Fin alternative : Travis et Laura ont survécu et ont réussi à tuer Silas.
27 août 2021
(5 ans plus tard)
Je me réveille, comme tous les jours.
Je sais qui j'étais mais je ne sais plus qui je suis censée être à présent.
Je sais ce qui a été mais l'avenir est inconnu.
Sans attentes.
Sans espoirs.
Je m'installe dans le fauteuil confortable devant la fenêtre.
Cela me permet d'observer l'extérieur.
Les personnes qui passent.
Leurs interactions.
Le paysage qui évolue au fil du temps.
Un bref coup à ma porte.
L'infirmière de garde entre.
Me dit bonjour.
M'avertit que j'ai de la visite.
J'entends deux personnes entrer et l'infirmière sortir de ma chambre.
Quelques secondes passent.
Je pense qu'ils hésitent.
Qu'ils cherchent quoi dire.
Comment dire ce qu'ils veulent dire.
C'est ce qu'il font tous.
Mais j'entends enfin la voix d'un des deux :
« C'est fini, Cass'. Vraiment fini. »
Alors ma vision devient flou.
Mes joues sont humides.
Des hoquets sortent de ma bouche.
Je sens qu'il s'est approché de moi.
Qu'il est agenouillé devant moi.
Je sais qui il est.
Il n'y a que lui qui m'appelle Cass'.
Le seul avec qui j'ai réellement parlé pendant presque dix mois.
Travis.
Il efface mes larmes et je vois enfin son visage.
Il a un petit sourire.
Je vois bien que tout n'est pas parfait pour lui non plus.
Il a dû subir lui aussi des pertes depuis la fois où il m'a déposé ici.
Mais si c'est vraiment terminé, ce n'est pas étonnant.
Il me présente la personne qui l'accompagne, une certaine Laura Kearney.
Il lui précise que c'est moi qui ai écrit les informations au sujet des loups et les gravures sur le mur.
Elle me regarde dans les yeux, lève un sourcil et me dit:
« Les rimes, c'est nul ! Ça servait a rien dans ce que tu as écrit ! »
C'est cru.
Mais j'aime bien son honnêteté.
J'aimerai bien lui faire croire le contraire mais un petit rire m'échappe.
Je lui répond :
« Il y a le fond et la forme. Tant que le fond est compréhensible par les personnes visées, la forme est à la convenance de celui qui écrit. Et celle qui a écrit voulait emmerder ceux qui la reliraient. »
Et elle répond avec un rictus :
« Dans ce cas, si tu vois celle qui a écrit ces inepties, dis-lui qu'elle aura affaire à moi si je la croise un jour. »
Après ça, ils sont vite partis, avec une promesse de Travis de revenir au moins une fois par mois pour me rendre visite (tant que j'acceptais de le voir).
Pourquoi refuser de le voir alors qu'il est le seul à vouloir venir ?
Ils ont aujourd'hui aspiré une bonne partie du brouillard qui m'entourait jusqu'alors.
Qui sait, peut-être que mon futur n'est pas si « sans espoirs » que ça.
Mais en attendant le moment où ce sera plus clair, je me mets à espérer que l'espoir soit possible.
N'est ce pas le signe que c'est réellement possible ?
