Disclaimer : Les personnages appartiennent à Marvel.

Note : Cet OS répond au troisième prompt du Janvier Gay organisé par Almayen : pouvoir.

Univers : C'est ici un crossover entre le MCU et les X-Men de Sony. J'ai décalé chronologiquement les événements des X-Men pour plus ou moins les raccorder au MCU. L'attaque d'Apocalypse a donc lieu au moment où les Avengers sont en Sokovie. Cet OS va aussi s'inscrire dans une série qui regroupera plusieurs OS et fanfics liés à ce mélange d'univers.


A nos désaccords


Des mois après les événements qui avaient vu le réveil d'En Sabah Nur et la victoire des X-Men, le manoir Xavier avait enfin retrouvé sa splendeur. D'aucuns auraient pu croire que rien ne s'y était produit, le bâtiment se dressait dans le paysage sans présenter de stigmates de l'attaque menée par Apocalypse contre l'ensemble des mutants qui y vivaient. Seule la stèle en mémoire d'Alex Summers témoignait du drame qui s'y était déroulé, en un souvenir palpable et déchirant ; à chaque fois qu'ils perdaient l'un des leurs dans un combat, les mutants avaient le sentiment d'essuyer un échec dans leur cause, et cette fois, le conflit avait été interne, entre des gens ayant tous subi une certaine mutation.

Les cours avaient repris assez vite sous la supervision des plus anciens qui ne rechignaient pas à la tâche. Charles était fier de constater que les plus jeunes ne craignaient pas de revenir dans ce lieu qui avait pourtant explosé sous leurs yeux. Pour sa part, il peinait un peu plus à admettre qu'il avait failli livrer l'humanité à Apocalypse. Son pouvoir, bien trop dangereux entre les mains d'un mutant qui ne voyait les humains que comme des vermines à exterminer, aurait pu éliminer trop de vies innocentes. Le télépathe savait qu'il n'avait aucun moyen d'anticiper ce genre de catastrophe mais il se reprochait de ne pas avoir protégé au mieux ses élèves et ses amis. Par chance, ils avaient stoppé le premier mutant avant qu'il ne fût trop puissant et ils étaient parvenus à dissimuler ses agissements à la plus grande part du monde.

Évidemment, certains radars avaient tout de même réussi à les détecter, le Shield avait été aux aguets et Charles avait reçu la visite de Nick Fury en personne. Après une discussion houleuse, ils avaient convenu de ne pas révéler l'existence du manoir Xavier à l'ensemble du monde. Fury ne paraissait pas à l'aise avec les mutants, sans doute aurait-il préféré ne pas apprendre qu'il existait un lieu où se rassemblaient des gens avec des capacités particulières qui tenaient plus de la magie que de la science. Il ne s'agissait pas d'un cas isolé qu'il aurait pu intégrer à son équipe – les Avengers – mais plusieurs personnes dont le nombre allait croissant. Charles avait remarqué les regards suspicieux du borgne, sa posture défensive dès que quelqu'un l'approchait dans les couloirs du manoir et sa main posée en permanence près de son pistolet. A contrario, son bras droit, Maria Hill, avait semblé plus curieuse qu'effrayée et elle n'avait pas manqué de remercier le télépathe avant leur départ.

À tort, Charles avait supposé que tout irait pour le mieux pour l'avenir. Le manoir était animé par la joie de vivre de ses élèves, aucun événement ne touchait leur communauté et il avait désormais un contact plus régulier avec Erik. La folie d'Apocalypse avait au moins eu le mérite de rapprocher les deux vieux amis qui communiquaient tous les jours et se voyaient de temps en temps lorsque Magnéto venait au manoir. Charles était heureux de retrouver leur complicité, il avait craint de perdre Erik dans les ombres d'En Sabah Nur. Lorsque le premier des mutants avait décidé de prendre Magnéto sous son aile, le télépathe avait senti un changement se faire dans les pensées de son vieil ami. Il avait paniqué avant de se reprendre en main, il ne devait pas mettre sa vie personnelle au premier plan, il avait choisi de rassembler les mutants pour leur bien et il était prêt à tous les sacrifices, y compris ne pas secourir Erik dès qu'il se passait quelque chose.

Magnéto et lui n'évoquaient que rarement leur situation ambigüe, ils savaient qu'ils avaient depuis longtemps dépassé l'amitié mais ils ne parlaient jamais des sentiments qui les étreignaient l'un l'autre. Charles aurait voulu être capable d'ouvrir son cœur sans risquer de le briser au premier vent mais, avec Erik, il était difficile de le suivre les yeux fermés car les embûches se multipliaient sur son chemin. Ils se comportaient donc comme des amis proches – ce qu'ils étaient vraiment depuis le début – et cachaient à tous la vérité sur ce lien plus profond qui les unissait. Charles pouvait ainsi poursuivre sa vie de cette manière, comme s'il n'y avait rien eu entre eux, mais chaque jour qui s'écoulait lui rappelait surtout qu'il n'était pas assez fort pour retenir auprès de lui l'homme qu'il aimait.

