Disclaimer : Magnificent Century est l'oeuvre de Meral Okay et de Timur Savci.
Résumé : La bâtarde. Le boulet traîné par Signor Venier. La faute de Signora Baffo. La gifle donnée par sa naissance aux époux des deux fautifs. [Magnificent Century : Hürrem]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de personnages historiques (39/50) + N – Nurbanu - + Roulette Surprise 3 : Magnificent Century - Nurbanu (née Cecilia Venier-Baffo) + Défi des adultes 613 : Votre personnage est l'enfant illégitime de A, une personne mariée.
La bâtarde vénitienne
On lui parle avec respect. En tout cas, devant elle. Car malgré son jeune âge, Cecilia n'est pas idiote. Elle entend ce que l'on dit d'elle.
La bâtarde.
Le boulet traîné par Signor Venier.
La faute de Signora Baffo.
La gifle donnée par sa naissance aux époux des deux fautifs.
Encore une chance qu'elle soit belle, intelligente, en bonne santé. Cela aurait été le comble qu'elle soit, en plus d'une erreur de jugement, un laideron stupide et maladif.
Oui, devant elle, on la loue pour son esprit, sa beauté, on lui parle avec la déférence due à son rang... Pour éviter d'être puni ou renvoyé. On ne lui parle pas avec respect parce qu'on la respecte. On lui parle avec respect pour éviter un retour de bâton.
Quand elle comprend cela, elle a sept ans.
Même les paroles parentales sonnent creuses.
Sa mère ne la regarde pas, s'occupe à peine d'elle. Son père semble un peu plus aimant... sauf que l'enfant a appris à ne plus se fier à ce que l'on voit. Elle préfère suivre son instinct. Son père l'aime sans doute un peu comme on aime un devoir à accomplir afin de le rendre plus supportable. Et son devoir, c'est d'assumer sa charge, son péché, de l'installer dans le monde. Une fois épouse du Christ ou épouse d'un noble, elle sera alors le problème du couvent ou de son mari et non plus le sien. Il aura accompli sa tâche, sera repenti aux yeux du Ciel et pourra passer à autre chose. En plus, elle lui offre un avantage : elle a son sang. Il est donc aisé pour lui d'essayer de tisser des liens politiques, commerciaux. Elle avait même entendu des rumeurs d'un départ à Rome pour lui faire rencontrer des cardinaux. Sans doute dans l'espoir qu'une fois nubile, avec un peu de chance, elle ne soit l'amusement d'un futur pape.
-A quoi rêves-tu, ma Cecilia ? Lui demande son père
-J'aimerais être une maman.
Le noble rit et la prend dans ses bras.
-Oh, tu as encore bien le temps !
Oui, c'est là l'un de ses souhaits les plus profonds. Elle veut monter dans la société, effacer par son intelligence et sa puissance la tâche sur son nom, l'amertume dans sa gorge. Et elle voudrait être une maman. Une maman différente de ses parents. Une maman qui aimera ses enfants quoi qu'il arrive. Une maman qui les soutiendra, qui leur dira qu'elle les aime. Une vraie maman.
-Père. Regrettez-vous ma naissance ?
Il est désarçonné, ne s'attendait pas à une telle question. Encore moins à un âge si tendre.
-Quelqu'un t'a-t-il fait une remarque déplacée ?
-Pas devant moi.
Il soupire.
-Cecilia. Tu es jeune mais intelligente. Je sais que tu comprendras la nuance : je ne regrette pas ta naissance. Je regrette juste qu'elle soit intervenue ainsi.
Oui, elle le comprend. Cela aurait été plus aisé si elle était née de sa femme. Mais elle se fait une promesse : personne ne l'atteindra en la traitant de bâtarde. C'est ce qu'elle est. Et si elle l'accepte, comment faire d'une arme contre elle ce qu'elle se serait constitué comme armure ?
Elle est Cecilia Venier-Baffo.
Elle n'est pas la première enfant illégitime au monde, ne sera pas la dernière.
Mais elle, contrairement aux autres, elle deviendra quelqu'un et on se souviendra d'elle pour elle et non pour son sang.
C'est une promesse.
FIN
