Julie : tu vas voir ce que Mordred prépare... il est vraiment atroce ;)

Emelyne : voilà, le grand affrontement est lancé... j'espère que cette partie te plaira, même si elle est sanglante... merci à toi, pour ton soutien en tout cas ! J'aime beaucoup l'idée que cette histoire soit une cerise ;)

Valir : Merlin va avoir le coeur brisé et il va sans doute devenir complètement fou... il y a de quoi. Quant à Mordred... il provoquera sa propre chute... mais vous verrez de quelle manière...

Legend : super, tu rattrapes ton retard ! J'espère que tu vas aimer les chapitres qui viennent... c'est pas toujours évident à écrire mais j'essaie vraiment de vous offrir une fin spectaculaire !

Ma : oui... il va y avoir plein de sang ! XD. Sadique, va ;) Mordred effectivement a pété les plombs, et ça n'est pas près de s'arranger. Certaines pesonnes ne supportent pas du tout la pression !

LolOW : ouii, viens nous rejoindre pour la finale ! Mais attention... c'est pour bientôt maintenant ;) Quant à ce que Solel va faire... mmm... il a encore quelques surprises dans sa manche, tu verras.

Que dire de ce chapitre, sinon que nous vivons dans un monde où il n'y a aucun sanctuaire de la magie sur une petite île du Nord de l'Angleterre... et que le rêve de Morgane était voué à s'effondrer... Pour notre prêtresse, les pires moments sont à venir... Mais comme Aithusa, gardons confiance en elle... elle n'a pas encore épuisé toutes ses ressources.

CHAPITRE 6

Merlin se matérialisa devant l'Antre de Cristal, face à Morgane, qui l'attendait, et tous deux se regardèrent en silence, aussi pâles, et épuisés l'un que l'autre...

Alors qu'il dévisageait la prêtresse, le jeune magicien remarqua que son expression harassée s'était encore creusée... et qu'elle avait la lèvre éclatée.

Il frissonna, et avant d'avoir pu réfléchir à ce qu'il disait, il demanda :

-Qui t'a fait ça ?

L'espace d'un instant, il vit l'étonnement papillonner dans ses yeux verts, comme si elle se demandait de quoi il parlait. Puis il effleura ses lèvres, et elle grimaça de douleur.

-Oh. Ca, répondit-elle, en fuyant son regard. C'est sans importance...

Il la dévisagea avec insistance.

-Aithusa était très agitée, pendant sa délivrance, dit-elle avec un mince sourire.

Ses yeux verts se fixèrent sur lui, et il se sentit captif de leur expression intense, hantée.

Pourquoi le fixait-elle ainsi ?

Elle soupira, et il vit la tristesse sur son visage.

-Viens vite, murmura-t-elle. Nous n'avons pas de temps à perdre...

Merlin regarda vers l'entrée de la caverne.

-Les œufs sont à l'intérieur ? demanda-t-il.

-Tu ne peux pas sentir leur présence ? répondit-elle, en se retournant vers lui, les sourcils froncés.

Merlin étendit ses perceptions, et ce fut comme s'il recevait une gifle en plein visage... l'empreinte fluctuante de la magie qui marquait l'emplacement des œufs semblait à l'agonie. Elle reflétait la déchirure de la Source en souffrance... il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pourrait faire pour sauver les petits dragons. Et il était affreusement préoccupé par tant d'autres choses...

-Suis-moi, dit Morgane, en se retournant vers l'entrée de la caverne.

Il la rattrapa par le bras avant qu'elle ne s'éloigne, et il murmura :

-Attends.

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Le ciel parcouru d'éclairs était noir comme la nuit.

Le vent se mit à souffler, annonciateur de tempête...

Depuis les remparts de Camelot, les archers d'Elyan firent pleuvoir sur les Saxons une pluie de flèches enflammées, tandis qu'en contrebas, les chevaliers d'Albion qui déferlaient par les portes de la cité qui venaient de s'ouvrir pour foncer sus aux lignes ennemies avec bravoure.

Le bouclier de lumière bleue des forces d'Albion perça le nuage noir des forces Saxonnes.

Et dans le choc de la première charge menée au grand galop, la bataille commença.

Arthur éleva son épée contre les premiers Saxons tandis que sa monture bousculait les fantassins qui l'entouraient, les rejetant à terre à coups de sabot... Excalibur se mit à trancher et tailler avec vivacité dans sa main, jetant ses ennemis à terre. Elle chantait dans les airs en s'abattant, faisant jaillir de grands geysers de sang dans son sillage...

Les vibrations qu'elle émettait étaient teintées de magie, et Arthur se souvint : elle avait été forgée dans le souffle du dragon...

Kilgarrah était un peu là, avec lui, tandis qu'il la maniait...

