Bonsoir !
Concernant eweknow, je n'ai aucune nouvelle pour le moment, désolée.
Bonne lecture !
Chapitre 32 : Eurêka
Beckett savait qu'elle rêvait, mais, de façon surprenante, cette connaissance ne la réveilla pas comme ça le faisait d'habitude. Elle revoyait la scène de cette vieille affaire, regardant les restes, exactement comme elle l'avait fait des années auparavant. C'était horrible, et les corps étaient vraiment décomposés. Elle plaça sa chemise sur sa bouche et son nez, mais l'odeur pénétrait le tissu. Les techniciens de scène de crime sillonnaient la scène et les lumières brillantes qu'ils avaient placées pour combattre l'obscurité qui tombait rendait ça chaud – insupportablement chaud. Elle entendit quelqu'un l'appeler, et se retourna. Alors qu'elle commençait à marcher vers eux et à s'éloigner des corps, ses pieds glissèrent. Elle se stabilisa et remarqua que la pièce était devenue silencieuse. Elle regarda le sol, mais ne put voir ce qui le recouvrait. Elle s'accroupit, tendit la main et toucha ça d'un doigt. Lorsqu'elle remonta sa main vers son visage, elle reconnut le matériau granuleux. De la sciure. Elle adorait l'odeur de la sciure, mais l'odeur provenant de l'odeur de la scène de crime la masquait entièrement. Elle se releva et un coup d'œil autour d'elle lui montra que le sol en était couvert.
Ses yeux s'ouvrirent alors que la conscience remplissait son corps. Une lumière provenant d'une autre pièce illumina suffisamment son salon pour qu'elle puisse voir où elle était. Elle se redressa et vit qu'une couverture avait été drapée autour d'elle. Elle regarda sa montre et put à peine voir dans l'obscurité qu'il était plus d'une heure du matin. Elle entendit un léger bruit de grattement venant de la cuisine. Ça ressemblait à une souris, mais elle savait que c'était faux. Elle écarta la couverture et se leva, les muscles toujours engourdis par le sommeil. Lorsqu'elle s'étira enfin, elle put apercevoir la forme voûtée de Richard Castle, assis au comptoir de sa cuisine, qui prenait des notes grâce à la lumière de sa hotte.
«Qu'est-ce que vous faites, Castle ?» demanda-t-elle.
Il leva les yeux, clairement surpris.
«Oh, est-ce que je vous ai réveillée ? Je suis désolé ; j'ai essayé de ne pas faire de bruit.»
Elle secoua la tête alors qu'elle marchait vers la cuisine qui était faiblement éclairée.
«Est-ce que vous essayez toujours de trouver quelque chose ?»
Elle regarda autour d'elle les papiers éparpillés erratiquement sur le comptoir et affichés sur le réfrigérateur avec des magnets.
«Oui. Je travaillais dans le salon avec vous, mais vous vous êtes endormie. Je me suis dit que vous auriez besoin de repos, alors j'ai tout amené ici pour ne pas vous déranger.
-Est-ce que vous avez le premier rapport quelque part ?»
Castle fouilla dans quelques pages avant de lui en tendre une. Elle scruta le document, cherchant l'adresse.
«Vous pensez à quelque chose ?» lui demanda-t-il.
Elle la remarqua rapidement, mais elle réalisa qu'une adresse ne lui en dirait pas beaucoup sur le bâtiment lui-même.
«J'ai fait un rêve – enfin, je pense que c'est un souvenir – sur cette affaire. J'étais là, sur cette scène de crime.»
Elle pointa l'adresse sur le papier.
«Et j'ai glissé sur le sol pendant que je marchais. J'ai regardé le sol et il y avait de la sciure qui couvrait le sol. Je ne la sentais pas à cause de l'odeur de putréfaction, mais il y avait de la sciure partout.
-De la sciure» répéta-t-il. Elle pouvait dire qu'il essayait de découvrir ce que ça voulait dire.
-De la sciure.»
Elle vit le moment où il fit le lien alors que ses yeux s'ouvraient grand.
«Vous pensez que c'est le même endroit où notre victime sciée travaillait ?»
Elle acquiesça.
«C'est étrange, parce que je ne me rappelle absolument pas la sciure. Je ne pense pas non plus que j'ai réellement glissé ou toucher le sol. Mais j'ai dû penser au fait qu'il y avait de la sciure à un endroit, ou alors je n'aurais pas été capable de m'en souvenir du tout.C'était un certain type de moment étrange de lucidité.
