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Bonjour tout le monde !
Après quelques longues années d'absence, me voici avec une nouvelle fanfiction qui, j'espère, vous plaira ! J'explique dans ma bio les raisons de cette longue absence, si cela vous intéresse.
Pour vous expliquer la génèse de cette histoire, c'est une idée qui me trotte dans la tête depuis des années. J'avais essayé, il y a bien longtemps, de coucher cette histoire sur papier mais ce ne fut pas concluant. Mise à part une vague idée ne pouvant alimenter qu'une moitié d'un premier chapitre, j'ai abandonné le projet. Mais l'idée n'a jamais quitté mon esprit et me voilà actuellement à retenter de la coucher sur papier.
Actuellement, j'ai écris 14 chapitres. Je pense qu'il devrait y en avoir une trentaine, peut-être un peu plus, en fonction de comment l'histoire avance.
Cette histoire se divise en deux parties. La première partie s'achève au chapitre 10.
Je ne vais pas en dire davantage afin d'éviter tout risue de spoil et vous souhaite à tous une bonne lecture !
Un endroit sûr
[PARTIE 1]
.
Godric et le serpent
Décidément, il avait un don pour se mettre dans des situations inconfortables, songea Godric en regardant l'étrange être en face de lui.
Il ne savait pas vraiment ce que c'était. A priori, c'était un être humain mais il n'en avait que la forme globale. Certes, il avait deux yeux mais ces derniers avaient des pupilles fendues aussi argentées que ses longs cheveux crasseux et emmêlés. De plus, la chose avait des écailles disséminées ici et là sur son corps. Quelques-unes sur sa joue gauche, un peu au niveau des épaules et des bras, des petites parcelles sur le torse et le dos. Godric jurerait qu'il en avait également sur ses jambes mais il ne pouvait pas les voir à cause de la guenille qui lui servait de pantalon.
C'était par hasard qu'il se retrouvait dans cette situation. A l'origine, il était en direction de chez lui. Ça faisait un an qu'il avait quitté le domicile familial pour parcourir les routes du pays, en quête d'aventures et d'apprentissages. Il voulait en savoir plus sur le monde mais aussi s'instruire auprès des spécialistes rencontrés sur son chemin. Après tout ce temps passé loin de chez lui, il était temps de revenir sur les terres de Gryffondor. Son père se faisait vieux et à part Godric, il n'y avait personne pour s'occuper du domaine. Sa mère était décédée l'année dernière de maladie. Ses oncles et ses neveux habitaient trop loin pour prendre la relève s'il arrivait quelque chose à son père. D'autant plus que Godric était très attaché à lui et voulait profiter du peu de temps qu'il leur restait ensemble.
C'est alors qu'il passait dans un village qu'il avait assisté à une scène devenue trop familière ces derniers temps : la mise en place d'un bûcher. Si la pendaison était souvent préférée à celui-ci, il y avait tout de même des cas de sorciers immolés, surtout lorsque le village qui pratiquait cette mise à mort ne voyait pas souvent des sorciers passer entre ses griffes. Le bûcher était bien plus festif et amusant pour les paysans qui aimaient se délecter de mises à mort parfois d'innocent.
Godric s'était renseigné auprès des villageois qu'il avait croisé, demandant innocemment ce qu'ils étaient en train de préparer, qu'avait fait la personne pour mériter un tel châtiment et surtout, où elle se trouvait. Certains lui avaient proposé de se joindre à eux. Il s'était retenu de justesse d'utiliser ses poings.
Le sorcier était attaché à un poteau, non loin de l'endroit où le bûcher se construisait petit à petit afin qu'il puisse admirer la mise en place de ce qui mettrait fin à ses jours. Il était salement amoché. Les paysans avaient dû le battre avant de l'attacher ici. La cruauté des non-magiques croissait avec le temps. La haine qu'ils éprouvaient pour les sorciers était à chaque jour qui passait de plus en plus forte, avivé par l'Eglise qui ne désirait qu'une chose : la fin des sorciers.
Godric n'avait pas hésité une seconde de plus : épée en main, il avait foncé pour délivrer le prisonnier. Il s'était empressé de couper les cordes puis l'avait saisi par le bras pour l'entrainer aussi vite que possible loin de ce village avant que les paysans ne remarquent la disparition du sorcier qu'ils voulaient immoler.
