcier Noir est... Mort... Son corps est allongé devant l'entrée de la Porte, mais... Je ne comprends pas... C'est comme s'il n'avait plus de peau, il ne reste que ses vêtements... Ses organes ont littéralement fondu... Et son sang fait des... Bulles ?
Il détourna le regard, pour des raisons évidentes.
Quant à nous, nous étions tous, élèves et adultes, choqués et perdus.
Jusqu'à ce que ma sœur, Helya, se mette à demander à Kaz :
- Attends, tu as dit des éclairs verts ?
- Oui.
- Est-ce que, par hasard, il y a aussi des éclats jaunâtres ?
Kaz tiqua et me jeta un coup d'œil interrogateur, mais répondit à ma sœur :
- Oui, en effet, comment tu le sais ?
Ma sœur paniqua en nous expliquant :
- Ce n'est pas Magique ! Enfin, pas totalement, l'Artefact a créé quelque chose de Magique, mais aussi de Scientifique... Kaz, tu viens de décrire tous les visuels de... La Radioactivité !
- Pardon ? lâcha mon oncle. Tu en es sûr ?
Helya étouffa un rire :
- Croyez-moi, j'ai assez écouté Sheldon Cooper et Leonard Hofstadter pour connaître ce genre de trucs. Ah, et, j'ai eu mon BAC S, aussi, accessoirement.
Kaz, toujours aussi sérieux et surtout très apeuré, dit simplement :
- Nous devons détruire ça. Si ça explose à nouveau, avec plus de violence, nous aurons une nouvelle catastrophe à la Tchernobyl, mais ici...
Tout le monde acquiesça.
Il faisait presque nuit noire au milieu des feuilles et des arbres, nous progressions donc très lentement, encore plus lentement pour Kaz, qui avait du mal à avancer avec sa canne dans la forêt.
Mais, enfin, nous sommes arrivés près de la Porte Nucléaire.
Nous pouvions presque entendre les grésillements si particuliers de la Radioactivité...
Rien de bien rassurant, donc.
.
« And my heart is a hollow plain,
For the devil to dance again,
And the room was too quiet. »
.
Grâce aux lumières qui sortaient du Portail, nous pouvions voir tout ce qu'il se passait autour de nous. Et, lorsque un autre Sorcier débarqua par surprise pour nous attaquer, j'ai très vite réagi en lançant un :
- Wyrþ gatu fæst !
Le Magicien fut propulsé par Magie contre un arbre derrière lui.
Une fois la voie libre, nous nous sommes tous mit devant la Porte pour constater les dégâts...
Beaucoup de dégâts...
Shit.
Tout devint pire encore lorsque le Portail Nucléaire s'activa et...
… Il aspira tout devant lui...
Kaz et moi avons réussi à nous enfuir juste à temps, en nous glissant sur le côté gauche de la Porte, contre les buissons de la jungle.
Malheureusement... Le champ magnétique Nucléaire attrapa Rosaline et celle-ci fut aspirée entièrement à travers la Porte.
Elle hurla lorsque la Radioactivité fit fondre ses organes et broya ses os. Le Portail recracha ensuite les restes de notre amie, sous nos yeux exorbités de terreur de dégoût.
Oh... My... God...
Forcément, nous avons tous décidé de foutre le champ d'ici !
Kaz se trouvait juste devant moi, se tenant de toutes ses forces sur sa canne et longeant les buissons sur la gauche. Je le suivis de près, au milieu de la nuit, dans cette jungle de la mort, avec les grésillements radioactifs qui titillaient nos oreilles dans notre dos.
Mais, soudain...
(Promis, après ça, c'est fini !)
Le Portail s'est de nouveau mis à aspirer tout le monde.
Heureusement, il n'y avait plus personne devant la Porte, mais j'étais la plus proche sur le côté. Et, nom de Dieu, la force du Portail était fichtrement puissante !
Si forte, que mes jambes furent tirer en arrière, les faisant totalement décoller du sol.
J'ai réussi à me retenir de justesse et à la dernière seconde à la canne de Kaz, que ce dernier me tendit.
Lui, était retenu par Jesper et par Wylan, qui le maintenaient au sol juste derrière lui.
Le Portail me tirait en arrière, je ne me retenais que par miracle grâce à Kaz, devait moi, qui hurlait :
- Alisone ! Hold on !
Je ne faisais que ça, me tenir fermement à sa canne !
Si je lâchais, je mourrais.
Mon corps désormais à l'horizontale, était entièrement attiré par le Portail Radioactif, je savais qu'il ne me restait pas longtemps à vivre...
Du coup, c'était soit me faire aspirer et mourir dans d'atroces souffrances...
Soit me réveiller...
Ouais, il fallait que je me réveille, genre, maintenant !
Kaz semblait à la fois triste et désemparé, utilisant toutes ses forces pour me garder en vie. Mais, il était temps de quitter ce cauchemar déjà très très très long.
J'ai fermé les yeux et j'ai mis toute mon énergie dans mon réveil.
C'est une chose que je sais faire, me réveiller d'un cauchemar, mais cela demande BEAUCOUP de concentration ET de forces.
Mais, j'ai réussi...
.
« I was looking for a breath of life,
A little touch of heavenly light,
But all the choirs in my head sang 'No !' »
.
Puis, je me suis réveillée...
J'étais K.O. Comme vous pouvez le voir à la longueur de cette histoire, et encore je n'ai pas tout écrit, ce cauchemar était TRÈS long !
Très long, très complet et plein d'aventures !
Il était 4h20 lorsque j'ai ouvert les yeux, recroquevillé dans le lit, transpirant comme pas permis.
J'ai bougé et j'ai attrapé mon téléphone pour écrire les mots-clefs.
Mais, déjà en écrivant les mots-clefs, je me suis rendu compte que l'histoire était affreusement longue ! J'étais épuisé, je suis restée un peu au lit jusqu'à 5h50, puis je me suis levée.
D'ordinaire, lorsque j'écris mes cauchemars, je les commence vers 8h30, je termine le premier jet vers 10h30, la relecture et la correction me font poster le songe vers midi, voir 13h30.
Mais là, Nom de Dieu, il est 16h et je n'ai même pas terminé le premier jet !
C'est quoi cette histoire ?!
Je pourrais presque en faire un livre !
Bloody Hell...
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02.05.2023
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