-Eh bien, c'est une bonne chose. J'ai attendu mon propre moment pour dire «Eurêka» pendant les trois dernières heures et je n'ai rien eu. Je pense que j'aurais dû me laisser m'endormir avec vous.»
Elle sourit à cette pensée, et se souvint qu'une nuit peu de temps auparavant, elle s'était réveillée blottie contre lui sur le même canapé.
«Qu'est-ce que vous faites toujours là, Castle ? Pourquoi n'êtes-vous pas rentrés chez vous lorsque je me suis endormie ?»
Beckett espérait qu'il ne le prenne pas mal. Elle était vraiment heureuse qu'il soit là quand elle s'était réveillée.
«Je ne suis pas habilité à emmener ça chez moi, vous vous rappelez ? demanda-t-il, faisant un geste en direction des documents. Et je ne pensais pas que je dormirais de toute façon, alors je suis resté ici pour continuer à réfléchir là-dessus.»
Il fit une pause pour bâiller.
«Je ne pensais pas rester aussi longtemps. Je prévoyais de vous mettre au lit et de vous border avant de partir, si ça me fait gagner des points. Je ne voulais pas que vous soyez furieuse contre moi lorsque vous vous réveilleriez le matin d'une nuit dans un canapé.»
Beckett sourit.
«Bon garçon, Castle. Peut-être que je vous ferai une petite gâterie pour avoir obéi à mes ordres.
-Vos désirs sont des ordres» répliqua-t-il humblement alors qu'il posait une main sur son cœur et que sa tête s'inclinait.
Ses yeux roulèrent automatiquement alors qu'elle traversait la cuisine. Elle tendit la main pour atteindre la cachette secrète de son café préféré. Il arrivait toujours à la réveiller.
«Regroupons tout ça. Je vais faire du café et on pourra être de retour au bureau dans une demi-heure. On doit vérifier ces victimes possibles et, si mon pressentiment est vrai, téléphoner au docteur Brennan.
-D'accord, mais ça sera mieux si c'est du bon café, geignit-il. Je n'ai pas fait de petite sieste comme vous.
-Croyez-moi, ça va vous surprendre. Et ça a un goût de pipi de singe dans de l'acide de pile.»
Castle frissonna.
Brennan se leva soudain.
«Une posture voûtée et de hauts niveaux d'anticorps contre l'acide glutamique-décarboxylase (pas très clair je sais, c'est un terme médical).
Il était une heure et demie du matin d'après le réveil de Booth.
Booth remua à son mouvement et à ses mots.
«C'est quoi ça, Bones ?
-Désolée, lui dit-elle. Je pensais juste à quelque chose.
-Une illumination ?» demanda-t-il.
Elle le regarda sceptiquement.
«Pas une illumination. Un banal processus de pensée qui a été terminé grâce au volume d'informations que j'ai emmagasiné au fil des années.
-Les processus des plus petits passent au-dessus de votre tête, à ce que je vois. À quoi est-ce que vous pensiez ?
-Un lien qui pourrait aider pour le troisième, ainsi que pour celui qui est toujours non identifié. Je dois aller au laboratoire.»
Brennan appréciait le fait que Booth soit le type d'homme qui pouvait se lever et partir à chaque fois que c'était nécessaire. Il mettait son jean au moment où elle sortait de la salle de bains. Un tee-shirt et un jean en cuir avaient été enfilés alors qu'ils sortaient. Un rapide passage à l'appartement de Brennan lui permit de mettre de mettre également des vêtements propres.
Alors qu'ils se rendaient au Jefferson, elle ne put s'empêcher de remarquer le sourire sur son visage.
«Tu ne va pas me laisser oublier que tu avais raison.
-Sûrement pas, répliqua-t-il. Et tous nos amis et nos collègues vont découvrir pour nous deux parce qu'on devra partir coucher ensemble quand tu seras bloquée.
-Je n'ai pas de problème avec le fait qu'ils découvrent pour nous deux. Je suis plus préoccupé par l'idée qu'ils pourraient en conclure qu'on ne fait pas notre travail parce qu'on part alors qu'on devrait travailler.
-Tu sais, je vais arrêter de parler de ça avant qu'on ne se batte pour ça.»