Ce n'est qu'en s'arrêtant de courir, vingt minutes plus tard, qu'il avait enfin pu voir à quoi ressemblait la pauvre chose. Et à présent, il ne savait pas ce qu'il était censé faire avec. Il ne pouvait pas la ramener d'où il venait. Car même s'il ne savait pas à quelle espèce elle appartenait, il était hors de question de la laisser livrée à elle-même dans cet état. Elle risquait de se faire une nouvelle fois capturée et de réellement y laisser la vie. Il fallait dire qu'avec ces écailles sur les bras et la joue, c'était comme si le mot « sorcier » était écrit sur son front.
Peut-être qu'il pouvait laisser la créature dans un village sorcier ?
Godric regarda la créature qui s'était laissée tomber sur le sol terreux, accablée par la fatigue mais aussi à cause de la douleur de ses blessures. Sa peau était d'une pâleur maladive et son corps était pris de soubresaut à cause de la douleur. Ses mains tenaient ses épaules alors qu'elle s'était recroquevillée sur elle-même.
- Euh… Bonjour ?
Godric s'accroupit à un mètre de la créature afin de pouvoir la regarder dans les yeux. Celle-ci leva les yeux pour planter son regard dans le sien. En croisant ses yeux, Godric eut le souffle coupé. C'était la première fois qu'il voyait de telles pupilles. Elles étaient d'une couleur argent si pur, à l'horizontal comme celles des chats. Au lieu d'être effrayantes, elles étaient intimidantes. Godric se sentait aspiré par elle. Il avait envie de les voir de plus près, de se noyer dedans.
Il avait l'impression que la créature lisait en lui comme dans un livre ouvert.
- Je suis Godric du comté de Gryffondor. Et vous êtes… ?
La créature ne répondit pas.
- Vos blessures semblent vous faire mal. J'ai quelques connaissances en herbologie. Si je vais cueillir des plantes, je pourrais vous faire une pommade pour soulager vos blessures.
Godric scanna rapidement les multiples blessures de la créature. C'étaient principalement des hématomes sûrement dus à des coups de pied, des plaies sanguinolentes qui semblaient avoir été prodiguées par des fourches et des couteaux. A cause du temps qu'il avait passé attacher au poteau, à regarder la mise en place du bûcher, et de ses tentatives de se défaire de ses liens en tirant dessus, la peau de ses poignets était arrachée. La chair était à vif et commençait déjà à noircir, signe des débuts d'une infection. Il avait également sur l'avant-bras gauche une marque de brûlure en forme de S. Godric reconnut la marque que les villageois gravaient au fer chauffé à blanc sur tous les sorciers qu'ils attrapaient. C'était en cas de fuite : si le sorcier s'enfuyait et se faisait attraper une nouvelle fois, cette marque le désignait automatiquement comme un sorcier et le condamnait d'office à la mort.
Godric sentit la colère bouillonner en lui face à l'inhumanité du comportement des non-magiques vis-à-vis des sorciers. Comment osaient-ils commettre de telles atrocités ? Ce n'était pas parce qu'ils étaient capables d'utiliser la magie qu'ils étaient incapables de ressentir la douleur ou qu'ils n'étaient pas humains. Eux aussi, ils étaient capables de ressentir la douleur. Comment pouvaient-ils y être insensible ?
Il sursauta lorsque la créature mit sa main sur son bras en le regardant intensément.
Godric eut soudainement honte de l'avoir qualifié de « créature ». Il ne l'était pas : c'était un être humain comme lui. Il était juste un peu différent. Il ne se sentit pas mieux que ces non-magiques qui avaient torturés ce pauvre garçon.
- Est-ce que vous comprenez quand je parle ? Si oui, hochez la tête, s'il vous plait.
Le garçon n'amorça aucun geste.
Comment faire pour communiquer s'il ne comprenait pas quand il lui parlait ?
Godric se désigna lui-même du doigt en disant :
- Godric.
Le garçon pencha la tête légèrement sur le côté, les sourcils froncés.
- Oliche ? répéta-t-il dans un sifflement qui donna des sueurs froides à Godric.
Il le désigna du doigt.
