Bonsoir !
Je suis très occupée, je passe en coup de vent.
Bonne lecture !
Chapitre 42 : Jouer
«Je ne peux sérieusement pas te croire, Castle. Cesse de jouer avec les gens.
-Beckett, je vis pour jouer avec les gens. Ils rendent ça tellement facile.
-La manipulation n'est pas un stimulant.
-Cela l'est pour la personne qui manipule» répliqua-t-il.
Castle était assez fier de lui après leur petit double rendez-vous. Tout ce qu'il avait eu à faire avait été de détourner l'attention de Brennan de Booth, de glisser un bras autour de ses épaules, et de regarder Booth se dresser pour marquer son territoire. S'il ne se trompait pas, ils étaient déjà de retour dans leur chambre d'hôtel à continuer cela. Ils le remercieraient plus tard.
Beckett se pencha en avant, et il réalisa que son comportement tout entier avait changé. Elle prit une longue et lente gorgée de sa boisson, humecta ses lèvres, et lui jeta cela en plein visage. Un regard vers le bas lui donna une assez bonne vue de l'intérieur de son chemisier. Ses yeux étincelèrent, se noircirent de ce qui semblait être du désir alors qu'elle murmurait dans son oreille :
«L'es-tu ?»
Il prit une inspiration et déglutit avant de pouvoir parler.
«Suis-je quoi ?»
Les choses commençaient à devenir gênantes. Dans un bon sens.
«Es-tu excité ?»
Une autre bouffée d'air. Il pouvait pratiquement sentir l'alcool qu'elle venait de boire.
«Euh, eh bien, je…»
Et, juste comme ça, elle revint en arrière. Elle revint en mode Beckett normale et se laissa retomber sur le tabouret.
«Je pense que tu avais raison. C'est un genre d'excitant.»
Elle vida le verre et alla le poser près de l'évier.
Castle était incroyablement content qu'elle ait accepté de revenir chez lui. Après tout, Booth et Brennan étaient rentré plutôt tôt. Il n'était que 9h30 quand ils étaient partis du Zach's, et malgré le fait que Castle ait désespérément besoin de sommeil, il ne voulait pas dire «bonne nuit» à sa partenaire. Il regarda Beckett prendre un nouveau verre dans son meuble et le remplit d'eau. Il vida sa propre boisson et se leva pour le poser également près de l'évier. Si elle voulait le manipuler, alors il allait recevoir une compensation. Il prit de la glace dans le congélateur et se plaça derrière elle pour la presser contre le comptoir. Il passa les bras autour d'elle et glissa les glaçons dans son verre d'eau tandis qu'elle le tenait
«J'ai pensé que tu voudrais peut-être faire baisser ta tension, lui dit-il.
-Castle, marmonna-t-elle. Stop.
-Non.
-Rick.»
Il y avait une touche d'avertissement lorsqu'elle prononça son nom, mais il y avait plus que cela – elle était excitée elle aussi.
Il retira le verre d'eau de sa main et le posa sur le comptoir avant de la faire se tourner pour qu'elle lui fasse face.
«Allez, Kate. Vas-tu déjà m'embrasser ?»
Et elle le fit. Oh oui, elle le fit. Elle coupa sa respiration. Elle s'avança tellement en avant qu'il sentit rapidement son dos taper contre le comptoir opposé. Ses mains glissèrent sur son torse pour se fixer fermement à ses épaules. Rick réalisa qu'il perdait rapidement le contrôle de la situation. Alors que ce n'était d'ordinaire pas une mauvaise chose – et il était de façon certaine habitué à perdre le contrôle lorsque Kate Beckett était dans le coin – le contrôle était en quelque sorte l'enjeu de la manipulation. Il les tapota et la pressa de nouveau contre le comptoir. Une main se mêla dans ses longs cheveux, heureusement libérés de son chignon lorsqu'ils étaient arrivés au loft, l'autre rapprocha ses hanches des siennes autant que possible.
Un petit gémissement se fit entendre de sa part, et il sut que la victoire lui était acquise. Il déplaça ses lèvres des siennes et traça une ligne le long de son cou de l'oreille à la clavicule. Alors qu'il s'accrochait à la base de son cou et qu'elle laissait un autre gémissement échapper de ses lèvres, il réalisa que c'était un moyen d'avoir un coup d'avance sur l'autre. Dieu, jouer à des jeux de manipulation avec Kate était l'une des choses les plus excitantes qui lui étaient jamais arrivées. Mais quand il était avec elle, il ne voulait pas jouer.
«Tu as gagné» murmura Kate.
C'était comme si elle lisait dans ses pensées.
