Disclaimer: Les personnages et l'histoire Harry Potter appartiennent à JK Rowling. Je ne fais que les empreinte.

Rating M: mais oui, bien sur! mais pour plus tard ;)

Note de l'auteur: Le chapitre 2 étant déjà écrit, le voici! J'aurai du le relire un peu mais naaaah, trop hate de le poster! Je vous conseille également d'écouter la chanson que je propose dans la deuxième partie du chapitre pour accompagner votre lecture.

Bon allez, place aux retrouvailles!


Il était très grand. Tout de noir vêtu et ses cheveux tout aussi noir que ses habits, encadraient son visage pale, cireux et fatigué. Plus fatigué qu'il ne l'ait jamais été. Il la toisa du regard.

Hermione était pétrifiée et inconsciemment, elle baissa cette position de défense qu'elle avait prise. Ses sentiments la prirent au dépourvu et se bousculèrent dans sa tête et dans son cœur. Elle le regarda avec de grands yeux. Ainsi, Severus Snape l'a sorti du manoir Malfoy. Il lui semblait beaucoup plus maigre qu'avant. Des rides avaient silloné son visage, aux coins de ses yeux plus particulièrement. Cela fait maintenant presque un an qu'elle ne l'a pas vu. Elle ne put s'empêcher de le trouver beau, majestueux. Il sentait toujours l'herbe fraichement coupé et les accords boisés.

Hermione serra les poings et se maudit de sa faiblesse. Quoi qu'elle ait ressenti pour lui dans le passé, n'était plus acceptable aujourd'hui. Et la surprise fut rapidement remplacée par la colère :

"Vous" s'écria-t-elle en le pointant du doigt.

Il ne bougea pas, ne dit pas un mot.

"Comment osez-vous Comment avez-vous osé, s'entendit-elle crier.

"Espèce de sale traitre" Elle se jeta sur lui de tout son poids. Il soutint l'assaut avec facilité mais ne fit rien pour se défendre. Sa tête était légèrement inclinée vers la droite et il regardait par la fenêtre.

"Vous l'avez tué, notre seul espoir de mener à bien cette guerre" elle frappa Severus de toutes ses forces, lui affligeant des coups de poings que ne semblait pas le faire souffrir. Il soutenait les coups en silence.

"Votre seul ami ! la seule personne qui n'est réellement cru en vous et vous a fait confiance, comment avez-vous osé ? et pourquoi ? pour la gloire ? vous sentez-vous glorieux depuis ? Vous êtes pathétique ! Mesquin !"

Elle continua de le frapper et de crier mais à présent, des larmes de rage lui coulaient sur les joues. Elle était en colère contre lui évidemment, mais aussi contre elle-même. Comment avait-elle pu lui faire confiance ? Croire en lui ? Avoir des sentiments pour lui ? Depuis la fin de sa sixième année, depuis qu'il a commis l'irréparable, elle avait refoulé ses sentiments et à présent, tout refit surface.

Elle lui avait même intérieurement cherché des explications logiques à son comportement, au meurtre qu'il a commis, des excuses...Comment avait-elle pu croire, ne serait est-ce qu'il seule seconde, il était innocent ? Elle s'en voulait terriblement d'avoir pensé cela. Elle se sentait traitresse rien qu'en y pensant.

"Pourquoi suis-je ici ? Vous voulez les faire chanter en me retenant prisonnière ? Vous n'y arriverez pas ! Je me tuerai bien avant que vous ne m'utiliserait, espèce de traitre"

Ce trop plein d'émotions rappela à Hermione ses blessures et son corps encore faible la lâcha. Elle se sentit défaillir. À sa surprise, le professeur Snape la soutenant par les coudes, l'empêchant de tomber.

Elle leva des yeux larmoyants, haineux, colériques mais aussi surpris vers lui. Pour la première fois depuis le début de sa tirade, elle croisa ses yeux. Elle n'y lit rien, ni colère, ni remords. Rien.

« As-tu fini de vider votre sac de petite Gryffondor incapable de gérer ses propres sentiments ?» cracha-t-il, mais le ton était presque familier.

Elle ouvrit grand les yeux alors qu'une nouvelle vague de colère l'envahit. Elle le repoussa fortement et il chavira de quelques centimètres mais très vite, reprit sa position droite. Hermione ouvrit la bouche pour crier encore une fois mais il leva une main pour l'arrêter.

