Coucou tout le monde ! Tout d'abord, merci à tous pour les reviews qui m'ont, comme toujours fait très plaisir.

Un merci particulier à Roi rouge, recorman de la plus longue review et à lafolledu2°qui a enfin mis la review qu'elle m'avait promis (t'as pas honte de me narguer avec tes vacances alors que moi je bosse dans ce four qu'est le troisième étage ? 34° à 20h quand même !). D'ailleurs, vous pouvez lui dire aussi un petit merci parce qu'elle m'a donné quelques petites idées pour ma fic.

Par contre, je suis désolée mais je n'ai vraiment pas le temps d'y répondre cette fois-ci, j'espère que vous ne m'en voudrez pas.

L'autre mauvaise nouvelle, enfin, façon de parler, c'est que je vais espacer les publications à 1 chapitre tous les 15 jours... ce que j'ai fait avec les derniers mais bon, cette fois, c'est officiel.

C'est pas pour vous embêter mais je bloque au chapitre 29. Ca fait 5 fois que je le réécris et c'est toujours pas ce que je veux... mais bon, ça va venir.

PS: il y a un petit passage assez difficile dans ce chapitre mais pour ceux qui ne se sentiraient pas pret à le lire, il est annoncé donc vous pourrez le passer.

Bonne lecture !


Chapitre 20 :

Un mois d'août polaire

- «Peut-être devrions nous en venir au but de votre visite Albus. Après tout, je suppose que ne vous êtes pas déplacé pour nous parler de Sirius Black ?»

- «Non en effet. Si je suis ici, c'est pour vous donner des nouvelles de votre nouvelle potion tue loup. Nouvelles qui je l'espère, vont grandement vous satisfaire.»

Voyant que Gabriel et Severus attendaient avec impatience la suite, Dumbledore poursuivit son récit tout en les laissant quand même mariner, fidèle à ses habitudes.

- «Remus est venu me trouver en fin de matinée. Comme vous le savez sans doute, la pleine lune était avant hier. Il m'a dit qu'il avait suivi vous instructions à la lettre : une seule dose trois jours avant la pleine lune. Il m'a ensuite fait un rapport détaillé de ce qu'il s'est produit ou pas produit et de ce qu'il avait ressenti, sans rien omettre. J'avoue que les résultats sont étonnants.»

- «Et si vous nous les donniez ces résultats Albus ? Peut-être que nous pourrions en juger par nous même ?» Susurra Severus de sa voix la plus serpentarde.

- «Je vois que vous êtes toujours aussi impatient Sévérus.»

Seul un grognement lui répondit, suivi d'un léger pouffement de rire en provenance de Gabriel.

- «Vous voyez Severus. Même votre fils est d'accord avec moi !»

- «Albus !» soupira Severus excédé par le manège de son supérieur. «Si vous ne me donnez pas les résultats dans la minute, je me ferai un plaisir de vous y aider avec un peu de véritaserum !»

- «J'y viens mon ami, pas la peine de vous énerver. Je disais donc que Remus m'a fait part de résultats surprenants et exceptionnels. Une seule prise trois jours avant la pleine lune a été largement suffisante.»

- «Donc le nouveau mélange est plus puissant que l'ancien ?»

- «C'est le moins que l'on puisse dire car les améliorations ne s'arrêtent pas là. D'après ce que Remus m'a rapporté, il a pu garder un contrôle vraiment total sur ses faits et gestes ainsi que sur ses émotions et ses pensées. Il n'a pas du tout ressenti l'esprit du loup.»

- «Vous voulez dire qu'intérieurement, il est resté vraiment humain ?» demanda Severus qui avait du mal à y croire.

- «C'est ce qu'il a dit en tout cas.En plus, la transformation physique s'est révélée minime.»

- «Qu'entendez-vous par minime professeur ?» demanda Harry qui n'espérait pas que leur potion est une telle efficacité.

