Pardon pour cette pause dans la publication, j'ai pas mal été occupée là.
Chapitre 36 : Cauchemar
«Allô ?» marmonna Beckett à son téléphone. Elle ne voulait rien de plus que retomber de plus belle dans son lit. Mais elle savait aussi que lorsqu'Esposito l'appelait à six heures du matin, elle devait se réveiller.
«Oui, Espo. Où ça ?»
Elle s'assit, tendant la main pour saisir l'interrupteur de sa lampe.
«Tu es sûr ? Non, je suis juste un peu surprise. J'étais censée me rendr au vieil entrepôt avec nos homologues du F.B.I. Ils sont arrivés cette nuit. Tais-toi, Espo, et assure-toi d'avoir Lanie et Perlmutter là-bas. Je me fiche de ce que tu devras faire pour qu'ils soient là-bas, mais je veux les meilleurs. Oui, je vais l'appeler. On sera là dès que possible, ensuite on partira pour l'entrepôt. Une demi-heure ? Compris.»
Kate reposa son téléphone sur sa table de chevet, ne retirant pas les couvertures de ses jambes de bon cœur, et prit la direction de la salle de bains.
«Merde» marmonna-t-elle, se retournant vers sa chambre pour reprendre son portable. Elle appuya sur un bouton et mit le téléphone à son oreille. Elle était un peu rendormie lorsqu'elle tomba sur la boîte vocale, mais elle n'avait pas vraiment le temps de penser à ça. Lorsque le «bip» se fit entendre, elle laissa un rapide message.
«Castle, on pourrait avoir trouvé une partie de Bridget Hattery. Espo et Ryan sont déjà sur les lieux et on doit aller les voir. Je serai chez vous dans quinze minutes pour vous prendre.»
Elle fit une pause, puis ajouta :
«Et merci de m'avoir ramenée chez moi la nuit dernière.»
Elle s'engouffra dans la salle de bains et commença sa routine matinale en mode super-accéléré.
Comme promis, Beckett se montra devant l'immeuble de Castle quinze minutes plus tard. Elle attendit deux minutes de plus, puis le rappela. Son appel arriva droit à la boîte vocale. Elle roula des yeux, l'imaginant faire quelque chose de ridicule comme préparer un burrito gourmet pour son petit-déjeuner à elle. Quand deux minutes de plus furent passées et qu'il n'était toujours pas là, elle éteignit l'engin et entra dans le bâtiment, imaginant à présent pire que l'un des burritos petit-déjeuner de Castle.
«Bonjour, lieutenant Beckett. Avez-vous besoin que j'appelle ? demanda le portier.
-Non merci. Je vais monter moi-même.
Le portier acquiesça, appuyant sur le bouton pour appeler l'ascenseur. Elle fit un pas à l'intérieur et attendit qu'il monte à son étage. Le couloir était silencieux, mais ce n'était pas inhabituel. Un rapide coup à la porte ne donna aucun résultat. Elle frappa plus fort – rien. Plongeant la main dans la poche de sa veste, elle sortit une clef argentée. Elle se débrouilla maladroitement avec les pênes et les serrures, mais entra dans le loft silencieux un moment plus tard. Elle n'avait jamais eu besoin d'utiliser la clef que Castle lui avait donnée «en cas d'urgence». Ça la fit se sentir mal à l'aise, comme si elle était seule dans le loft, malgré son aisance habituelle à se trouver là. La cuisine était plongée dans le noir, donc Castle n'était décidément pas en train de lui préparer un burrito petit-déjeuner. Une légère lumière bleue émanait de son bureau, et elle se dirigea lentement vers le bureau. Elle posa sa main sur son arme, juste au cas où quelque chose ne tournait vraiment pas rond. Lorsqu'elle franchit la porte, elle put voir qu'il n'avait pas éteint sa tablette. Utilisant la faible lumière pour voir où elle allait, elle se dirigea vers la porte de sa chambre, qui était partiellement ouverte.
«Castle ?» demanda-t-elle, espérant qu'il réponde. Aucune réponse ne lui parvint. Elle ouvrit davantage la porte, et soupira alors qu'elle posait ses deux mains sur ses hanches. Il était allongé le visage vers le bas et étalé sur son lit tout habillé.