"Je n'ai pas toute la journée pour subir tes états d'âme Granger, dit-il en s'avançant dans la chambre. Elle recula, instinctivement.

Elle se rendit compte qu'elle venait d'attaquer physiquement d'insulter le deuxième sorcier le plus puissant et le plus dangereux du monde magique.

Elle était probablement en danger. Pourquoi n'arrivait-elle pas à se sentir en danger ? Elle soutint son regard malgré son geste instinctif.

- Tu n'es pas prisonnière ici Granger, il est vrai que tu ne pourras quitter cette maison pour le moment. Pas repris toutes tes forces. Seulement ensuite, tu pourras partir, rejoindre Potter.

Bon, ceci n'était prévu.

-Vous mentez ! Que savez-vous sur la position de Harry ? dit-elle, rageuse sur la première partie de la phrase, désespérée pour la seconde.

Elle voulait des informations sur l'extérieur, même venant de lui ;

-Permets moi de penser, que vu nos positions respectives, je ne vois aucun intérêt à te mentir. dit-il lentement. Et oui, je sais où se trouve Potter.

-Arrêtez de jouer avec mes nerfs Snape, comment va Harry, ou est-il !

Il ne répondit pas et sortit sa baguette. Hermione, eut un second geste de recul et se maudit de sa couardise. De plus, cette conversation était tellement surprenante qu'elle perdit sa concentration pour le fameux protego informulé et sans baguette.

Au lieu de l'attaquer ou de la bâillonner, il fit apparaitre 3 flacons contenant chacun une potion différente.

- Si vous croyez que je vais toucher ou ingurgiter quelque chose venant de vous, vous vous mettez le doigt dans l'œil. Siffla-t-elle. Vous pouvez me torturez si vous voulez, j'ai l'habitude.

Les yeux de Snape étaient jusque-là posés sur les différentes potions. Il les dirigea à présent vers Hermione, qui tenta tant bien que mal de les soutenir. Car ils étaient remplis de mots.

- Oui, j'ai tué Dumbledore, dit-il simplement, mais j'ai mes raisons.

-Vous avez vos raisons ! s'indigna-t-elle, c'est tout ce que vous avez à me dire ? Vous avez vos raisons ?!

-Oui, c'est tout ce que j'ai à vous dire.

La Gryffondor était plus confuse que jamais. Elle connaissait très bien l'homme en face d'elle. Il était son mentor, son enseignant, il a élevé sa magie et son apprentissage de la sorcellerie au niveau qu'elle a actuellement. Niveau très supérieur à une sorcière de son âge. Très supérieur à une sorcière ordinaire. Depuis sa quatrième année jusqu'à la fin de sa sixième année, Hermione voyait régulièrement le professeur Snape dans le cadre de cours de sorcellerie avancée. Et si dans leurs chasses aux horcruxes, ils sont encore en vie, c'est uniquement, grâce à ces cours du soir. Elle lui devait donc beaucoup.

« Beaucoup, mais pas suffisamment pour lui pardonner la traitrise » pensa-t-elle.

Au fil des mois, elle avait également appris à le connaitre, à déchiffrer son regard si froid et son visage si fermé. Elle connaissait donc très bien l'homme en face d'elle. NON. C'est faux. Elle croyait le connaitre. Il s'est avéré traitre.

- Professeur Snape, s'il vous plait, dit-elle plus doucement, elle l'implorait presque, s'il vous plait, j'ai besoin d'explications.

Le vide regagna les obsidiennes du professeur Snape.

-Cette maison est ma résidence secondaire. Elle se trouve en Irlande du Nord, j'y viens très rarement. Dit-il, sur le ton de la confession. Hermione se calma légèrement, sa curiosité piquée à vif.

-C'est mon elfe de maison, Lotty, qui t'as sorti du manoir Malfoy et t'as amené ici. Il s'est occupé de toi. continu a-t-il, laconique.

La jeune sorcière buvait ses mots, attentive au moindre détail.