- «Et bien, ses canines ont poussé comme à l'accoutumée et ses yeux sont devenus jaunes. En dehors de cela, seuls ses cheveux se sont allongés d'une quinzaine de centimètres.»

- «Vous… vous voulez dire qu'il ne s'est pas transformé ? Il a gardé son apparence physique habituelle ?»

Dumbledore hocha affirmativement la tête.

- «C'est vraiment dommage que vous ne soyez pour le moment pas en mesure de fabriquer cette potion à grande échelle. Pour un grand nombre de lycanthropes, il s'agit là du miracle qu'ils attendent depuis qu'ils ont été mordus.»

- «Je n'espérais pas qu'elle serait aussi efficace…» Murmura Severus encore sous le choc de ce qu'il venait d'apprendre.

- «Vous n'avez encore trouvé aucun substitut à l'écaille de basilic ?»

- «Non. Nous avons testé quelques variétés d'écailles de dragon mais rien ne semble marcher pour le moment. Il faudrait essayer avec d'autres espèces mais je n'en ai pas.»

- «Seriez-vous d'accord pour que j'informe le centre de recherche de Ste mangouste de cette découverte ? Vous pourriez leur fournir une ou deux doses de potion et quelques écailles de basilic. Ils disposent de très nombreux contacts un peu partout dans le monde. Peut-être trouveront-il une espèce de dragon ou de serpent appropriée. Après tout, il faut mettre toutes les chances de notre côté !»

- «Pourquoi pas. Gaby, tu veux bien aller chercher deux fioles de potion et une dizaine d'écailles ? … Ou plutôt non, prend trois fioles !» Cria Severus alors qu'Harry était déjà entré dans la maison. «Comme je suppose que notre ami Lupin aimerait que je continue à lui en procurer, vous pourrez lui en donner déjà une dose pour ce mois-ci.»

- «Cela ne sera pas nécessaire. Vous aurez l'occasion de lui remettre vous-même Severus. Remus a fini par accepter d'occuper le poste de professeur de défense contre les forces du mal que je lui proposais depuis des années. Vous le verrez donc à la réunion le 20. Et de toute façon, il souhaite vous remercier personnellement.»

- «Même si je ne suis pas particulièrement heureux de le revoir, je dois bien admettre que pour une fois, nous aurons quelqu'un de compétent à ce poste. Après tout, la défense contre les forces du mal a toujours été sa matière de prédilection.»

- «C'est exacte. C'est pourquoi, chaque année, j'insistais pour qu'il accepte d'enseigner mais il avait peur que sa condition ne mette en danger les élèves.»

- «C'était totalement stupide. Il lui aurait suffit de quitter le collège tous les mois et il n'y aurait eu aucun danger. Même lors de ce qu'il s'est passé pendant ma sixième année, il était autant une victime que moi l'histoire, il n'y était absolument pour rien si cet espèce de crétin était déjà complètement cinglé à cette époque.»

- «Je suis d'accord avec vous Severus, vous le savez parfaitement. Si j'avais pensé qu'il était un danger, jamais je ne l'aurais accepté à l'école. En plus cette bêtise aurait pu lui coûter énormément à lui aussi. Je pense qu'il ne s'en serait jamais remit s'il vous avait mordu.»

- «Qui a failli te mordre ?» demanda Harry qui venait de réapparaître sur la terrasse, une boite en carton dans les mains et qui n'avait donc entendu que les derniers mots de Dumbledore.

Il déposa ce qu'il portait sur la table de jardin autour de laquelle son père et Albus étaient installés et répéta sa question:

- «De quoi parliez-vous professeur ? Comment et par quoi papa aurait-il pu être mordu ?»

- «Par Remus, l'homme qui a testé votre préparation.»

- «QUOI ? Mais alors, pourquoi lui en faire profiter ?»

- «Disons que Sirius Black a fait une mauvaise blague à ton père à l'insu de Remus et que si personne n'était intervenu, Severus serait soit mort, soit un loup-garou.»

