Ensemble, nous combattrons...
Le plan est simple, même s'il est aussi, pour des raisons évidentes, assez risqué.
Le commissaire Maigret, Shiratori, et cet agent du FBI, James Black, surveillent toute l'opération tandis que nous, un amalgame d'agents du FBI, des forces spéciales d'intervention, et d'enquêteurs, fonçons dans le bâtiment à leur signal.
Je ne connais aucun précédent à un tel rassemblement de forces de police.
Et tout cela grâce à Kudo.
Shinichi Kudo, ce détective adolescent dont j'ai tant entendu les éloges.
Takagi
et le commissaire Maigret étaient tout deux fous de joie
lorsque le garçon nous a dit qu'il revenait pour de bon à
Tokyo. Il ne leur en a pas fallu beaucoup, une fois mis au courant de
l'affaire et de l'aide qu'il nous demandait, pour que le commissaire
accepte et fasse les démarches nécessaire.
Le jeune
homme avait déjà le soutien du FBI.
Je suis contente d'avoir la chance, enfin, de travailler avec lui.
Il
est exactement tel qu'on le décrit.
Innocent mais vif
d'esprit, il se concentre tant sur l'affaire en cours, tout en
parvenant malgré tout à en rendre l'explication simple
et aisé.
Ses idées sont innovantes et le plus
souvent efficaces. Cela ne fait pas de mal qu'il est aussi charmant
qu'il est beau.
Mais cependant, il m'a l'air bien tendu
aujourd'hui... Et il me donne cet étrange sensation.
Il me
semble si familier... Et je ne peux m'empêcher de me poser des
questions face à certaine de ses remarques.
Du genre,
comment a-t-il su que j'étais l'inspectrice Sato? Je ne pense
pas que mon visage soit aussi connu que le sien il y a encore
peu.
... Mais ce n'est pas le moment de penser à tout ça.
Je sors mon arme, vérifie que mon micro est bien en place, et me prépare pour l'instant où nous entrerons.
Et c'est là que l'obligatoire pensée
"pas si innocente que ça" se décide à
se montrer.
Takagi est du côté opposé de
l'immeuble, avec Himura et un agent américain du nom de
Pember.
J'espère qu'il ne lui arrivera rien.
Au signal simultané du commissaire Maigret, de James Black et du commissaire Shiratori, tous les hommes foncent dans l'immeuble, lançant devant eux des fumigènes et interceptant toute autre personne qu'ils trouvent sur place.
"Surtout, empêchez les de se suicider!"Crie Kudo, tandis qu'il passe à côté avec l'agent du FBI Jodie Starling et un agent des forces spéciales.
Son message est relayé vers les autres, et rapidement tous les membres du syndicat arrêtés se trouvent privés de leur fusils, couteaux et autres comprimés de poison, avec leurs mains solidement attachées dans leur dos.
Maintenant les forces de police sont entrain de grimper les escaliers vers les étages supérieurs, ils n'utilisent plus leur fumigènes, afin de surprendre leurs cibles.
Et
en effet, la grande majorité des membres de l'organisation aux
étages supérieurs ignorent qu'une opération de
police est en cours.
Ils continuent leurs activités
habituelles, programment, continuent d'expérimenter, sans rien
entendre du chahut en dessous.
Pas tous cependant.
"Boss, ils sont entrés."
"Je sais, Vodka." Le patron du syndicat se détourne du spectacle en question affiché sur l'écran de l'ordinateur.
"Quelle mauvaise fortune que je soit ici, sans aucun moyen de démêler cette situation tordue." Il soupire.
Le subordonné
aux verres noirs charge son fusil et pose son pouce sur la sécurité,
prêt à tirer s'il le faut.
Le Boss fait de
même.
"Boss..." Une ombre se dessine à la porte, juste à côté du corps inerte de l'ancien garde de sécurité refroidissant là.
"Ah.
Gin, je me demandai où tu étais passé."
La voix calme du patron glace le sang.
Le grand homme approuve
d'un geste de la tête la précaution de Vodka, avant de
répondre à son supérieur.
"Je viens de vérifier le périmètre. Ils ont entouré la zone, et leurs hélicoptères n'attendent que l'occasion de décoller. Notre meilleure échappatoire se trouve être l'escalier de secours, à la fenêtre du quatrième laboratoire. En comité restreint, bien entendu."