« Ta présence aux cotés de Potter pour retrouver les horcruxes est primordiale mais ça tu le sais déjà ». Il avait une manière particulière de prononcer distinctement chaque mot. « Mais avant de le rejoindre, tu dois guérir tes blessures et reprendre tes forces. J'y veillerai personnellement. »

Il pointa de la tête les potions.

« Tu en auras tous les jours pendant trois jours et c'est Lotty qui te les apportera. Il t'apportera également de quoi manger et boire. »

Il la regardait fixement à présent, sa voix grave et douce raisonnait dans le silence de l'endroit.

"Je me fou que tu es confiance en moi ou pas mais plus tu résisteras à les boire, plus retardera tes retrouvailles avec Potter, sache-le. Lança-t-il la regardant de haut. Et non, tu ne mettras pas fin à tes jours, j'y veillerai . . Ce dernier mot fut prononcé lentement, il appuya chaque syllabe.

Hermione était à présent totalement calmée, elle avait repris ses esprits. La voix du sombre professeur avait le don de la détendre.

-Professeur, est-ce vous qui avez découvert notre position ? Est-ce à cause de vous que nous nous sommes retrouvés traqués par les rafleurs ? Demanda-t-elle, peu convaincue. Elle voulait juste le faire parler.

Il eut un rictus de dégout et un son d'indignation sortit de sa bouche. L'homme qu'elle connaissait refit surface le temps d'un instant mais rapidement il reprit son masque de froideur.

-Votre imbécile d'ami, Potter, aveuglé par son arrogance cachée sous un masque de courage gryffondorien, a prononcé le mot qu'il ne fallait pas prononcer, espèce d'idiote. Cracha-t-il, agacé, croyez-vous que je n'aie rien d'autre à faire que de vous dénoncer, pour vous ressortir ? hein ?

Hermione se frappa mentalement le font. C'était donc cela qui les avait trahis. Ce n'était pas elle qui avait manqué les sortilèges de protection, pensa-t-elle égoïstement.

-Non Granger, tu n'as pas raté tes sortilèges de protection, dit-il, comme s'il avait lu dans ses pensées. Chose qu'il n'avait pas faite car elle avait des fortes notions d'Occlumencie.

-Professeur, pourquoi m'avez-vous sauvé ? Pourquoi suis-je chez vous ? êtes-vous réellement un traitre ? Pourquoi n'avez pas dénoncé Harry auprès de Vous-savez-qui ?

Elle avait fait un pas vers lui, elle n'avait plus peur de lui. En réalité, elle n'avait jamais eu peur. Cet homme, ne lui ferait jamais de mal.

Snape avait levé un sourcil, un rictus aux lèvres, lui faisant comprendre qu'il ne répondra pas à ses questions. À la place, il sortit une baguette magique de sa poche intérieure et la lui tendit.

-Ce n'est pas la tienne mais elle fera l'affaire pour le moment. Elle vous permettra de vous protéger tant que vous êtes ici, même si la maison est déjà protégée. Mais, insista-t-il en la faisant sursauté, vous ne nous pourrez pas sortir d'ici. Je vous conseille de ne même pas tenter.

Il se retourna dans un tourbillon de cape majestueux et sorti de la pièce, sortant Hermione de ses pensées. Elle le suivi rapidement, elle avait tant d'autres questions. Il ne pouvait pas la quitter maintenant.

Elle se précipita vers la porte mais c'était trop tard. Il était déjà parti.

Hermione maudit l'homme taciturne. Elle ne savait pas si elle était moins confuse ou plus confuse qu'avant son arrivée.

Il fallait qu'elle mette de l'ordre dans ses idées. Ainsi donc, la position de Snape n'était pas claire. Il avait tué Dumbledore, mais il continuait d'aider le trio ? Que voulait dire cela ? Elle ne savait pas encore. Mais il n'était pas traitre. Pas vraiment en tout cas. Selon son professeur, Harry serait en vie et en sécurité. Elle s'accrocha à cette idée, faisait taire les pensées lui soufflant que ce sont peut-être des mensonges. Rationnellement, Snape n'avait pas vraiment, d'intérêt à lui mentir sur la question. S'il était purement mangemort, Hermione serait déjà morte.

La sorcière remonta dans la chambre car la fatigue se faisait sentir. Elle s'allongea sur le lit et regarda les flacons. Elle décida de ne pas les boire aujourd'hui. Ses sentiments envers le maitre de potions bien que mélangés, étaient encore trop conflictuels. Elle se dit en s'endormant, qu'elle prendra sa décision le lendemain.