- «Comment ? Qu'a t-il fait ?»

- «C'était il y environ 16 ou 17 ans. Il a envoyé ton père droit sur un loup-garou un soir de pleine lune.»

Voyant que le garçon voulait en savoir plus, Dumbledore décida de lui raconter exactement ce qu'il s'était passé.

- «Pour que Remus puisse faire ses études à Poudlard malgré sa lycanthropie, j'avais aménagé un endroit où il puisse rester lors de ses transformations sans blesser quiconque. Comme tu le sais certainement, la potion tue-loup est une découverte ressente donc à l'époque, il devenait tous les mois un monstre sanguinaire. Remus avait trois excellents amis : Sirius Black, Peter Pettigrow et James Potter. Tous les quatre étaient à Gryffondor. Sirius, James et ton père n'ont jamais pu s'entendre et les deux garçons profitaient de chaque occasion pour humilier Severus. Il ne se passait pas une seule journée sans que ces trois là ne se battent à coup de sorts. Ton père était très intrigué par les disparitions mensuelles de Remus et a cherché à en savoir plus. C'est là que tout a commencé. Un jour, lors de sa 6ème année, il réussi à suivre l'infirmière qui passait dans le hall avec Remus à ses cotés jusqu'à la cachette que je lui avait aménagé. Cependant, ne connaissant pas le moyen de franchir l'entrée, il fut incapable de les suivre. Le problème, c'est que Black s'était aperçu de cet intérêt et qu'il a trouvé …amusant … de lui laisser entendre comment forcer le passage à s'ouvrir. Comme tu peux t'en douter, ton père à essayé et c'est l'intervention in extremis de James qui lui a sauvé la vie. Il l'a rattrapé juste à l'entrée de la pièce où se cachait Remus et à réussi à empêcher ton père d'y entrer. Heureusement sinon ton père se serait retrouvé nez à nez avec un loup garou déchaîné !»

- «Mais ce type est complètement malade !» explosa Harry même s'il était fier d'apprendre que James, son premier père, était passé par dessus ce qu'il ressentait pour Severus et était allé le sauver.

- «Après douze ans à Azkaban, il l'est peut-être devenu mais à l'époque, il était surtout inconscient du danger réel qu'il faisait courir à ton père et à son ami qui aurait été renvoyé s'il avait attaqué un élève. Même lui aurait pu finir en prison si Remus avait eu le temps d'attaquer et si son ami ne s'en était pas mêlé… même s'il a quand même fini à Azkaban par la suite.Enfin… espérons qu'il sera vite retrouvé. Je n'aime pas beaucoup que ces fichus détraqueurs rodent aux abords de l'enceinte du château et dans la totalité du monde magique aussi librement, même pour retrouver un prisonnier en fuite. »

- «Vous avez fait venir des détraqueurs à Poudlard ?» demanda Severus incrédule, connaissant la répugnance d'Albus pour les gardiens d'Azkaban.

- «Bien sur que non ! Vous savez très bien que ces créatures ne m'inspireront jamais confiance. Elles sont beaucoup trop proches des ténèbres pour cela si vous voulez mon avis.»

- «Vous connaissez déjà le mien ! Les quelques semaines que j'ai passées à Azkaban m'ont amplement suffies pour espérer qu'ils se tiennent aussi loin de moi que possible.»

- «Je sais cela Severus. Mais M le Ministre a pensé qua Sirius Black pouvait tenter de revenir à Poudlard. Pour notre sécurité et celle des étudiants, il a donc posté des détraqueurs aux limites de l'école. Si je ne l'avais pas empêché de le faire, il en aurait même disposé à l'intérieur du parc et dans les couloirs comme il l'a fait au ministère pour le cas où Black voudrait se venger de lui ou de ses collaborateurs.» Expliqua Dumbledore en se levant.

- «Si vous le permettez, je vais à présent vous laisser profiter de la fin de vos vacances et apporter votre travail à Ste Mangouste.»