"Évidemment. Je craignais bien que ce soit le cas. Je présume qu'ils ont pris le contrôle des étages inférieurs ainsi que des ascenseurs? Oui, bien sûr qu'ils l'ont..."
Et
sans un mot de plus, les trois hommes quittent le poste de
surveillance, descendent un couloir et montent deux trois marches,
pour se diriger vers les laboratoires.
Derrière eux,
l'écran de l'ordinateur scintille, tandis qu'une tache de sang
y apparaît pour lentement en recouvrir la totalité. Le
virus informatique, Night Baron, vient de s'activer dans tout le
réseau de l'immeuble. Le seul avertissement qu'auront les
membres restant.
"Agent Pember, tu es vraiment sur que c'est une bonne idée?" Dit Himura de sa voix graveleuse. Les trois hommes sont entrain de grimper à l'échelle de secours à l'extérieur de l'immeuble. Pember baisse les yeux pour regarder les deux japonais.
"Si je suis certain d'une chose, c'est bien que ceci," il pointe vers la fenêtre deux étages au dessus, "est la seule sortie restante à ces connards de l'intérieur."
"Et pourquoi ça déjà?" Réplique Himura, en roulant des yeux face au langage cru du Japano-ricain. "Et pourquoi grimpons nous tous les trois?"
En dessous de lui, l'inspecteur Takagi laisse échapper un cri paniqué, en essayant de remettre ses pieds correctement sur les échelons de l'échelle.
Il soupire avant de lever la tête,
afin de participer à la conversation.
"Tu sais
Pember, Himura marque un point. Ce serait plus prudent de rester au
sol. J'ai déjà suffisamment d'embrouilles dans mon
dossier comme ça."
L'américain se contente de leur jeter un regard furieux, les considérant visiblement comme deux idiots. Himura lui rend son regard noir tandis que Takagi gémit intérieurement. Si seulement Pember n'avait pas réussi à les convaincre de grimper en premier lieu.
"Vous verrez. Vous me remercierez plus tard." C'est la seule concession que leur fait l'agent du FBI.
Il grimpe les échelons restants, et tend le bras vers la vitre. C'est la seule ouverture de l'immeuble, à l'exception des portes prévues à cet effet, à permettre l'accès à un être humain à l'escalier de secours. Les portes, ils le savent, ont toutes étés verrouillés électroniquement par l'unité de police déjà entrée dans l'immeuble.
Pember
sourit, tandis qu'il ouvre la fenêtre d'un geste aisé.
"Et
voilà! Qu'est-ce que je disais?"
Il semble bien être le seul à s'en réjouir. Himura est trop occupé à recenser mentalement les insultes qu'il lancerait bien à ce petit malin, tandis que Takagi se dit qu'il aurait préféré se trouver bien plus serein aux côtés de Sato ou Maigret.
Finalement ils entrent, l'un après l'autre, via la fenêtre.
Ils
sont accueillis par une dizaine de surfaces de travail carrelés,
avec lavabos, robinets à gaz, et de multiple instruments et
conteneurs scientifique.
Un ordinateur bourdonne dans le coin de
la pièce.
"C'est quoi cet endroit?" s'exclame Takagi, qui croyait la fonction de l'immeuble purement administrative.
"On dirait un laboratoire de
recherche." Dit Himura sans trop s'y attarder.
Pember
s'est déjà dirigé vers la porte menant au
couloir.
"Franchement. Ce type m'énerve. Il l'a trouvé où sa plaque du FBI, dans un menu enfant?"
C'est vrai, maintenant que Takagi y pense, que l'attitude de Pember était étrange. Cependant, n'ayant jamais travaillé avec le FBI auparavant, il retient son jugement.
Par contre, cela fait bien quelques années
maintenant qu'il est au département des enquêtes, et en
bon enquêteur, il fonce droit vers l'ordinateur de la pièce.
Quel genre de scientifique laisserait un engin pareil en marche dans
un laboratoire vide?
Il découvre bien vite la réponse
à cette question. Un scientifique se trouvant parterre,
derrière le comptoir, mort d'une balle dans la tête.
"Hi... Himura!! Un cada...!"
Et à la grande surprise de Takagi, Himura a les mains levés, ses yeux fixant nerveusement le revolver pointé vers lui.
