Petit mot de l'auteure : ma grand-mère m'a fait du tiramisu
Jour 22 : Attention
Contexte : suite du jour 20
Pekka ou Inej ?
Son hésitation n'avait guère cessée durant toute la traversée tant et si bien que lorsque les côtes de Shu Han étaient apparues, il n'avait toujours pas décidé. Espérant que l'air frais lui permettrait d'y voir plus clair, il était monté. Évidemment, le bastingage était déjà occupé.
- Comme tu vas ? Demanda Inej.
- Je suis totalement guéri, rétorqua-t-il.
- Physiquement, oui. Mais mentalement ? Comment va ton âme, Kaz Brekker ?
Kaz ne sut que répondre. Il ne s'était jamais posé une telle question de toute sa vie. L'important était après tout que son cerveau arrive à imaginer des plans et que son corps suive. Ses états d'âme ne rentraient pas vraiment en ligne de mire. Il aurait aimé le faire comprendre à Inej mais, étrangement, les mots semblaient coincés. Celle-ci en profitant pour continuer sur sa lancée :
- Jusque ici, tu t'es contenté de survivre, Kaz. Mais si tu veux enfin commencer à vivre, il faut que ton âme soi en paix avec toi-même. Qu'importe ce que cela veut dire pour toi.
Être en paix avec lui-même... Kaz doutait de l'avoir été un jour. En revanche, il se souvenait précisément de la dernière fois où il avait été en paix tout court : c'était un jour de son enfance, quand Jordie lui avait sourit en lui promettant que tout irait bien. Ceci suffit à lui donner une réponse.
- Je ne serai pas en paix tant que Pekka sera encore en vie.
Kaz essaya de se convaincre que la déception dans les yeux de Inej ne le touchait pas. De toute manière, celle-ci fit de son mieux pour se reprendre.
- Je vois. Et bien... comme je te l'ai promit, je ferai de mon mieux pour t'aider comme je le peux. Une fois arrivés à Shu Han, j'essayerai de me rapprocher la communauté suli qui y est. Peut-être que nous te trouverons une nouvelle araignée. Je vais aussi envoyer des lettres à mes anciens contacts à Ketterdam. Nous verrons bien qui sera assez fou pour se lancer contre Pekka avec toi.
Inej tint promesse. Le soir même, elle parcouru la ville portuaire en quête de renforts. Elle ne cessa ses recherches qu'au bout d'une semaine, quand elle avait pu constituer une petite équipe prête à suivre Kaz.
Celle-ci se tenait maintenant devant lui, son regard évitant de croiser le sien.
- Je ne peux rien faire de plus, lui dit-elle en s'excusant presque.
- Tu as fait bien plus que ce que tu aurais dû, répondit-il.
- Peut-être. Mais... je ne sais pas. J'aurais aimé faire plus.
Si tu veux faire plus, viens avec moi, eut-il envie de lui crier. Il ne le fit cependant pas ; il savait que le chemin d'Inej devait l'amener à retrouver les siens. Pekka n'était plus son combat.
Il se contenta ainsi de lui adresser une grimace timide. Celle-ci lui rendit son sourire.
- Fait attention à toi, Kaz Brekker.
- Je ne suis pas en sucre. Tu me prends pour un enfant de choeur, ou quoi ? Ricana-t-il pour masquer son émois.
- Non, bien sûr, murmura Inej. Mais tu es encore un enfant, et tu as un cœur. C'est suffisant pour que je m'inquiète pour toi.
Elle se tut, avant de rajouter :
- De toute manière, je m'inquiéterai toujours pour toi. C'est pour cela que... je voulais te donner ça.
Se disant, elle lui tendit une petite dague que Kaz reconnu immédiatement. Il s'agissait de Sankta Alina, l'arme que la sainte lui avait donné en personne.
- Je ne peux pas accepter un tel cadeau.
- Bien sûr que si. Tu as besoin de quelqu'un pour guider tes pas.
Sa gorge se serrant sous le coup de l'émotion, Kaz ne répondit rien d'autre qu'un hochement de tête.
- A bientôt, murmura Inej. Dans cette vie ou dans une autre.
- Pas de sanglots, répondit Kaz.
- Pas de tombeaux, conclua Inej avant de disparaître si rapidement que Kaz aurait pu croire qu'elle n'avait jamais existé.
Seule la dague dans sa main lui prouvait qu'il n'en était rien.
note de fin : j'ai tellement envie d'en faire une fic longue version "mes vrais enfants" avec les 2 vies qui se tissent en parallèle en fonction de ces deux choix
