Disclaimer : Me ferai-je sévèrement sonner les clochettes par Mme J.K Rowling si je subtilisai un brin ses héros ? Peut-être pas, si elle sait que je leur octroie simplement l'opportunité de profiter d'un confortable lit de roses, pour cultiver leurs sentiments. Histoire qu'ils s'épanouissent jusqu'à l'éclosion d'un gigantesque et enivrant bouquet d'amour. ^^

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Blablamiaou : En ce joli 1er mai, j'offre la traditionnelle brindille fleurie. Une rikiki ficounette rédigée sur le pouce, durant cet agréable week-end prolongé. Alors pardonnez-moi si c'est pas forcément recherché ni stylisé ! C'est de l'instantané … ainsi aucune stagnation, pendant des mois, en attente de finalisation. Côté news, je n'ai toujours pas eu le courage de me pencher sur mon traitre d'ordi. Je me suis contentée d'en emprunter un pour ouvrir de nouveau fichier sur ma clé, dont celui-ci. Pour terminer, ayant repris les bases de l'univers du « Palais des Miracles », ce texte peut-être considéré comme une préquelle ou séquelle, au choix. ^^

Bonne lecture !

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«Langage fleuri.»

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Gérer un orphelinat n'était pas évident. Harry et Draco l'avaient durement compris. Aussi, pour aider au renflouement des finances, le couple avait-il décidé, en cette belle journée fériée, de vendre de mignons petits bouquets sur des points stratégiques du Chemin de Traverse. Certes ça ne comblerait pas le déficit récurrent, mais ça aurait au moins le mérite de soulager un peu. Tout en distrayant aussi les pensionnaires, voir en responsabilisant certains d'entre eux. Sortir occasionnellement ces gentils et infernaux petits diables du Palais des Miracles était une excellente initiative. Sachant que le monde avait trop souvent tendance à les ostraciser, les enfermant à tort dans leur situation de pauvres et malheureuses pupilles. Les aprioris réducteurs avaient toujours la peau dure !

- « Vous étalez là d'odorantes et somptueuses merveilles ! » susurra mielleusement un charmant mécène, ayant indubitablement de galantes et inavouables pensées à l'encontre de Draco. Ce dernier s'était tranquillement installé, en compagnie de trois de ses pensionnaires, pour encaisser les secourables oboles près du magasin de glaces de Florian Fortarôme. Une boutique grandement fréquentée en cette journée chaleureusement ensoleillée, doux prémices aux futures vacances estivales.

« Si vous le désiriez, je pourrai amplement et généreusement garnir vos bourses. » proposa-t-il suavement, tandis que ses élégants doigts gantés prirent excessivement leur temps pour déposer le règlement attendu par la noble main désormais légèrement calleuse. Sans se dégonfler, le rustre gentleman profita de la manœuvre, peu subtile, pour l'effleurer sensuellement, en quête d'un quelconque rapprochement prometteur.

« Avec moi, vous seriez à l'abri du besoin. » s'aventura-t-il à lui murmurer à l'oreille, plus téméraire et l'œil grivois, reluquant effrontément la svelte silhouette de cette alléchante et ravissante cible. Malgré l'anodin tablier improvisé, peu glamour, les formes raffinées, rendues légèrement athlétiques suite à l'intense labeur inhérent au maintien et l'entretien d'un pensionna, étaient joliment mises en valeur.

« Et ma résidence serait une parfaite serre … pour une belle plante telle que vous. » lui souffla-t-il plus enthousiaste et rêveur, comme cherchant à voir au-delà notamment du t-shirt savamment noué et du short en jean quelque peu négligé pour titiller davantage la fibre de la générosité. Une audacieuse panoplie aiguisant allègrement l'appétit de nombreux donateurs charitables. Draco, ayant omis d'être bête, était un parfait commercial pour leur cause. Alors s'il fallait sensiblement payer de sa personne, il n'était pas contre. Tant que certaines limites n'étaient pas outrepassées, évidemment !