"Ohé... Agent Pember, qu'est-ce que tu fais? Je sais que vous ne vous entendez pas bien, mais..."
Un click se fait entendre, et Takagi se tourne lentement vers la porte.
"Bonsoir."
Pember et l'homme aux lunettes de soleil sourient ensemble.
Takagi ne peut que les fixer du regard, la bouche ouverte, pendant qu'un homme aux long cheveux argentés entre, suivit d'un autre, bien plus reconnaissable.
"Merde." Pense-t-il.
"Que faisons nous d'eux, Boss?" Dit Pember, sa voix maintenant féminine et vide d'accent américain. "On ne peut les laisser en vie, ils vous ont vu."
"En effet, Vermouth," le quatrième homme laisse échapper un petit rire, comme s'ils ne parlaient pas de la mise à mort de deux agents des forces de police japonaise.
"Trouons leur la peau." Dit lunettes de soleil. "Ce n'est pas comme si les autorités ignorent que nous sommes là..." L'homme bien bâti sourit tout en resserrant son doigt sur la gâchette.
Le cerveau de Takagi s'ébranle tandis qu'il cherche le moyen de se sortir lui et Himura de ce pétrin. Si seulement ils étaient encore près de la fenêtre. Si seulement ils n'avaient pas suivis Pember, ce traître, ce faux agent.
"Non, Vodka." L'interrompt l'homme blond, l'arrêtant d'une main. "J'ai bien l'impression que nous aurons besoin de nos balles plus tard."
"Tu n'as pas tort, Gin." Rajoute celui que Pember avait nommé Boss. "On pourrait se servir de ce détective incapable... Aucune nouvelle de Sherry?"
Gin grommela sa réponse tout en sortant une boîte à pilules de son manteau.
"Détective incapable?" Pense, blessé, Takagi. "Je vais leur montrer à quel point je ne le suis pas."
Et pour la première fois de sa vie, Takagi remercie les cieux que son Talkie-walkie ait été défectueux.
L'écouteur de son kit mains libres est tombée de son oreille, et se trouve maintenant à quelques centimètres à peine de ses doigts.
En voyant Himura se lancer soudainement sur Pember, tout en hurlant tandis qu'il lui attrape le bras, Takagi attrape son micro et plonge derrière le comptoir, auprès du cadavre du scientifique, lançant plusieurs fois le même appel aux commissaires Maigret et Shiratori.
"Le Boss s'échappe par l'échelle de secours, au quatrième étage. Pember est l'un d'eux. Vite!"
Mais ce
n'est pas longtemps après que lui et Himura se trouvent
soumis, et forcés à avaler une pilule de poison chacun,
les membres de l'organisation s'échappant par la fenêtre
comme annoncé, avant que la police n'ait le temps de réagir
en conséquence.
Cela le brûle de savoir qu'ils sont
parvenus à s'échapper. Cela lui brûle tout le
corps en fait.
"Sato..." Il murmure en perdant connaissance.
En entendant l'appel de Takagi dans mon écouteur, j'oublie immédiatement les consignes de sécurité qu'on nous a donné pour me précipiter vers les escaliers menant au quatrième, surprenant du même coup des membres du syndicat qui étrangement ne me posent aucune menace, visiblement ignorants de notre présence.
Kudo aussi est entrain de grimper les escaliers quatre à quatre, son visage à la fois inquiet et désespéré.
C'est lui qui atteint en premier le laboratoire, avec quelques autres agents, avant que je ne le rejoigne. Contrairement à moi ils ont déjà eu le temps d'entrer dans la pièce.
Mon revolver en
main, j'entre, priant que je ne suis pas arrivée trop tard.
Il
y a un corps sur le sol. C'est Himura. L'agent de police à
côté de lui secoue la tête avant de lui fermer ses
yeux vides de vie.
J'aperçois un autre corps derrière un comptoir. Je peux en voir un bras de chemise et une main d'ici. L'homme partit le vérifier vient d'en détourner les yeux, le visage blême. Cela ne doit pas être beau à voir... Mais il ne doit pas s'agir de Takagi ou Pember.
Et
Takagi alors?
Takagi, espèce d'imbécile, où
es-tu!
C'est alors que je remarque Kudo.
Je m'approche
pour mieux voir ce à côté de quoi il s'est
agenouillé.
"Merde..." Murmure-t-il. Je reconnais les chaussures de Takagi...
