15. Frayeur


Entre le 1x07 et 1x12, fin du triptyque commencé dans le chapitre 13


- C.. Capitaine.. Capitaine..

Ianto gémit, se roulant en boule sur le sol. Son corps le brulait, la douleur si forte qu'il pouvait à peine respirer. Sa tête tournait, et il pouvait sentir le sang couler le long de son visage.

Face à lui, Jack le dévisageait, son expression plus froide que Ianto ne l'avait jamais vue. Il pouvait sentir sa terreur augmenter de seconde en seconde, en même temps que la sensation d'une chape de fer se refermant sur lui.

Un son terrifié lui échappa lorsque le capitaine se rapprocha, le son de ses bottes résonnant sur le béton froid.

-Traitre, murmura-t-il, sa voix froide et distante.

-Je .. Non.. Jack.. Jack..

D'un geste calme, celui-ci sortit son Webley, avant de le porter à ses yeux. Sous le regard horrifié de Ianto, il en vérifia le bon fonctionnement, avant d'enlever la sécurité.

-J'aurai dû te tuer en même temps que ton horreur de métal. Ah. Il est toujours temps de rattraper ses erreurs.

-Non ! Jack !

Celui-ci pointa son arme vers lui, son regard froid. Ianto leva les mains, terrifié.

-C… Capitaine..

-Au revoir, Ianto, répondit calmement celui-ci.

-Non ! Non !


- Noooon !

Ianto lâcha un cri strident, son corps s'arqueboutant en même temps qu'il se redressait, prêt au combat. Un hoquet lui échappa, avant qu'il ne se penche sur le côté du lit, haletant désespérément. Dans un coin de son esprit, il pouvait entendre quelqu'un l'appeler, une main familière caressant son dos.

Le jeune homme s'agrippa aux draps, repoussant désespérément un sanglot. Il ferma les yeux, tentant sans succès de chasser sa terreur. Derrière lui, Jack se rapprocha, caressant ses cheveux.

-Ianto ? Ianto, tout va bien, tout va bien..

-Je .. Je..

Jack.

Un nouveau cri lui échappa, avant qu'il ne s'éloigne instinctivement. Baissant la tête, il enroula ses bras autour de ses genoux, se roulant en boule. Jack fronça un peu plus les sourcils, inquiet. Loin d'essayer de se rapprocher, cependant, il demeura immobile, l'analysant du regard. Lorsque Ianto demeura silencieux, le capitaine tendit lentement la main, la posant sur son bras.

-Ianto ? Un sanglot échappa à celui-ci. Ianto, parle-moi.

-Tu .. tu.. Ianto inspira profondément, sa respiration tremblante. Juste un mauvais rêve, murmura-t-il finalement.

-Non, vraiment, Sherlock. Jack fronça les sourcils. Tu veux en parler ?

Ianto secoua la tête, son menton toujours posé sur ses genoux. Son regard demeurait fuyant, son corps tendu à l'extrême. Jack fronça un peu plus les sourcils, mais demeura silencieux. Après quelques minutes, Ianto se redressa légèrement, sa respiration de nouveau sous contrôle. Il regarda autour de lui, semblant reconnaitre le bunker de Jack où ils étaient tous deux tombés endormis. Une vague de honte le saisit, et il ferma les yeux, ses mains se crispant.

-Tu .. Tu voulais..

Il ne termina pas sa phrase, mais Jack n'en avait pas besoin. Les nuits de Ianto avaient été agitées avant même la débâcle avec Lisa, et n'étaient allées qu'en s'empirant depuis.

S'il avait été présent dans le cauchemar de Ianto, alors il était probable que ce n'était pas pour le soutenir.

Jack se mordit la lèvre, hésitant, avant de se rapprocher. La respiration du plus jeune se fit hachée, mais il le laissa le prendre dans ses bras, le serrant contre lui.

-Je te veux toi, maintenant, murmura le capitaine, en caressant ses cheveux. Quoique tu ais vu, ce n'était pas réel, Ianto.

Celui-ci ne répondit pas, sa respiration saccadée. Il ferma les yeux, le souvenir d'un canon en métal pressé contre sa tempe se mêlant à l'expression haineuse du Jack de son rêve.

Je n'en suis pas si sûr, pensa-t-il.

Comme s'il pouvait deviner ses pensées, la main de Jack se crispa dans ses cheveux, avant que l'immortel ne le serre plus fort contre lui.

-Regarde-moi, murmura-t-il, la gorge sèche. Regarde-moi. Je suis là, Ianto, ici et maintenant. Pas dans un cauchemar, pas en bas.. Je suis là, et je.. je t'ai pardonné, souffla-t-il, sa voix se brisant. Je t'ai pardonné, I..Ianto..

Celui-ci ferma les yeux, une larme coulant sur sa joue. Jack se rallongea, l'entrainant gentiment avec lui. Ianto s'agrippa à lui, inspirant désespérément son odeur.

-Je te pardonne, Ianto, répéta le capitaine, en le serrant contre lui.

Je te pardonne.