- «Juste une chose Albus, veillez à ce que cette découverte ne sorte pas du cadre scientifique et qu'aucun loup-garou n'en apprenne l'existence, je ne voudrais pas que ma potion fasse plus de mal que de bien en provoquant une émeute !»

- «Ne vous en faites pas, je la confierais à des personnes en qui j'ai entièrement confiance. Le secret sera gardé. Severus, Gabriel, on se voit dans une vingtaine de jours !» Termina Dumbledore avant de transplaner.

- «Tu crois que les chercheurs trouveront quelque chose ?» demanda Harry qui aimerait vraiment pouvoir rendre accessible la potion à tous.

-«Je ne sais pas, mais de toute façon, plus on est à chercher plus on a de chances !»

-------------------------------------

«………qui s'est évadé d'Azkaban voilà près de trois semaines échappe toujours aux recherches, nous a aujourd'hui confié le Ministre Cornélius Fudge, qui conseille encore une fois la plus grande prudence en cas de rencontre fortuite avec ce dangereux criminel.

Fudge, qui a, la semaine dernière, été critiqué par certains membres de la fédération internationale des mages et sorciers pour avoir informé de la situation le premier ministre moldu à répondu ce matin à ses opposants :

---«Il est clair que c'était mon devoir ! Black est un fou. Il représente un danger pour quiconque croise sa route, qu'il soit moldu ou sorcier. Je ne veux pas d'un massacre tel que celui qui s'est joué il y a douze ans lorsque Black a tué treize personnes en quelques secondes !»---

Rappelons nous en effet des circonstances de son arrestation au lendemain du meurtre des Potter et de la disparition de Vous-savez-qui. (Je vous rappelle que si vous avez une quelconque information sur l'endroit où pourrait se trouver actuellement Harry Potter, il vous est demandé de contacter les autorités au plus vite puisque l'on est toujours sans nouvelles de lui depuis sa mystérieuse disparition l'an passé !) Pour en revenir à Sirius Black, il n'avait pas hésité, lors de sa tentative de fuite, à tuer de sang froid un de ses amis, Peter Pettigrow, pour tenter de s'échapper. Pettigrow qui a, souvenons nous, été décoré de l'ordre de Merlin première classe à titre posthume pour avoir essayé d'arrêter ce dangereux criminel.

Pour continuer sur une note plus joyeuse, on nous a annoncé que les Bizzar'sisters donneront en fin de semaine une série de concerts en faveur de……….»

-

- «Il faut qu'on y aille Gaby sinon on va être en retard.» dit Severus en éteignant le poste de radio de la cuisine après avoir négligemment nettoyé d'un coup de baguette la table des restes du petit déjeuner.

- «J'arrive…» Répondit Harry entre deux bâillements tout en se dirigeant vers son père.

----------------------------------

- «Tu crois qu'ils finiront par l'arrêter ?» demanda Harry alors qu'il marchait aux côtés de son père dans la rue principale de Pré-au-lard.

- «Oui. Pour le moment il se cache sans doute mais il finira bien par se montrer et tôt ou tard, il commettra une erreur qui le fera prendre. Ou alors, les détraqueurs finiront par retrouver sa trace.»

- «Maître ?»

- «Oui Sal ?» siffla Harry au serpent qui était enroulé autour de son bras.

- «Pouvez-vous me déposer sur le sol ? La forêt interdite m'a manquée pendant les vacances. J'aimerai aller y faire un tour.»

- «Bien entendu Sal. Prend ton temps mais essaye quand même d'être revenu pour la rentrée, j'aurai peut être besoin de toi pour une petite blague le soir de la répartition.»

- «Je serai là, ne vous inquiétez pas ! Vous savez que je ne manque jamais ce genre d'occasion.» Termina le serpent avant de se glisser entre les arbres les plus proches.

- «Qu'est ce que vous disiez ?» demanda Severus curieux.

