Dimanche 21 août 2016.

Cela faisait exactement trente deux minutes et cinquante sept secondes que l'on roulait en direction de Syracuse. Les vacances à Hackett's Quarry étaient terminées et les cours à l'université de Syracuse allaient reprendre.

J'étais assise sur le siège arrière gauche derrière Vic qui conduisait et à côté d'Ava qui dessinait sur son sketchbook en écoutant de la musique grâce à ses écouteurs. Enfin, devant elle, Toby avait l'air de s'être perdu dans ses pensées en contemplant les paysages du nord de l'État de New York qui défilaient sous ses yeux.

Victor était le plus vieux d'entre nous, il étudiait le droit même s'il m'avait avoué récemment qu'il ne savait toujours pas exactement ce qu'il voulait faire après. Puis vient Tobias, futur entraîneur de sport, il appréciait particulièrement les sports collectifs mais vouait un amour inconditionnel au Sport en général, même s'il comprenait aussi que le sport peut ne pas être la tasse de thé de tout le monde, il aimait cependant trouver un sport à conseiller à chaque non sportif qu'il croisait selon ses goûts et ses loisirs. Et très souvent le sport était apprécié par celui à qui il l'avait conseillé. Pour mon cas, j'étais en deuxième année de fac de médecine, après une année d'étude en informatique. J'ai aidé l'infirmière au camp comme les deux années précédentes, ce qui me permettait d'avoir de bonnes premières expériences avant mon internat et des économies précieuses. Et enfin notre petite dernière, Ava, avait dix neuf ans. Elle faisait des études en Arts et était passionnée par tous les arts possibles et inimaginables, elle était très curieuse et ouverte, ainsi que toujours de bonne humeur. C'était notre petit rayon de soleil.

C'est en fouillant dans mon sac pour trouver de quoi m'occuper, que je m'exclamai que j'avais oublié de rendre des documents extrêmement importants à Monsieur H. ou aussi appelé Chris Hackett, le propriétaire de Hackett's Quarry. Je remarquai le regard exaspéré de Victor dans le rétroviseur central, celui surpris d'Ava et celui dubitatif de Tobias. Comme nous étions proches d'une aire de repos, Vic y gara la voiture et une discussion que j'aurais pensée beaucoup plus longue et compliquée débuta pour savoir ce que l'on allait faire. Aucun de mes camarades n'avait à être au plus tôt à Syracuse et, au contraire, malgré la fatigue, ils étaient tous d'accord pour faire demi tour et, si il était trop tard pour repartir dans la soirée, et si nous avions l'autorisation de Monsieur H pour rester cette nuit, ils étaient également d'accord de faire la route demain matin.

Si seulement je n'avais pas été aussi tête en l'air, nous n'aurions pas eu a y retourner, ni a y mourir.