Il avait dû délaisser sa vie privée et focaliser son attention sur le monde lorsqu'un nouveau drame s'était abattu, cette fois-ci au Lagos. Les Avengers avaient poursuivi un ancien ennemi à travers les rues de la ville et leur mission, loin dans se terminer dans le calme, avait entraîné la mort de plusieurs dizaines de personnes. Charles avait ressenti l'événement, Jean aussi, elle était même venue lui en parler avec une certaine anxiété, craignant un nouveau coup dur comme Apocalypse. Le professeur avait assuré que ce n'était pas l'œuvre d'un adversaire trop puissant mais bien celle d'humains qui ne laissaient que des ruines dans leur sillage. Depuis New York et l'invasion des Chitauris, chaque intervention des Avengers, seuls ou en groupe, se soldait par des décès en cascades. Charles savait que le gouvernement interviendrait mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'était une réaction qui englobait tous les individus dans la même case.

Il était dans son bureau, ce matin-là, lorsqu'il perçut la colère d'Erik, bien avant de le voir arriver devant lui. La porte de la pièce claqua à l'instant où son vieil ami fit irruption d'un pas lourd. Magnéto lui jeta sous les yeux les journaux parus le matin-même, sans un mot. Le télépathe le salua avec ironie puis saisit les premières feuilles, perdant son sourire en lisant les grands titres qui n'auguraient rien de bon quant à leur avenir à tous.

« Vas-tu encore leur trouver des excuses ? s'enquit Erik sans se départir de la rage qui ne cessait de l'animer. Ces Accords vont nous museler !

— Je n'étais pas au courant, murmura Charles en parcourant l'article. »

Pour un télépathe, il manquait cruellement d'informations précises au sujet des décisions gouvernementales. Il avait entendu des rumeurs sur des mesures drastiques de la part de nombreux pays car les Avengers avaient semé bien trop de pagailles ces dernières années mais il n'avait pas imaginé un seul instant que ce serait aussi strict. Il avait supposé que les autorités rappelleraient aux héros qu'ils n'étaient pas seuls sur Terre et qu'il leur fallait prêter attention à ce qui les entourait – les destructions étaient communes là où l'équipe spéciale du Shield intervenait, les morts s'amoncelaient et les deuils devenaient monnaie courante – mais ces Accords, signés par cent dix-sept pays, proposaient une alternative déplaisante.

Les Accords de Sokovie obligeaient toute personne améliorée à se déclarer et à être régulée par son propre pays – tous ceux qui s'y soustrairaient deviendraient alors des hors-la-loi aux yeux du monde. Si cela avait été décidé à la suite des événements de Sokovie – Ultron, les robots tueurs, une ville en train de s'élever vers le ciel – il n'était toutefois pas seulement question des Avengers. Les Accords évoquaient toute personne qui possèderait des capacités extraordinaires, y compris les individus optimisés ou transformés en raison d'un quelconque accident. Les mutants, avec leurs pouvoirs qui en effrayaient plus d'un, risquaient eux-aussi d'être concernés par ces règles.

« Tu as ouvert cette école pour protéger les nôtres, souffla Erik en posant ses deux mains sur le bureau. Ne laisse pas ces gens nous traiter comme des pantins.

— Que veux-tu que je fasse ? demanda le télépathe avec un brin d'agressivité. Je ne suis pas plus légitime que toi ou tous les autres. Ils ne verront en moi qu'un homme en fauteuil qui peut entrer dans l'esprit de n'importe qui. Comment penses-tu qu'ils m'accueilleront ? »

Il connaissait le poids du regard des étrangers, il l'avait vécu à l'université lorsqu'il préparait sa thèse sur les mutations, il l'avait vécu après être devenu incapable de marcher, il l'avait vécu lorsque Logan était arrivé du futur et avait dardé sur lui des yeux remplis de pitié. Charles haïssait toutes ces expressions qui en disaient long sur les sentiments des gens, il voulait une humanité plus tolérante, une planète où personne n'aurait à se dissimuler à cause d'une différence trop flagrante. Cependant, l'ère dans laquelle il vivait n'était pas encore prête à tout accepter, encore moins des mutants qui pouvaient naître dans des familles normales, dépourvues de capacités magiques.

Il lut sur le visage d'Erik que son ami ne permettrait pas aux gouvernements de tenter une nouvelle prise de pouvoir sur les autres. Magnéto avait connu des persécutions lorsqu'il n'était encore qu'un enfant, des néonazis membres d'Hydra avaient essayé de tester sur lui des méthodes expérimentales éprouvantes. Erik ne laisserait pas l'un des leurs subir ce que lui avait vécu, les cauchemars ne le quittaient pas depuis qu'il avait vu sa mère mourir sous ses yeux et Charles avait conscience de la colère qui couvait sans cesse dans le cœur de son ami. C'était une sensation que Magnéto voulait éviter aux autres mutants parce qu'elle le rongeait avec une force insoupçonnée, surpassant la plupart de ses émotions.

