23. Nature (suite chapitre 2)


Ianto prit une profonde inspiration, avant qu'un large sourire n'éclaire son visage.

Derrière lui, Jack sentit le sien s'élargir.

-C'est magnifique, souffla le jeune homme.

Jack lui lança un regard appréciateur.

-La vue est splendide, confirma-t-il en souriant.

-Jack ! s'exclama son compagnon, ses joues rouges. Tu es incorrigible !

-Et c'est ce que tu aimes, murmura l'immortel en le prenant dans ses bras. Regarde ça. Tu n'aurais jamais vu un tel spectacle en restant à Cardiff.

Ianto lia ses bras aux siens, un sourire aux lèvres.

Les idées de Jack étaient souvent biscornues, mais il devait admettre que celle-ci avait été brillante.

Face à lui, les collines de l'Ecosse s'étalaient à perte de vue.

Ianto n'était pas un fan de la campagne, et il n'était certainement pas un fan de la campagne galloise. Mais même lui ne pouvait retenir une certaine émotion face à la beauté de la nature lui faisant face.

L'Ecosse l'avait toujours fasciné.

Peut-être était-ce son climat humide, ou bien les « glens », ces anciennes longues vallées glaciaires où s'étendaient aujourd'hui pâturages verdoyants, landes tapissées de bruyères mauves, et lacs aux eaux scintillantes. Ses forêts extraordinaires, et ses plaines à perte de vue. Ou bien ses centaines de petites iles, perdues en pleine mer.

Toujours était-il que Ianto sentait venir l'appel de la nature.

Le Gallois inspira profondément, emplissant ses poumons de grandes bouffées d'air frais.

Derrière lui, Jack l'imita, avant de grogner de plaisir.

-Aaaaaaaaah ! Sens ça ! Cet air pur et conservé ! Rien à voir avec l'horreur viciée de la ville.. Je ne sais pas comment vous faites pour le supporter, grommela-t-il avant de soupirer et poser son menton sur son épaule. Regarde ça. N'est-ce pas magnifique ? Je pourrais vivre ici, murmura-t-il.

Ianto renifla.

-Tu t'ennuierais vite. Aucun alien à poursuivre. Juste quelques fantômes.

-Je n'en suis pas si certain.. Et j'aurai toujours tout cela à explorer, sourit le capitaine, en fixant ravi les paysages l'entourant. C'est tellement beau, souffla-t-il, et il semblait si heureux, presque enfantin, que Ianto sentit un nouveau sourire étirer son visage.

-Un vrai bouquetin, le taquina-t-il.

Jack lui adressa un sourire grivois, avant de caresser son bras.

-J'adore escalader des pentes ardues, confirma-t-il, ses yeux pétillants.

-Seigneur, et il n'a même pas honte, marmonna le Gallois, avant de le repousser. Des paroles, des paroles.. Je veux des actes, capitaine ! s'exclama-t-il avant de reprendre leur randonnée d'un pas vif.

-Ooooh, c'est un défi ? s'exclama celui-ci en le suivant à grands pas. Parce que je..

-Jack.

-Je..

-Silence.

Le capitaine rit, avant de le rejoindre.

-Nous ne sommes pas loin d'un lac. On pourra s'y arrêter pour pique-niquer, expliqua-t-il. On tournera à l'ouest, en direction de ce château, ajouta-t-il en pointant du doigt une construction antique à plusieurs dizaines de kilomètres. Deux bonnes heures de marche, et on arrivera au gite.

Ianto lui lança un regard curieux.

-Tu connais ce coin, comprit-il.

Le sourire de Jack s'agrandit, mais il demeura silencieux, avant d'accélérer le pas. Ianto le suivit précipitamment, grognant quand il manqua de glisser.

-Jack ! Attend-moi ! Maudit bouquetin, pesta-t-il lorsque le capitaine descendit gaiement le chemin. Jack !

-Silence, Ianto, répliqua l'immortel, un sourire narquois aux lèvres.


Deux heures plus tard, Ianto était prêt à crier au meurtre. Ses pieds hurlaient de douleur, et son dos rendait l'âme.

Autant pour tout l'exercice physique fourni par Torchwood, pensa-t-il en se laissant tomber sur une pierre plate, avant de regarder Jack s'activer gaiement autour de lui.

Cet homme est né dans la nature, pensa-t-il, en même temps que le capitaine sortait avec enthousiasme le repas de leur panier. La nature, et un lac. Ou la mer. Ce n'est pas possible d'être aussi enthousiaste à propos d'un lac. Il est magnifique, mais tout de même.

-… pêche.. Je suis sûr que je nous ramènerai du poisson..

Ianto sortit brutalement de ses pensées.

-Tu veux pêcher ? s'étouffa-t-il.

Jack lui lança un regard hautain.

-Tu n'as pas confiance en mes capacités ? Je pêchais que tu n'étais pas encore né, jeune vaurien, répliqua-t-il en le menaçant d'un morceau de bois.

Ianto ne put se retenir. Il éclata de rire, avant de se laisser tomber en arrière sur l'herbe.

-Fais ce que tu veux, tant que tu me ramènes à manger. Je suis affamé.

-Hum .. Je comblerai votre faim, Monsieur Jones, murmura le capitaine en se penchant par-dessus lui, avant de caresser ses lèvres des siennes.

-Je n'en doute pas, souffla le jeune homme en glissant sa main dans ses cheveux, les caressant gentiment.

-Hum, murmura Jack en prenant son visage entre ses mains, avant de l'embrasser profondément.

-Jack.. Jack, soupira son compagnon avant de l'attirer à lui.

Le capitaine sourit, le recouvrant. Ianto ferma les yeux, s'abandonnant à lui.

Ils étaient venus en Ecosse pour prendre un nouveau départ dans leur relation, du moins, c'est que Jack avait eu en tête lorsqu'il avait offert ces billets à Ianto.

Certaines choses, cependant, ne changeaient pas.

Leur attirance mutuelle était toujours présente, et semblait même augmentée par le contexte de leur voyage.

Et peut-être, était-ce bien ainsi.

Peut-être, ce voyage leur ouvrirait-il en effet de nouvelles portes.

Peut-être, était-il le prélude nécessaire au changement de nature de leur relation.