Le lendemain, Hermione se réveilla sur une odeur de café et d'œufs brouillés. Son ventre gargouilla fortement. Depuis bien de temps n'avait-elle pas mangé ? trois jours ?

Elle ouvrit les yeux et vu Lotty, un elfe de maison qu'elle ne connaissait que trop bien.

-Bonjour Lotty, dit-elle

-Oooh Lotty a réveillé Miss Granger, Lotty s'en excuse. L'elfe de maison s'inclina en signe de respect. La dizaine de cheveux blancs qu'il avait apparurent.

-Tu n'as pas à t'excuser Lotty, répondit gentiment Hermione. Elle était contente de voir l'elfe. Ce dernier sera forcément plus loquace que le maitre de potions.

-Lotty voulait s'excuser auprès de Miss Granger, dit-il, Lotty a voulu la sauver plutôt des mains de la mangemort Lestrange. Mais Lotty n'a pas pu, car la mangemort Lestrange n'a pas quitté la pièce.

Le vieil elfe n'avait pas l'émotivité de Dobby et sa fougue dans la manière de s'exprimer mais elle pouvait sentir à sa voix et sa posture une réelle peine.

-Lotty est resté dissimulé dans un coin de la pièce, il voyait miss Granger se faire torturer. Mais il avait pour ordre de la sortir du manoir uniquement lorsqu'elle est seule. Lotty ne peut pas désobéir au mettre Snape, alors Lotty a dû regarder Miss Granger souffrir. Lotty est tellement désolé.

De grosses larmes s'étaient formées aux coins de ses yeux globuleux.

-Lotty a tout fait pour guérir miss Granger, continua-t-il, alors que les deux larmes coulaient, il a utilisé les potions et onguents fournis par le maitre Snape. Il a réussi à tout guérir à par une cicatrice. C'est de la magie noire et Lotty se maudit de n'avoir rien pu faire.

L'elfe se donna une gifle et Hermione accourut pour l'en empêcher.

-Ne t'en fais pas pour ça, mon vieil ami, dit-elle doucement, ce n'est pas grave, tu as réussi à stopper la douleur c'est le plus important. Je suis contente de te voir, Lotty.

Elle lui sourit. Alors les grandes oreilles du petit être frémirent et il lui sourit.

-Lotty aussi est content de voir miss Granger, la protégée du maitre Snape.

Tiens, c'est nouveau ça. Était-ce un fait ou une déduction de l'elfe ?

-Lotty a reçu pour ordre de s'occuper de miss Granger tant qu'elle est ici. Le maitre Snape a indiqué que cela prendra le temps que ça prendra.

Elle sourit pour elle-même comprenant l'allusion. Snape était un sorcier déterminé. En quelque sorte, Hermione est prisonnière tant qu'elle n'a pas guérit. Elle avait bien compris le message.

-Lotty, s'aventura-t-elle, sais-tu pour qui travaille le maitre Snape actuellement ?

Le visage de l'elfe se décomposa. Il se mit à se gifler violemment.

-Lotty a pour ordre de se faire mal dès que miss Granger pose des questions douteuses. dit-il entre deux coups, Lotty est bien conscient des enjeux et ne peux pas éclairer miss Granger.

Elle lui ordonna d'arrêter en retirant sa question. Elle maudit le sadisme de Snape et son intelligence. Il arrivait toujours à avoir une longueur d'avance. Elle sut qu'elle n'obtiendra rien de l'elfe. Alors elle le congédia. Chose qu'il fit en la faisant promettre de l'appeler en cas de besoin.

Hermione dévora son petit déjeuner. Elle prit une douche puis alla au rez-de-chaussée. Elle constata que la cuisine avait été équipée et le frigo remplit. Dans le salon, un léger feu crépitait dans la cheminée. Un livre trônait sur la table basse : « Les secrets de Gringotts » lit-elle.

Elle le remit à sa place, ne voyant pas d'intérêt à se documenter sur cet endroit. Elle devrait plutôt lire quelque chose sur les sortilèges de défense ou d'attaque. Elle devait également d'améliorer en sortilèges sans baguette. Car celle fournit par le professeur Snape ne lui obéissait pas comme elle voulait, bien qu'elle fasse l'affaire pour le moment.