« Nous avons vaincu Apocalypse ensemble, Charles. Recommençons.

— La situation n'est pas la même, et tu le sais très bien. Ce n'est pas un ennemi que nous devons abattre, ce sont des lois, des accords.

— Ratifiés par des lâches qui craignent nos capacités. Combien des nôtres mourront avant que tu ne te décides ? Combien des nôtres finiront par être rejetés de cette société ? »

Un objet métallique se mit à trembler sur le bureau avant de s'écrouler, signe qu'Erik perdait peu à peu patience. Charles ne partageait qu'une partie de son point de vue, il savait que s'élever contre les autorités ne mènerait à rien, hormis déclencher des combats sanglants qui ne règleraient aucun problème. Si les Avengers eux-mêmes, qui étaient la cause principale de l'émergence de ces Accords, ne parvenaient pas à trouver un point d'entente sur une signature alors eux, les mutants, ne devaient pas commencer à se déchirer. Ils avaient encore la chance de ne pas être connus officiellement du grand public, ils agissaient toujours dans l'ombre, avec assez de discrétion, bien que ce fût parfois difficile de faire promettre aux familles de ne rien révéler sur les mutations de leur progéniture.

« Si nous intervenons, reprit calmement Charles, nous n'aurons plus beaucoup de choix devant nous. Le Shield nous surveille déjà Erik, ne leur donne pas une bonne raison de nous inscrire sur leurs listes.

— Tu sais très bien ce que je pense du Shield, persifla Magnéto. »

Le télépathe regretta d'avoir nommé l'organisation, conscient que son ami n'en gardait pas de bons souvenirs. Erik avait connu certains agents qui se disaient du Shield alors qu'ils travaillaient pour Hydra et il avait décrété qu'il n'accorderait plus sa confiance à personne. Aux yeux de Magnéto, les deux organisations se valaient, elles employaient des moyens similaires et ne semaient que du désordre sur leur chemin, sans se soucier des vies qui s'éparpillaient à leur approche. Charles avait essayé de lui ouvrir les yeux sur le Shield, pour lui rappeler que les actes des uns ne devaient pas condamner les autres mais son ami avait été sourd à tous ses arguments qu'il avait balayés d'un geste de la main. La souffrance due à Hydra surpassait la raison, et il lui faudrait sans doute encore de longues décennies pour accepter que le Shield pourrait être un allié de taille dans un monde qui peinait à admettre que la différence n'était pas une tare.

Erik soupira qu'il ne tenait pas à s'élever contre Charles mais qu'il le ferait s'il n'en avait pas le choix. Il avait assez vu des gouvernements diriger leur peuple par la terreur et la pression, il n'avait pas envie de revivre un passé qui le taraudait encore. Le télépathe lui assura qu'ils n'auraient pas à combattre l'un contre l'autre, tentant un petit sourire que son vieil ami ne lui rendit pas. Magnéto darda sur lui son regard métallique avant de tourner les talons, ne laissant derrière lui qu'un grand vide dans la pièce et dans le cœur de Charles.

*.*

Charles était occupé à donner un cours à ses élèves lorsqu'il aperçut, dans son champ de vision, la silhouette familière de l'une de ses protégées. Comme son enseignement touchait à sa fin, il permit à ses étudiants de quitter la salle de classe et fit ensuite signe à la jeune femme d'approcher, notant une légère anxiété dans son regard. Jean passait son temps entre le manoir Xavier et l'appartement dans lequel elle vivait avec Scott, alternant entre les deux lieux en fonction de ses humeurs et des émotions qu'elle percevait à l'aide de sa mutation. Si elle avait pris l'habitude de venir voir ses camarades mutants, il était rare qu'elle vînt interrompre un cours sans raison valable.

« Jean, la salua Charles avec un grand sourire. Que me vaut le plaisir de ta visite ?

— Je suis sincèrement désolée de débarquer sans prévenir mais la situation s'aggrave. Wilson, Maximoff, Lang et Barton viennent d'être arrêtés, les Avengers se sont divisés. »

Le professeur garda le silence, essayant de mesurer l'ampleur du problème. Il savait déjà que l'équipe de super-héros était en train de se fissurer, il suffisait de jeter un œil aux signatures des Accords de Sokovie pour s'en rendre compte, mais il n'aurait jamais pensé que cela prendrait de telles proportions. Sans les Avengers pour garantir la sécurité de leur petite planète, les humains se retrouvaient à ne dépendre que d'eux-mêmes – ou alors des mutants mais Charles refusait de l'envisager sous cet angle. Il avait promis à plusieurs générations de ses élèves qu'il ne les mettrait jamais en danger ni au-devant de la scène afin d'éviter des ennuis tels que ceux que traversaient les Avengers.