Il était galvanisé par l'énergie de l'assaut, et cette pensée lui donna plus encore de courage.

Le bouclier magique dont les forces de Camelot étaient entourées réussissait à parer la plupart des attaques des nécromanciens. Les seuls sorts qui perçaient étaient ceux que les sorciers lançaient en combat rapproché...

Alator et Gili, qui encadraient Arthur, les faisaient alors dévier un à un, permettant au Roi de Camelot de poursuivre sa courageuse progression vers le cœur des troupes de Saxe. Arthur n'était pas seul. Solel combattait au coude à coude avec lui Perceval, et Léon, formaient leur garde rapprochée. Non loin d'eux, Annis, Loth et Bayard se frayaient un chemin à travers les guerriers noirs qui déferlaient sur eux par centaines, à la force du bras. La Reine du Nord combattait à la hache. Loth utilisait une épée à double tranchant tandis quue Bayard y allait de sa masse d'armes...

-Nous devons trouver Hengist ! s'exclama Arthur à ses troupes. Restez groupés, sous le bouclier, et en avant !

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooo)

Gwen ouvrit les yeux sur un bruit de clameurs lointaines... Elle se redressa et découvrit que le lit était vide...

Il faisait noir, mais était-ce encore la nuit ? Ou le ciel qui s'était étrangement obscurci ? Les sourcils froncés, elle se dirigea vers la fenêtre...et elle eut un choc en découvrant la bataille qui faisait rage au-delà des murs de Camelot.

Arthur, pensa-t-elle, terrifiée.

Elle fonça à son armoire, enfila sa chemise, ses chausses, bondit dans ses bottes. Puis elle se précipita vers la porte de sa chambre... pour la découvrir fermée à clé. Evidemment, elle n'avait pas la clé.

Arthur ! pensa-t-elle, furieuse.

Il avait osé l'enfermer... et pourquoi donc ne s'était-elle pas réveillée avant, avec tout le bruit qui régnait dehors, s'il n'avait veillé aussi à ce qu'elle reste plongée dans un profond sommeil ?

Elle l'aurait étranglé de ses propres mains s'il avait été là.

Mais il n'y avait aucune chance qu'elle le trouve ailleurs que sur le front... en train d'essayer de se faire tuer par quelqu'un d'autre... n'est-ce pas ?

-Est-ce que vous m'entendez ? cria-t-elle, en espérant que quelqu'un se trouvait là, à l'extérieur. Faites-moi sortir d'ici, immédiatement !

Pas de réponse...

Folle de rage, elle voulut défoncer la porte, et faillit se démettre l'épaule.
-La peste soit de toi, Arthur Pendragon ! s'exclama-t-elle.

Elle rejoindrait le champ de bataille, même si elle devait faire éclater les murs de ce château pour en sortir. Se raccrochant à ce que Morgane lui avait dit quand elles s'étaient quittées, à la Source d'Edel Terek, elle chercha des yeux quelque chose qui puisse lui servir de bélier...

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooooo)

Mithian se leva, les jambes flageolantes. Derrière elle, Gauvain était sonné, étendu à plat dos sur le lit qu'ils avaient réquisitionné dans les draps chiffonnés par leur étreinte. Avec un mélange de satisfaction et de surprise, la princesse regarda le baldaquin qui avait rendu l'âme dans un craquement sinistre quelque part au milieu de leurs ébats enflammés, les chaises renversées aux quatre coins de la pièce, la table en chaos et les vêtements éparpillés partout sur le sol. La joute avait été vraiment bonne...

Et elle se sentait étrangement libérée à présent.

Elle s'approcha de la fenêtre pour regarder ce qui se passait dehors, et soudain, son cœur, qui flottait léger comme une bulle quelque part en apesanteur, sombra dans le plus profond des abysses lorsqu'elle vit le combat qui faisait rage à hauteur des murailles...

-Gauvain, Arthur a lancé la charge ! s'exclama-t-elle.

Elle attrapa ses chausses et se mit à sauter à cloche-pied pour les enfiler, en panique.

-Tu plaisantes ? dit Gauvain, qui peinait à émerger de la léthargie où il était plongé.

-Regarde toi-même, si tu ne me crois pas ! répondit-elle en plongeant dans ses bottes. Tu crois franchement que je blaguerais avec ça ?

-Tu es sérieuse... dit-il, perplexe.

Il sauta du lit et se précipita, nu, vers la fenêtre, pour embrasser le spectacle à son tour.

-Par tous les dieux ! jura-t-il. Ils auraient au moins pu nous attendre ?

-C'est nous qui ferions mieux de nous dépêcher ! s'exclama Mithian, en commençant à boucler son armure avec dextérité par-dessus sa chemise.

