Petit mot de l'auteure : j'ai sommeeeeeil
Jour 26 : Faiblesse
Contexte : suite du texte 8 de mon premier SV31 Kanej "Son rire en bouteille" (Inej découvrait qu'elle avait fait un déni de grossesse après la Ménagerie en accouchant d'un petit garçon, Kaz promet de la soutenir comme il le peu)
Kaz Brekker avait deux faiblesses : son genou explosé et son dégoût du contact humain. En dehors de ces deux éléments, il ne craignait rien.
Du moins, c'est ce qu'il avait toujours pensé.
Présentement, il était en train de développer une nouvelle faiblesse.
Les pleurs de bébés.
Mais pas de n'importe quel bébé ; précisément, les pleurs de Gabriel Ghafa.
Quand Inej avait accouché, Kaz lui avait promit de l'aider à l'élever – Les corbeaux se soutiennent, avait-il rappelé. N'ayant qu'une parole – ou, tout du moins, pour les affaires qui comptaient vraiment – il s'était bel et bien employé à l'aider. Comme ce soir, où il gardait Gabriel pendant que Inej parcourait la ville à la recherche d'indices pour mettre à mal un gang rival.
Si la soirée avait plutôt bien commencée, elle s'était empirée : Gabriel faisait ses dents.
Kaz avait tout essayé pour le distraire et lui faire oublier cette douleur, mais rien n'avait fait. Ni les médicament, ni les « Tait toi, s'il te plaît » (alors qu'il avait dit S'il te plaît!), ni les tentatives d'explication de son plan en 36 étapes pour cambrioler la banque de Ketterdam.
En désespoir de cause, Kaz se résolut à l'impensable.
Il prit la voix idiote que Inej prenait pour s'adresser à Gabriel et agita ses mains.
- Ainsi font font font les petites marionnettes...
Kaz s'était rarement senti aussi bête de toute sa vie. Toutefois, le spectacle improvisé sembla être du goût de Gabriel ; ses larmes commencèrent à se tarir, sa douleur étant un temps détournée vers le drôle de jeu. Kaz continua ainsi à s'activer, essayant de faire comprendre mentalement à Gabriel qu'il le tuerait si jamais il racontait ça à qui que ce soit.
Au bout de longues minutes, l'enfant s'endormit, laissant Kaz récupérer sa dignité.
Sa satisfaction fut toutefois de courte durée.
Car, alors qu'il retournait s'asseoir, il vit Inej.
- Tu... tu es là depuis combien de temps ?
- Suffisamment longtemps pour savoir que j'ai bien fait de te prendre comme parrain, répondit-elle avec un sourire.
- Je...
- Oui, je sais. Si je dis ça à quelqu'un, tu me tues, on sait. Tu avais dit la même chose la semaine dernière pour la fois où tu as fait le cheval. Ai-je éventé ce secret ?
Kaz admit dans un grommellement que ce n'était pas le cas et retourna travailler, sous le regard amusé de Inej.
