Petit mot de l'auteure : un peu plus long aujourd'hui !


Jour 3 : Nouveau

Contexte : pré canon


Sirius était devant le portrait de la Grosse Dame depuis dix bonnes minutes quand Remus le rejoignit.

- Et bien ? Tu as oublié le mot de passe ? Ou tu en inventes de nouveaux ?

Le ton de son ami avait été taquin ; Sirius aurait ainsi dû rentrer dans le jeu et balancer toutes les combinaisons les plus farfelues à la Grosse Dame. Lui faire perdre patience était l'un de ses passe-temps favori. Ce soir-là, toutefois, il n'était pas vraiment d'humeur.

- Vous m'avez organisé une fête surprise, se contenta-t-il de répondre.

- Tu sais bien que je ne peux pas répondre à cette question. Cela ne serait pas vraiment une surprise. Mais... si c'était le cas, tu n'en serais pas heureux ?

Le ton soucieux dans la voix de Remus le poussa à mentir.

- Si, bien sûr que si.

Malheureusement pour lui, Remus était Remus : il le connaissait trop bien.

- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que tu ne me dit pas la vérité ?

- Parce que... je ne veux pas fêter mon anniversaire, souffla-t-il.

- C'est... nouveau, ça.

Sirius ne pouvait que comprendre l'étonnement de Remus. Il avait toujours adoré les anniversaires ; du moins, ceux qu'il avait passé à Poudlard. Dans la maison de son enfance, ces journées prenaient trop vite des allures de réceptions officielles destinées à l'introduire dans le beau monde plutôt qu'à une véritable célébration. Avec les Maraudeurs, tout avait été différent. Peter lui offrait toujours un cadeau horrible mais fait main qui ne manquait jamais de l'attendrir, Remus soudoyait les elfes pour qu'ils préparent son repas préféré et James organisait la plus grande farce de l'année. Au fil du temps, Sirius n'attendait rien d'autre que le 3 novembre. Mais cette année, tout était différent.

- J'ai 17 ans, Remus.

- Mince, je n'ai commandé que 13 bougies. Il va falloir tout annuler, répondit son ami, pince sans rire.

- Je suis majeur, maintenant, insista Sirius. Et je... je prétends toujours me soucier de rien, mais c'est faux. J'entends les rumeurs, les bruits qui courent. Je vois la haine qui monte, la violence ordinaire apparaître et des clans se former. Tu es intelligent, Remus. Tu sais ce que ça veut dire.

- Une nouvelle guerre se prépare...

- Exactement. On nous avait promis que l'âge adulte serait celui de tous les possibles. La liberté totale ! Celle de choisir notre métier, de gagner notre argent, d'aller boire et danser jusqu'à l'aurore sans que personne ne puisse rien nous reprocher. Et maintenant que je suis enfin adulte, la seule liberté qui me reste, c'est de devoir choisir un clan dans une guerre qui me dépasse. Alors je ne peux pas m'empêcher de me dire... tout ça pour ça, vraiment ?

Pendant un long moment, le silence fut l'unique réponse à sa question désespérée. Sirius n'en tint pas rigueur à Remus. Il savait que lui aussi été en proie aux mêmes angoisses que lui, si ce n'était plus – tous deux étaient terriblement jeunes et pourtant déjà trop vieux pour faire semblant de ne pas avoir entendu les discours anti-loups. Finalement, comme toujours, Remus eu la meilleure des réponses : il prit sa main et la serra si fortement que Sirius fut convaincu qu'il ne la lâcherait plus jamais.

- Tu resteras mon clan, quoi qu'il arrive, conclut Remus.

- Et toi le mien.

Ce fut en s'accrochant à ces mots que Sirius parvint à franchir la porte de la salle commune.