Quelques instants plus tard, ils émergeaient en courant et se mettaient à remonter le couloir lancés à vive allure. Gauvain était en train de boucler le ceinturon de son épée Mithian rajustait ses gantelets. Ils étaient tous les deux échevelés... et dans une forme magnifique.

-Il faut aller aux écuries, dit Gauvain. J'espère qu'il restera des chevaux !

-Attends !

Mithian se figea brusquement, les sourcils froncés.

-Quoi ?

-Tu n'as pas entendu ?

-Quoi ?

-Une voix !

-Ce n'est pas le moment de faire une pause, Princesse, dit Gauvain, en la saisissant sans ménagement par le bras. Si vous voulez pouvoir livrer cette bataille avant qu'elle ne soit terminée...

« Ouvrez cette fichue porte ! »

Gauvain s'immobilisa à son tour, et croisa le regard de Mithian.

-Est-ce que ce n'est pas la voix de Gwen ? demanda-t-il.

La princesse acquiesça, puis, elle réalisa ce qui avait dû se passer.

Elle secoua la tête, indignée.
-Je n'arrive pas à le croire ! Arthur l'a enfermée dans sa chambre !

Changeant de cap, Mithian se mit à courir vers les appartements royaux.

-Et que croyez-vous faire ? dit Gauvain en la poursuivant.

-Je nous trouve une équipière, répondit la princesse. Nous aurons bien besoin d'elle au combat, vous verrez ! Gwen !

-Mithian ? lui répondit la voix bouleversée de la Reine, de l'autre côté de la porte. Est-ce que c'est toi ? Bon sang, sors-moi d'ici ! Je ne vais pas passer toute cette fichue bataille entre quatre murs...

-Recule, Gwen ! Gauvain va défoncer la porte !

Mithian se retourna pour faire face au chevalier, un sourcil en accent circonflexe.

-A toi de jouer, Gauvain.

-Arthur sera furieux contre moi si je fais ça, protesta-t-il.

-Arthur est loin, répondit Mithian. Je suis juste à côté. Tu ferais bien de t'exécuter tout de suite si tu ne veux pas me mettre en colère.

Une brève évaluation des risques convainquit Gauvain que mettre Mithian en colère maintenant était effectivement un mauvais pari. Il soupira, puis, prit son élan, et bondit, fracassant la porte à la première poussée...

Il perdit l'équilibre et tomba dans la chambre.

Sans même un «bonjour », Gwen le dépassa et fonça dans le couloir.

-A l'armurerie ! cria-t-elle.

Mithian bondit sur ses traces.

Gauvain jura et suivit les deux femmes lancées à toute allure.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooo)

Il était temps pour Mordred de fausser compagnie à Arthur pour remplir sa promesse envers Ikbaal.

Il laissa les chevaliers Saxons contre lesquels il combattait l'entourer, et l'éloigner du Roi, en apparence, submergé par le nombre...

Il regarda Arthur, qui venait de s'apercevoir qu'il s'était éloigné, tenter une percée dans sa direction, en s'écriant : «Solel ! ».Le Roi fournit un effort désespéré pour essayer de le rejoindre, poussant jusqu'aux frontières du bouclier de protection...

Et Mordred sourit en voyant Perceval, et Léon, se précipiter vers lui pour l'empêcher de quitter l'abri magique à son tour.

-Non ! dit Perceval, en le retenant à bout de bras. Sire, non ! Si vous dépassez la limite, rien ne pourra plus vous défendre contre les attaques des magiciens noirs !

-Mais Solel, protesta Arthur, désespéré.

Perceval secoua la tête.

-Nous ne pouvons plus rien faire pour lui...

Arthur se mordit la lèvre, les larmes aux yeux.

C'est sur ta bêtise que tu pleureras, quand tu comprendras qui est vraiment Solel, pensa Mordred, amusé.

Il attendit que les Saxons qui l'encadraient l'aient emmené suffisamment loin, puis, il conjura un couloir de déplacement instantané, en direction de l'Ile des Bénis.

Il avait un dragon à tuer...

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Wildor et les jeunes magiciens du Sanctuaire terminèrent d'incanter le sortilège qui déplacerait les œufs d'Aithusa... ceux-ci se mirent à luire d'étincelles magiques, s'élevèrent dans les airs... puis, s'évaporèrent.

La dragonne blanche soupira, et posa sa tête sur le sol, les yeux clos.

-Tout est accompli, murmura-t-elle.

Alors qu'elle prononçait ces mots, Wildor sentit un violent remous dans la Source de la magie... Il se retourna, et cligna des yeux en voyant la silhouette d'un chevalier apparaître, non loin du Temple de la Magie. Il se redressa, et fit un pas en avant, la vue brouillée par l'aurore.

-Qui va là ? demanda-t-il, d'une voix forte.

