Petit mot de l'auteure : c'est le deuxième texte que j'ai écrit


Jour 19 : Reste avec moi

Contexte : Saison 1


Le Mur des Noms était un édifice sinistre. Les habitants avaient essayé de l'habiller de fleurs, mais rien ne pouvait cacher la morosité du lieu. En même temps, il aurait été difficile d'en être autrement. C'était là qu'était inscrit le nom de tous ceux qui étaient morts en tentant la traversée du Fold.

La trouver sur l'esplanade du monument ne l'étonna donc pas vraiment. En revanche, ce constat l'agaça fortement ; avait-elle oublié qu'ils étaient en mission ? N'entendait-elle pas le tic tac de l'horloge qui leur rappelait que leur temps était compté ? Était-elle réellement prête à tout faire rater pour parcourir des yeux des milliers de noms ? Son inconscience le rendait furieux. Il s'approcha donc de l'esplanade, bien décidé à lui reprocher son égarement.

Pourtant, quand il arriva à son niveau, sa gorge se noua. Il ne pouvait en effet pas faire comme s'il n'avait pas remarqué les yeux rouges de Inej, fixés sur un point sur le mur. C'était mauvais signe.

Ne sachant réellement que dire, il se contenta de suivre le regard de Inej.

Sur le mur était gravé deux noms.

Adriel Ghafa

Shayli Ghafa

Kaz n'avait pas besoin de l'interroger pour comprendre. Les Ghafa étaient des sulis ; ils auraient donc dû se tenir loin du Fold. Et pourtant ils étaient morts en le traversant. Sûrement avaient-ils dû s'y aventurer pour tenter de gagner la vraie mer et retrouver ainsi leur fille. À la tristesse de Inej devait donc s'ajouter la culpabilité de les avoir, les saints savaient combien, bien malgré elle entraîné dans leur perte.

- Je... Je peux te laisser seule quelques instants, si tu veux, finit-il par proposer. Pour... dire au-revoir.

Kaz n'avait jamais été très doué pour consoler les gens. Laisser Inej en paix lui semblait donc être la meilleure des alternatives. Elle n'avait de plus sûrement aucune envie de voir son visage à ce moment-là – sans lui, sans cette mission, elle aurait encore pu se bercer d'illusions.

Pourtant, quand il esquiva un pas en arrière, elle tendit la main vers lui. Un geste qui ne le toucha pas, mais qui suffit à le retenir.

- Reste, murmura-t-elle. Reste avec moi. Je viens de perdre une famille. Je ne veux pas que l'autre me quitte aussi.

Kaz revint donc à sa hauteur.

Puis, tout doucement, il tendit sa main gantée vers la sienne, jusqu'à l'attraper.

- Je suis là. Je serai toujours là.