- « Vous n'avez pas de pot, gueule de loup ! » intervint brusquement Harry, bousculant volontairement et rudement, avec les encombrantes caisses de ravitaillement qu'il portait, le salaud courtisant ouvertement son mec. A ses yeux, l'appellation attitrée à ce beau parleur se référait autant ironiquement à la fleur ressemblant à une bouche grande ouverte qu'au côté disgracieusement poilu de ce mufle. L'ancien Auror se demanda brièvement si ce n'était pas là un loup-garou en rut, qu'il serait raisonnable d'enfermer prestement dans une cage inviolable.

« Cette rose n'est pas à mettre sous cloche ! Et malheureusement pour vous, elle a non seulement des épines méchamment acérées … » l'avertit-il, déposant sa charge avant d'enlacer fermement l'étroite taille aux abdominaux finement dessinés. Telle une indélébile marque d'appartenance, Harry laissa exprès une belle trace de main terreuse sur la peau opaline. Il appréciait moyennement, voir pas du tout !, que des intrus indélicats piétinent grossièrement ses plates-bandes.

« Mais surtout, son jardinier est extrêmement soucieux. Exclusif ! » le dévisagea-t-il sombrement et résolument. Harry jouait délibérément de toute sa splendide virilité et ferme opiniâtreté. A lui seul son regard, dangereusement furieux et égoïste, alertait ce pauvre obsédé que son piètre plan cul n'avait aucune chance d'aboutir à un succès.

« Un pur et exemplaire mâle alpha, qui l'entretient amoureusement jour et nuit. »enfonça-t-il le clou pour couper l'herbe sous le pied à ce misérable lombric. Et si ce vermisseau décérébré persistait, malgré tout, dans sa stupide folie, avec cette ridicule séduction au ras des pâquerettes, non seulement il encourait un retentissant échec, mais surtout n'était pas à l'abri de vigoureuses et mortelles représailles. Dommage pour lui s'il se croyait dans un roman à l'eau de rose ! Harry expédierait sans mal cette larve, dépourvue de charisme, ailleurs dans l'espace. Très loin, là où il ne risquerait pas conter fleurette à son homme !

« Soyez sûr que je l'arrose quotidiennement de ma semence. Alors restez pas planté là ! Dégagez ! »s'acharna-t-il, sans aucune galanterie ni gêne d'exposer franchement leur vie intime. Achevant et enterrant définitivement tout espoir chez son ennemi. Si Harry ne craignait absolument pas les tentatives de drague appuyée de la gente féminine, sachant que son homme y était totalement insensible, il n'en menait pas large quand un autre rival masculin osait tenter sa chance. En pareil cas, son côté possessif avait dès lors la fâcheuse manie de s'extérioriser un brin, sans nulle finesse admettons-le. Sa peur de perdre Draco le rendait clairement irascible !

- « Serais-tu jaloux par hasard ? » l'interrogea débonnairement Draco, notant le ton particulièrement piquant de son sulfureux conjoint. Entendre ce langage aimablement fleuri, se voulant un soupçon courtois cependant pour ne pas froisser les susceptibilités, l'amusait. Le flattant merveilleusement en même temps. Un Saint-Potter excessivement protecteur était terriblement séduisant. Tant il présentait alors une facette foutrement guerrière et conquérante, dont émanait d'ensorcelantes et aphrodisiaques phéromones, prometteuse d'instant de grâce.

- « Tu le sais pertinemment ! » le retourna impérieusement Harry, lui administrant un fulgurant baiser, méchamment voleur de souffle. L'improvisé livreur de fleurs prit soin d'être extrêmement démonstratif, et bruyant, pour décourager définitivement celui qui aurait désiré être un potentiel adversaire. Outsider n'étant, hélas pour lui, qu'une minable bestiole sans intérêt. Insignifiant insecte retournant misérablement chez lui, le dard en berne entre ses jambes.

« Je t'avais averti ! Cet accoutrement, trop sexy pour être exposé au public, t'attirera des ennuis. » lui rafraichit-il la mémoire, profitant d'être judicieusement collé pour lui dévoiler combien son propre aiguillon s'étirait vers les cieux, en quête d'attention de son malicieux et coquin soleil. Étonnamment, Draco, ardent et embrasé petit astre illuminant sa vie, s'était révélé doué d'une main sacrément verte … pour flatter les tiges et en extraire la sève, parfois trop abondante.

