7. Nous


Jack ne s'en était pas rendu compte immédiatement. Cela n'avait pas été instantané, comme on pouvait le voir dans ces stupides comédies romantiques que Gwen adorait. Cela avait été long, et compliqué, ardu et difficile.

Devenir un véritable couple ne s'improvisait pas.

Certains signes ne mentaient pas, cependant.

Oh, il y avait les classiques : les rendez-vous incognitos au fond d'un couloir, et les baisers volés au détour d'une mission. Les longues heures passées dans les archives ou le bureau de Jack à s'embrasser, et plus si affinités. Les rendez-vous (malheureusement souvent interrompus) au restaurant, et les ballades autour du port, que Jack prétendait détester, mais adorait secrètement. Les repas partagés ensemble, chez Ianto, toujours chez Ianto, la vaisselle lavée côte à côte, et les films d'espionnage regardés ensemble tard le soir, roulés en boule l'un contre l'autre.

Il y avait tout cela, et tellement plus.

Les confidences partagées au détour d'un café, tard le soir, après une mission particulièrement compliquée. Les moments de silence, et la main de Jack venant caresser la sienne. Les danses improvisées, et ces séances stupides en boite de nuit, que Ianto supportait, parce qu'elles feraient sourire Jack, tu es jeune, Ianto, tu dois vivre, danser, t'amuser ! Et il s'amusait, c'était bien vrai, Jack à ses côtés, bien plus qu'il n'aurait pu le penser, bien plus qu'il ne se serait autrefois autorisé.

Il y avait plus, bien sûr.

Ces moments de terreur, lorsque l'un était en danger, et que le cœur de l'autre battait à toute allure, fureur et adrénaline faisant bruler ses sens. Le soulagement, lorsqu'ils se retrouvaient, et la colère, si l'autre était blessé.

(Merde, Jack !)

(Je ne peux pas te laisser sur le terrain si tu n'es pas davantage prudent, Ianto !)

Et puis ces autres moments, sur lesquels tout le monde les taquinerait, mais dont jamais ils ne parleraient.

Pas aux autres, en tout cas.

Entre eux.. Hé bien, c'était une autre histoire.


La main de Jack s'enfonça un peu plus fort dans celle de son compagnon, leurs doigts se contractant. Son souffle se fit un peu plus rauque, son ventre se contractant sous le plaisir et l'effort.

Contre lui, Ianto gémit, ses yeux fermés.

Jack inspira, avant de pousser une nouvelle fois. Le corps du Gallois s'arquebouta, un long gémissement de plaisir quittant ses lèvres.

-Jack.. Jack..

-Ianto, souffla-t-il.

-Jack..

Lent, et passionné. Tendre, et doux. Fort, et puissant. Vite, et furieux. Ils les avaient tous faits. Ils les symbolisaient, chacun d'entre eux.

Eux.

Nous.

Jack, et Ianto.

Nous. Nous.

Depuis combien de temps étaient-ils devenus un « nous » ?

-Jack.. Jack.. Les doigts du Gallois se déplacèrent dans son dos, ses ongles s'y enfonçant. Plus fort..

Le capitaine l'embrassa passionnément, ses doigts caressant ses joues rougies par le plaisir.

-Autant que tu le souhaites, Cariad, souffla-t-il.