Puis, il sentit la puissance qui émanait de l'homme, comme un manteau de noirceur, prêt à déscendre sur eux... et il sentit l'indignation monter en lui.

-Votre art insulte la Source et le Sanctuaire. Vous n'êtes pas le bienvenu ici, s'exclama-t-il, d'une voix tremblante. Allez-vous en, qui que vous soyiez.

La voix qui lui répondit était empreinte d'un calme terrible...

-Je ne crois pas, non.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooo)

-Le temps presse, Merlin, dit Morgane, sur le seuil de l'antre de cristal.

Pourquoi refusait-il de la suivre ?

Se doutait-il de quelque chose ?

-Morgane, lorsqu'Arthur et moi avons rencontré Mordred... il ne nous a pas dévoilé son visage... Mais il a dit quelque chose... Il a laissé entendre qu'il a vécu à Camelot, pendant toutes ces années... caché sous une fausse identité. Si c'est le cas, alors, il est peut-être au plus près d'Arthur en ce moment... sur le point de le frapper en traître. Je ne peux pas laisser une telle chose se produire... tu comprends ?

Elle frissonna en regardant ses grands yeux bleus, remplis de doutes.

Il était si proche de la vérité...

Pourquoi fallait-il qu'il lui rende les choses si difficiles ?

-Merlin, plus nous perdrons de temps ici et plus nous tarderons à rejoindre Arthur, le pressa-t-elle.
-Mais autrefois, tu partageais un lien très fort avec Mordred..., commença-t-il.

-C'était il y a très longtemps, répondit-elle, en soutenant son regard.

-Je sais... je sais, dit-il en secouant la tête. Mais tu le connaissais mieux que moi. A ton avis... s'il avait dû adopter un personnage pour se fondre dans la masse... lequel aurait-il choisi ?

Elle cligna des yeux.

Pourquoi fallait-il qu'il lui pose toutes ces questions ?

Pourquoi fallait-il que Mordred ait encore joué à donner des indices ?

Pourquoi fallait-il que Merlin soit si proche de tout découvrir ?

Elle sentit une grande faiblesse s'emparer d'elle... et soudain, elle eut envie de tout lui révéler.

De se réfugier contre lui, de fermer les yeux dans son étreinte. De savoir qu'il la protègerait avec la lumière de sa bonté, et qu'il punirait Mordred pour tout le mal qu'il avait fait.

Si seulement... si seulement.

Sa gorge était gonflée de toutes les larmes qu'elle ne pouvait verser, et elle se sentait crier intérieurement.

Mais elle le regarda, et ressentit en lui le même déchirement qu'elle pouvait éprouver dans la Source. Sa magie était ébranlée par les arts noirs...S'il cherchait à combattre, maintenant, il se briserait... Mordred le détruirait, et alors, il n'y aurait plus aucun espoir. Elle chercha en elle-même la force de continuer à lui mentir... pour cela, elle était obligée de dire, au moins partiellement, la vérité.

-Mordred était un enfant hors du commun, reconnut-elle à voix basse. Il était impossible de ne pas le remarquer... Je pense que, d'une manière ou d'une autre, il se serait distingué même s'il avait décidé de vivre sous l'apparence d'un homme ordinaire...

Merlin hocha lentement la tête... Il se serait distingué... oui... mais en tant que quoi ? Conseiller ? Chevalier ? Cela semblait impossible...

-Les perturbations de la Source..., dit-il, pour tenter d'y voir plus clair. Quand ont-elles commencé au juste ?

Elle secoua la tête.

-Je l'ignore. Pendant le Pèlerinage de l'Eau et de la Lune, je n'avais pas le droit d'utiliser ma magie... Je n'ai pas été en contact avec la Source pendant de longs mois...

-Mais ensuite. Quand tu es retournée sur l'Ile... tu as dû les sentir..., insista Merlin.

-J'ai appris qu'Aithusa était entrée en travail aussitôt après mon arrivée, répondit Morgane. Comment la Source aurait-elle pu ne pas être bouleversée par les naissances à venir ?

Elle tendit la main vers lui, et ses doigts s'accrochèrent à sa chemise.

-Merlin, je t'en prie. Les œufs...

Merlin soupira, et hocha la tête.

-Allons voir ce que nous pouvons faire pour eux, acquiesça-t-il.

Elle sentit son cœur manquer un battement quand il pénétra à sa suite, dans l'Antre de Cristal.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooo)

Mordred marcha résolument en direction de la dragonne blanche.

Le jeune homme qui lui avait dit de reculer s'avança face à lui, les sourcils froncés.

Derrière lui, tous les jeunes magiciens de l'Ile se rassemblèrent, formant un mur protecteur et déterminé devant Aithusa qui gisait à terre, immobile. Mordred eut un aperçu de l'abdomen sanglant et déchiré de la créature, et il eut un sourire. Elle était blessée... voilà qui lui faciliterait les choses.