Alors qu'elle tentait de continuer, il tendit son bras en un clin d'œil pour couvrir sa bouche de sa main. Elle haussa les épaules, vaincue, et resta silencieuse.
«Alors, est-ce que tu vas me dire ce qu'était cette illumination ?
-Ce n'était pas une illumination.
-D'accord...ton moment pour dire «eurêka» ?
-Je ne sais pas ce que ça veut dire.
-Moment de gloire ?»
Elle le fixa.
«Dis-moi juste à quoi diable tu as pensé qui nous fait revenir de toute façon au laboratoire dans le milieu de la nuit alors que je suis vraiment fatigué à cause de l'intensité et du nombre des rapports sexuels qu'on a eus.»
Son ton était plein de frustration, mais elle pouvait dire qu'il n'était pas fâché contre elle. Il souriait.
«Syndrome de la personne raide» répondit-elle simplement. C'est ce à quoi elle avait enfin pensé plus tôt, alors qu'elle regardait Booth dormir et se rappelait leur nuit ensemble.
«Oui, il est mort. On le savait déjà.
-Ce n'est pas de l'argot pour dire «mort», Booth.»
Elle voyait qu'il pensait à quelque chose.
«Tu as raison ; tu aurais été plus fière de toi si tu avais utilisé de l'argot correctement.»
Elle l'ignora.
«Le syndrome de la personne raide, parfois appelé Moersch-Woltman Condition, est une maladie qui cause de fréquents et inexplicables spasmes. Même si c'est plus fréquent chez les femmes, les hommes peuvent l'attraper aussi. Pour la plupart, ce sont des gens qui courbent beaucoup leur dos, plus que quelqu'un assis à un bureau ne le fait. Les spasmes et la rigidité commencent dans le dos. J'ai remarqué une posture courbée sur l'homme que nous n'avons pas identifié. Lorsque j'ai lu le rapport pathologique, j'ai remarqué qu'il y avait aussi un haut taux d'anticorps contre l'acide glutamique-décarboxylase. Camille ne cherche pas quelque chose comme ça d'habitude, mais dans ce cas il y avait suffisamment de tissus et depuis qu'on a rien sur l'identité, elle fait chaque test qu'elle peut faire. Les anticorps contre l'acide glutamique-décarboxylase sont souvent présents en haut taux chez ceux qui souffrent du syndrome de la personne raide.
-Ils appellent vraiment ça «Syndrome de la personne raide» ?»
Booth la regarda, amusé, comme si elle lui mentait.
«SPS (en anglais, Stiff Person Syndrome) pour être plus court» répliqua-t-elle.
Il renifla et rit.
«Ça sonne comme le nom d'une maladie qu'un enfant de dix ans attraperait. Vous les docteurs, vous ne trouvez pas un charabia imprononçable pour des maladies bizarres d'habitude ?
-Je t'ai dit qu'ils appellent aussi ça le Moersch-Woltman Condition.»
Alors que Booth continuait de rire, elle en vint aux faits.
«De toute façon, comme je l'ai dit, c'est rare, mais il y a d'autres facteurs que je peux vérifier au laboratoire. S'ils sont présents, on pourrait trouver des informations dans la liste des personnes disparues.
Booth s'était enfin arrêté de rire. Maintenant elle lui voyait un regard pensif. Il pensait à quelque chose. Une fois qu'elle lui avait dit ces informations – d'une façon telle qu'il puisse la comprendre – alors il avait toujours pris le temps d'appliquer ça de son point de vue de l'affaire. Brennan adorait le regarder réfléchir. Son visage resterait inchangé jusqu'au moment où il ferait le lien. Il s'éclairait s'il était excité, il se tordait s'il était perdu. Cette fois, il se tordit, confus.
«Quoi ? demanda-t-elle.
-Quel lien cela a-t-il avec le dealer ? Tous les autres prenaient de la drogue ou avaient un passé de drogué. Ça les lie. Comment ce type s'y incruste ?»
Elle connaissait cette réponse.
«Il y a une drogue qui est prescrite pour le SPS, dit-elle. Ça aide à détendre les muscles pour éviter les spasmes et les convulsions. Le diazépam.
-C'est quoi ? demanda-t-il en la fixant.
-Du Valium.»
NdT : Valium est le nom sous lequel le diazépam est commercialisé.
Alors ? Reviewez, et au 15 !