- « Pour le moment, ce léger uniforme, polisson, s'est surtout avéré rentable. C'est ma pièce maitresse. Mon investissement fructifie au-delà de toute espérance ! » rétorqua, d'une voix exquisément mélodieuse et roublarde, l'ancien Serpentard, fier que son humble personne puisse générer et engranger d'aussi belles sommes sonnantes et trébuchantes. Butin bienvenu qui, à défaut de couvrir leurs découverts et autres dettes, gâterait suffisamment leur capricieuse et sympathique troupe.

« Mâte-moi ça ! J'ai accumulé pas mal de liquide ! » sourit-il lubriquement en coin, pointant distraitement les bourses bien remplies cachées sous son tablier de fortune. Draco était un fourbe manipulateur. Un vil tyran, puisque largement conscient de l'insolente pousse grandissant voluptueusement entre eux. Jamais Harry ne nierait que ce serpent avait l'indécent pouvoir de vider les bourses, ou faire couler à flot toute sorte de liquide !

- « Tu me cherches vraiment. » gronda faussement la victime consentante du libertin et aimable bourreau, sentant son impatience galoper prodigieusement dans la plus infime de ses veines. Ses membres étaient à la torture, offerts à un brasier dévorant. Son timbre, profondément rauque, dévoilait magistralement combien son corps était rudement mis sous tension. Au point que la rupture devenait imminente, inévitable.

« Tu mériterais que je t'arrache … » fut-il abruptement interrompu par un frondeur index scellant délicatement ses lèvres. Or, éternellement faible devant son maitre, Harry ne sut résister à la tentation. Flagorneur, il amadoua ce divin doigt en l'adorant d'une bouche impudiquement avide. Si ce n'était pas de risquer une condamnation, et être emprisonné pour exhibition, Harry sauterait immédiatement et puissamment sur l'insolent merdeux pour lui infliger les pires outrages. Auprès de lui, irrémédiablement, son côté sauvage déchirait en lambeaux tous ses garde-fous. Draco lui faisait littéralement perdre la tête et le sens commun.

- « Allez ouste ! » se permit de le congédier amicalement la belle terreur, ne se départissent nullement de son sourire railleur et asticoteur. Tranquillement, il extirpa son index pour le sucer à son tour licencieusement. Pour parachever sa machiavélique œuvre, son regard s'ancra fermement aux émeraudes fiévreuses. Harry n'étant plus fleur bleue depuis longtemps, il cerna aisément l'interdite et érotique intention derrière l'acte délicieusement obscène.

« Maintenant, retourne spolier gentiment ces sorcières … qui te reluquent et te baratinent éhontément. » l'invita promptement l'habile détrousseur de poches, hilare quant à son petit effet dévastateur. Profitant de l'exaltante et intime promiscuité, il incita fortement son fébrile compagnon à regagner illico son stand situé en face, devant la devanture de Madame Guipure. Et y acheter, éventuellement, une large robe de sorcier pour dissimuler l'envahissante plante grimpante ! Bien qu'il fut sincèrement convaincu que l'inopinée démonstration rameuterait brillamment chaque citoyenne, toute disposée à se laisser intentionnellement dépouiller par le fameux Harry Potter.

Le descendant Malfoy n'était pas dupe, ni crédule. Il savait parfaitement que des hordes de femmes aspiraient, vainement heureusement !, à mettre leurs griffes sur son sauveur. Le subtilisant à des fins strictement retorses, peu scrupuleuses des sentiments de l'objet de leur affection. Si Draco n'avait nul problème, ni réticence, à le jeter nonchalamment parmi l'hostile foule d'hystériques hormones, c'est principalement parce qu'il savait, de source sûre, que son jardinier privé resterait invariablement de marbre. Nombre d'inconscientes, instables femelle en chaleur, avaient déjà éprouvé leurs charmes sur lui. Désireuses de soutirer vicieusement ses fécondes petites graines. Malheureusement pour elles, devant la flasque inertie, elles durent se rendre à l'évidence. Rapidement capituler. Jamais le fertile tuyau ne se lèverait, ni n'arroserait un autre corps que le sien !

