Bonsoir !


Chapitre 31 : Soirée de rendez-vous

Brennan sortit une autre bouchée de nouilles de la boîte et la mit dans sa bouche. Booth et elle s'étaient retirés dans son bureau pour parcourir chaque petit bout de preuve qu'ils pouvaient trouver. Elle avait renvoyé Angela chez elle, mais Hodgins était bientôt revenu au laboratoire et était dans sa zone de travail pour traiter plus de données. Camille avait travaillé sur les échantillons de tissus, mais elle rangeait ses affaires pour pouvoir être chez elle pour le dîner avec Michelle. Chacun faisait son travail, et il semblait toujours que quelque chose de nouveau était sur le point d'être mis en lumière.

«Tu sais Bones, peut-être qu'on a besoin d'une pause dans cette affaire.»

La bouche de Booth était pleine de sa propre nourriture, mais il parlait quand même.

«Je préférerais garder l'affaire en tête, si ça ne te fait rien. On va trouver quelque chose.

-Mais ne plus penser à quelque chose marche toujours.

-Il n'y a aucune preuve pour corroborer ça. Juste de vagues déclarations à propos de la façon dont les choses «viennent» soudain aux gens.

-Oh, il y a des preuves. J'en ai personnellement certaines dont je sais que tu ne pourras pas les contester.»

Il avait un sourire sur le visage qui la fit sourire.

«Lesquelles ?

-L'autre nuit, dit-il simplement.

-Quelle autre nuit ?»

Brennan avait posé la question, mais elle connaissait la réponse. Elle savait que le sourire idiot sur son visage avait quelque chose à voir avec la nuit où ils avaient eu des relations sexuelles.

«Celle où tu as fini dans ma chambre d'hôtel. Nue. Et alors que tu étais allongée là, partant du pays des rêves, tu as eu une illumination à propos de l'affaire. C'est ça ?

-Le pays des rêves n'est pas un endroit, Booth. Et même si je reconnais que mon esprit terminait enfin à ce moment-là une démarche à laquelle il réfléchissait visiblement depuis un long moment dans mes voies neuronales, ça n'a pas été une illumination.

-Ah, mais tu dois laisser cette idée être méditée, n'est-ce pas ? Et elle a recommencé à tourner dans ta tête alors que le reste de ton cerveau était concentré sur moi. Nu.»

Le sourire maladroit resta plaqué sur son visage.

À ce moment-là, Brennan réalisa qu'il était plus facile de le laisser croire qu'il avait raison.

«Tourner dans ma tête ? Est-ce que tu es en train de suggérer que j'ai besoin de te voir nu pour que je finisse quelque chose de nouveau dans mes voies neuronales ?

-Eh bien, je ne serais certainement pas contre ça.

-Très bien» dit-elle. Elle pouvait vraiment faire une pause. Sa tête commençait à tourner et si elle continuait de fixer le petit document imprimé, ça se développerait en un grand mal de tête dans peu de temps. Au moins, si elle rentrait chez elle avec Booth, elle ne fixerait plus rien de minuscule.

«Je veux dire, si tu...laissais plutôt une deuxième chance à ma théorie, est-ce que tu serais d'accord ?

-Oui. Vu qu'il semble y avoir un manque de vraies preuves à ce sujet, je propose de voir si ça peut arriver une nouvelle fois.»

Elle prit d'autres nouilles, puis elle ferma la boîte à emporter. Elle jeta un coup d'œil vers lui lorsqu'elle fit une pile des fichiers et les mit dans son sac. Il était assis, bouche entrouverte, la fixant. Elle se leva, mit son sac sur son épaule et prit sa boîte à emporter.

«On ne part pas ?»

Elle n'avait jamais vu Booth ranger ses affaires aussi rapidement.


Booth était totalement certain qu'il avait laissé des affaires dans le bureau de Brennan dans sa précipitation à la rattraper, mais il s'en fichait. Il essayait de rester aussi calme que possible, mais il était démangé par l'envie de poser ses mains sur les siennes. Il marchait tranquillement autour du S.U.V. vers le côté conducteur, contenant à peine l'envie de courir.

Une vague de culpabilité le frappa alors qu'il tendait la main pour atteindre la poignée de la porte. Il pourrait se sentir plus impliqué dans l'affaire. Une femme aussi magnifique que l'était sa partenaire, et aussi fantastique au lit qu'il avait toujours rêvé qu'elle soit, il devrait être capable de se tenir. Il avait été capable de garder ses mains sur lui pendant six ans. Maintenant, il ne pouvait pas passer deux jours dans qu'il ait besoin d'elle. C'était comme si elle lui lançait un appel. Bien sûr, il savait ce qu'elle dirait de ça. Il entendait même son ton réprobateur dans sa tête.