Il leva les yeux pour scruter le visage fermé du jeune magicien qui lui faisait face.

Ce devait être Wildor.

Le favori de Morgane...courageux, mais stupide.

Mordred dégaina son épée, l'épée que Kilgarrah avait forgée pour lui dans le désastre de la bataille de Nemeth.

Elle irradiait de pouvoir.

Wildor le sentit, et il pâlit, mais il ne recula pas pour autant.

-Qu'avez-vous l'intention de faire avec cette épée ? demanda-t-il, avec colère.

-Cette lame ne t'est pas destinée, répondit Mordred, d'un ton calme. Laisse-moi passer, enfant...

Le jeune magicien étrécit les yeux et répondit :

-Jamais.

Derrière lui, les jeunes élèves de Morgane se rapprochèrent un peu plus, les uns des autres.

Leurs yeux étincelèrent, alors qu'ils rassemblaient leurs pouvoirs...

Les imbéciles.

-J'atteindrai Aithusa, quoi que vous tentiez pour m'en empêcher, prévint Mordred.

-Non, vous ne vous approcherez pas d'elle, dit Wildor, d'un ton de défi. Nous ne vous laisserons pas faire...

-Tu n'as pas le pouvoir de t'interposer entre le dragon blanc, et son destin, s'exclama Mordred.

-Vous n'êtes pas son destin, lâcha Wildor, d'une voix vibrante de fureur.

-Je suis le destin d'Albion ! proclama Mordred.

Et il mit juste assez de pouvoir dans sa voix pour faire trembler le sol sous leurs pieds.

Quand Wildor fixa à nouveau ses yeux sur lui, ils étaient dilatés par la peur...

-C'est à cause de vous, souffla-t-il. C'est à cause de vous si la Source est en train de changer.

-Je suis le destin d'Albion et le nouveau maître de la Source, dit Mordred, avec autorité.

Il fit un pas en avant, offrant son amitié.

-Vous n'êtes pas obligés de me combattre, Wildor. Nous sommes tous des sorciers, nous appartenons tous au même peuple. Nous devrions faire partie du même camp. Ralliez-vous à moi, et vous aurez votre place dans le nouvel ordre...

-Nous ne suivrons personne d'autre que la Grande Prêtresse.

-Dans ce cas, vous serez soulagés d'apprendre que c'est à moi que Morgane obéit, dit Mordred, avec satisfaction.

-Je ne vous crois pas, dit Wildor d'une voix blanche.

-Alors, tu n'es qu'un idiot, lâcha Mordred d'une voix dure.

Il embrassa du regard les rangs des disciples de Morgane. La colère montait en lui, peu à peu.

-Croyez-vous que les sorciers de Saxe vous proposeront de vous rallier à eux quand ils arriveront ici pour s'emparer du Temple et du pouvoir qu'il contient ? Croyez-vous qu'ils perdront leur temps à tenter de vous convaincre comme je le fais maintenant ? Ralliez-vous à moi, et j'assurerai votre protection. Vous pourrez continuer à servir Dame Morgane, lorsqu'elle sera devenue ma Reine...

Wildor secoua la tête.
-Dame Morgane ne deviendra jamais votre Reine, et nous ne serons jamais vos disciples... Nous suivons le prophète Emrys, qui nous a enseigné la magie, et les mystères de la Source... Il est notre seul maître. Vous n'êtes rien.

-Pourquoi vous dressez-vous contre moi ? dit Mordred, furieux. Emrys n'est rien ! Je vais sauver la magie. Je vais sauver l'avenir !

-Vous êtes fou à lier, souffla Wildor. Vous n'avez pas le droit de vous inviter dans le Sanctuaire de la Magie avec une telle arme, ni de menacer la vie d'Aithusa. Allez-vous en. Quoi que vous soyiez venu chercher ici, vous ne le trouverez pas... Nous resterons fidèles à Dame Morgane, et à Merlin, jusqu'à la mort s'il le faut.

-Alors, vous mourrez tous, dit Mordred, les yeux étincelants de haine.

Et il rassembla toutes les ténèbres de son pouvoir pour les frapper.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooo)

Morgane précéda Merlin à l'intérieur de la caverne... déscendant au milieu des cristaux qui luisaient doucement dans la pénombre. Il la suivit d'un pas pressé, et ils arrivèrent bientôt à hauteur des œufs immaculés qui reposaient dans leur écrin de roches...

Lorsqu'il les vit, Merlin oublia tout le reste.

Il sentait son sang l'appeler vers eux, avec toute la force de l'instinct paternel qu'il éprouvait pour la déscendance de Kilgarrah. Il s'agenouilla à côté du premier œuf, et posa sur sa coquille une main révérencieuse. Il sentit un éclair de terreur le traverser quand aucun petit dragon ne bougea en réponse à l'intérieur...