- «Rien…» Menti Harry, «Sal m'a seulement demandé s'il pouvait passer quelques jours en forêt.»

-

Plus ils se rapprochaient des grilles de Poudlard, plus Harry sentait une étrange sensation l'envahir. C'était comme s'il sentait le doux soleil de ce début de matinée et en même temps la morsure d'un vent d'hiver s'enrouler autour de lui. Il frissonna et resserra sa cape autour de lui.

- «Gaby ça va ? Tu es tout pâle ?» Demanda Severus inquiet du soudain mutisme de son fils.

- «Je sais pas trop. Je me sens bizarre. J'ai l'impression d'avoir chaud et froid en même temps et…»

Severus se retourna immédiatement, reconnaissant là les symptômes rencontrés habituellement en présence des détraqueurs, pour rechercher la cause de ce malaise que lui même ne ressentait pas encore.

Alors que son père regardait autour d'eux, Harry aperçu soudain une haute silhouette se dégager des arbres qui bordaient le portail de Poudlard environ 100m plus loin. La forme qui restait dans l'ombre était enveloppée d'une cape et son visage était entièrement dissimulé par une cagoule. Baissant les yeux, il distingua quelque chose qui lui retourna l'estomac. Une main grisâtre et couverte de croûtes qui donnait l'impression d'être putréfiée dépassait de la cape. Les ayant repéré, la créature commença à se rapprocher. Harry sentait le froid l'envahir, lui donnant l'impression que son souffle se gelait dans sa poitrine. Tout à coup, des bruits de coup et des cris lui revinrent à l'esprit. Il n'eut aucun mal à reconnaître de qui il s'agissait, d'autant plus que des images lui revenaient par flash :

-

(Si vous ne voulez pas lire les pensées, le ressenti (appelez ça comme vous voulez)d'un gamin en train de se faire violer, sautez cette partie)

Son oncle qui le frappe avec sa ceinture…

Le bruit de sa peau qui se déchire…

«Je vais t'apprendre moi à désobéir et à essayer de t'échapper !»…

Des coups de pieds…

Des coups de poings…

De la douleur…

Des insultes…

Ses cris de souffrance…

Ses os qui craquent…

Dudley qui ricane en le voyant effondré et couvert de sang sur le sol…

Lui incapable de bouger…

Lui incapable de se défendre…

Lui qui essaye de résister…

L'espoir que tout s'arrête là…

«Alors cousin, tes bizarreries ne te servent donc à rien ?»…

Lui nu…

Vernon qui ouvre son pantalon…

«Regarde fils comment il faut traiter les gens de son espèce»…

De la peur…

L'envie de disparaître…

L'espoir désespéré que tout ne soit qu'un cauchemar…

Vernon qui lui écarte les jambes de force…

Vernon qui le pénètre avec une infinie violence…

Encore de la douleur…

Le poids de son oncle sur lui…

Du mal à respirer…

«…Cul bien serré…bon qu'à ça…vais te baiser sale petit con…tellement bandant…m'excite…»…

Vernon qui le prend encore et encore…de plus en plus fort…

«…en redemanderas…pour une fois tu seras utile…meilleur qu'une putin…»…

Du sang…

Encore du sang…

Les halètements de son oncle…

Son oncle qui l'oblige à se mettre à quatre pattes…

Du dégoût…

Les mains de son oncle sur lui…

De la honte…

Les ongles de son oncle qui s'enfoncent dans sa chaire…

Dudley qui s'enfonce dans sa bouche…

Son corps qui n'est plus qu'une poupée de chiffon entre leurs mains…

Des mains qui lui tirent les cheveux…

Une envie de vomir…

Son esprit qui espère quitter ce corps profané…

«Aller le monstre, montre nous ce que tu sais faire…avale…»…

Un liquide chaud dans sa bouche…

Une envie que tout s'arrête…

Une envie de mourir….

