Deuxième traduction:
Note: C'est écrit deuxième traduction parce que c'est la deuxième postée sur ffnet. Elle est précédée de plusieurs autres que je posterai après. La fic d'origine s'intitule "Fallen Angels."
Genre:
Shoujo-Ai, soit, pour les non initiés, une femme et une autre femme qui s'aiment de façon romantique. Si vous n'aimez pas, passez votre chemin.
Audience: Rien de vraiment choquant, mais je déconseille aux moins de 12 ans quand même.
Remerciement: Claude le noctambule pour sa beta-lecture de la traduction.

Anges Déchus.

Deux femmes dans un lit.
Une éveillée, l'autre endormie.
La lune se lève derrière le sommet de la montagne, mais ni l'une ni l'autre ne peut la voir à travers le voile des rideaux ou des rêves.
C'est une lune pleine, pleine de suspicion, de non-dits.
Ses rayons argentés se conjuguent à ceux des lampadaires, s'insinuant dans les espaces laissés par le rideau pour venir inonder le visage de la consciente.

Pourquoi? Elle se demande...
Ses mèches rouges cendrées brillent dans la sombre nuit noire formée par les cheveux de l'autre fille.
"Pourquoi?" Murmure-t-elle. À peine un souffle. Un soupir au milieu du silence qui occupe la chambre.
La question reste en suspens, s'étire en l'absence de réponse, face au manque de conclusion.
Pourquoi ne parvient-elle donc pas à s'endormir?
Pourquoi est-ce que son cœur bat ainsi?
Elle pensait... Elle pensait à tant de choses avant, mais à présent elle ne parvient pas à penser à autre chose qu'à cette question qui la trouble tant.

Un cri rauque se fait entendre, ses yeux s'élargissent de peur.
Mais y'avait-il vraiment eu ce bruit? N'était-ce pas une illusion de son esprit?
Cela ne pouvait être un de ces corbeaux. Ils étaient tous partis.
Le seul qui reste est le corbeau gris ci-présent, vivant encore dans leur ombre persistante.
Ah! Quelle ironie du sort.

Elle entend la douce et calme respiration de l'ange à ses côtés.
La présence de son dos contre le sien la rassure tant.

Pourquoi le destin a-t-il choisi de faire d'elles des compagnes pour une nuit?
Pourquoi est-ce qu'elle, de toutes les personnes dans ce monde, s'était trouvée sur le même bus, à voyager vers la même destination qu'elle?
Bien entendu, il y avait eu un meurtre.
Il y avait toujours un meurtre.
La mort semblait se moquer d'elle, à toujours se trouver sur son chemin, à la refuser.

"La mort..." Grommelle-t-elle. Mort. Féminin
Elle se demande si La Mort et Kudo ont déjà échangé leurs vœux ou s'ils continuent simplement de flirter ensemble.
Il est évident que Mouri s'est retrouvée abandonnée.
Décidément il n'y comprend toujours rien...

La question revient, tout aussi énigmatique et urgente qu'avant.

Le meurtrier fut rapidement trouvé et arrêté.
Par cet homme aux airs supérieurs avec sa montre et ses gants...
Cependant le bus ne pouvait aller plus loin, et la destination finale était encore trop éloignée pour marcher.
Mais on leur trouva rapidement à loger pour la nuit.
Un motel du coin; deux ou trois par chambre, par lit.

Elle à côté de cette femme dans ce lit.

Pourquoi est-ce que cela la dérangeait?
N'avait-elle pas...? Elle n'avait pas...?
Elle pensait pourtant que si. Mais se peut-il?
Exaspérée, elle se relève avant de jeter un œil sur sa compagne.

"Pourquoi?" Dit-elle, à voix haute cette fois.
Pourquoi quoi?
La question rebondit.
Pourquoi est-ce que je ressens cet amour, cette envie?
Elle se met debout, dans l'espoir qu'une promenade nocturne l'aidera à se vider la tête.
Une main l'empêche de s'éloigner.

