Petit mot de l'auteure : j'ai trop mangé de Nutella


Jour 16 : Oiseau

Contexte : Tome 5


- Je suis Sirius Black, bordel ! Un Maraudeur, un fidèle bras de l'Ordre du Phénix ! Pas un vulgaire petit gamin incapable de prendre soin de lui !

Ce discours, Sirius l'avait déjà prononcé une bonne centaine de fois depuis que Remus l'avait rejoint. Comme à chaque fois, il tâcha de le raisonner.

- C'est pour ta protection, Sirius...

Malheureusement, comme à chaque fois, la tentative fut sans effet.

- Mais je me fiche de ma protection ! Voldemort est en train de gagner du terrain. Nous devrions tous tout faire ce qui est en notre pouvoir pour l'arrêter. Je suis un membre de l'équipe. Je peux aider ! Je sais que je peux faire du bon travail !

- Tous les aurors du pays sont à ta recherche, lui rappela Remus. Tu ne pourras aider personne si tu retournes à Azkaban.

- Azkaban ou ici, c'est du pareil au même...

Sirius avait toujours été légèrement dramatique. Cette fois-ci, cependant, Remus ne chercha pas à le contredire. Si le Square Grimmaud était certes plus grand et plus agréable qu'une cellule, il n'en demeurait pas moins une deuxième prison pour Sirius. Celui-ci était en effet piégé dans les pièces de la demeure comme un oiseau en cage. Remus comprenait donc sa peine. Il venait à peine de quitter Azkaban et se retrouvait de nouveau enfermé... Quand il y songeait, cette situation lui faisait peur. Il savait que Sirius n'avait jamais été fait pour l'inaction ; sa force provenait justement de son hyperactivité et de sa capacité à foncer dans le tas. Il avait peur que, forcé à rester cloîtré ainsi, il ne décide de mettre un jour le pied au plancher et fasse quelque chose d'inconsidéré. Mais quel autre choix avaient-ils ? Sirius refusait de quitter l'Angleterre pour être proche de Harry, ce que Remus comprenait parfaitement bien. Son respect de cette décision ne changeait toutefois rien au problème : tant qu'il était sur le sol anglais, Sirius n'était pas en sécurité ailleurs qu'au Square. La situation était donc bloquée...

Sans trop d'autres arguments pour le forcer à se calmer, il se risqua à dire :

- Au moins, ici, on peut être ensemble...

La phrase sembla fonctionner puisque Sirius se radoucit.

- C'est vrai, sourit-il. Mais n'empêche... Je déteste tellement cet endroit.

Là encore, Remus ne pouvait vraiment pas lui en tenir rigueur. Entre le portrait crieur de sa mère, la vieille tapisserie de famille raciste et les centaines de bibelots tous plus dangereux et haineux les uns que les autres... il comprenait aisément son malaise.

- C'est vrai que tes souvenirs ici ne sont pas très bon, murmura-t-il. Mais... peut-être pourrions-nous en créer de nouveaux ?

Il avait prit sa plus belle voix aguicheuse, celle qui ne manquait jamais de rendre fou Sirius. Cela ne manqua pas ; il se jeta sur lui et le plaqua contre un meuble. Sous le coup de l'impact, un vase posé en équilibre précaire dessus se brisa au sol.

- Oh, zut, c'est cassé, se désola ironiquement Sirius.

- Allons détruire tous les bibelots horribles de ta famille horrible, souffla Remus entre deux baisers.

Il savait au fond de lui-même que cette idée ne résoudrait pas le problème d'emprisonnement de Sirius ; mais si le seul soutient qu'il pouvait lui apporter était de l'arracher à sa monotonie quelques heures, alors il était plus que ravi de donner son corps à la cause.