-

Tremblant et gémissant, les larmes dévalant le long de ses joues, Harry se laissa brusquement tomber à terre, vomit son petit déjeuner et se mit en position fœtale, comme pour se protéger, alors que Severus lançait un sort pour chasser le détraqueur, le voyant se mettre en boule sur le sol et devenir de plus en plus pâle.

Tout à coup tout s'arrêta. Un épais brouillard blanc s'insinua en lui et autour de lui alors qu'il sombrait peu à peu dans l'inconscience pendant que la silhouette étincelante issue de la baguette de son père chassait la créature de leur chemin.

- «Gaby !Gaby !» Cria Severus en le secouant par l'épaule.

Voyant qu'il ne répondait pas, il le souleva et le prit délicatement dans ses bras avant de repartir en courant en direction du château, pestant contre le ministre et ses idées stupides, contre Dumbledore pour l'avoir laissé faire et contre lui-même pour ne pas avoir ressenti la présence du détraqueur plus tôt.

-

Dès qu'il fut dans son salon, il déposa Harry sur le canapé, lui enleva sa robe et sa cape, nettoya les traces de vomi qui lui maculaient le visage et fit venir une grosse couverture dans laquelle il enroula son fils puis se dirigea d'un pas rapide vers la cheminée. Il se saisit d'un pot en verre qui était posé sur le dessus et lança une poignée de poudre verte dans les flammes.

- «Bureau d'Albus Dumbledore !»

Il mit sa tête dans les flammes et quelques secondes plus tard, il se retrouva devant le directeur.

- «Albus.»

- «Severus ? Je ne m'attendais pas à vous voir avant plus d'une demi-heure pour la réunion !»

-«Je sais. Je voulais vous informer que je n'y assisterai pas. Gaby n'est pas bien du tout.»

- «Que lui arrive t-il ?Il est malade ?»

-«Non… du moins, pas vraiment. Il a eu une très violente réaction face au détraqueur qui garde l'entrée du parc quand on est venu. Il s'est évanoui et ne s'est pas encore réveillé. Il est hors de question que je le laisse seul dans cet état !»

- «Bien entendu, c'est tout à fait compréhensible. Vous êtes tout excusé ! Souhaitez-vous que je reporte la réunion à demain?»

-«Non, ce n'est pas nécessaire. J'ai déjà dis ce que je voulais lors de la réunion de fin d'année et vous savez aussi bien que moi que le programme de potion conviendra pour chaque classe.»

- «C'est d'accord. Dans ce cas, je vous ferai parvenir un compte-rendu s'il se passe quelque chose d'important. Souhaitez-vous que je demande à Pompom de venir dès que la réunion prendra fin ?»

- «Si ça ne vous dérange pas…»

- «Du tout ! D'ailleurs, je l'accompagnerai pour prendre des nouvelles de Gabriel.»

- «A plus tard alors.» Termina Severus en se retirant de l'âtre.

Il retourna au plus vite près d'Harry et constata qu'il était à présent assit, les bras autour des genoux et qu'il se balançais d'avant en arrière en fixant un point sur le mur d'en face, les yeux dans le vague.

- «Gaby ?»

- «……»

- «Gaby parle moi !»

- «……»

- «Harry ?» Essaya encore Severus en désespoir de cause.

Rien de ce qu'il disait ne faisait réagir le petit corps frêle. Harry continuait de se balancer, légèrement tremblotant, et ne semblait même pas s'apercevoir de la présence d'une autre personne dans la pièce.

Il s'agenouilla pour être à la hauteur d'Harry et lui passa une main douce sur la joue puis dans les cheveux…

Rien.

Il lui prit les mains et essaya de le tirer vers lui mais le garçon résista et recula prestement à l'autre bout du canapé avant de reprendre sa position initiale.

Pendant plus de trois heures, Severus resta à genoux devant lui, lui parlant et l'appelant pour le ramener à la réalité mais Harry continua à se balancer, sourd aux appels de plus en plus angoissés de son père.