«Castle» répéta-t-elle, un peu plus fort qu'avant. Elle traversa la sombre pièce jusqu'à sa table de chevet pour prendre son portable. Elle appuya sur un bouton, mais il apparut que la batterie était épuisée. Glissant au sol, elle marcha à quatre pattes jusqu'à ce qu'elle trouve la fiche du cordon d'alimentation. Elle brancha le téléphone puis le plaça sur la table avant de se relever et de croiser les bras.
«Castle.»
Comme il n'y avait toujours pas de réponse, elle n'eut pas d'autre choix. Elle se rapprocha du lit, ayant l'intention de le réveiller, mais elle s'arrêta. Elle savait ce qu'elle voulait faire. Elle voulait grimper dans le lit et l'allumer jusqu'à ce qu'il se réveille. Elle voulait effleurer de ses ongles son dos, puis les plonger dans ses cheveux. Elle voulait…elle s'arrêta et secoua la tête. Elle repoussa sa légère excitation dans son estomac jusqu'à ses orteils, essayant désespérément de l'ignorer. Ce qu'elle voulait faire à ou avec Castle n'avait aucune importance là maintenant. Ils avaient une scène de crime à rejoindre et ils étaient déjà en retard. A la place, elle se pencha et secoua son épaule.
En une seconde, Castle avait roulé en dehors du lit, la faisant tomber avec lui. Lorsque son dos frappa le bois, sa surprise était partie et son instinct reprit le dessus. Elle leva une jambe derrière la sienne et les fit rouler tous les deux, tenant ses bras à lui vers le bas er le cloua avec un genou bien placé.
«Mais qu'est-ce que vous foutez Castle ! cria-t-elle.
-Kate ? demanda-t-il.
-Ouais !»
Il la regarda pendant un moment, sans dire un mot. Puis :
«Je suis vraiment désolé. Je ne voulais pas dire que – je pense que j'étais… – c'était juste un rêve.
-Cela n'a aucun sens Castle.»
Ses poings serrés se relâchèrent et il ouvrit les mains, essayant clairement de montrer qu'il n'essayait pas de la blesser.
«Je rêvais. On était à un enterrement et quelqu'un est venu vers vous. Il…il a tiré sur vous, Kate. Je l'ai vu et j'ai essayé de vous pousser à terre avant, mais il vous a tiré dessus. Vous saigniez, Kate, sur mes mains. J'ai senti une main sur mon épaule, et j'ai pensé que c'était lui qui venait pour vous achever alors je…je me suis jeté sur lui. Mais ce n'était pas lui. C'était vous.»
Il ferma les yeux et laissa échapper un souffle.
Beckett remarqua ses tremblements et que sa respiration était difficile et retira son genou de son emplacement gênant. Elle relâcha l'un après l'autre ses poignets, plaçant ses mains – à lui – de chaque côté de sa tête.
«Oui, c'était moi. Vos rêves ressemblent de façon suspecte aux miens.»
Il ne répondit pas à ça. Il la regardait vraiment particulièrement. Ses mains remontèrent du sol et appuyèrent à l'intérieur des coudes de Beckett avant de tenir tendrement son visage pour qu'il rencontre le sien. Ses coudes bloqués se remâchèrent à la pression et la gravité la fit s'effondrer sur lui avant qu'elle ne puisse récupérer son équilibre.
«Vous êtes là» murmura-t-il avant de réunir leurs lèvres.
Et malgré toutes les craintes qu'elle avait à propos de cette relation, son corps et ses lèvres répondirent immédiatement. Ce n'étaient pas des feux d'artifice et ce n'était pas une inflammation spontanée. C'était de la tristesse, des regrets, du soulagement, et de l'ardent désir. Une des mains de Castle plongea dans ses cheveux, et l'autre passa autour de la taille de Beckett pour la rapprocher de lui. Elle n'arrêta de l'embrasser que lorsqu'elle se souvint de la scène de crime à laquelle ils étaient supposés se rendre.