-Ils sont si faibles, dit-il, avec effroi, les yeux embués de larmes. Comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? Comment ces naissances ont-elle pu si mal tourner ? Morgane... je ne sais pas si j'ai le pouvoir de les appeler à la vie... je ne sais pas si j'ai le pouvoir de les sauver...

Il en aurait pleuré, parce que, s'il ne pouvait rien faire pour ces malheureuses créatures, Aithusa serait la dernière dragonne, et l'espèce toute entière disparaîtrait. Qu'était supposé devenir le monde, sans dragons, sans magie ? Il devait faire quelque chose... Il concentra ses pouvoirs afin qu'ils soutiennent la vie fragile qu'il réussissait à ressentir... les focalisa sur l'oeuf... et tenta d'en entourer la forme du petit dragon recroquevillé à l'intérieur.

Il chercha, et chercha le petit corps... et soudain, il comprit pourquoi il ne sentait rien...

L'oeuf était vide.

Il n'y avait aucun dragon à l'intérieur.

Tout ce qui l'entourait n'était qu'illusion...
-Morgane ? dit-il, en redressant la tête.

Mais elle n'était plus à côté de lui...

-Pardon, Emrys, entendit-il.

Il sentit la peur déscendre sur lui.

Il distingua la silhouette de Morgane, debout, à côté de l'entrée de la caverne.

Elle avait les paupières closes.

Elle étendit la main, et soudain, il comprit.

Elle l'avait attiré dans un piège.

Et elle était maintenant en train de le refermer sur lui.
-Nooooooon ! hurla-t-il, dans un déchaînement de puissance, en fusant vers l'entrée de la caverne.

L'énergie se déploya autour de lui comme un brasier ardent, et l'espace d'un instant il crut qu'il arriverait à temps pour s'échapper. Mais il suffit à Morgane d'effleurer la roche du bout des doigts... pour qu'il se heurte à un mur infranchissable en voulant s'arracher à la caverne. Il percuta la barrière de plein fouet, et fut violemment rejeté en arrière.

Lorsqu'il se redressa, il sentit le filet qui s'était activé tout autour de lui, sa magie étrange et puissante... il vit les runes étinceler, sur les parois de la caverne.

Et il réalisa, dans un éclair de désespoir, qu'il était prisonnier.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooo)

Les yeux d'argent d'Aithusa s'ouvrirent lorsque Wildor étendit la main pour attaquer Mordred avec toute la puissance de sa magie. Blanche et Séléné s'élevèrent dans les airs pour fondre sur le sorcier noir pendant qu'Adèle soulevait la terre autour de lui pour l'emprisonner dans un écrin de glaise. Marika suscita une tornade pour la faire déscendre sur lui... et Mordred vola dans les airs, soufflé par l'impact.

Dorian, Jaïr et Grèse frappèrent dans leurs mains pour élever autour de la dragonne blanche leur bouclier de protection.

Les plus jeunes disciples qui assemblés auprès d'elle, à l'abri du mur de magie, les aidèrent à stabiliser la muraille.

Les jouteurs exercés, qui s'entraînaient régulièrement dans l'arène, se mirent en position d'attaque derrière Wildor.

Et Wildor s'avança en direction de son ennemi d'un pas déterminé, les yeux flamboyants comme deux soleils.

Le jeune magicien avait matérialisé une lance de pouvoir, dans sa main droite. Il était magnifique et furieux lorsqu'il prit la parole.

-Crois-tu que nous ne soyions que des enfants sans défense ? Nous sommes les disciples de la Grande Prêtresse, les gardiens du Sanctuaire, les magiciens de la Source et les protecteurs du Temple.

Mordred était en train de se relever, irradiant de haine.

Il lança sa contre-attaque, violente, fulgurante...et noire comme la nuit.

Aithusa ressentit le choc qui transperça le bouclier de Wildor comme une douleur physique, comme si elle avait reçu le coup elle-même. Elle sentit l'énergie de la Source s'assombrir et s'infléchir. Trop près... Mordred était trop près du cœur de la magie.

Il n'avait plus aucune prise sur sa propre puissance à présent.
Blanche et Séléné reçurent Wildor dans leurs bras et l'aidèrent à se redresser avant qu'il ne s'effondre.

Les yeux d'Elma se révulsèrent alors qu'elle en appelait aux esprits pour attaquer Mordred...

Le sorcier sourit sombrement et prit le contrôle des fantômes qui fondaient sur lui avec sa magie noire. Ils se retournèrent vers les enfants en hurlant pour commencer à les attaquer...

