Abed n'était pas quelqu'un de peureux, mais sa plus grande frayeur il ne l'avait découverte que récemment. Ce qu'il redoutait le plus, était que Genesis finisse par le quitter, et qu'elle emporte les enfants avec elle. Car Abed était fou amoureux de sa femme, même si il n'arrivait pas toujours à le montrer, et il aurait pu donner sa vie pour ses enfants. Alors si ils partaient, le jeune homme savait qu'il ne pourrait pas survivre. Jamais il n'aurait pu imaginer aimer quelqu'un à ce point, mais Genesis et leurs enfants étaient devenus son oxygène, ils étaient son inspiration constante, la raison qui le poussait à se surpasser chaque jour. Abed soupira et se retourna dans le lit, et Genesis se blottit contre lui, caressant son torse, lançant d'une voix endormie :
-Je ne te quitterai jamais, et je ne t'empêcherai jamais de voir les enfants.
Abed fronça les sourcils, et sa femme ouvrit les yeux, souriant légèrement :
-Je te sens tout tendu à cause du stress, et je sais à quoi tu penses. Nous perdre est ta plus grande frayeur, et je le sais car j'ai la même. Je ne pourrai pas vivre sans toi, ni sans eux. Vous êtes toute ma vie.
Le réalisateur sourit et appuya son front contre celui de sa belle, fermant les yeux :
-Je sais que j'ai du mal à le montrer, mais je t'aime vraiment Genesis.
-Je le sais, je t'aime aussi Abed. Et crois-moi, tu crois que tu ne sais pas le montrer, mais moi je le vois. Dans chacune de tes attitudes, dans tes paroles, tes regards, à travers tes films... franchement, je ne me sens jamais aussi belle que quand tu me regardes et que quand je suis dans tes films ! Et le fait que tu m'aies prise comme muse est déjà une immense preuve d'amour en soi. Le fait que tu m'aies demandée en mariage, que l'ont ait des enfants, alors que tu n'étais même pas intéressé par le fait d'avoir une petite-amie, alors tout le reste encore moins ! Pourtant tu es là, dans ce lit avec moi, à t'inquiéter à l'idée de me perdre. Mais je te jure que la phrase du prêtre à notre mariage était vraie « jusqu'à ce que la mort nous sépare », car je ne compte pas partir avant.
Abed sourit, mais ses yeux étaient remplis de larmes. Seule Genesis le comprenait vraiment et savait quoi dire pour le rassurer et pour le faire se sentir mieux. Il resserra ses bras autour d'elle et embrassa le haut de son crâne :
-Tu es mon exception, jamais je n'aurais épousé quelqu'un d'autre, et je n'aurais jamais eu d'enfants, je le sais. Tu m'as fait découvrir l'amour et la vie, et c'est pour ça que j'ai si peur que tu me quittes un jour.
-Je comprends, mais n'aies pas peur, Abed Nadir, tu m'auras sur les bras jusqu'à mon dernier souffle !
Le jeune homme sourit et ne tarda pas à s'endormir, rassuré par les paroles de sa femme. Il était aussi soulagé d'entendre qu'elle partageait la même frayeur, car ça voulait dire qu'elle l'aimait autant que lui-même l'aimait. Ensemble ils formaient un tout, une seule et même personne. Avec elle, Abed était enfin totalement lui-même et savait qu'il ne serait pas jugé, qu'il n'avait pas à avoir honte d'avoir toujours des références de films ou de séries à placer dans les conversations. Et ce qu'il aimait, c'était partager cette passion audiovisuelle avec ses enfants.
Naya et Danny de leur côté étaient ravis de pouvoir apprendre cet univers avec leur père. Ils aimaient qu'il leur raconte des histoires et qu'il leur réalise régulièrement de petits films et de petits dessins animés rien que pour eux.
Car pendant un temps, Abed avait eu peur que ses enfants ne l'aime pas car il était bizarre, mais il était rassuré de constater qu'il s'était trompé. Ses deux enfants semblaient lui vouer un véritable culte, et il aimait beaucoup les aider à apprendre un peu plus chaque jour et à devenir de futures bonnes personnes. Et qui sait, peut-être qu'avec Genesis ils venaient d'entamer une dynastie de futurs artistes !