Godric comprit : ce garçon parlait le Fourchelangue ! Prononcer les sons anglais semblait être pour lui très difficile. Avait-il ne serait-ce qu'une fois parlé anglais ? Certainement pas, puisqu'il ne semblait pas le comprendre lorsqu'il parlait. Ajouté à son physique atypique, il n'était pas surprenant que les non-magiques lui avaient bondis dessus pour le brûler.
Le garçon se désigna alors lui-même en sifflant quelque chose. Son prénom, comprit Godric. Il essaya de se concentrer au mieux sur les sons qu'il entendait afin de pouvoir le répéter. C'était assez complexe car cela ressemblait réellement au sifflement d'un serpent.
- Sa… lazar ? dit Godric.
Le garçon hocha la tête, satisfait.
Godric lui fit un grand sourire, ravi de pouvoir enfin mettre un nom sur cet étrange visage. Ainsi, il s'appelait Salazar.
Il le regarda de haut en bas et se dit que ce prénom lui allait vraiment bien.
- C'est un plaisir de te rencontrer, Salazar, dit-il en portant les mains à son cœur.
Salazar sourit et siffla quelque chose qui semblait vouloir dire la même chose que lui.
Godric se leva.
- Je vais aller chercher des plantes là-bas (il désigna la forêt qui n'était qu'à quelques mètres d'eux). Je reviens.
Salazar regarda en direction de la forêt et hocha la tête.
D'une certaine manière, il semblait avoir compris ce qu'il voulait faire.
Godric prit donc la direction de la forêt dans laquelle il entreprit de chercher toutes les plantes dont il avait besoin pour soigner son étrange nouvel ami. Il espérait trouver tout ce dont il aurait besoin ici ou du moins la grosse majorité. Il lui fallait au moins trouver les plantes pour l'infection qui commençait à se développer au niveau de ses poignets. Si ce n'était pas soigné dans les plus brefs délais, Godric craignait de devoir en venir à l'ablation pour éviter la contamination des autres tissus.
Il se réjouit d'avoir apprit les bases de l'herbologie avec ce vieux sorcier dans l'un des villages sorciers où il était passé. Grâce à cela, il pourrait soigner Salazar.
Bien qu'il lui manquât quelques plantes, Godric dût abandonner pour retourner aux côtés du garçon et lui soigner. Certaines blessures n'étaient pas urgentes et n'avaient pas besoin de soins pour guérir d'elles-mêmes. Godric aurait préféré trouver de quoi soulager la douleur mais il n'y avait rien de tel dans ce bois. Il entreprit alors de nettoyer les quelques blessures avec un tissu humide et, une fois cela fait, il s'occupa d'appliquer les plantes ou le jus qu'il obtint de certaines plantes sur les plaies. Il y en avait des profondes qui firent crier de douleur Salazar, notamment celles à ses poignets. Mais le garçon tint bon, se doutant que ce que Godric faisait était pour son bien. Celui-ci s'en voulait d'infliger encore plus de douleur à Salazar qui avait déjà suffisamment souffert à cause des non-magiques. Mais c'était pour son bien, il n'y avait pas le choix. S'il ne le soignait pas, son état risquait d'empirer encore plus.
Ils durent rester caché plusieurs jours dans la forêt, le temps que Salazar se remette un minimum de ses blessures. Heureusement, sa guérison était en bonne voie, sans complication. Les plantes médicinales faisaient leur effet et Salazar fut rapidement de nouveau capable de marcher, bien qu'il fût courbaturé et devait, de ce fait, marcher doucement. Ce serait suffisant.
- Je vais au nord, dit-il en désignant la direction.
Salazar hocha la tête.
- Oss.
- Oui, nord.
Il joignit ses deux mains ensemble, imitant une poignée de main, en disant :
- Avec moi ?
Salazar émit une sorte de sifflement en hochant la tête.
C'est ainsi qu'ils se mirent à cheminer ensemble les routes d'Angleterre.
Durant leur voyage qui dura quatre mois, Godric s'évertua d'apprendre à Salazar l'anglais. Si ce dernier voulait espérer passer incognito là où il allait, il était primordial qu'il apprenne à s'exprimer. Son physique pouvait être caché par un peu de magie ou, dans le pire des cas, par un capuchon.