Mordred étendit les mains, et des tentacules ténébreux commencèrent à se déployer autour de lui. Bien qu'il soit frappé de toutes parts, il brisait les attaques qui se multipliaient. Sa rage faisait trembler la terre sous ses pieds alors qu'elle se condensait en lui... Sa puissance monstrueuse ne cessait de s'enfler.

Aithusa se redressa, et, au prix d'un violent effort, et elle déploya ses ailes. Rassemblant ses forces, elle s'éleva dans les airs, dans un rugissement furieux... Le sang coulait de ses entrailles ouvertes, mais elle stabilisa la Source, avec toute la puissance de sa magie, et se dressa au-dessus du champ de bataille.

Puis, elle déscendit sur Mordred, en piqué, la gueule ouverte, prête à cracher sur lui son pouvoir...

Je suis un dragon blanc, pensa-t-elle, furieuse, en lançant son attaque. Ne crois pas pouvoir me saigner comme un agneau à l'abattoir, Mordred.

Elle le vit lever les yeux sur lui. Dans sa main dressée, il brandissait la lame meurtrière que Kilgarrah avait forgée pour lui.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo ooooooooooooooooooooo)

Merlin sentit la terre s'ouvrir sous ses pieds lorsqu'il comprit ce qui venait de se produire.

Morgane l'avait trahi...

Comment avait-il pu ne pas voir cette intention en elle, depuis le début ?
Il se remémora l'expression de son visage pendant le Conseil de la Table Ronde...son air égaré, perdu. Ses arguments étranges. La manière dont elle le dévisageait... Il aurait dû savoir. Il aurait dû savoir. Mais jamais il n'aurait pensé... proches comme ils l'étaient... qu'elle puisse se retourner contre lui...

Et il n'arrivait pas à comprendre pourquoi.

Furieux et paniqué, il chercha à ébranler la trame du filet qui maillait la caverne, dans une nouvelle déflagration magique.

Il éprouvait tellement de colère que s'il arrivait à ressortir maintenant, il la tuerait pour ce qu'elle avait fait...

Le désespoir monta en lui comme une vague alors qu'il réalisait qu'il n'arrivait pas à se libérer.

Morgane l'avait séparé d'Arthur. Elle l'avait coincé loin du champ de bataille... Et s'il ne pouvait pas y retourner... Arthur...

-Noooon ! rugit-il, en cognant à coups redoublés contre l'entrée de la caverne,le cœur percé par une douleur inimaginable.

Ses yeux se mirent à brûler comme l'or pur... il projeta toute la puissance de sa magie contre les parois de la caverne... une fois encore.

Sa magie ricocha contre le filet, venant frapper les cristaux de l'antre qui s'éveillèrent sous l'impact.

Il rugit comme un animal blessé, pantelant dans la peur qui lui comprimait le coeur, et il se retourna vers Morgane.

Elle était toujours là, de l'autre côté de la barrière invisible.

Blanche comme la mort... magnifique traîtresse, silencieuse et cruelle, qui le regardait se débattre entre les barreaux de la cage qu'elle avait créée pour lui...

-Pourquoi, Morgane, pourquoi ? s'écria-t-il, d'une voix remplie de désespoir et de colère.

Elle se détourna, et l'espace d'un instant, il crut qu'elle allait partir, sans lui répondre, le laissant là, comme fou.

Mais ensuite, elle changea d'avis, et lui fit face.

Ce fut alors qu'il la vit vraiment.

Elle ne triomphait pas. Elle ne souriait pas. Elle avait une main pressée sur son cœur. Et les larmes roulaient sur ses joues comme si la source de son regard était vouée à demeurer à jamais intarissable. Lorsqu'elle ouvrit la bouche, les mots qui sortirent de ses lèvres étaient rauques comme un murmure mourant, et ce qu'elle dit désamorça sa colère.

-Pardon. Je n'avais pas le choix, Merlin. Il fallait que je le fasse.

Il posa les mains sur le mur invisible, et répondit d'une voix forte :

-Nous avons toujours le choix.

Il sentit son hésitation, vit l'expression de son visage.

Et il comprit que ce qu'elle venait de faire avait été aussi dur, pour elle, que ce qu'il lui avait fait, le jour où il l'avait empoisonnée...

Soudain, la symbolique de l'endroit où elle l'avait amenée le frappa de plein fouet... et il comprit une chose essentielle.

Elle avait forcée à le faire, n'est-ce pas ?

Par quelque chose... ou par quelqu'un.

Mordred, pensa-t-il aussitôt.

Morgane devait lui avoir menti, quand elle lui avait dit qu'ils ne s'étaient pas revus... et en un sens, c'était si logique que Merlin se maudit de ne pas l'avoir compris plus tôt. L'enfant-druide avait été si attaché à Morgane... Bien sûr qu'il avait dû revenir vers elle, une fois assez grand, et assez fort pour lui demander de l'aider dans ses projets...