« Dis-moi ce qui s'est passé, intima Charles en retenant un soupir lassé. »

Jean hocha la tête puis s'installa sur l'une des chaises et lui fit le récit des derniers événements tels qu'elle les avait vus dans différents esprits. Les Avengers avaient combattu en deux camps bien distincts, l'un mené par Tony Stark, l'autre par Steve Rogers et il y avait eu de nombreux dégâts matériels ainsi que des blessés – apparemment, le meilleur ami de l'Iron Man était à deux doigts de finir paralysé. Rogers s'était finalement enfui en compagnie de son ami d'enfance, Bucky Barnes.

« Ils ont laissé Stark en Sibérie, continua la jeune femme, mais je ne sais pas ce qu'il y a eu là-bas. Tout ce que j'ai vu, c'est l'arrestation de ceux qui suivaient Rogers. »

Elle parut hésiter un instant, prit une grande inspiration et planta son regard dans celui du professeur.

« Il y a autre chose que j'ai aperçu, à propos de Maximoff. »

Charles comprit immédiatement ce qu'elle allait lui annoncer et il soupira, conscient que le lien finirait par être fait. Wanda Maximoff, la jeune recrue des Avengers aux pouvoirs inimaginables, celle qui avait passé des semaines entre les mains d'Hydra, n'était pas une personne comme les autres. Elle avait du sang de mutant dans les veines, et pas n'importe lequel : Wanda était la fille d'Erik, une enfant dont il ignorait l'existence, née d'une relation si brève et désespérée. Le télépathe l'avait découvert par hasard lors des événements de Sokovie, à l'instant où son esprit avait effleuré celui de la jeune femme. Il avait ressenti quelque chose de familier en elle, un lien qu'il connaissait bien, et il lui avait suffi de remonter dans le passé de Wanda pour comprendre qu'elle n'était pas qu'un simple sujet d'expérience.

Plusieurs fois, Charles avait envisagé d'en parler avec Erik, pour lui montrer qu'il pouvait avoir une famille, pour éviter à la jeune femme d'être une âme perdue au milieu des Avengers mais il n'avait jamais eu le courage de le faire. Il considérait que ce n'était pas à lui d'avouer la vérité à son vieil ami et surtout, il était rongé par une jalousie incroyablement déplacée. Ses sentiments pour Erik l'aveuglaient parfois, et il se rendait compte bien trop tard des actes qu'il aurait dû accomplir ou des mots qu'il aurait fallu prononcer. Wanda était l'un de ses regrets et il savait que son ami ne lui pardonnerait sûrement pas de lui avoir dissimulé qu'il avait une fille – et qu'il aurait pu avoir un fils, Pietro, qui s'était sacrifié pour sauver la vie de l'un des Avengers.

Il demanda à Jean de n'en parler à personne, sur un ton qui tenait plus de l'ordre que du conseil. Il ajouta ensuite qu'Erik ne l'avait jamais appris et que ce n'était pas le moment pour en discuter avec lui, pas alors qu'il estimait qu'il fallait éliminer des gouvernements entiers. La jeune femme acquiesça avant de déclarer, d'une voix aussi neutre que possible, qu'il craignait sans doute ce qu'Erik pourrait faire. Comme détruire la prison dans laquelle la jeune mutante était désormais retenue ou éliminer tous les héros qui avaient mené à cet enfermement. Charles connaissait suffisamment Erik pour deviner que son ami ne resterait pas sagement dans son coin. Pendant quelques secondes, le professeur regretta le temps où les seuls ennemis qu'ils affrontaient étaient eux-mêmes ; il était bien plus facile de faire face à Magnéto parce qu'il essayait de mettre des mutants de son côté contre les humains que de le voir se détruire à petit feu et refuser toutes les mains tendues vers lui.

« J'ai vu les pouvoirs de Maximoff, reprit Jean en tapotant le bois du bureau. Elle est dangereuse.

— Tout comme toi, nuança Charles avec un regard entendu. Ce que tu as fait contre Apocalypse …

— Je vous ai sauvé la vie ! s'insurgea la mutante. Alors qu'elle a tué des innocents.

— En protégeant ainsi des centaines d'autres personnes. Si elle n'avait pas tué cet homme dans l'immeuble, ce sont tous les promeneurs du marché qui seraient morts. Je ne crois pas qu'il y ait une bonne ou mauvaise façon d'envisager les conséquences de ses actes. »

Il vit le haussement de sourcil dubitatif de Jean mais il ne cilla pas pour autant. Wanda et elle partageaient de nombreux points communs que le professeur aurait pu énumérer si la situation était différente. Maximoff avait subi des expérimentations entre les mains d'Hydra, sans connaître son véritable potentiel, et Charles avait dissimulé à Jean l'importance de ses pouvoirs en endormant la force du phénix qui couvait en elle. Elles n'étaient que deux jeunes mutantes projetées dans un monde fragile qu'elles pourraient détruire d'une simple pensée et c'était à lui d'éviter une catastrophe. Il n'avait rien pu faire pour Wanda, parce qu'il s'était tenu à l'écart dès qu'elle avait été détectée par le Shield, et il surveillait régulièrement Jean à cause de cette puissance qui coulait encore dans ses veines.