Elle se dirigea donc vers la bibliothèque à la recherche d'une lecture plus intéressante mais dès qu'elle toucha à un livre intitulé « Dogme et Rituel de la Haute magie » d'Elphias Lévi, elle fut électrocutée. Elle se tint la main de douleur puis réessaya avec un autre ouvrage. Même réaction. La bibliothèque du maitre des potions était scellée. Hermione remarqua que chaque fois qu'elle touchait la barrière magique, le livre posé sur la table frémissait légèrement.

Elle soupira et le prit. Tant pis, elle le lira, plutôt ça que ne rien faire. De toutes les façons, elle était bloquée ici au moins trois jours. Le silence de la pièce interrompu par le bruit du fracas des vagues sur les rochers, l'aida à se concentrer. Elle en oublia sa condition de captive, la chasse aux horcruxes, le fait qu'elle soit séparée de ses amis et le besoin de les rejoindre. Le livre était passionnant au bout du compte. « Ainsi donc, il y a un dragon dans les sous-sols de la banque » murmura-t-elle « Je me demande dans quel état est la pauvre créature »

Au bout de deux heures de lecture, elle fut prise d'une douleur au crane lacérante, lui rappelant ses blessures récentes. La douleur était très semblable à celle du doloris. Elle se propageait dans tout son corps, immobilisant la jeune sorcière. Elle jeta le livre et se recroquevilla sur elle-même. Elle gémit de douleur. Au bout de longues secondes, la crise passa. Alors Hermione s'assit et réfléchit. Le professeur devait être au courant des effets secondaires du sortilège impardonnable, surement l'a-t-il subi, et fait subir. Si ce n'était pas pour l'empoisonner, les potions qu'il veut qu'elle boive, devaient avoir un rapport avec la crise de douleur. Probablement que cette crise se reproduira.

Elle reprit ses esprits puis monta dans la chambre.

« Revelio » chuchota-t-elle en passant la baguette sur les trois fioles. Elles brillèrent légèrement. Hermione ne détecta aucune forme de magie noire.

Elle prit délicatement la première fiole, elle était verte. Probablement une potion Wiggenweld. Elle la renifla mais ne sentit rien.

Devrait-elle le boire ? Si elle ne le faisait pas, elle resterait prisonnière ici. Elle connaissait son professeur, il pouvait être réellement intransigeant Il lui avait sauvé la vie puis s'est occupé d'elle, par elfe interposé, mais il l'avait quand-même fait. Quel serait son intérêt de la blesser maintenant ? Alors qu'elle était chez lui, seule et au milieu de nulle part ? Ce n'était pas logique.

Elle porta la fiole à ses lèvres et pris une petite gorgée. Rien de mal ne se passa. Elle ressenti une infime chaleur se propager dans son corps. Elle décida de boire tout le contenu de la fiole.

En effet, c'est une potion Wiggenweld. Une onde d'énergie parcouru son corps et elle se sentait immédiatement mieux. Snape la retenait-il prisonnière ici pour lui administrer du Wiggenweld ? Une potion de niveau première année ? Elle en avait une dizaine dans son sac en perles et les ingrédients pour en faire plus. Pourquoi ne la laisse-t-il pas rejoindre directement ses amis.

Elle prit la deuxième fiole, légèrement irritée, et la renifla. Le contenu était violacé et l'odeur était iodée. C'est curieux, elle ne connaissait pas cette potion. Pourtant, elle en connaissait un paquet. Bon, peut-être avait-elle sous-estimé le professeur Snape.

Elle la bu d'un trait. Immédiatement, un bourdonnement dans ses oreilles s'arrêta. Ce bourdonnement était là depuis la séance privée avec Bellatrix et Hermione s'y était habituée. Les vertiges continus qu'elle ressentait disparurent également.

Cette potion était surement une potion de guérison contre le sortilège Doloris. Fidèle à elle-même, elle se mit en note mentale de faire des recherches sur ce breuvage.

Elle prit la troisième fiole. L'aspect du contenu était beaucoup plus visqueux que les deux premières. Un onguent peut-être ? Celui-ci était d'un bleu profond alors qu'un onguent classique était transparent.