Ne voulant pas vérifier mes craintes, je me force à ne pas regarder, à me lancer vers la fenêtre, afin de regarder l'échelle de secours dans l'espoir d'y voir ces salauds. Je ne pleure pas. Je suis trop enragée pour pleurer. Je ne pleure pas, mince!
Personne. Je m'essuie les yeux pour mieux voir.
Ils sont partis. Ils ont réussi à fuir. J'aperçois quatre corps en bas, parterre, à l'ouverture du cul-de-sac. Des policiers et agents du FBI, tués.
"Merde..." Je peste en
continuant de regarder par la fenêtre, ne sachant que
faire.
J'entends des bruits du couloir, on dirait que les membres
du syndicat de cet étage se sont finalement rendu compte de ce
qui se passait. Des coups de feux sont échangés depuis
la porte.
Kudo et les agents dans la pièce tiennent une conversation à voix basse. J'en entends un qui parle à Maigret et un autre à Black via leur communicateurs, mais je suis trop en colère et distraite pour écouter ce qu'ils disent.
"Mademoiselle Sato?"
C'est
une petite voix qui m'appelle.
Je ne l'entends pas au
début.
"Mademoiselle Sato? Est-ce que ça va?"
Je ne sais pourquoi, la note d'anxiété que j'y entends me sort de ma torpeur. Cela, et le fait que c'est une voix d'enfant. Ils n'y aurait quand même pas des enfants dans l'immeuble!
Je me retourne pour contempler un jeune garçon, d'environ neuf ou dix ans, qui me regarde de ses grands yeux marrons, pleins d'inquiétude.
Pendant un court instant, je m'étais attendu à découvrir l'un des Detective Boys, mais je n'ai jamais vu cet enfant avant.
Il m'attrape par la veste, son air soucieux et inquiet presque déplacé sur son visage d'enfant.
"Est-ce que ça va? C'est moi! Takagi!"
Je rêve, ça doit
être ça. Cela ne peut pas être Takagi. Takagi
est...
Je ris, tombant à genou près de
l'enfant.
Mais attends, ceci n'est pas un rêve. Je suis bien éveillée, je ne me suis pas endormie. Je ne peux pas voir le corps de Takagi d'ici... Seulement ses chaussures, et ses vêtements se trouvent sur le corps chétif du jeune garçon.
"Tu... C'est pas vrai!"
Mais ces grands yeux marron, cette frange mal coiffée, cette ossature du visage... Cet air si typique d'hésitation et de crainte...
"Takagi...?"
Son petit sourire triste me confirme la vérité de ce que je vois.
Après ça, les choses se sont un peu compliquées... Après avoir demandé aux autres agents de quitter la pièce, Shinichi Kudo s'évanouit, et il s'avérait que lui aussi souffrait de cette étrange condition... Mais il avait obtenu, grâce à notre raid, plus d'informations sur le poison responsable de son état, et avec ça, l'espoir d'un antidote permanent. Himura et Takagi n'avaient étés que des victimes malchanceuses de ce même poison.
Seul Takagi y avait survécu.
Kudo redevint donc Conan Edogawa pour un petit moment, tandis que moi, je pris Takagi sous mon aile, disant à ma mère qu'il s'agissait d'un témoin clé placé sous la protection de la police.
La chasse au Boss de l'organisation continue, ainsi qu'à ses trois acolytes, Vodka, Vermouth et Gin. De même que la quête pour trouver l'antidote. Kudo nous a dit que son associé avait fait de grands progrès dans ce sens, et qu'il devrait être prêt sous peu.
Takagi est maintenant au courant de l'identité du boss de l'organisation, et je me damnerai avant de laisser quoique ce soit d'autre lui arriver maintenant.
Ensemble, nous combattrons leurs crimes.
FIN
À
l'origine ceci était ma réponse à une requête
de phantomkaito sur la communauté "Many cases one truth"
de Livejournal, elle avait demandé une fan fiction avec Takagi
rétréci.
Par contre, je dédie cette
traduction du One Shot d'origine à Kessy, vu qu'il s'agit de
ses chouchous. (Clin d'œil.)
En théorie, je dois encore en
écrire une suite, mais Shiratori n'arrive pas à trouver
de bon nom pour le petit Takagi, et moi je n'arrive pas à
trouver le Boss... Enfin, on verra bien!