"Pourquoi?"
L'ange ne dort plus, et lui pose cette même question.
"Mo... Mouri-san?" Elle bégaie de surprise au sentiment dans son sein.
"Comment connais-tu mon nom, Miyano-san? Je leur ai dis que mon nom était Edogawa."
Zut. Elle s'est piégée d'elle-même.
Il est vrai que cette femme avait donné un faux nom.
Que faire? Mentir?
Mais n'en avait-elle pas toutes deux assez des mensonges?
Elle soupire.
"Si Kudo est Edogawa, alors moi je suis Haibara."
Un choc. Un regard.
Une nouvelle question qui lui brûle la langue.

"Pourquoi le faux nom, Mouri-san?"
"Ai-chan?"
"Mouri-san!"
"Je..."

L'ange frissonne, et Miyano remarque non pas pour la première fois la lueur de détresse dans ses yeux.
"Qu'a-t-il bien pu se passer pour que Kudo te laisse seule t'aventurer si loin au Nord? Je croyais qu'il t'aimait?"
"Il m'aime." Répond-elle. "Il m'aime, et je l'aime aussi. Mais que dieu m'aide, je ne parviens pas à l'aimer comme je le devrai."
Un sanglot. Silence.
Des larmes coulent le long des joues de Mouri Ran.
Ne sachant que faire, la femme debout s'assoit sur le lit et lui tient l'épaule.

"Je ne comprends pas."Murmure-t-elle.
"Moi non plus Ai-chan. Si seulement je savais..."
"Appelle-moi Shiho..."
"Alors appelle-moi Ran."

Forçant un sourire courageux sur son beau visage, Ran essuie sans grand succès ses yeux.
Avec quelques hésitations au début, le récit de ce qui est arrivé à Kudo et Ran après le départ surprise de Shiho de Tokyo se voit déballé.

Ran n'avait jamais rencontré Shiho, et ne pouvait que se poser des questions sur cette Miyano dont s'inquiétait Kudo.
Kudo lui parla alors de la vérité sur son absence. De Conan, de Haibara.
Il lui confessa son amour seulement après lui avoir laissé le temps d'assimiler les faits.
Ils tentèrent de sortir ensemble pendant un temps, mais les disputes arrivèrent bien vite. Ils ne se mettaient pas d'accord sur ci ou ça, et devaient se disputer sur autre chose.
Et pendant tout ce temps, Kudo continuait de chercher Miyano.
Pendant tout ce temps Ran essayait de comprendre ce qui n'allait pas chez elle.

"Mais pourquoi? Pourquoi as-tu quitté Tokyo?" Demande Shiho.
"Il pensait t'avoir retrouvé. Il partait pour l'île du Sud pour te chercher. Je me suis fâchée, et j'ai dit des idioties.
J'en avais eu assez. Je décidai de partir dans la direction opposée. Me servir d'un faux nom pour le viser et lui rendre la tâche plus ardue."
"Je vois."

Donc le grand détective de l'Est est finalement parvenu à retrouver des traces de son départ.
Certes, elle a encore des kilomètres d'avance, mais pour combien de temps?
Est-ce important? Elle était partie sans mot dire en pensant que lui et Ran allaient se marier.

"Tu sais, je m'étais bien demandé s'il se pouvait que tu sois elle quand nous nous sommes rencontrés sur le bus, mais je ne pensais pas que tu sois, vraiment...
Pourquoi es-tu partie?"
"Je l'ignore." Ment-elle, honteuse. "J'ai cru que je n'avais plus ma place dans sa vie, donc j'ai fuit."
"Tant de questions, si peu de réponses..." Soupire Ran. "Et dire que je croyais que Shinichi avait réponse à tout."
C'est vrai.

Pourquoi est-ce que les larmes ne s'arrêtent pas?
Pourquoi ce sentiment se trouve-il encore là?
Prenant son courage à deux mains, se souvenant du passé pas si lointain où Ran-neesan avait offert un réconfort semblable à la petite Ai-chan, Shiho Miyano se penche en avant pour enlacer Ran dans ses bras.
Oui, ce sentiment est encore là.

Attends, ne sent-elle pas que la réponse est proche?
Un moment de confusion, un instant de panique...
Et soudainement la réponse se fait voir clairement, avant que la réalisation ne tombe.
Leurs lèvres se séparent.

Alors c'est pour ça.
Maintenant elles savent.
Elles partagent un regard de compréhension.

"Des anges déchus..." Murmure Shiho.
"Toutes les deux." Ajoute Ran.

Fin.