- Arbre, dit Godric en en désignant un.
- Abse.
- Feuilles.
- Feulse.
Même s'il apprenait vite et bien, il gardait un accent Fourchelangue très prononcé. Godric n'était pas rassuré à l'idée de laisser un jour Salazar seul, livré à lui-même, à la merci des cruels non-magiques. Mais il savait qu'il ne pouvait pas forcer le garçon à voyager avec lui : il devait avoir des amis et de la famille à retrouver.
- Comment vous êtes-vous retrouvés sur le point d'être brûlé ? demanda un jour Godric.
Salazar était en train de rassembler le bois que Godric venait de ramener. Une fois les branches correctement assemblées, Salazar claqua des doigts et le bois s'alluma en un feu de camp.
A mesure qu'il passait du temps avec lui, la certitude que Salazar était un puissant sorcier gagnait Godric. La magie semblait être aussi naturelle que respirer pour lui. Contrairement à beaucoup de sorciers, il n'avait pas besoin de concentration pour utiliser sa magie. Il n'était pas comme tous ces sorciers qui maitrisaient mal leur magie et qui étaient donc sans défense face à une horde de non-magiques assoiffés de sang.
- Je trahis, dit simplement Salazar. Vie étrange. Confiance et amitiés pas éternelles.
Godric regarda tristement le feu.
- Vous avoir amis ? demanda Salazar en le regardant curieusement.
- Je ne peux pas vraiment les appeler « amis ». Ils ne savent pas que je suis un sorcier. Certainement que s'ils venaient à l'apprendre, ils nous dénonceraient, ma famille et moi. Les non-magiques sont si terrifiés par nous que lorsqu'ils se retrouvent confrontés à un sorcier, ils veulent le voir mort, peu importe s'ils étaient les meilleurs amis. Je rêve d'un endroit qui serait sûr pour les sorciers. Un endroit qui les protègerait des non-magiques.
- Beau rêve, dit doucement Salazar en fixant les flammes, un petit sourire aux lèvres.
- Mais ce n'est qu'un rêve.
Il sursauta lorsque Salazar lui attrapa soudainement les mains. Ils se regardèrent droit dans les yeux tandis que Salazar lui affirmait, le regard brillant de détermination.
- Un jour, nous protéger sorciers des non-magiques. Faire lieu sûr. Promesse
Godric esquissa un sourire.
- Je l'espère, Salazar, je l'espère. J'espère qu'un jour, toute cette haine disparaîtra. Ne sommes-nous pas tous les enfants de Dieu ?
Il soupira.
- Ou peut-être qu'il nous a abandonné et que c'est pour cela que l'Eglise réclame notre mort.
Le lendemain, leurs routes se séparèrent.
- Ce fut agréable de cheminer avec toi ces derniers mois, Salazar, dit Godric.
A la surprise de Salazar, Godric vint l'enlacer dans une étreinte virile. Salazar passa ses mains dans son dos, la lui rendant.
- J'espère que nos routes se croiseront une nouvelle fois, peu importe que ce soit dans cinq ou dix ans.
- Je oublierai pas que tu fais pour moi, Godric.
Godric sourit.
Il enleva le bracelet qu'il portait à son poignet. C'était un cadeau que son père lui avait fait pour ses quinze ans. Depuis qu'il l'avait, il ne l'avait jamais enlevé. C'était un objet assez simple : une gourmette avec les armoiries de la maison Gryffondor.
- Si un jour tu as besoin de quelque chose, dirige-toi vers le nord du pays, dans les plaines. En demandant ton chemin, tu devrais finir par arriver près des terres de Gryffondor. C'est là-bas que j'habite. Même si je n'y suis pas, montre ce bracelet à mes serviteurs et ils t'offriront l'hospitalité.
Salazar hocha la tête.
- Je rien de tel à t'offrir. Mais je venir des marais. Si tu besoin, trouve-moi.
Ils se regardèrent dans le blanc des yeux, longuement. Chacun essayait de graver le visage de l'autre dans sa mémoire afin de ne jamais l'oublier.
Un jour, ils se reverraient, Godric en était certain. Il ne savait comment l'expliquer, mais il en avait la certitude, tout au fond de lui.