Il remarqua immédiatement le changement dans le corps de Beckett, et relâcha sa taille. Il éloigna ses lèvres et posa son front contre le sien.
«Je suis si heureux que tu sois là. Attends…pourquoi est-ce que tu es là ? demanda-t-il, éloignant son visage pour pouvoir la regarder.
-Tu ne répondais pas au téléphone. On doit aller sur une scène de crime. Ils pensent avoir trouvé une partie de Hatty. Ensuite on doit rejoindre Booth à l'entrepôt.
-Très bien. Tu vas bien ? Est-ce que je t'ai blessée quand je t'ai…
-Taclée ? sourit Beckett en sortant ses mains des cheveux de Castle pour les poser sur ses épaules. Non, tu ne m'as pas blessée. Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, j'ai eu le contrôle de la situation assez rapidement.
-J'ai vu. Alors est-ce qu'on est déjà en retard ?
-Ouais.
-Ok…laisse-moi me préparer.»
Il roula sur le côté, emportant le corps de Beckett avec lui. Il la regarda brièvement dans les yeux avant de réunir ses lèvres avec les siennes une fois de plus avec prudence. Après s'être éloigné, il se mit debout.
«Dix minutes ?»
Elle s'appuya sur un coude et acquiesça. Elle accepta la main qu'il lui proposait pour l'aider à se lever, s'assit sur le lit de Castle, et le regarda disparaître dans la salle de bains. Une fois que l'eau eut commencé de couler, et qu'elle eut chassé l'idée d'un Castle nu et humide de son esprit elle posa une main sur ses lèvres et s'autorisa à recommencer à respirer. Si c'était ce à quoi ressemblait un baiser avec Richard Castle, elle serait certainement heureuse de le faire plus souvent. Bien sûr, ils s'étaient déjà embrassés, et ça avait été génial. Mais la peur d'être vue – d'avoir besoin d'un baiser pour travailler afin d'attraper les méchants – avait rendu ça moins romantique d'une certaine façon. Ce baiser avait été très profond sentimentalement, sans oublier que c'était sur son terrain – le sol de sa sombre chambre. Il était tout ébouriffé à cause du lit et elle venait juste d'imaginer toutes les choses qu'elle voulait lui faire alors qu'il dormait. Elle avait su qu'il était temps d'arrêter de nier ses sentiments, et maintenant qu'elle avait mis ça en lumière, elle savait qu'elle ne reviendrait pas en arrière. Toutes voiles dehors. Penser à ça la refit penser à Castle nu et mouillé. Elle jura contre elle mentalement, mais même ça ne put récupérer une quelconque prise sur son état mental. Le mieux qu'elle pouvait faire était rester sur le lit et hors de la salle de bains.
Avant qu'elle ne le sache, la porte de la salle de bains s'ouvrit et il y apparut debout. Peut-être qu'elle avait espérer qu'il sortirait dans une serviette tombante, mais la combinaison du tee-shirt et du jean avait toujours fait battre son cœur un peu plus vite. Il marcha vers elle alors qu'il séchait ses cheveux avec une serviette, absent.
«Hey, je viens de réaliser quelque chose. Je ne suis pas mort…pourquoi ne suis-je pas mort ?»
Beckett savait très bien à quoi il faisait référence. Pourquoi ne l'avait-elle pas frappé de façon insensée pour avoir profité d'elle ? Elle regarda le sol.
«Je ne sais pas Castle, peut-être que maintenant que je suis habituée à ce que tu m'embêtes prodigieusement, je suis prête à ce que tu commences à essayer de m'embrasser.»
Il ne répondit pas à ça. Elle vit ses yeux s'ouvrir très grand grâce à la lueur qui provenait de la salle de bains avant qu'il n'aille jusqu'au dressing pour aller prendre une chemise. La façon qu'il avait d'aller dans un dressing noir d'encre et d'en sortir avec une chemise bleue en flanelle qui irait très bien avec ses yeux frappa Beckett. Peut-être que c'était un coup de chance. Peut-être que c'était juste une partie du mystère de richard Castle. Elle se demandait s'il pourrait aller dans son placard à elle où l'on ne voyait rien et en ressortir un habit parfait pour elle. Probablement.