«Chez toi ou chez moi ?» demanda-t-elle alors qu'il bouclait sa ceinture et glissait la clef dans le contact.

Booth arrêta la voiture avant qu'elle n'émette de bruit.

«Chez moi.»

Alors qu'ils sortaient du parking, le silence s'installa entre eux. Ils avaient toujours été à l'aise avec le silence, mais dans ce cas-là la tension était palpable. Booth était au courant de chaque inspiration qu'elle prenait et de chaque fois qu'elle remettait ses mains sur ses genoux. Elle commença à faire preuve d'impatience lorsqu'il tourna dans sa rue.

«Peut-être que ce n'était pas une si bonne idée.

-Quoi ? lui demanda-t-il.

-Eh bien, je commence à penser aux répercussions.

-Bones, tu sais qu'on l'a déjà fait, non ?

-Bien sûr. C'est pourquoi les répercussions sont particulièrement fortes.»

Booth était confus et préoccupé. Il se gara dans un parking et éteignit le moteur du S.U.V. avant de se tourner vers elle et de la regarder dans les yeux.

«D'où cela vient-il ? demanda-t-il doucement.

-Eh bien, si cette méthode pour permettre à mon cerveau de réfléchir à des informations fonctionne encore, un problème surgit. Chaque fois qu'on sera bloqués sur une enquête, tu vas insister pour que je te voie nu et on entrera dans un cercle vicieux. Bien que ça ne soit pas totalement une mauvaise pensée, ce qu'on ferait à chaque fois qu'on n'aurait pas de piste pourrait rapidement devenir évident ainsi que le fait qu'on quitte le Jefferson ensemble.»

Il poussa un soupir de soulagement.

«C'est ce qui t'inquiète ?»

Elle acquiesça.

«Qu'est-ce que tu penses qui m'inquiète ?

Il soupira et ouvrit sa portière, sautant hors de son siège et contournant le S.U.V. pour ouvrir la sienne. Alors qu'il l'aidait à sortir, il pouvait dire qu'elle attendait d'entendre ce qu'il pensait qu'elle avait prévu de dire.

«Je ne sais pas, Bones. Peut-être que tu regrettes qu'on soit ensemble, après tout. Que le sexe avec moi ne soit pas ce que tu avais pensé que ça serait. Que tu tombes enceinte. Il y a une grande variété d'options.»

Elle mit son sac sur son épaule et le suivit dans le bâtiment.

«Tout d'abord, je ne regrette pas qu'on soit ensemble. Je me rappelle particulièrement être la seule à t'avoir dit que j'avais fait une erreur en te disant «non». Mais tu étais avec Hannah. Je n'aurais pas attendu si j'avais pensé que je regretterais qu'on soit ensemble. Deuxièmement, le sexe avec toi est remarquable. Je ne peux pas croire que tu aies des incertitudes après notre première nuit ensemble. J'ai expérimenté plusieurs...

-Merci» dit-il, l'interrompant avant qu'elle ne puisse finir sa phrase devant sa vieille voisine qui attendait l'ascenseur.

Elle lui lança un regard désapprobateur.

«Et pour contrer ta troisième solution, j'ai un calendrier de contrôle de naissance très rigide.»

Madame Chapman leur lança à tous les deux un regard désapprobateur alors qu'elle entrait dans l'ascenseur devant eux. Booth roula des yeux. Tout ce à quoi il était habitué et tout ce pour quoi il appréciait la franchise de Brennan, il reconnaissait que les autres n'étaient pas habitués à tout ça. Il la fit taire lorsque les portes se fermèrent et, heureusement, elle resta silencieuse tandis que l'ascenseur montait jusqu'à l'étage de madame Chapman.

Une fois que la femme fut partie et que les portes se furent refermées une nouvelle fois, Brennan se tourna vers lui.

«Je n'ai pas fait de commentaire inapproprié, tu sais.

-Madame Chapman a clairement pensé que si.

-J'ai accepté l'idée que le commentaire pourrait ne pas avoir été banal dans la génération dans laquelle elle a grandi, mais ça ne le rend pas inapproprié.»

