Petit mot de l'auteure : je vais voir mes grands-parents cet aprem !
Jour 8 : Masque
Contexte : tome 1 (Palais de Glace)
Kaz n'avait jamais trouvé Inej jolie. Non pas qu'elle ne l'était pas ; il ne s'était simplement jamais posé cette question. Il fallait dire qu'entre les rivalités de gang, sa vengeance à prendre contre Pekka et sa survie à assurer chaque jour, il n'avait pas vraiment le temps de se perdre dans des considérations aussi terre à terre que la simple admiration d'une partenaire de crimes. De plus, le physique des autres lui importait peu. La seule chose qu'il regardait chez quelqu'un, c'était ses aptitudes. Inej était capable d'assommer cinq hommes sans un bruit ? C'était tout ce qui comptait.
Donc non, Kaz n'avait jamais pensé à la beauté de Inej.
Pourtant, quand elle surgit devant lui dans la salle de réception, il ne put que retenir son souffle. Inej portait une longue robe verte, fendue au niveau de la cuisse, laissant deviner une longue jambe ciselée. Sa fine taille était soulignée par un ruban émeraude, sa poitrine subtilement mise en avant par un décolleté et ses bras... ses bras étaient magnifiques. Kaz ne les avait jamais vu, Inej les dissimulant toujours sous une couche d'un tissu destiné à la protéger et à abriter ses lames. Aujourd'hui, toutefois, elle avait dû les laisser nus, lui offrant la vision parfaite de cette orfèvrerie travaillée à coup d'escalade et de combats.
Durant un instant terrible, Kaz en oublia le plan. Face à tant de beauté, le Palais de Glace, Van Eck et tous les kruge du monde n'avaient plus aucune importance. Il eu l'impression que s'il pouvait ne serait-ce qu'effleurer ces bras, il pourrait oublier tous les fantômes du monde.
Puis, lentement, son regard continua de monter et tout s'envola alors.
Inej portait un masque.
Un masque de lynx, comme celui que Tante Heleen la forçait à porter à La Ménagerie. Kaz ressentit alors un profond dégoût envers lui-même alors qu'il se rappelait pourquoi ils étaient là. Inej n'était pas à vendre. Et pourtant, elle avait dû suivre son ancienne geôlière et prétendre être ravie de se retrouver sous les feux des projecteurs. Elle avait dû enfiler cette tenue qu'elle jugeait sûrement grotesque, pour offrir aux yeux lubriques des hommes la vue de son corps, pour mieux les séduire. Ce soir, si tout ce passait bien, elle aurait la chance de s'arrêter à cette étape pourtant déjà éprouvante. Mais Kaz ne doutait pas un seul instant que vêtir de nouveau ces soies lui rappelait ces nuits où elle ne s'habillait que pour mieux se trouver nue et impuissante.
Il détourna alors les yeux brusquement, ordonnant à son esprit d'effacer cette vision d'Inej.
Pourtant, il savait au fond de lui-même qu'il n'y parviendrait jamais.