«Beckett ?»
La voix de Castle interrompit sa vision d'un Castle aux yeux bandés cherchant dans son placard.
«Oui ?»
Il était debout sur le pas de la porte de sa chambre, sa chemise de flanelle déjà enfilée et boutonnée.
«Ne sommes-nous pas en retard ?»
Elle se leva rapidement du lit.
«Si. Désolée.
-Ne t'inquiète pas pour ça. Tu n'as aucune idée de mon degré d'excitation lorsque je peux te distraire autant sans réellement faire quoi que ce soit.
-La ferme. Et tu voudras bien brancher ton téléphone lorsqu'on montera dans la voiture.»
Elle débrancha le téléphone de son câble d'alimentation et le lui tendit alors qu'elle courait vite vers lui. Elle espérait qu'elle avait l'air de ne pas être affectée par leur comédie.
«Cela ressemble davantage à la Beckett excentrique et matinale à laquelle je suis habitué. Tu as besoin de café.»
Elle attendit qu'il ait fini de laisser un message à Alexis et prit sa veste sur le porte-manteau. Alors que les portes de l'ascenseur les enfermaient dans l'espace confiné, elle parla enfin.
«Tu fais souvent ce rêve ?»
Il parla bas, mais sans réserve.
«Au moins une fois par semaine. Différentes versions de ça, je suppose. C'était la première fois que j'avais autant de précisions sur le moment et l'endroit. Nous étions d'habitude au poste et quelqu'un était porté manquant ou nous traquions un suspect. Parfois Ryan et Esposito étaient blessés aussi. Je suis tombé du lit deux ou trois fois.»
Il se tourna vers elle.
«Je suis vraiment désolé de t'avoir taclée de la sorte. C'était un mauvais rêve – qui venait sûrement de tout le stress accumulé dernièrement. Et je sais que c'est stupide, mais la possibilité que tu sois réellement blessée – ou tuée – ou que quelque chose arrive vraiment aux garçons est un cauchemar pour moi.»
Beckett était silencieuse lorsqu'ils sortirent de sa voiture. Ils saluèrent tous les deux le portier lorsqu'ils passèrent, mais elle ne parla pas avant qu'ils ne reviennent dans la voiture.
«Il y a deux nuits, j'ai rêvé que tu appelais paniqué. Quelqu'un était dans le loft, et il avait un revolver. Je suis arrivée aussi vite que possible, mais le temps que je sois là, le type vous avait descendus, Alexis et toi, avant de sortir par la sortie de secours. Tu étais encore en vie, mais tu maintenais tendrement Alexis sur tes genoux et tes mains étaient couvertes de sang. Je n'ai pas été assez rapide pour te sauver, et tu es mort avant que les ambulanciers soient entrés dans le bâtiment. Je me suis réveillée en pleurant.
-Beckett…»
Elle secoua la tête pour le faire taire.
«Il y a deux semaines, j'ai rêvé que quelqu'un mettait le feu à ton immeuble, et tu as été assez stupide pour y retourner afin de sauver plus de locataires. Ils ont sorti ton corps après que le bâtiment s'est effondré. Ce n'est pas stupide. Je fais des cauchemars où je te perds aussi. Je vais bien, je suis là, et si le fait d'évacuer tout ça avec moi sur le sol de ta chambre a aidé à te rassurer sur ce point, je suis heureuse d'avoir été là. Peut-être qu'on pourra essayer, dans le futur, d'être là l'un pour l'autre quand on se réveillera après l'un de ces rêves.
-Comme dans un lit ?»
Malgré le sérieux de la conversation, ses lèvres se courbèrent en un sourire.
«La prochaine fois que je me réveillerai après un cauchemar comme celui-là, je t'appelle. Tu fais pareil. On verra comment le reste progresse.»
Beckett démarra la voiture et commença à rouler.
Castle acquiesça, puis dit :
«Merci.
-Pour quoi ?
-Pour ne pas m'avoir repoussé ce matin.»
Elle sourit.
«Et pour ne pas m'avoir donné de coup de genou dans les testicules.»
Alors ?
La suite demain ou dimanche !