Hermione releva sa manche, découvrant ainsi la cicatrice laissée par Lestrange. Toutes ses autres cicatrices avaient disparu. Elle versa le contenu de la fiole sur la blessure puis l'appliqua soigneusement. L'opération la brula fortement. Elle vit sa peau rougir de manière alarmante et commença à sentir le brulé. La jeune sorcière se précipita vers la salle de bain et fit couler l'eau puis y plongea son bras. Au bout de plusieurs minutes, elle ferma le robinet. Avec surprise, elle constata que la cicatrice avait complétement disparu.

Hermione était réellement consternée. Cette cicatrice était tout sauf urgente. Il avait déjà guéri sa douleur alors pourquoi s'inquiétait-il de son esthétique. Hermione ressentit de la reconnaissance pour son professeur. Il est vrai que les mots gravés sur sa peau n'étaient pas des plus délicats. Mais ils étaient en guerre et Hermione se dit qu'elle pouvait survivre ce tatouage, il suffisait juste de ne pas regarder son bras. Apparemment, le professeur Snape n'était pas de cet avis.

En pensant à son professeur, elle se dit que finalement, il ne lui a pas menti. Par conséquent, s'il disait la vérité sur le contenu des fioles, alors elle a peut-être une chance de revoir ses amis rapidement. Cette pensée la soulagea.

Elle sortit de la salle de bain, plus en forme que jamais et prit conscience qu'elle était en face de la chambre du mystérieux maitre des cachots. Elle y pénétra. La chambre était impersonnelle. Un grand lit, une armoire, un bureau, une table et une lampe de chevet. La vue sur la mer était imprenable.

Fouineuse, elle ouvrit les tiroirs du bureau et n'y trouva rien. Elle ouvrit ensuite son armoire et l'odeur du professeur Snape lui frappa le nez. Elle inspira profondément, remplissant ses narines de son essence, se laissant aller pour la première fois depuis plusieurs mois, à des sentiments très profondément enfuis. Elle expira lentement, les yeux fermés tout en fermant les portes de l'armoire.

Quand elle ouvrit ses yeux, ses sentiments étaient déjà réenterrés.

Il était déjà le milieu de l'après-midi alors elle mangea un morceau et s'installa sur le canapé pour finir sa lecture imposée. Quand elle eut fini le livre, il se faisait tard alors elle s'étira et s'apprêta à monter dans la chambre mais remarqua un léger crépitement parvenant de la bibliothèque. Elle s'approcha et avança ses doigts vers un livre quelconque, prête à recevoir le coup de jus. Elle toucha le livre mais rien ne se produisit. Le professeur voulait absolument qu'elle lise le livre sur les secrets de Gringotts. Mais pourquoi ?

La journée du lendemain fut plus…paisible que la première journée. Disons, que rien ne se passait. Elle s'était réveillée sur l'odeur du petit déjeuner et des deux potions uniquement, qu'elle prit sans hésitation cette fois. Elle passa la journée à lire. C'était la fin de l'après-midi et Hermione s'ennuyait ferme. Elle avait besoin de se dégourdir les jambes. Elle remonta dans sa chambre et alluma le poste radio moldu. Sur la première chaine, elle tomba sur une chanson d'un groupe de pop anglaise qu'elle connaissait bien. The Smith's se remémora-t-elle. Son père aimait bien ce groupe. Elle augmenta légèrement le volume, ferma les yeux et se mit à danser, doucement, au rythme des paroles.

Take me out tonight
Because I want to see people
And I want to see life
Driving in your car
Oh, please don't drop me home
Because it's not my home, it's their home
And I'm welcome no more

And if a double-decker bus
Crashes into us
To die by your side
Is such a heavenly way to die
And if a ten ton truck
Kills the both of us
To die by your side
Well, the pleasure, the privilege is mine

La Gryffondor ouvrit brusquement les yeux car elle crut entendre une porte grincer. Elle s'arrêta immédiatement de danser puisqu'elle crut voir un bout de tissu noir virevolter sur le palier. Était-il là ? Elle sortit de la chambre précipitamment et dévala les escaliers. Il n'y avait personne. Elle avait surement rêvé.


