Bonsoir !

Bonne lecture !


Chapitre 26 : Douleur

L'humeur de Beckett s'améliora assez au moment où ils rejoignirent Booth et Brennan au poste.

«Si vous n'aviez pas insulté son intelligence Castle, il ne vous aurait pas frappé. C'est tout ce qu'i dire. Maintenant arrêtez de pleurnicher ou je réfuterai toute histoire que vous pourriez inventer pour expliquer cette égratignure.

-Insulté son intelligence ? Beckett, comment peut-on insulter quelque chose qui n'existe pas ? Il pensait que l'expression «être ou ne pas être» venait de Forrest Gump. En tant qu'écrivain, il était de mon devoir de combler une lacune comme celle-là.»

Il semblait pitoyable avec sa poche de glace sur la joue. Il grimaça en raffermissant sa prise dessus.

«Si vous continuez de vous plaindre à propos de ça, je vais dire à Ryan et Esposito, puis à Booth et Brennan, que vous étiez tellement occupé à vous regarder vous-même dans la vitrine d'un magasin que vous êtes rentré dans un panneau de signalisation. Vous savez qu'ils me croiront. Asseyez-vous, taisez-vous et peut-être que je vous ramènerai une poche de glace fraîche quand je ramènerai du café de la salle de repos.

-Vous avez toujours eu une...façon d'expliquer les choses pour que je puisse les comprendre» répliqua-t-il, utilisant son meilleur accent de l'Alabama. Il sourit à sa propre blague, puis grimaça une nouvelle fois tandis que la douleur se faisait sentir dans sa mâchoire.

-Je ne suis pas votre mère. Restez assis et je serai bientôt de retour.»

Elle marcha jusqu'à la salle de repos avec deux tasses vides et commença le long processus de faire deux doubles cappucinos. Elle repensa à leur tour en ville tôt le matin.

Ils étaient revenus presque bredouilles. Petey, le dealer qui avait remis les pendules à l'heure à Castle, les avait menés à Heeley. Heeley avait dit, après que Castle eut fourni un danois et du café et eut autorisé l'homme à éclater de rire en voyant ce qu'avait fait Petey, qu'il y avait un certain dealer qui pourrait correspondre. Heeley avait entendu que l'homme deviendrait violent s'il n'était pas payé. Violent du style à vous couper en morceaux. Apparemment d'une façon qui effrayait même les autres dealers. Les propres mots de Heeley étaient «il y a la folie quand on fabrique trop de pilules, et il y a la folie qui vous fait voir rouge». Personne ne savait qui il était, mais le mot qui passait dans la rue était que ça devenait pire d'année en année et que l'homme n'avait – encore – jamais été attrapé. Aucun des dealers auxquels il avait parlé ne se souvenait d'un rameur qui avait besoin de pilules. Après tout ce temps, Beckett n'était pas surprise.

Elle versa du lait dans les deux tasses et prit des cuillères. Les balançant, elle sortit une poche de glace du premier kit de premiers secours et la prit sous son bras pour Castle. Elle jeta un coup d'œil vers son bureau et vit Brennan parler à Castle, et Booth, debout derrière elle, qui écoutait. Se disant que c'était quelque chose dont elle devait être informée, elle fit signe à Ryan et Esposito alors qu'elle revenait dans son espace de travail.

«C'est comme s'il y avait eu usage de drogue au moins une année avant sa mort, finit Brennan alors que les trois inspecteurs arrivaient près du bureau.

-Waouh, drogue ? Quand en sommes-nous arrivés à la drogue ? demanda Ryan.

-Ce matin» répliqua Beckett, posant les cappuccinos et reprenant son siège.

Elle ouvrit la poche de glace sur ses genoux pour mélanger les produits chimiques, la secoua et la tendit à Castle.

«Laissez Ryan et Esposito récupérer.»

Elle donna la parole à Booth alors que Castle retirait la vieille poche de glace et grimaçait une nouvelle fois en plaçant la nouvelle sur sa blessure colorée.

Booth croisa les bras.

«Ce matin, Bones ici présente a eu un éclair de génie. Ce qui se cache là-dessous est que Max Avery prenait probablement de la drogue pour contrôler la douleur causée par son activité. Lorsque nous l'avons vérifié au Jefferson, Hodgins et Camille ont vu une preuve dans les échantillons qu'il prenait des analgésiques depuis plus d'un an. Ce n'est pas concluant, mais c'est une avancée.»

Il fit un signe en direction de Beckett et Castle.

«Qu'est-ce que vous avez trouvé ?

-On n'a rien eu de plus que des rumeurs et un adorable cireur pour Castle ici présent. Mais il y a une rumeur selon laquelle il y a un dealer auquel il vaut mieux ne pas chercher de noises. Il voit rouge et devient très violent quand il n'a pas ce qu'il veut. Et il n'a apparemment jamais été arrêté. Les rumeurs sont devenues plus importantes. Je pense que nous avons un dealer qui perd la tête et fait une erreur. On a juste à la trouver.

-C'est là qu'on en est ?» demanda Esposito.

Beckett acquiesça alors qu'elle sirotait son café.

«Utilisez toutes les sources que vous avez et voyez si on peut piéger ce dealer.

-On va trouver, ajouta Ryan avant de repartir avec Esposito à leur bureau.

-Ça nous amène à la prochaine étape de notre programme, dit Booth.

-Nous devons retourner à D.C. Je dois revenir au laboratoire pour m'occuper du reste des preuves au moment opportun.»

Castle se leva, couvrant toujours son visage de la poche de glace.

«Tu dois partir ?»

Brennan acquiesça.

