Bonjour !

Merci à Quetsche, adrian009 et Aurelyse.

Bonne lecture !


Chapitre 38 : Un territoire inconnu

Brennan se glissa hors du véhicule et remercia les policiers en patrouille de l'avoir conduite. Le bâtiment à l'extérieur duquel elle se trouvait n'était pas sombre et sale comme Camille lui avait fait croire qu'une morgue de la ville de New York serait, même si ce n'était clairement pas moderne. Brennan n'était jamais venue là auparavant, même si elle avait passé du temps au laboratoire de biologie médico-légale de New York. Elle pourrait dire sans réserve que les bureaux du département de biologie médico-légale étaient davantage sa référence pour l'endroit où elle se trouvait à présent. Elle prit une profonde inspiration, remit son sac sur son épaule et passa les portes principales.

Un homme en blouse de laboratoire devant l'accueil regardait sa montre. Il leva les yeux quand les portes battirent derrière elle, et parla :

«Docteur Brennan ?

-Oui.

-Je suis Sidney Perlmutter, l'un des médecins légistes en charge de l'affaire de ce matin. Venez.»

Il se dirigea sans cérémonie vers un ascenseur, laissant Brennan le suivre.

Brennan était habituée à plus de reconnaissance que ce que Perlmutter lui avait donné. Cela ne lui manquait pas. Cette affaire devait être résolue dès que possible, et il n'y avait pas lieu de s'attarder en cérémonies quand il y avait un tueur en liberté dans la ville de New York.

«On a récupéré les quelques informations qu'on pouvait sur Bridget Hattery. On espère que vous pourrez trouver quelque chose pour relier les pièces qu'on a et la femme. On a déjà commencé à faire des tests sur les tissus et le sang, donc il n'y a pas de raison de les demander. On aura les résultats quand on les aura. La biologie médico-légale est en permanence remise à plus tard – et ralentie – donc ça pourra prendre toute la journée ou toute la semaine. On a vraiment juste besoin que vous regardiez les os et déterminiez ce que vous pourrez – on a pris soin du reste.

-Merci. Avez-vous des contacts avec un anthropologue judiciaire par ici ?»

Brennan espérait qu'elle aurait quelqu'un qui saurait comment nettoyer les os. Elle n'avait simplement pas assez de temps pour les envoyer au Jefferson.

«Je ne suis qu'un petit médecin légiste, docteur Brennan. J'aurais pensé que vous auriez plusieurs contacts dans votre carnet d'adresses.»

Elle pouvait sentir l'ennui dans sa voix, mais elle l'ignora. Booth dirait probablement qu'elle recevait un avant-goût de son propre comportement. Elle sortit de l'ascenseur quand il eut fini sa descente, suivant Perlmutter dans un couloir qui ressemblait davantage à la morgue à laquelle elle s'était attendue. Tout au long du couloir, des bulbes fluorescents clignotaient, leur lueur bleu-vert éclairant de flashes irréguliers une étagère où se trouvait du linge.

Les chaussures de Perlmutter crissèrent sur le sol du couloir.

«Nous sommes dans la salle quatre» lui dit-il alors qu'il prenait un set de produits désinfectants d'une étagère. Il poussa une porte et la passa, la retenant pour qu'elle le suive.

Brennan trouva les produits dans ses bras dès qu'elle eut posé son sac près de la porte. Elle passa un moment à regarder la pièce. Malgré le faible éclairage dans le couloir, cette pièce était plutôt claire. Plusieurs lumières de bloc chirurgical étaient suspendues au-dessus de la table d'autopsie, toutes allumées. Brennan passa les produits sur son jean et son tee-shirt, et tendait la main pour attraper la boîte de gants que Perlmutter lui tendait quand une femme surgit par la porte.

«Lanie, où est-ce que tu étais ?» lui demanda Perlmutter.

La femme l'ignora complètement.

«Oh, docteur Brennan ! Je suis si heureuse de vous rencontrer ! Lanie Parrish, médecin légiste» dit-elle en tendant la main.

Brennan tendit sa propre main, qui fut vigoureusement secouée avant d'être relâchée.

«Merci.

-J'étais tellement excitée quand Kate m'a dit que vous viendriez nous aider. Bien sûr, on a un certain niveau ici, mais vous êtes une légende dans le domaine de l'anthropologie médico-légale, et ce n'est tout simplement pas ma spécialité. Bien sûr je suis spécialisée dans le médico-légal, depuis que je suis médecin légiste, mais je n'ai jamais reçu de formation en anthropologie. Honnêtement, je suis impatiente de vous voir travailler.»

C'était le genre d'accueil que Brennan était habituée à recevoir. Alors qu'elle comprenait l'enthousiasme du médecin légiste, Brennan espérait qu'elle utiliserait plutôt cela pour son travail. Ou peut-être qu'elle absorberait moins de caféine le matin.

«Bien, dans ce cas, allons-y.»

Brennan prit elle-même une paire de gants et les passa, faisant un pas vers la table d'autopsie où Perlmutter était, cataloguant les échantillons.

«Docteur Parrish, pouvez-vous s'il vous plaît sortir des radios ou des fichiers dentaires ? J'aurai besoin d'eux pour comparer. J'aurai aussi besoin de nettoyer certains de ces os à la main, donc j'aurai besoin d'objets permettant de réaliser une macération et de beaucoup d'eau propre pour les nettoyer.

