Petit mot de l'auteure : je lis Pour l'honneur des Rochambelles et c'est chouette
Jour 14 : Chemin
Contexte : Post canon
Kaz ne savait pas très bien à quoi s'attendre en montant sur Le Spectre.
Certes, il connaissait bien le bateau ; c'était après tout lui qui l'avait racheté. Avant de l'acquérir, il l'avait inspecté de fond en comble, pour s'assurer de sa robustesse et de son bon état. Néanmoins, les choses étaient différentes depuis son achat.
Aujourd'hui, il était à Inej.
Comment l'avait-elle aménagé ? Il redoutait de le découvrir, de se rendre compte qu'elle y avait plus facilement prit ses aises que durant toutes ses années à Ketterdam. Il savait qu'il ne devait pas penser ainsi. Le chemin de Inej avait toujours été sur la mer, pas dans cette ville pleine de vices et dans laquelle elle n'avait jamais voulu vivre. Mais si sa raison tâchait de se raisonner, son cœur, lui espérait découvrir un indice, même infime, qui lui montrerait qu'elle n'avait pas complètement oublié sa vie avec eux. Avec lui, rectifia cette insupportable part de son inconscient qui portait le désagréable nom d' « amour ».
Il trouva une réponse à ses questions en suivant Inej jusqu'à son bureau. La visite du bateau ne lui avait rien montré de spécial mais, sur la lourde table en chêne qui trônait dans la pièce, se trouvait une tasse.
Ou, plus précisément, la anse d'une tasse.
Kaz lui avait offert un kit de vaisselle le jour de son arrivée chez les Dregs. Procédure normale d'acceuil, avait-il expliqué à Inej. En réalité, il était allé lui acheter quelques affaires exprès, se doutant bien qu'elle ne devait rien posséder chez Tante Heleen. Ne sachant quoi offrir à une jeune femme traumatisée, il s'était rabattu sur une assiette, trois couverts et une tasse, songeant qu'un cadeau utile ne pouvait faire de mal. Des mois après, Inej avait cassé la tasse. Son affolement à l'idée de devoir rembourser Per Heskell avait été tel qu'il lui avait avoué la vérité. Elle l'avait longuement regardé, avant de sourire.
- Je la garderais toute ma vie.
Aujourd'hui, l'anse était toujours là.
Aucun des deux ne dit quelque chose, mais ils n'en n'eurent pas besoin.
Leurs sourires avaient parlé pour eux.