« Que se passera-t-il si le gouvernement ne parvient pas à la retenir ? s'enquit la jeune femme. Une prison comme le Raft est une idée de génie pour des héros normaux mais pas pour elle.

— Cet endroit est hautement surveillé, il n'y a rien à craindre, éluda Charles alors même qu'il n'en pensait pas un mot. »

Il sut qu'il n'arriverait pas à convaincre Jean avec quelques prétextes mais il fut soulagé en constatant qu'elle n'insisterait pas. Ils avaient tous les deux conscience des risques qui planaient au-dessus de leur tête et du danger que représenterait Wanda si elle venait à se libérer des chaînes qui l'entravaient. Jean murmura qu'elle espérait que tout redeviendrait plus calme désormais et elle se leva, ajoutant qu'elle comptait rendre visite à plusieurs de ses amis qui vivaient encore au manoir.

« Comment va Scott ? lança le professeur alors qu'elle atteignait la porte.

— Mieux. Il pense encore beaucoup à son frère mais il remonte la pente, il a compris qu'il n'est pas responsable. Il viendra la prochaine fois. »

Un véritable sourire étira les lèvres de Charles tandis que Jean le laissait seul dans son bureau. Il avait cru que la destruction de l'institut Xavier entraînerait la fin des mutants – avant la remise en état de la bâtisse – et il avait eu peur aussi de voir l'un de ses protégés tomber dans les ténèbres. Scott se remettait difficilement du sacrifice de son frère, il estimait qu'il aurait dû être avec lui quand cela s'était produit, et il avait fallu une longue thérapie pour l'aider à ne plus broyer autant de noir. Ironiquement, Charles aurait bien aimé offrir ce soutien à Wanda après les événements de Sokovie mais ce n'était pas à lui d'aller aux-devants de la jeune femme, encore moins alors qu'elle appartenait à l'équipe des Avengers.

Les Avengers … Fut un temps où Charles aurait voulu s'allier à eux, pour recevoir une certaine forme de reconnaissance, pour que les mutants ne fussent pas des gens obligés de se cacher dans les ombres parce qu'ils étaient différents. Il avait failli faire ce pas vers eux, vers le Shield, vers Fury, mais il s'était ravisé à cause d'Erik, à cause de cette lueur de douleur dans ses yeux à chaque fois qu'il entendait parler de l'organisation. Combien de fois son ami lui avait-il répété que les mutants et les Avengers étaient incompatibles ? Combien de fois avait-il dit que ce monde n'était pas prêt à accueillir en masse des gens avec des pouvoirs ? Erik lui avait déjà lancé, avec beaucoup d'amertume, qu'Hydra aurait presque mieux réagi que le Shield puisque l'organisation criminelle recherchait avec avidité chaque personne dotée de capacités supérieures.

Quand il songeait à Hydra, Charles ne pouvait s'empêcher de se sentir coupable. Grâce à son pouvoir qui lui permettait de pénétrer n'importe quel esprit, il aurait dû se rendre compte de la présence de l'organisation. Combien de vies auraient été sauvées ? Combien de familles auraient évité un deuil ? Combien de gens auraient connu une autre fin au lieu de n'être que des sujets d'expériences pour des savants fous ? Le télépathe n'avait pas su être à la hauteur de son rôle de protecteur et il espérait ne pas commettre la même erreur pour l'avenir des siens.

*.*

Une pluie torrentielle s'abattait sur le manoir Xavier et aux environs. Les élèves de l'institut étaient rentrés dès que le temps avait commencé à devenir instables, délaissant le parc pour retrouver la chaleur des murs. Charles n'avait pas quitté la fenêtre du regard, un nœud au creux de l'estomac, l'oreille dressée vers le poste de radio branché sur une chaîne d'informations en continu. Les prisonniers du Raft s'étaient échappés, les cellules avaient été retrouvées vides et il ne faisait aucun doute que Rogers était à l'origine de la libération de ceux qui l'avaient suivi. Cet événement n'aurait pas dû préoccuper Charles, cela ne concernait que les Avengers et le gouvernement américain qui avait failli, mais un mauvais pressentiment rampait sur la peau du professeur, croissant de minute en minute.

Son doute se vit confirmé lorsqu'un véhicule noir blindé s'arrêta devant les grilles du manoir. Un coup d'œil suffit à Charles pour deviner l'identité du nouveau venu et une grimace s'étira sur ses lèvres. L'homme, vêtu en costume, portait sur l'institut une expression froide et distante, et il était accompagné par plusieurs soldats. Thaddeus Ross travaillait pour le gouvernement depuis des décennies, il avait été présent lors des désastreuses tentatives de mettre les fers aux mains du Hulk et il avait servi de messager pour transmettre les Accords de Sokovie aux Avengers. Sa présence à quelques pas des mutants dérangeait Charles qui ignorait comment l'individu avait pu apprendre l'existence du manoir.