-Je serai heureuse de vous aider, docteur Brennan, dit Lanie.

-Ce ne sera pas nécessaire. Je préfère faire cela moi-même quand je n'ai pas d'assistant spécialisé en anthropologie. Moins d'erreurs sont commises.»

Brennan resta debout et prit simplement les restes de Bridget Hattery. Elle savait que c'étaient vraiment les restes de la fille, mais elle devait le prouver – scientifiquement. Perlmutter continua son travail à côté d'elle dans le silence, et elle appréciait sa présence non envahissante. Elle pouvait entendre les papiers se heurter derrière elle et le clic d'une souris d'ordinateur alors que Lanie organisait les fichiers médicaux. Lorsqu'elle eut mentalement catalogué ce qui était présent sur al table d'autopsie, elle se tourna pour faire face à Lanie.

Lanie était debout à côté d'un grand et plat écran de télévision qui montrait plusieurs fenêtres ouvertes.

«On n'a qu'une seule radio du squelette, docteur Brennan, et je ne sais pas à quel point ils seront utiles. Elles proviennent de son pédiatre, elle s'est cassé le poignet quand elle était enfant.

-Mais nous n'avons pas ses poignets, dit Brennan.

-Exactement. On a des fichiers dentaires, et des radios datant environ de dix ans venant de son dentiste.

-Pas de crâne.»

Brennan réalisa qu'elle devrait être créative.

«Le reste, dit Lanie, ouvrant plusieurs autres fenêtres sur l'écran, est composé de divers rapports médicaux de pédiatres et de docteurs. Le seul dont je pense qu'il pourrait être utile est le rapport gynécologique remontant à plusieurs années. C'est comme si elle n'était pas allée voir de médecin depuis longtemps.

-Les toxicomanes oublient souvent la médecine en faveur de drogues. Ce n'est pas du tout anormal, docteur Parrish.»

Lanie ne répondit pas.

Brennan supposa que le regard qu'elle recevait visait à regarder ses habitudes. C'était ce que Booth dirait.

«Que dit le rapport gynécologique ? On a un pelvis.

-Qu'elle a eu un enfant à 17 ans.

-Cela pourra nous aider à restreindre le nombre de possibilités, mais ce n'est pas suffisant. On peut amener l'enfant ici et faire une comparaison ADN.

-Elle a donné l'enfant à l'adoption. Cela prendra un moment pour la retrouver – si c'est seulement possible.

-Quelque chose d'autre du docteur ?

-Elle est venue chez le gynécologue parce qu'elle avait mal, et après avoir vérifié la maladie inflammatoire pelvienne, il a pensé qu'elle avait peut-être une diastase de la symphyse pubienne. Il lui a programmé des radios, mais on dirait qu'elle n'est jamais revenue.

-C'est bien. Donc nous commencerons par le pelvis. Docteur Perlmutter, avez-vous terminé de cataloguer les preuves des os du pelvis ?»

Brennan se retourna vers la table d'autopsie.

«Tout est à vous, répliqua-t-il.

-Et vous avez fait les radios ?

-Bien sûr, docteur Brennan. On suit le protocole d'habitude par ici.

Son ton sec l'amusa. Les gens ne lui parlaient habituellement pas comme ça.

«S'il vous plaît, envoyez des répliques de tous les échantillons à l'Institut Jefferson. Ils peuvent tout autant analyser les preuves et nous aurons plusieurs résultats à comparer.»

Brennan posa le bassin sur un plateau en métal et se retourna vers Lanie.

«Macération ? Eau ? Nous avons un tueur en liberté docteur Parrish, alors dépêchons-nous.»

Lanie leva un sourcil, mais elle décroisa les bras et sortit de la pièce.

Brennan posa le plateau et revint à l'écran. Elle se demanda inconsciemment ce que Booth faisait. Sachant que penser à Booth ne ferait que la déconcentrer, elle se refit la liste des parties du corps retrouvées dans sa tête les os du bassin, les cuisses et le bas des jambes. Elle pourrait obtenir la taille d'après les os de la jambe. Avec cela et l'âge approximatif obtenu grâce au bassin, elle pourrait se faire une idée. Mais elle voulait être sûre – sans aucun doute – qu'elle avait Bridget Hattery sur la table. Booth, Rick et Kate auraient besoin qu'elle eût des preuves infaillibles. Et elle ne pouvait pas compter sur le fait de trouver d'autres parties de la fille disparue. Si seulement elle avait les bras. Le poignet cassé serait sans appel. Elle mit au-dessus le rapport du pédiatre, vérifiant que l'écran était tactile. Y jetant un coup d'œil, elle s'arrêta soudain aux mots «une grosse ecchymose au genou – le patient ne remarque qu'une douleur due à une blessure normale». La rotule pourrait montrer des signes de dommage. Elle nota mentalement de se faire apporter les radios de la jambe dès qu'elle aurait mis le bassin à nettoyer.

«Docteur Brennan ?» demanda Perlmutter depuis l'autre côté de la table d'autopsie.

Elle se tourna.

«J'ai trouvé une dent.»


Qu'en pensez-vous ?

La suite vers jeudi...