- « Sans pitié, tu me jettes dans l'arène ! Dangereusement cerné de fleurs carnivores. … As-tu seulement un cœur, vile petite ortie ? » maugréa Harry accusateur, pourtant réellement déchanté de ne pas être exaucé de façon satisfaisante par son horripilante âme-sœur. Parfois, son brillant bouton d'or était un véritable et irritant poil à gratter ! Cependant, avant de s'exécuter docilement, pour toute compensation, il exigea un baiser emprunt de volupté, de tendresse infinie. Flagrant avertissement pour chaque badaud : cet homme était déjà cueilli et réservé.

- « Ne boude pas, mon magnifique Anthurium ! » pouffa sournoisement Draco, évoquant à juste titre la fleur synonyme d'hymne à l'amour. Faut dire qu'avec son aspect évocateur, cette fantaisiste création de Mère Nature invitait audacieusement à l'érotisme pur et dur ! Si la première fois que l'expert en langage des fleurs, depuis qu'il enseignait la botanique aux élèves, l'avait nommé ainsi, Harry était demeuré coi. Par la suite, dès qu'il fouilla dans les grimoires, à la recherche d'une représentation correspondant au terme inconnu, Harry fut agréablement flatté. La comparaison aurait pu être ironique, or il n'en était rien !

« Ce soir, promis, je m'occuperai sérieusement de ce … majestueux et vibrant spadice. » lui susurra-t-il d'une voix veloutée,osant discrètement descendre sa main baladeuse pour évaluer plus justement l'ampleur du phénomène déformant le pantalon en toile blanche. Fin tissu moulant qui serait sous peu auréolé d'une ingénieuse et inconvenante tâche s'il n'y prenait garde ! Jouer avec les nerfs sensibilisés à l'extrême du célébrissime héros, devant tout à chacun, était particulièrement jouissif. Harry avait eu tort de titiller la bête ! Car oui, Draco était un soumis dominant.

Au début de leur relation, Harry et Draco partageaient équitablement le rôle d'actif et passif. Du moins la toute première fois. Car rapidement, Draco prit essentiellement goût à être guidé dans cette sulfureuse danse charnelle. Si prendre Harry était intense et jouissif, être possédé par lui était simplement orgasmique. De l'ordre du divin. Ses profonds et vigoureux mouvements de bassin, imprégnés pourtant d'amour intense, l'envoyaient systématiquement flotter aux confins d'une autre galaxie inexplorée. Il n'oublierait jamais son premier abandon. Il en avait littéralement pleuré. Non de souffrance mais de bonheur ! Enfin, quelqu'un prenait véritablement soin de sa petite personne, et l'aimait au-delà des mots insipides que beaucoup servaient sans conviction.

Entre les bras d'Harry, Draco se sentait réellement vénéré et apprécié à sa juste valeur. Alors même s'il dut sévèrement museler son orgueil, qui s'indignait horriblement de sa servilité dérangeante, il ne regretta jamais de se laisser gracieusement ou énergiquement mené par Harry. Un amant qui, lorsqu'il aperçu les larmes coulées librement sur ce beau visage en émois, cru l'avoir douloureusement heurté et cessa instamment tout mouvement. Draco eut sacrément du mal à lui assurer que ce n'était pas une manifestation de souffrance mais de plaisir ultime. Par la suite, Harry se fit un devoir de baiser chaque perle échappée de ses sublimes yeux.

- « Je me mettrai intégralement à nu et me collerai intimement à lui. Ensuite, jusqu'à nous rendre fous, j'y grimperai encore et encore dessus. » lui détailla-t-il l'érotique programme en perspective, au point qu'Harry ne sut se retenir plus longuement et saliva abondamment à cette torride image mentale. Même s'il n'était plus un chaste puceau, il n'était pas à l'abri d'une éjaculation précoce, qui ruinerait misérablement leur plan nocturne.