Doucement, il sonda les pensées de Ross, aussi vif qu'une vipère mais avec assez de discrétion pour que son intrusion passât inaperçue. Il vit le militaire en train de se poser des questions sur les événements liés à Apocalypse – tout ne s'était donc pas déroulé comme Charles l'espérait, dans l'ignorance la plus totale – puis plongé dans la lecture d'une thèse que le professeur connaissait dans les moindres détails puisqu'il l'avait écrite. Son travail sur les mutations avait malheureusement attiré l'attention des pires personnes et il se reprocha de ne pas avoir trouvé un sujet moins sensible. Si les mutants devenaient des proies à cause de lui, il ne se le pardonnerait jamais – et Erik ne manquerait pas l'occasion d'ajouter de l'huile sur le feu.

Il feignit la surprise lorsque Ross entra dans son bureau, trempé par la pluie et le regard dur. Charles invita son hôte indésirable à s'asseoir, remarquant sa posture raidie et les coups d'œil circulaires, sans doute dans la recherche d'une issue de secours s'il se produisait un événement quelconque.

« Professeur Xavier, je suis le secrétaire d'État Thaddeus Ross, se présenta-t-il sur un ton sans appel.

— Je sais qui vous êtes, répondit Charles en retenant un soupir. Passons les politesses, et allons droit au but.

— Bien. Vous n'ignorez sans doute pas l'existence des Accords de Sokovie et ce qu'ils impliquent pour des gens comme vous. »

Le dernier mot avait été prononcé avec un mépris si évident que le professeur dut se retenir d'écraser l'esprit de Ross. Il le détestait déjà, de son costume impeccable à ses sous-entendus qui le hérissaient. Charles se força à rester cordial malgré la colère qui pulsait dans ses veines mais son attention fut brusquement attirée par du mouvement derrière la porte de son bureau. Il n'eut pas besoin d'utiliser sa télépathie pour deviner l'identité du dernier venu, il reconnaissait son pas familier. Erik entra avec une expression distante avant de prendre place sur le deuxième siège qu'il déplaça aussi loin que possible du secrétaire d'État tout en se rapprochant discrètement du télépathe.

Tu ne devrais pas être là, projeta Charles dans l'esprit de son ami. Magnéto esquissa un rictus avant de lui déclarer, de la même manière, qu'il comptait lui rendre visite et qu'il avait supposé qu'il aurait besoin d'un peu de soutien en avisant les véhicules officiels du gouvernement. Leur échange, très bref, passa inaperçu aux yeux de Ross mais le professeur décela dans ses yeux un brin de méfiance.

« J'espère que vous n'êtes pas là pour nous faire signer vos accords, intervint Erik. Nous ne sommes pas comme vos héros que vous adulez tant, nous n'accepterons aucune corde autour de notre cou.

— Je ne crois pas avoir de leçon à recevoir de la part d'un individu qui a vécu des années en prison, contesta Ross.

— Que dire d'un homme qui a expérimenté des substances inconnues dans l'unique dessein de recréer un super-héros ? Et qui s'est aussi mis à pourchasser le résultat de son échec ? »

Charles se surprit lui-même par le ton acerbe qu'il venait d'employer. Il n'était pas censé défendre l'opinion d'Erik, il avait assez fait comprendre à son vieil ami qu'il ne le rejoignait pas dans ses avis et qu'il ne s'opposerait pas aux hautes autorités gouvernementales. Pourtant, avec Ross et les Accords de Sokovie, il sentait qu'il n'avait plus le droit d'être une autruche.

« Je l'ai fait pour protéger les populations, s'hérissa Ross en serrant ses doigts sur les accoudoirs du siège. Il nous fallait des soldats aguerris et puissants.

— En quel honneur ? s'enquit le professeur. Il me semble qu'à l'époque, la seule personne susceptible de vous poser des problèmes, c'était Stark. Et il n'était pas vraiment votre ennemi. »

Il n'avait jamais oublié cette période pendant laquelle le milliardaire arpentait le ciel de New York dans une armure rouge et or. Iron Man ne ciblait que des terroristes, il n'y avait alors rien à craindre d'un potentiel adversaire venu d'ailleurs et les mutants n'étaient pas exposés, ce qui réduisait considérablement les risques à affronter. Charles n'avait jamais compris la véritable raison derrière les expériences du gouvernement et il se demandait encore ce qui aurait pu se produire si jamais le projet de super-soldat s'était soldé par une réussite.

« Stark n'est pas le premier, répliqua Ross. Avez-vous déjà vu les archives du Shield, professeur Xavier ? Des événements pour le moins … surprenants ont eu lieu par le passé. »

Charles feignit l'étonnement malgré ses pensées qui tournaient à la vitesse de l'éclair dans son esprit. Quelques années plus tôt, lorsque le monde avait appris que le Shield comptait dans ses rangs des membres d'Hydra, Black Widow avait livré les dossiers de son organisation, libérant des milliers de secrets. Le télépathe n'ignorait pas qu'il y avait encore des affaires dissimulées dans l'ombre, des dossiers papiers qui ne verraient jamais le jour car ils renfermaient bien trop d'informations dangereuses. Il avait lui-même lu certaines pages balancées sur les serveurs par Romanoff et il avait en effet vu quelques situations plutôt inédites, y compris pour le Shield.