«Je suis désolée, Rick. Je travaille mieux dans mon propre espace de travail et nous devons récupérer toutes les preuves rapidement pour voir si ça nous mène à quelque choe. Avec Angela qui est là ou pas à cause de l'arrivée du bébé et Hodgins qui prend le temps de s'assurer qu'elle est à l'aise et qui s'en soucie, la vitesse de travail au Jefferson est un peu ralentie. Ils ont besoin de moi pour aider comme je peux.

-Nous finirons aujourd'hui et rentrerons demain matin.»

Booth s'appuya sur le bureau derrière lui, les mains sur ses hanches.

«Bones peut en faire deux fois plus chez elle, et avec trois inspecteurs travaillant sur l'affaire ici, ça ne devrait ralentir personne.»

Beckett vit le visage de Castle tomber dans l'ennui quand Booth le laissa en dehors, mais il ne dit rien. Beckett s'avança, les coudes sur le bureau.

«Ça a du sens, vous deux. On aura à installer quelque chose pour rester constamment en contact.

-Le Jefferson est équipé en matière d'appareils électroniques. Nous installerons le matériel pour les conversations vidéo et des lignes de transfert de données avant de partir» répliqua Brennan.

Un silence gêné suivit. Castle combla le vide après quelques instants.

«Eh bien, ma mère fait un festin ce soir et nous avions prévu de vous demander à tous les deux de toute façon. Faisons-en un dîner «d'adieu» temporaire avant que vous en repartiez. Beckett sera là, et Alexis aussi. On aimerait beaucoup que vous vous joigniez à nous.»

Beckett acquiesça.

«Bien sûr Rick, dit Brennan. Ça sera une bonne occasion pour moi de présenter Booth à Alexis et Martha. À quelle heure voudrais-tu que nous arrivions ?»

Une brève panique passa sur le visage de Booth avant qu'il ne reprenne le contrôle.

«Sept heures leur dit Castle.

-Ça paraît bien, se força Booth.

-En attendant, retournons travailler» dit Beckett, revenant à son ordinateur et parcourant les nouvelles informations apparues pendant la nuit.

Brennan et Booth revinrent dans la salle de conférence. Beckett remarqua à son coup d'œil que le bureau de Booth était maintenant vide et qu'il avait mis ses affaires avec celles de Brennan. Elle sourit et regarda Castle. Elle roula des yeux alors qu'il essayait de boire son cappuccino et de tenir la poche de glace sur son visage au même moment. Le café coula sur son torse et sa chemise.

«Zut» dit-il. La douleur qui passa dans sa mâchoire en disant ce mot lui fit dire quelques autres mots pour jurer. Finalement, il fit la moue alors qu'il soupirait, vaincu.

«Vous voulez une paille ?» demanda Beckett, les yeux de retour sur l'écran devant elle alors qu'elle tapait.

Castle la fixa.

Plusieurs heures plus tard, Beckett était debout devant le miroir de sa salle de bains avec plusieurs habits sur le lit. Elle les leva un à un et les posa devant elle, s'attendant vainement à trouver quelque chose à porter qui conviendrait à l'extravagance d'un dîner de Martha Rodgers. Cette robe était trop fantaisiste, cette jupe allait à un club country, et ce pantalon donnait l'impression qu'elle allait au tribunal. Elle revint à chaque vêtement deux fois et soupira. Elle se demandait comment il se faisait qu'elle ne puisse jamais avoir la bonne tenue quand il s'agissait de passer du temps avec Richard Castle. Elle remarqua un vieux sweat dans le fond de son placard et l'inspiration frappa. Le sweat qui avait été blanc avait appartenu à sa mère et Kate avait pratiquement vécu dedans durant le mois qui avait suivi le meurtre de sa mère. Il n'y avait pas de col et il était un peu large. Elle mit des bas marron chocolat et passa le pull. Il arrivait à la moitié de ses cuisses. Une ceinture marron autour de sa taille complétait la tenue. Une paire de chaussures à lanières et elle était dehors.

Rien ne s'était passé avant qu'elle n'atteigne la porte du loft. Sa main devenue poing, préparée à frapper, Kate s'arrêta alors que la nervosité faisait se nouer son estomac. Elle se demanda ce qui se passait dans son cerveau. Mais un rapide moment passé à réfléchir et elle comprit qu'elle était seule. Elle allait chez Castle pour le dîner – et elle était seule. Elle n'était pas entièrement sûre de la raison pour laquelle ça faisait tant de choses dans son estomac, mais penser à la lumière des bougies et au vin avec Rick la rendait anxieuse. Elle était excitée et anxieuse, certainement, mais c'était toujours l'anxiété qui avait prise sur elle.

Elle l'écarta. Ce n'était pas un rendez-vous. Ça n'était même pas un deuxième rendez-vous. C'était un dîner agréable avec des amis.

L'ascenseur arrivant du hall avait fait revenir sa main en position de poing. Un coup d'œil vers le bruit lui donna une image parfaite de Booth et Brennan sortant de l'ascenseur main dans la main – qui se séparèrent immédiatement à sa vue alors que Booth se raclait la gorge. Alors qu'elle frappait à la porte avec un sourire sournois sur les lèvres, le son de pots s'écrasant sur le sol à l'intérieur de l'appartement se fit entendre. Beckett secoua la tête. Lorsqu'un Richard Castle couvert de farine ouvrit la porte, elle sentit son cœur s'arrêter un moment avant de repartir. Mettant l'anxiété de côté, elle décida d'apprécier ce qui serait probablement une nuit divertissante.


Alors ?

La suite jeudi prochain !