En désespoir de cause, pour calmer ses bouillonnantes ardeurs, l'ex Gryffondor mordit intensément sa lèvre inférieure jusqu'au sang. Merlin ! S'il ne voulait pas dépérir, ou être victime d'une combustion spontanée, peut-être devrait-il dévalisé le magasin derrière eux afin de se rafraichir avec l'une des gouteuses glaces vendues par l'enseigne Fortarôme ! Innocent projet qui eut le regrettable effet d'enflammer vivement et davantage sa libido, quand il songea à Draco, espiègle tentateur, léchant goulument deux grosses boules aux parfums savamment mixés de caramel et vanille. Le leste et pernicieux petit appendice lingual avait souvent fait des merveilles jadis. Son anus comme son pénis pourraient fiévreusement le jurer !

- « Tu veux ma mort ou quoi ? » bredouilla péniblement le pauvre assiégé, refusant d'écouter son malicieux cerveau s'ingéniant à lui présenter de décadents tableaux de plus en plus sensuels. Draco, lascivement alangui sur un lit de pétales de roses noires, rehaussant merveilleusement son ravissant grain de peau nacrée, les jambes négligemment disposées de façon invitante et suçant allègrement ses fins doigts nappés de crémeuse glace et chantilly, était juste insupportablement et foutrement bandant ! Encore quelques secondes de cette sibylline torture et Harry pleurerait de frustration.

- « Sans oublier ces deux bourgeons, fort bien garnis … que ma gourmande langue léchera … A moins que je ne les tète … » énuméra Draco imperturbable, comme s'il captait les indécentes pensées de son amant tourmenté. Soupirant s'imaginant actuellement et merveilleusement dans le rôle d'une innocente fleur, voracement butinée sans complexe par une vicieuse petite abeille. Et par Merlin, Harry ne la gronderait nullement de laisser divaguer ses soyeuses pattes sur sa frémissante queue !

« Ou les goberai-je, jusqu'à l'explosive floraison ? »bredouilla-t-il à lui-même, incertain du bon choix. Ok, abandonner Harry à pareille détresse sexuelle n'était certes pas très glorieux ni sympathique. Néanmoins, le frustrer de la sorte ne l'en rendrait que plus affamé. Plus déchainé !

« Et, en gentleman bien élevé, je nettoierai ce beau bazar … avec ma légendaire minutie. » Cette nuit, si la météo le permettait, Draco accorderait gracieusement à tous leurs pensionnaires le droit de camper à l'orée de la forêt bordant le manoir. Quitte à les y obliger ! Histoire de s'assurer qu'aucune oreille chaste n'entende, par inadvertance, les milliers de gémissements et autres hurlements d'euphorie envahissant leur Palais des Miracles ! Car, oubliant très facilement de brider leur plaisir, leur sanctuaire serait inlassablement perverti. Livré qu'il serait à un tumulte de magnifiques feulements érotiques mêlés d'encourageantes ovations lubriques.

- « Effectivement ! Mieux vaut rejoindre ma place, maintenant. » déglutit péniblement Harry. Son aine commençait sérieusement à être opprimé sous cette chape de plomb, une toile pourtant si extensible de coutume. C'était dire la taille de son problème ! S'il ne se calmait pas en urgence, assurément allait-il faire fuir les bonnes gens !

« Laisse ton esprit ouvert … » fredonna-t-il joyeusement, lui abandonnant un bref baiser avant de s'élancer vers son stand. Subitement, un plan sacrément diabolique avait surgi dans sa petite caboche embrumée. Désormais, il savait comment obtenir sa revanche de façon exemplaire. Le retour de bâton allait être comique ! Draco allait non pas se lécher les doigts mais se les mordre durement.

« … afin que j'y pénètre facilement. » crut-il bon d'ajouter, secouant aimablement sa main en direction de son fourbe dictateur, tandis qu'il trottinait gaiement. Toute son attention étant verrouillée sur son petit-ami, il percuta maladroitement une mère de famille acariâtre, qui le dévisagea aussitôt d'une expression peu amène.

- « Décidément ! T'es obsédé à vouloir me pénétrer … dans tous les sens ! » s'époumona Draco, pour bien foutre dans la merde le sempiternel héros du Monde Sorcier. La scène suivante était plaisante. Harry, rouge pivoine, s'excusait humblement, se pliant pratiquement en quatre, devant la mégère le grondant férocement. Elle le houspillait comme s'il fut son enfant. Apparemment, elle ne supportait pas la vulgarité ni les sous-entendus grossiers.