« Quant à l'invasion de New York, reprit Ross, il est évident que tous les problèmes ne provenaient pas de l'espace.

— Nous savons tous que le Shield a joué avec des forces qui le dépasse, soupira Charles, mais ce n'est pas une raison suffisante pour passer les fers aux mains de centaines de gens. Vous imaginez que vous réussirez à museler les mutants comme vous l'avez fait pour les Avengers mais vous avez tendance à oublier un léger détail : nous sommes bien plus nombreux.

— Et plus dangereux, ajouta Erik. »

Le télépathe lui jeta un regard aigu auquel Magnéto répondit par un sourire amusé. Évoquer les pouvoirs dévastateurs des mutants n'était certainement pas la meilleure façon de convaincre Ross de l'inutilité des Accords de Sokovie. De toute manière, le secrétaire d'État savait déjà à quel point les mutants étaient différents dans l'utilisation de leurs pouvoirs par rapport aux Avengers ou à leurs alliés. Il n'y avait personne pour leur fixer des limites, aucun ingénieur pour leur fournir des costumes sur mesure, ils se débrouillaient par eux-mêmes et ne comptaient pas sur le gouvernement pour interférer dans leur existence.

« Je pourrais faire venir une armée entière ici, menaça Ross.

— Et nous n'aurions aucun mal à l'anéantir, rétorqua Erik avec une expression féroce. »

La montre qui ornait le poignet du secrétaire d'État commença lentement à se tordre avant de reprendre une forme plus ou moins normale lorsque Magnéto termina sa petite démonstration. Ross porta la main à son arme mais ses doigts se figèrent à quelques millimètres de la crosse sous l'effet de l'intervention du télépathe.

« Je vous conseille de ne pas vous montrer impoli, déclara Charles.

— Et moi, je vous prie de me relâcher, persifla Ross. Vous aggravez votre situation, Xavier.

— Je ne fais que me défendre, et protéger tous les miens. Vous débarquez ici avec vos accords, vos menaces et des armes, que suis-je censé faire ?

— Vous devriez songer un peu à l'avenir des mutants. Vous croyez peut-être que vos pouvoirs seront suffisants pour vous défendre contre nous ? Nous avons enfermé Maximoff et sa magie.

— Elle n'est plus derrière vos barreaux, ironisa le télépathe. Wanda est en liberté, vos super-soldats aussi. Vous avez perdu le Hulk par le passé, vous ignorez encore où il est et vous me parlez d'avenir ? Vous menacez l'ensemble des mutants en vous attaquant à moi.

— Vous ne direz pas que je ne vous avais pas prévenu. »

Charles prit son temps pour libérer Ross de son emprise, guettant la moindre de ses pensées au cas où le secrétaire d'État cherchât à les prendre par surprise. Ross se contenta de leur adresser un regard noir avant de ranger son arme et de se lever pour ensuite tourner les talons et quitter le bureau. Le télépathe suivit sa progression à travers le manoir en se terrant dans son esprit, et il soupira de soulagement lorsque l'ancien général monta dans son véhicule et quitta enfin le périmètre de la demeure. Ses épaules s'affaissèrent sous la disparition de la pression qu'il ressentait depuis qu'il avait vu entrer Ross. Charles avait le sentiment que ses céphalées ne s'effaceraient pas en un clin d'œil mais il pouvait bien supporter quelques maux de tête tout en ayant l'impression d'avoir été un rempart entre les mutants et le monde extérieur.

Face à lui, Erik semblait perdu dans ses propres pensées. Son ami n'ignorait pas quelles voies devaient suivre ses réflexions, il le connaissait assez pour savoir que cette visite avait dû aussi le secouer. Magnéto n'était pas du genre à accepter des menaces sans agir et Charles percevait la colère qui vibrait encore sous l'expression neutre de l'autre mutant. Finalement, Erik esquissa un nouveau rictus avant de planter son regard dans le sien tout en s'adoucissant sensiblement.

« Je croyais que tu ne voulais pas intervenir, se moqua Erik. Tu m'avais bien dit que tu ne ferais rien contre les Accords de Sokovie, n'est-ce pas ?

— Seuls les imbéciles ne changent pas d'avis, riposta le professeur avec une pointe de tension. Je peux essayer d'apprivoiser Fury et le Shield mais Ross est un homme différent qui ne nous lâchera pas.

