Sur le couple Akemi Miyano - Moroboshi Dai.
Amour fraternel.
Akemi resta immobile, appuyée contre le dos de son petit ami, son rocher. Elle ne pouvait pas se permettre un tel luxe souvent, alors elle ferma les yeux et caressa tendrement les longs brins de ses doux cheveux qui étaient à sa portée. Il ne disait rien. Elle n'avait pas besoin d'ouvrir les yeux pour se l'imaginer l'air distrait, ses yeux fixés sur du vide, un petit sourire en coin à peine perceptible témoignant de son bonheur. Lui aussi avait la mauvaise habitude de dissimuler ses émotions réelles.
Elle soupira. Jusqu'à récemment, elle ne se serait jamais imaginée pouvoir être aussi détendue, aussi ouverte avec une personne autre que sa sœur. Et elle se gardait encore des secrets... Des secrets sur ce qu'elle savait, cachées dans des profondeurs ou personne d'autre ne les chercherait, ou personne ne pataugerait jamais. Peut-être bien que c'était cela qu'elle aimait le plus chez Moroboshi Dai. Elle pouvait voir qu'il n'avait pas peur du noir, qu'il avait le courage nécessaire pour regarder la vérité en face et en faire la chasse. Qui plus est, elle sentait qu'elle pouvait lui faire confiance, qu'il ferait tout pour la protéger.
Avec sa sœur, Shiho, elle pouvait se relâcher autant que possible, mais ce n'était pas parce qu'elle l'invitait à découvrir ses secrets. Elles n'étaient pas sœurs pour rien. Elles s'évertuaient toutes deux à cacher de nombreux aspects d'elles-mêmes aux autres. Ce que Shiho ignorait c'est qu'Akemi avait sept années d'avance en la matière. Shiho était peut-être douée lorsqu'il s'agissait de dissimuler la nature de ses secrets, mais elle avait encore à apprendre comment cacher qu'elle en avait en premier lieu.
Et voila ou se situait la nature du dilemme d'Akemi. Autant elle était prête, pour le meilleur ou pour le pire, à placer sa vie entre les mains de Dai, elle n'était pas prête à risquer celle de sa sœur. Dai était son rocher. Elle était celui de sa sœur. Elle essayait de ne pas penser à ce qui pourrait se passer si ça tournait au vinaigre, ce que ces personnes pourrait faire à Shiho, quelles mesures ils seraient prêts à prendre pour blesser Dai... Malgré tout, elle savait que si elle ne faisait rien, le temps viendra ou elle serait forcée de faire ses adieux à l'un ou l'autre. Inéluctablement, elle y pensa; une larme solitaire sillonna sa joue.
"Akemi?"
Elle sourit. La similarité de cette situation avec celle ou elle s'était souvent retrouvée enfant ne lui échappa pas. Tous ces moments ou, sans le vouloir, sa petite sœur lui rappellerait les parents dont Shiho ne se souvenait pas, ranimant le chagrin contre lequel Akemi luttait tant. Elle n'avait jamais voulu alarmer Shiho, et elle ne voulait pas que Dai puisse s'inquiéter pour elle plus qu'il ne le faisait déjà.
"Je vais bien," mentit-elle. Elle ne tenta même pas d'essuyer sa larme, laissant Dai le faire pour elle. "Dis-moi, Dai-kun?"
"Hm?"
"As-tu des sœurs ou frères?"
Fin.