- « Tu vas voir ton cul ! » s'égosilla à son tour le récemment sermonné, une fois derrière son étal. Un rictus ourlant ses lèvres, il sembla déléguer, le plus sérieusement du monde, ses affaires aux deux gamins qui l'accompagnaient. Histoire de peaufiner son coup fourré sans être dérangé.

S'installant commodément sur son siège pliable, Harry, les bras croisés, attendit paisiblement quelques instants. Octroyant à Draco la liberté d'accueillir et soulager plus d'acheteurs. Affectueusement, il l'observa se démener consciencieusement dans sa tâche. Puis, jugeant le moment opportun, il s'immisça traitreusement dans la jolie tête blonde. Dumbledore et les autres prestigieux sorciers se retourneraient dans leurs tombes en constatant le frauduleux détournement du don de Legilimancie par le sage survivant ! Avec délectation, Harry fit spontanément surgir un tsunami d'indécentes images, plus lascives et libidineuses les unes que les autres. Instantanément, Draco se figea, présentant dans la foulée un visage écarlate. Bouleversé par ces aveuglants flashs de certains rapports toniques qu'ils avaient partagés autrefois, ou dernièrement d'ailleurs. Dont notamment celui de leur retour après une soirée festive et fort arrosée chez Hermione et Ron.

Rendez-vous où le réservé et maladroit Neville Londubat, devenu bel homme par ailleurs et au leadership indiscutable contre toute attente, avait inexplicablement accosté et accaparé l'ancien préfet des verts et argents. Faut dire qu'en sa qualité de professeur de botanique passionné, celui, qui fut brièvement Auror au début de sa carrière, avait matière à partager avec Draco ! Le rapprochement fut en conséquence tellement aisé. A bien l'observer, le chouchou de Severus Snape avait pris un certain plaisir en sa compagnie. Parfaitement inadmissible, selon Harry ! Foncièrement jaloux du peu d'attention que lui avait dès lors prêté sa moitié durant la réception, le fougueux fauve l'avait, vigoureusement et étroitement, coincé en représailles contre la porte de leur chambre. Puis sans préavis, il s'était jeté sur son cou pour y déposer une excitante morsure, impérissable souvenir ayant perduré des semaines. Acte légèrement sadique qui les étourdit et les enflamma désespérément.

Dès lors, les amants terribles s'abandonnèrent à leurs sauvages pulsions animales, expirant successivement de fervents râles ou lascifs soupirs révélateurs de leur bien-être. Les modestes blessures récoltées durant leurs corps-à-corps musclés ne furent rien de moins que de tangibles preuves de leur flamboyante passion. Des ecchymoses disséminés, ici et là, soulignèrent avec brio l'infernale frénésie de l'accouplement. Des griffures rougeoyantes, essentiellement sur les cuisses ou le dos, attestaient l'envie d'être toujours plus désiré ou gorgé d'amour. Parfois, les colonnes vertébrales furent puissamment cambrées sous l'extase, résistant et ne se brisant pas juste par de prodigieux miracles. Cette nuit de débauche, l'héritier perdit mille fois toute sa hautaine prestance naturelle. Caractère radicalement éradiquée, explosé, tant il fut, vivement et prodigieusement, basculé et bousculé. Diligemment culbuté dans moult positions sur le confortable sofa, puis sur l'inoffensif guéridon accueillant habituellement un magnifique bouquet.

Elégante composition issue de leur florissant jardin et gracieusement offerte par l'une de leurs protégées, secrètement éprise du beau blond, qu'ils avaient adopté voilà plusieurs mois. Les deux sorciers, tous deux sans famille à présent, avaient inauguré une inespérée règle pour les enfants ne trouvant jamais grâce aux yeux des potentiels adoptants. Passés plusieurs échecs, par souci de ne pas traumatiser davantage et indéfiniment les malchanceux laisser pour compte, Harry et Draco les incluaient au sein de leur cercle privé. Certes, tous leurs pensionnaires avaient droit à leur amour et attention, mais ceux-là se voyaient gratifier d'un cadeau inestimable. L'entourage du couple avait vainement tenté de les avertir de pareille folie, si d'aventure le nombre de refoulés venaient à croître déraisonnablement.