— Donc tu reconnais avoir eu tort ? »

Dans la voix d'Erik, il y avait une franchise désarmante, une question qui attendait une véritable réponse, comme si les paroles de Charles allaient faire basculer le monde. Le télépathe approuva enfin d'un léger signe de tête, un peu hésitant mais conscient qu'il lui fallait être honnête. Il avait supposé pouvoir arrêter le désastre avant même de le voir commencer mais, une fois de plus, il n'était là que pour réparer ce qui avait été peu à peu brisé par les autorités. S'il autorisait les gouvernements à mettre leur nez dans les affaires des mutants et à tous les recenser, ils finiraient par avoir des ennuis et par devenir des armes pour des armées qui méprisaient la paix et la bonne entente.

Alors qu'il réfléchissait à la meilleure manière d'exprimer son point de vue, Erik se leva et contourna le bureau afin de le rejoindre. Charles ouvrit la bouche, prêt à défendre ses opinions et à expliquer qu'il avait enfin pesé le pour et le contre de toute cette situation mais il perdit ses mots lorsque son vieil ami s'abaissa à son niveau et posa une main sur la sienne.

« Je sais ce que tout ça représente pour toi, Charles. Et je suis désolé d'avoir été aussi …

— Réactif ? compléta le télépathe avec un sourire. Tu avais raison, depuis le début. Ces accords ne peuvent rien amener de bon pour nous tous mais je pensais … je pensais que ce serait facile de trouver une solution, de traverser les mailles de leurs filets.

— Tu avais déjà cette idée en tête à l'époque où tu m'as récupéré. Tu as toujours imaginé que tu sauverais les mutants, que tu nous apporterais un avenir durable. Je n'ai pas encore décidé si je te vois comme un fou ou comme un rêveur.

— Un peu des deux, sans doute. Apocalypse m'a secoué, Erik. Tu étais là-bas avec lui, tu as failli lui livrer le contrôle du monde.

— Et j'ai fait machine arrière, pour toi. J'ai eu l'impression de t'avoir trahi et j'ai compris que je ne pourrais jamais vivre avec ce sentiment permanent. »

Ils s'observèrent longuement, comptant l'un et l'autre sur les non-dits qui exprimaient bien mieux leurs émotions que tous les mots qu'ils auraient eu à prononcer.

« Toi et moi avons eu de nombreux désaccords, reprit enfin Magnéto, mais nous avons réussi à nous lier, inévitablement. Je ne tiens pas à entendre que tu as été tué ou capturé parce que le gouvernement américain a cru bon de t'envoyer au front. Nous ne sommes pas les Avengers, si nous l'avions été, il n'y aurait sûrement pas eu tous ces ennuis en Sokovie.

— Bien sûr, tu aurais arrêté Ultron en un clin d'œil, ironisa Charles.

— Ou Iron Man. »

Le télépathe étouffa un ricanement, il avait oublié que son vieil ami n'appréciait que peu Tony Stark et qu'il avait tendance à haïr à peu près tous les Avengers. Cela lui permettait surtout de ne pas songer au malaise qui l'étreignait à chaque fois qu'il pensait à ce que lui et les mutants auraient pu faire, que ce fût à New York contre les Chitauris ou en Sokovie contre les robots tueurs d'Ultron. Peut-être que Charles aurait été en capacité d'éviter tout cela, et plus encore, s'il avait pris le temps de s'intéresser au monde.

Comme s'il lisait son esprit, Erik lui souffla qu'il n'était pas responsable, serrant ses doigts entre les siens. Charles savoura le contact, si rare désormais entre eux, et voulut croire les paroles de son ami malgré les doutes qui le parcouraient chaque jour.

« J'ai toujours été fasciné par ton optimisme, Charles. Alors ne deviens pas aussi grincheux que moi.

— Tu ne l'es pas, tu as juste un regard plus … subjectif. Et peut-être aussi plus clair que le mien, je m'acharne à essayer de discerner ce qu'il y a de meilleur chez les gens, et j'ai fait fausse route pour ces stupides accords. Nous allons devoir nous battre pour protéger les mutants, je le crains.

— Nous le ferons ensemble, assura Erik. Je ne te quitterai plus, j'ai assez perdu ces dernières années et je ne veux pas que tu sois l'un de mes regrets. »

L'aveu était là, à demi-mot, mais bien présent. Magnéto réduisit la distance entre eux avant de s'arrêter à quelques centimètres de son vieil ami. Charles lut les questions dans son regard métallique, il perçut aussi la peur du rejet et s'empressa de mettre un terme à tous les doutes de l'homme qui n'avait jamais quitté ses pensées. Leur baiser avait le goût de l'attente enfin comblée, des sentiments exprimés au grand jour, comme un coffre enfin ouvert après des siècles passé sous le sable du temps. Ils en oublièrent la menace de Ross, les Avengers, les Accords de Sokovie, désireux avant tout de réunir leurs routes pour n'en tracer qu'une seule.

Lorsque le soleil perça derrière les nuages, se reflétant dans les gouttes de pluie qui parsemaient encore les graviers et les arbres, un arc-en-ciel se dessina, symbole de paix, colombe impalpable qui annonçait de meilleurs présages.


Note : Charles et Erik reviendront donc. Et si j'ai parlé de Wanda, ce n'est pas pour rien, j'ai quelques plans pour elle.