Booth savait qu'il perdrait ce débat et choisit de ne pas répondre. À la place, lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, il prit sa main et la tira vers le couloir. Lorsqu'il atteignit sa porte, il les fit tourner avant qu'elle ne puisse réagir et la plaqua sur sa porte, la clouant là. Alors qu'il sortait ses clefs de sa poche, il vit le désir passer sur son visage. Il déverrouilla enfin la porte et elle l'attira à l'intérieur avec elle alors que la porte partait derrière son dos. Il sourit lorsqu'il laissa ses yeux se fermer et son corps s'abandonner à la femme qui l'amenait vers le lit.


Beckett prit une autre bouchée de son burger maintenant froid. Ses yeux allaient et venaient alors qu'elle regardait une nouvelle fois le tableau.

«Si je devais relire ce paragraphe une fois de plus sans en avoir réellement retenu une nouvelle information, je frapperais quelque chose.»

Castle se frotta les yeux avec lassitude.

«Je sais ce que vous voulez dire. Je n'ai rien.»

Elle jeta le dernier morceau du burger dans la poubelle sous son bureau. Castle avait fini son repas plus tôt, et elle souhaiterait en avoir fait de même. Les burgers froids n'étaient tout simplement pas bons.

«Au moins Ryan et Esposito ont réduit la liste des victimes.»

Beckett s'appuya sur sa chaise et regarda l'open space. Il y avait deux policiers en permanence, mais à part ça, Castle et elle étaient seuls. Tout le monde était rentré des heures auparavant. Ryan et Esposito étaient allés voir les victimes possibles jusqu'à sept heures et, lorsqu'ils avaient appelé pour dire qu'ils étaient sur le chemin du retour, elle leur avait dit de rentrer directement chez eux. Elle pourrait avoir insinué que Castle et elle en feraient de même. Malheureusement, elle avait seulement fait en sorte de les convaincre de rentrer chez eux. Ils l'avaient mise au courant de leur avancée par téléphone avant de raccrocher.

Dans la poignée de victimes possibles, seules trois manquaient encore. Deux personnes avaient de fausses informations sur leur profil de personnes disparues, une s'était remontrée chez elle et n'en avait pas informé la police. De ces trois-là, seulement deux restaient après qu'ils eurent ajouté les nouvelles informations du docteur Hodgins sur les minéraux contenus dans les os et sur ce que ça signifiait. Ils pourraient lister les différences entre les deux le lendemain.

«Devrions-nous envoyer ces informations supplémentaires sur l'affaire à Tempe ? Peut-être que quelqu'un au laboratoire-musée en sureffectif pourrait travailler là-dessus et trouver des choses.»

Elle sentait que Castle devenait frustré. C'était pourquoi elle l'était.

«Non, on ne peut pas. Mais vous savez quoi ? Sortons d'ici juste pour la nuit. J'en prendrai quelques-uns dans le cas où quelque chose me frappe plus tard et je voudrais vérifier.»

Elle fit un signe en direction des documents éparpillés sur son bureau.

«Et si je pense à quelque chose plus tard et que j'ai besoin de ça ? demanda-t-il.

-Je ne fais pas de copie de tout ça, Castle. Il y a quatre rames de papier là-dedans.»

Il leva un sourcil.

«Alors je suppose qu'on va devoir rentrer ensemble.

-Dans vos rêves, Writer Boy.

-On va effectivement à la maison ensemble dans mes rêves, lieutenant. Je pense qu'il est temps que mes rêves deviennent réalité.

Elle roula les yeux. Elle ne lui dirait jamais que ça arrivait occasionnellement dans ses rêves à elle aussi. Lorsqu'elle ne rêvait pas de criminels et de pourchasser des bandits, elle rêvait parfois de Castle. Elle sentit son visage rougir comme elle le pensait et essaya rapidement de le cacher.

«Mais nous pourrions aller chercher de la tarte et du café et parler jusqu'à ce que nos yeux se ferment. Lorsque ça sera arrivé, on ira effectivement chez nous. Si vous avez une illumination cette nuit, vous pouvez m'appeler et je vérifierai pour vous.

-Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas me laisser emmener chez moi la paperasse officielle pour une fois ?

-Parce que ce n'est pas autorisé.»

Elle fit une pile de tous les papiers sur son bureau et en mit plusieurs dans son sac pour les emmener chez elle.

«Venez» dit-elle, prenant sa veste et son téléphone avant de se diriger vers les escaliers. Beckett se dit que si elle était capable de ne pas penser à l'affaire, peut-être trouverait-elle quelque chose. Elle ne trouva personne de mieux pour écarter son esprit de l'affaire que Richard Castle.