D'autant qu'une certaine jalousie, incongrue ou maladive, pouvait surgir à pareil traitement de faveur. Un geste anodin deviendrait alors source de conflit. Quel enfant ne serait pas blessé d'être en attente d'adoption potentielle par des étrangers, quand ses compagnons se voyaient indélébilement inscrits sur le livret familial ? Or, les deux entêtés persistèrent. Sans remord, ni regret. Ils prirent extrêmement soin, cependant, d'expliquer qu'il n'y aurait jamais de régime de faveur ou préférence déplacée. C'était juste l'ultime sauvetage pour soulager les plus démunis et malchanceux. De toute façon, si un jour les enfants venaient à dénicher famille plus adaptée que la leur, ils seraient assurément ravis de les laisser s'envoler loin du nid. Même si ça leur causerait immanquablement une peine immense.

- « Ces souvenirs sont plaisants, n'est-ce pas ? Pourtant, je te réserve plus d'émotions fortes et de vertigineuses acrobaties. » fanfaronna Harry en lui distillant une série de clichés graveuleusement suggestifs, obscènes, tendant à éprouver l'endurance ainsi que la souplesse de son bienaimé chéri. Certaines figures grivoises étant dignes des plus éminents contorsionnistes !

Durant les prochaines heures, Draco allait être rendu à fleur de peau. Son redoutable et fringuant mercenaire de l'amour, en pleine fleur de l'âge, solliciterait constamment et délicieusement son corps diaboliquement échauffé. Ou brimerait, soigneusement, ses reins quémandeurs pour le frustrer suffisamment. Lui refusant d'emblée toute libération prématurée. Enfin, dans son immense mansuétude, le magnanime pourfendeur de dragons lui accorderait une salvatrice délivrance. La fleur au fusil, le royal lion rugissant labourerait profondément son mémorable cul. D'une manière savamment percutante, jusqu'à ce qu'il fut en proie à une sensibilité émotionnelle exacerbée le laissant médusé. Ébahi. Pleinement radieux et comblé. De sa vie, Harry n'avait jamais été avare. Il donnait et se donnait sans compter. Et aujourd'hui ne ferait pas exception. Draco n'aurait réellement aucune objection à voir la vie en rose … ni nulle raison d'ailleurs à l'envoyer sur les roses !

- « Ok, mon aphrodisiaque Arum ! Je vais te faire une fleur … » s'amusa effrontément Draco face à l'attaque sournoise. Instantanément, offrit-il un défi de taille à son fougueux étalon par l'intermédiaire d'un discret Cymbidium, qu'il fit transplaner jusqu'à lui. De toute façon, son stock épuisé, il ne perdrait rien à se divertir autrement à présent.

Puisqu'Harry n'était désormais plus novice en matière de langage floral, il devina aisément le malicieux sous-entendu. Son compagnon lui intimait, sans mot dire, de l'inviter à un plaisant et créatif voyage. Un trip pouvant tout aussi bien être un vertigineux raid ou une ascensionnelle exploration. En somme, une enivrante et exaltante tournée, délicieusement gorgée d'une masculinité un brin sauvage et musquée, éveillant simultanément les sens et la libido. D'ailleurs, Harry, en bon petit soldat discipliné, respecterait sans faute le « emmène-moi ! » évoqué. Pour toute réponse, il se contenta d'offrir à son tour quelques brins de muguet, accompagnés d'une précieuse orchidée et d'une flamboyante rose rouge. Savant petit bouquet témoignant combien il profiterait des plaisirs de la vie, aussi bien des feux passionnés de l'amour que de l'intense luxure, avec tout le bonheur du monde.

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********** Fin **********

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Blablamiaou : Tout comme Harry et Draco, je ne fais pas l'aumône. Mais, je prends avec plaisir toutes les généreuses gratifications, qui allumeront assurément un brin de soleil dans le cœur. D'avance, merci aux bienveillants et charitables donateurs. … Et si les oboles fleurissent, et surtout si la grâce me touche !, peut-être serai-je inspirée pour cultiver une ficounette basée sur le langage des fleurs. Chat intéresserait quelqu'un ? ^^

Bon 1er Mai et à toutou bientôt !