Il la regarda. Sa tête était toujours en arrière, depuis son assaut sur son cou. Ses yeux étaient toujours fermés et il semblait qu'elle était simplement en train d'attendre qu'il la touche de nouveau.
«Kate» dit-il.
Ses yeux s'ouvrirent juste assez pour qu'elle puisse les plonger dans les siens.
«Je ne jouais plus du tout. Tu dois savoir que c'est beaucoup plus que…
-Des jeux psy ? finit-elle pour lui. Je sais, Rick. Cela ne veut pas dire que ce n'est pas amusant pour autant.»
Il sourit avant de resserrer ses bras autour d'elle. Ils s'embrassèrent de nouveau, cette fois sur un pied d'égalité. Il la conduisit à travers le salon, les installant sur le canapé. Il commençait à se demander jusqu'où ils iraient ce soir-là alors qu'elle vibrait sous lui. Il sentait littéralement la vibration passer entre eux et il s'arrêta.
«Kate ?»
Elle soupira lorsqu'il s'arrêta, et plaça une main entre eux. Son esprit oublia momentanément le tremblement et revint immédiatement au point jusqu'auquel ils allaient aller ce soir-là. Il sentit sa main descendre de plus en plus sur son abdomen et prit une rapide inspiration.
Kate pouffa.
«Castle, mon téléphone est dans ma poche de devant. Je vais simplement le prendre parce qu'il sonne.»
La lumière se fit dans le brouillard de son esprit. Son téléphone vibrait. Elle sortait juste son téléphone de sa poche. Il s'ordonna de respirer et de décoller son corps du sien.
«Beckett» marmonna-t-elle presque dans le téléphone.
Mais son visage vira de l'ennui à la surprise très rapidement.
«Sérieusement ? D'accord, mais vous surveillez l'endroit ? Bien. Non, j'arrive. Écoutez-moi, Benjamin Marcus est actuellement notre suspect numéro 1 et je serai là quand vous l'amènerez, compris ? Merci.»
Castle soupira. Une autre nuit sans sommeil les attendait.
Beckett rencontra ses yeux lorsqu'elle mit fin à l'appel.
«Ils l'ont trouvé. Marcus n'est pas là, mais ils attendent qu'ils reviennent. On l'aura demain matin, avec un peu de chance.
-Et tu y vas pour attendre ?» lui demanda Castle.
Elle acquiesça, désolée.
«Je ne pourrai pas dormir, de toute façon, surtout en sachant qu'on est aussi proches.»
Il se leva.
«Je viens avec toi. Allez» lui dit-il, lui proposant sa main pour l'aider à se lever.
Beckett prit sa main, mais elle ne bougea pas.
«Je suis tellement désolée, Castle. Je…je dois être là-bas.
-Kate, je sais. Je ne suis pas en colère. Pourquoi ne te lèves-tu pas et ne vas-tu pas prendre un peu de café à la cuisine ? On en aura besoin. Je vais prendre une douche rapide et me changer, ensuite on pourra partir. Tu veux qu'on s'arrête chez toi ?»
Elle se leva.
«Non, j'ai des vêtements de rechange au poste.»
Elle commença à se diriger vers la cuisine, mais la main de Castle ne lâcha pas la sienne et il la rapprocha rapidement de lui. Il l'embrassa avec douceur, les deux mains remontant pour entourer son visage. Il prit part à l'instant autant qu'il pouvait, l'enregistrant dans son esprit, puis il la laissa partir gentiment.
«Café, lui rappela-t-il alors qu'aucun n'avait bougé depuis leur étreinte.
-Oui. Café. Je suis sur le coup.»
Il s'arrêta à la porte de sa chambre pour la regarder se déplacer autour de la cuisine. Il était quasiment certain de n'avoir jamais eu de vision plus belle que celle de Kate Beckett faisant du café dans sa cuisine, semblant légèrement ébouriffée et rougissante de leur scène précédente. Il se tourna vers sa chambre, entra dans la salle de bain, et descendit la température de la douche aussi bas que possible.
Castle était sur le point de somnoler sur le bureau de Beckett quand elle émergea des profondeurs du poste. Ses cheveux étaient humides et écartés de son visage, et elle était vêtue de façon légèrement plus professionnelle – un pantalon en toile et un tee-shirt à manches longues. Castle pouvait toujours voir les valises sous ses yeux, mais une douche et le changement de vêtements l'avaient clairement rafraîchie. Peut-être que la touche de rose sur ses joues était un reste de la scène dans son loft. Il pouvait seulement l'espérer.
«Je viens de raccrocher d'avec l'équipe de surveillance. Ils disent qu'il n'y a pas d'activité. Ils ne s'attendent pas à ce qu'il rentre chez lui avant le matin. On a du temps à tuer. Mais si je n'ai pas de nouvelles d'eux à quatre heures, on va là-bas pour l'attendre nous-mêmes.»