Au troisième jour, Hermione se réveilla avec un nœud dans l'estomac. C'était le jour de la vérité. Elle prit une douche puis prit son petit-déjeuner. Elle mit ses vêtements propres grâce à un sortilège de nettoyage et des chaussures qu'elle réajusta à sa taille.

Elle prit la première fiole entre les mains, fébrile. Elle la bu d'un trait puis bu la seconde. Elle appela ensuite Lotty, prête à partir.

Hermione faisait les cent pas dans le salon. Elle se rongeait les ongles. Deux heures sont passées sont aucun signe de l'elfe de maison ou du maitre des cachots.

Des idées noires prenaient de plus en plus de place dans sa tête. Le professeur Snape n'avait jamais l'intention de l'aider à retrouver Harry et Ron. Il s'est bien foutu d'elle. Quel sort lui réservait-il ?

Un énième soupir et elle reprit ses cents pas dans le salon. Les sortilèges de séquestration du professeur Snape ne doivent pas être si puissants que ça. Elle arriverait peut-être à les briser. Elle était entrain de se diriger vers la porte d'entrée quand elle entendit un 'pop' sonore.

Le vieil elfe de maison était apparu dans le salon, derrière elle.

-Lotty ! S'écria-t-elle, soulagée

-Miss Granger est-elle prête pour partir ? Lotty a reçu l'ordre de la transporter auprès de son ami, Harry Potter.

Hermione soupira de soulagement. Les yeux fermés, une seule larme coula du coin de son œil. Elle voyait le bout du tunnel.

Elle tendit la main pour rejoindre celle de Lotty et aussitôt, se fit aspirer dans le tourbillon du transplanage.

Le temps de se stabiliser et de regarder les environs, l'elfe de maison du maitre des cachots était déjà parti.

Hermione se trouvait sur une plage, sableuse cette fois-ci. Elle était à une cinquantaine de mètres d'une maison couverte de coquillages. C'était la maison de Bill et Fleur Weasley, elle en était certaine. Alors qu'elle courrait vers la maison, la porte d'entrée s'ouvrit. Harry en sortit et couru vers elle pour la rejoindre, suivi de près par Ron.

Les trois amis s'enlacèrent longuement et fortement.

-Hermione, dit-enfin Harry en se dégageant de l'étreinte. Il la tenait par les épaules. Je suis tellement content de te voir. Je croyais t'avoir perdu. Tu as disparu du manoir Malfoy quand nous sommes venus te chercher. Ou-étais tu ?

-Dans les forets anglaises, s'entendit-elle dire. Elle n'avait pas anticipé cette discussion et n'avait pas prévu de mentir à son meilleur ami. Sur le moment, elle en ressentit le besoin.

-Allez, rentrons, tu nous diras tout à l'intérieur. Dit Ron, il regardait Hermione fixement. Comme s'il ne croyait pas qu'elle était là en face de lui. Beaucoup de soulagement se lisait dans ses yeux.

Dans la chaumière aux coquillages, il y avait aussi Bill et Fleur, Luna mais aussi , le vendeur de baguettes magiques et Gripsec, le goblin qui travaillait à Gringotts.

Elle fut accueillie chaleureusement par les hôtes puis se dirigea avec Harry et Ron dans leur chambre. Elle leur expliqua que sous la torture de Bellatrix, elle réussit à transplanter dans un pur instinct de survie. Elle avoua qu'elle était à moitié inconsciente quand elle l'a fait Elle croisa les doigts pour que ce monstrueux mensonge passe et que ses deux amis ne pensent pas qu'elle les a laissé tomber.

-Je me suis retrouvé au milieu de nulle part, et depuis je vous ai cherché. Dit-elle. Je suis vraiment désolée, je ne voulais vraiment pas me séparer de vous. Je n'ai pas réellement contrôlé ce transplanage.

- Mione, tu n'as pas à t'excuser voyons, la rassura Ron, Nous sommes tellement contents de te voir saine et sauve, et en pleine forme.

- Comment as-tu réussi à nous trouver finalement ? demanda Harry

- J'ai décidé de faire le tour des endroits où vous pourriez être, improvisa-t-elle, j'ai procédé par élimination. Quand je vous ai vu sortir de la maison…les garçons…j'ai été tellement contente de vous voir.

