Petit mot de l'auteure : je lis Orgeuil et préjugés
Jour 10 : Juste une nuit
Contexte : UA fin tome 2
Sa mère avait toujours dit à Kaz qu'au moment de mourir, les hommes voyaient leur vie défiler devant leurs yeux. Quand il avait demandé pourquoi, elle lui avait répondu que les dieux en avaient décidé ainsi pour permettre aux âmes en détresse de s'endormir avec l'image rassurante de leurs proches. De ne pas partir seul, en somme. Pour ne pas contrarier sa mère, il avait fait semblant de comprendre ce qu'elle voulait dire par là, mais n'avait pas vraiment cru ce qu'elle racontait. Comment l'aurait-il pu, par ailleurs ? La mort était un concept bien encore vague pour son jeune esprit.
Aujourd'hui, Kaz est bien forcé de reconnaître que sa mère avait raison.
Il ne sent pas la douleur de la balle qui le traverse. Il n'entend pas les provocations satisfaites de Pekka.
Il revoit juste les doux moments de son passé.
Sa mère, son père, Jordie. Les journées à la ferme, les nuits à s'inventer des histoires. Il revoit aussi sa première rencontre avec Jesper, ré-entend les blagues de Nina, s'attendrit de nouveau devant Wylan, remercie Matthias de lui avoir sauvé la vie.
Tous ces souvenirs lui font du bien.
Mais il y a un en particulier qui vient et qui finit par s'imposer : cette nuit où Inej a rit pour la première fois devant lui. C'était une fin de mission comme les autres, une nuit ordinaire et sans grand intérêt, et pourtant.
C'est cette image qui lui offre le plus de réconfort.
Et, quand le voile noir s'abat sur lui, il songe que sa mère avait finalement raison.
Avec le rire d'Inej en tête, il n'est pas seul.