Elle se laissa tomber sans cérémonie dans son fauteuil de bureau.
«Devrions-nous appeler Tempe et Booth ?»
Castle secoua la tête.
«Pourquoi ne les laisserions-nous pas s'amuser cette fois ? répliqua-t-il.
-Pourquoi ? Nous n'avons pas eu le nôtre.»
Elle semblait irritée, ce qui ne présageait rien de bon pour lui pour les cinq heures à venir. Il leva un sourcil et tenta de faire baisser la tension.
«Vous ne m'échauffez même pas, lieutenant. Savez-vous à quel point la douche que j'ai prise était froide ?
-Approximativement aussi froide que celle que je viens de prendre ?»
Son visage devenait à présent diabolique. Elle jouait avec le feu, et cela en plein milieu du poste de police du 12ème district. Bien sûr, il n'y avait personne là-bas aux environs de 11h30 du soir.
Beckett flirtait tout de même ouvertement avec lui sur son lieu de travail. Après plusieurs regards emplis de désir, il se sortit de son immobilité.
«On doit arrêter, Beckett. Je ne veux vraiment pas avoir à utiliser les douches du poste. Elles sont quelque peu grossières.»
Elle secoua la tête comme si elle chassait la tension.
«Très bien, désolée. Je ne voulais pas…
-Me chauffer ? Ne t'inquiète pas, Kate. Je gravite près de toi depuis suffisamment longtemps pour garder ça sous contrôle. La différence à présent, c'est que nous étions collés de façon plutôt intime sur mon canapé une heure avant. Et si nous continuons de flirter, je ne vais pas pouvoir continuer à ignorer ce fait, et je vais vouloir le refaire. Malgré les quelques rêves que j'ai faits de toi sur ce bureau, ce n'est vraiment ni le lieu ni le moment de réaliser de tels fantasmes.
-Je suis d'accord. Bon, j'ai un tas de paperasse en retard de notre dernière affaire, et on peut toujours fixer le tableau pendant un moment. Ou alors installer une rotation pour faire un petit somme dans la salle de repos.»
Elle se plongea dans un tiroir du bureau et en sortit une pile de dossiers, remettant une mèche de cheveux derrière son oreille.
Il gémit à ce simple geste. Comment faisait-elle pour le faire fondre simplement en ramenant des cheveux derrière son oreille ? Il devait rester loin d'elle un moment, pour son propre bien-être.
«Tu t'attaques à la paperasse, je prends le premier tour pour la sieste» lui dit-il.
Il put sentir le roulement d'yeux alors qu'il s'éloignait.
«Tellement pour faire un roulement.»
Beckett n'était clairement pas de bonne humeur, mais elle prononça ces mots doucement.
Castle ouvrit les yeux. Il faisait toujours sombre dans la salle de repos. En fait, s'il refermait ses yeux, il pourrait s'imaginer être chez lui dans son lit avec Kate le réveillant après une longue nuit de…
«Debout, Castle. Allez.»
Elle lui retira la couverture.
«Cash, lui dit-il. Qu'est-ce qui se passe ?»
Elle le suivit alors qu'il se levait et s'approcha de la machine à café. Il n'y avait pas eu de nouvelle de l'équipe de surveillance, et il était à présent 4h30 du matin. Ils y allaient. Elle avait envoyé à Booth un SMS, mais il n'avait pas encore répondu.
«Laisse donc cet homme faire une pause, lui dit-il. Il a passé une nuit très agréable avec sa petite amie et il récupère. Prête à partir ?
-Oui. Donne-moi un extra ou je pourrais ne pas pouvoir le faire.»
Il s'arrêta pour la regarder. Quoi qu'ait pu faire la douche pour la rafraîchir, les quelques heures de travail qui avaient suivi avaient tout effacé.
«Kate, tu aurais pu me réveiller plus tôt pour pouvoir te reposer un peu toi-même. Je ne t'en aurais pas tenu rigueur.
-Ça va. Je ne sais pas si j'aurais pu dormir, de toute façon. Et puis, tu es un vieil homme. Tu dois te reposer pour pouvoir tenir avec moi.
-Pas quand tu es aussi fatiguée, non. Prends ton café et promets-moi que tu essaieras de fermer les yeux durant la journée.»
Il lui tendit la tasse, mais il la recula quand elle tenta de la prendre sans un mot.
«Promets-le moi, Kate.
-Je te le promets» marmonna-t-elle.
Prenant le café, elle se tourna vers la porte et il se dépêcha de suivre.
Alors ?
Je fais vite !