Ils s'enlacèrent encore une fois. Ce fut au tour d'Hermione de savoir ce qui s'est passé les quatre derniers jours.

Ils lui expliquaient l'intervention de Dobby et annoncèrent son décès. Hermione en fut très triste.

Harry lui raconta sa discussion avec concernant les reliques de la mort et leur potentielle existence. Dans son discours, Harry semblait septique quant à l'existence des reliques de la mort. Hermione l'était moins. Le fait qu'elle est reçue en héritage, les contes de Beedle le barde, de la part de Dumbledore en plus, ne faisait que confirmer leur existence. Et Voldemort cherchait activement la baguette de Sureau.

Ensuite, les garçons les racontèrent la discussion avec Gripsec. Elle apprit que le professeur Snape avait mis une fausse épée de Gryffondor dans le coffre de Lestrange. Elle fut à la fois surprise et consternée par cette nouvelle mais continua d'écouter le discours de son ami brun.

-J'ai également eu une vision aussi, dit-il

-Harry, tu n'as donc pas fermé ton esprit ! ne put-t-elle pas s'empêcher de dire.

-J'ai eu des visions du coffre de Bellatrix Lestrange à Gringotts. Continu a-t-il en l'ignorant, il ne veut pas qu'on s'y approche, il s'inquiète pour quelque chose qui y est. Je crois…je crois qu'un horcruxe se trouve à Gringotts. C'est une coupe.

Hermione ne dit rien, elle réfléchissait. Il était évident que la prochaine étape était d'aller à Gringotts. Le professeur Snape le savait, sinon il ne lui aurait pas fait lire un livre sur le bâtiment, ses secrets et la manière de s'y infiltrer et d'y sortir, totalement au hasard. Ron la sortit de sa torpeur en lui tendant sa baguette. Elle la récupéra avec beaucoup de plaisir.

Il faisait à présent nuit. Après avoir mangé et discuté un peu avec les habitants de la maison, Hermione regagna son lit. Un homme sombre et taciturne hantait son esprit. Il n'était pas le traitre qu'il voulait faire croire. Il était même en train de les aider, mais cela n'expliquait pas le meurtre qu'il commit. Le meurtre du professeur Dumbledore avait contrebalancé le pouvoir du coté obscure. Dumbledore était puissant et tactique, le seul sorcier craint par Voldemort. Il était leur leader. Sans lui, l'ordre du phénix perdait sa cohésion. Alors quelles étaient les raisons de Snape pour le tuer ? A quoi cela serait de les aider, si c'est à cause de lui qu'ils sont fugitifs maintenant ?

Elle soupira et se retourna sur le côté, elle n'arrivait pas à dormir. Alors, elle se remémora du début de sa relation avec son professeur. Ce soir, elle était trop fatiguée pour résister aux souvenirs qui refont surface.


Dans son bureau de directeur de Poudlard, Severus Snape était debout, les mains croisées derrière le dos, il regardait par la fenêtre mais ne voyait pas vraiment le paysage. Il regardait dans le vide. Severus se dit qu'il était vraiment un bien faible homme. Il a parié son rôle d'espion et par conséquent ses plans tactiques établis depuis des mois juste pour voir en personne si elle allait bien. Il aurait pu juste laisser Lotty s'en occuper, ou mieux, ne pas du tout intervenir. Laisser les choses suivre leur cours. Elle aurait été sauvée par ses amis et l'elfe Dobby. Mais il n'a pas pu. La savoir coincée dans la même pièce de Lestrange sans défense l'avait rendu fou de rage. Et puis, l'elfe lui décrit l'état dans laquelle elle se trouvait quand il l'a exfiltré du manoir. Et il était devenu fou d'inquiétude et de culpabilité. Alors, il alla la voir non pas une fois mais deux. C'était plus fort que lui, il avait ressenti un besoin vital d'être dans la même pièce qu'elle, de voir de ses propres yeux qu'elle allait bien.

Maintenant, sa couverture de ce fait sa vie mais aussi la fin de la guerre dépendait d'elle.


Voila, deuxième chapitre fini! etes vous prets pour un petit saut dans le passé? Dans le chapitre 3, nous revenons à Poudlard!

N'oubliez pas de me laisser un petit avis! c'est le seul moins qui me permette de savoir si je devrai continuer ou pas!