Castle savait qu'il devrait aller chez lui et dire «bonne nuit» à Alexis, puis écrire quelques chapitres avant d'essayer de passer une bonne nuit de sommeil. Mais lorsque Beckett proposa d'aller dehors pour le dessert et le café, il ne put dire non. Il avait aussi vu cette jolie rougeur sur son visage lorsqu'il avait dit qu'elle était dans ses rêves. Après cette soirée à faire la vaisselle dans sa cuisine, ses rêves avaient été presque exclusivement concentrés sur elle couverte d'eau et de bulles. Il se disait que le fait qu'il ait utilisé peu d'eau chaude lorsqu'il s'était douché lui avait au moins fait économiser de l'argent.

«Hey Castle ! entendit-il derrière lui. Où allez-vous ?»

Il se tourna et vit Beckett tenir ouverte la porte du Dinner. Il avait marché exactement dans la direction opposée.

«Désolé, dit-il. Je pensais à quelque chose.»

Il passa près d'elle et entra dans le Dinner, se dirigeant tout droit vers leur banquette. Lorsqu'ils furent installés, il lui jeta un coup d'œil par-dessus le menu. Ses yeux scrutaient l'arrière de son menu, où la liste des tartes et autres desserts s'étalaient sur presque la moitié de la page.

«Quoi ?» demanda-t-elle sans lever les yeux.

Ça n'avait jamais été censé l'étonner – sa constante surveillance de son environnement. Elle avait toujours su où il était et où était son attention. Depuis qu'il avait été pris, il se dit qu'il pouvait au moins répondre à sa question.

«Eh bien, d'habitude je dois être le seul à suggérer de sortir de l'open space quand on manque d'idées. Pourquoi l'avez-vous fait cette fois ?

-Mon burger était froid et je voulais vraiment de la tarte au coco et un café merdique.

-Allez-y Beckett. Je ne suis pas stupide.»

Son cœur flancha lorsqu'elle posa brusquement le menu et croisa son regard.

«Que diriez-vous si je vous disais que j'avais besoin de me sortir l'affaire de la tête et que vous, Castle, êtes la personne vers laquelle je me tourne quand j'ai besoin de me sortir quelque chose de la tête ? Même si le truc de la tarte et du café marchent vraiment.»

Le cerveau de Castle faisait des heures supplémentaires. Il estima que peut-être il s'était complètement arrêté. Ça ne le surprit pas, sa constatation, mais ce n'était certainement pas quelque chose qu'il s'attendait à ce qu'elle dise. Il nota distraitement que son silence à sa constatation l'avait fait sourire.

«De plus, je trouve que plus je passe de temps avec vous en dehors du bureau, plus il est facile pour moi de me détendre.»

Cela fonctionna. Cette constatation le frappa droit dans l'estomac, une étincelle le frappant un peu plus bas dans son corps que l'estomac, en fait. Elle venait juste de lui dire à sa façon, indirectement, qu'elle aimait passer du temps avec lui en dehors du bureau. Son cerveau se calma, modèle erratique, et il se concentra pour faire exactement ce qu'elle avait tout d'abord voulu.

«Beckett, vous ne savez pas à quel point je peux être distrayant. Sans oublier qu'il y a certains endroits dans lesquels j'excellerais à vous distraire.»

Son visage vira au rouge. Sa mission était réussie. Lorsque la serveuse revint, il commanda pour eux deux.

Alors que Beckett remettait son menu en place, entre le sucre et le ketchup, Castle se délectait de sa réussite – et en rajouta un peu.

«Est-ce que j'ai réussi à vous distraire ? Parce que si ce n'est pas le cas, il y a tout un tas de vaisselle sale au loft qui pourrait utiliser nos compétences combinées.

-Juste parce que vous voulez me voir toute trempée et savonnée une nouvelle fois, Castle ?»

Castle se pencha en avant, un sourcil levé.

«Vous n'avez pas idée, lieutenant. Bien sûr, je me rappelle que vous avez dit que la cuisine n'était pas vraiment votre endroit de prédilection pour la distraction, mais j'ai une énorme baignoire à remous.»

Si elle voulait flirter, il flirterait aussi.

«Ce qui est également présent dans mes rêves, comme je suis sûr que vous alliez le dire.»

Beckett était morte de rire alors qu'elle plongeait sa cuillère dans sa part de tarte.


Alors ? Reviewez, à la semaine prochaine !