Peut-être avait-il trouvé le moyen d'exercer sur elle des pressions contre lesquelles elle n'avait pas pu lutter...

Il se tendit vers la prêtresse, vers son amie, vers sa disciple, de toutes ses forces, de tout son cœur.

-Morgane, écoute-moi, implora-t-il. Quel que soit ce que Mordred t'ait demandé de faire, tu n'es pas obligée de l'écouter. Laisse-moi sortir d'ici, je t'en supplie. Laisse-moi sortir d'ici et résolvons ce problème ensemble. Il n'est pas trop tard... il n'est pas trop tard pour tout arrêter.

Les larmes jaillissaient de ces yeux verts, rivés aux siens.

Et l'espace d'un instant, il crut qu'elle allait céder.

Elle tendit la main, et effleura presque le mur, à l'endroit où il le touchait avec son front.

Puis, elle retira ses doigts, et il vit une dureté inébranlable s'inscrire sur son visage.

Ses phalanges se crispèrent au point de blanchir.

-Non, Merlin, dit-elle, d'une voix résolue. Tu te trompes. Il est trop tard. La fin de Camlann est déjà écrite... et tu ne peux rien y changer.

-Morgane... haleta-t-il, alors qu'elle se détournait. Morgane, non ! Ne pars pas ! Ne me laisse pas enfermé ici ! Morgane ! LIBERE-MOI, JE T'EN SUPPLIE !

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Aithusa plongea sur lui, et Mordred fit ricocher le feu de son attaque d'un geste de sa main.

Elle ouvrit ses crocs pour le saisir, et il darda sa lame dans sa direction...

A l'instant où elle arriva au-dessus de lui, il la frappa au poitrail, lançant son épée contre elle avec sa magie. Elle cria. Son cri ébranla l'Ile toute entière...

Puis, elle s'abattit sur le sol, soulevant des gerbes de terre autour d'elle.

L'épée était plantée dans son cœur. Elle essaya de se redresser...

Mordred entendit les disciples de Morgane crier, et soudain, son pouvoir lui échappa, dans une rage destructrice...

La Source fit une embardée.

Et la puissance des ténèbres se déchaîna tout autour de lui.

Comme un spectateur, il regarda les corps des petits enfants voler autour de lui, désarticulés, dans de grandes gerbes de sang, leurs membres se détacher de leurs troncs, leurs têtes s'arracher à leurs cous... cette bataille était surréaliste, tout était tellement facile, que ça lui donnait envie de rire...

L'énergie de la Source venait accroître sa puissance, et les ténèbres furieuses de sa magie noire anéantissaient tout sur leur passage...

Les pierres du Temple de la magie volaient en éclats, les arbres de l'île étaient arrachés à la terre, la terre des jardins labourée par les griffes de sa puissance...

-Imbéciles, cria-t-il. Pourquoi vous êtes-vous retournés contre moi ?

Lorsque le déferlement de sa puissance retomba, net, il n'y avait plus le moindre souffle de vie dans le Sanctuaire... à l'exception de la respiration pénible d'Aithusa, dont le cœur battait encore, faiblement.

Mordred se retourna vers elle, avançant jusqu'à son corps à l'agonie.

D'un geste brutal, il retira son épée de sa cage thoracique, la faisant rugir de douleur, une dernière fois.

Puis, il commença son travail de boucher, avec méthode, les mâchoires serrées...

Il était couvert de sang, de la tête aux pieds, lorsqu'il arracha le cœur du dragon blanc de sa carcasse sans vie.

(oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooooooooo oooooooooooooooooooooo)

Morgane s'éloigna de l'entrée de la caverne, en sanglotant, et elle tomba à genoux...

Elle n'arrivait plus à bouger, elle n'arrivait plus à penser.

L'expression du visage de Merlin, quand il s'était retournée vers elle en comprenant ce qu'elle lui avait fait, lui était insupportable...

Elle avait donné tout ce qu'elle avait de réserves pour arriver à l'enfermer, mains maintenant, elle n'avait plus la force de continuer. Elle ne pouvait même plus mettre un pied devant l'autre...

C'est trop dur, Aithusa, pensa-t-elle, en se tendant vers la dragonne, entre deux sanglots. Je n'y arriverai pas... je n'y arriverai pas...

Et ce fut alors, qu'elle cherchait désespérément le réconfort de sa présence, qu'elle sentit le vide qui s'était formé de l'autre côté du lien qu'elle partageait avec sa Reine... Ses yeux se dilatèrent alors que son esprit ne rencontrait que du vide.

Elle cria en elle-même.

Son cri remplit tout l'espace. Elle cria en sachant que personne ne lui répondrait, parce que quelque chose d'atroce venait de se produire.

AITHUSA !

Aithusa était morte.

L'âme de Morgane se fendit en deux.