C'est avec un grand soulagement que juste avant midi, Severus entendit des coups frappés contre le portrait de l'entrée.

Il se leva, les muscles endoloris, et se dépêcha d'ouvrir.

- «S'est-il réveillé ?» demanda immédiatement Pompom que Dumbledore avait mit au courant de la situation.

- «Oui, il y a de ça un peu plus de trois heures, mais depuis il reste comme ça à se balancer.»

- «Il n'a rien dit ? Rien fait d'autre ?»

- «Pas un seul mot. Quand j'ai voulu le prendre dans mes bras tout à l'heure, il s'est reculé précipitamment mais n'a plus fait un seul mouvement depuis. Il ne semble même pas m'entendre. »

- «Je pense que c'est le cas…» Murmura Pompom. «Il semble prisonnier des souvenirs que le détraqueur a fait ressurgir et étant donné ce qu'il a vécu il y a un peu plus d'un an, je n'ai aucun mal à imaginer où il croit être en ce moment.»

- «Alors selon vous, il revoit ce qu'il s'est passé l'an dernier avant la mort de sa mère ?» demanda Albus, inquiet pour le jeune garçon.

- «Oui, il est sans aucun doute en train de revivre son viol. C'est pour ça qu'il a fuit quand vous l'avez touché tout à l'heure.»

- «Qu'est ce que je dois faire ?» demanda Severus. «Comment puis-je faire quelque chose s'il ne me laisse pas l'approcher ?»

- «Nous devons attendre. C'est tout ce que nous pouvons faire.»

- «Une potion de sommeil ou une potion calmante ne pourraient pas l'aider ?» interrogea Dumbledore.

- «Non, la potion calmante n'aurait aucun effet et celle de sommeil ne ferait que remettre le problème à plus tard… et encore faudrait-il pouvoir la lui faire prendre.»

- «Et la légilimancie ?» hasarda Severus qui voulait absolument faire quelque chose.

- «Comment cela ?»

- «Si j'arrive à m'infiltrer dans son esprit, peut-être pourrais-je le ramener ?»

- «Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée Severus…»

- «Est ce que ça peut être dangereux pour lui ?»

- «Non, je ne pense pas. Mais pour vous par contre… ce n'est pas forcement une bonne chose que vous voyez ce qu'il a subit.»

- «Aucune importance. Si ça peu le faire sortir de cet état…» Dit Severus en brandissant sa baguette.

- «Severus ne…»

- «Legilimens !»

-

Aussitôt, Severus se retrouva au 4 Privet Drive, dans la petite chambre qu'occupait Harry. La scène ressemblait à celle qu'il avait vu en allant chez Harry l'an dernier. Son oncle le besognait sauvagement sous le regard appréciateur du 'porcelet' tandis qu'Harry pleurait et hurlait de douleur. Mais une chose était différente. Les mots, les mots qu'Harry prononçait entre chaque cri :

- «Pourquoi ? ……..Pourquoi tu m'as laissé ? ……. Tu m'avais promis papa….tu avais dit plus jamais……Pourquoi ?…»

Severus ne pu en supporter d'avantage et ressortit le plus vite possible de l'esprit de son fils.

Blanc comme un linge, il s'effondra sur une chaise que Dumbledore eut juste le temps de faire apparaître et se prit la tête dans les mains.

- «Severus ?»

- «… il croit que je l'ai abandonné… que je l'ai renvoyé chez ces monstres» murmura Severus d'une voix sourde. «Il a dit que j'avais promis, promis qu'il ne vivrait plus jamais ça… je lui ai menti… je lui ai menti et je ne peux rien faire pour l'aider…je ne peux pas le libérer…c'est ma faute… si j'avais vu ce maudit détraqueur plus tôt ! Mais je ne l'avais même pas senti… Gaby, lui, avait déjà commencé à trembler et peut être même à revivre cette horreur et je ne l'avais pas senti ! Quand je l'ai enfin vu et que je l'ai chassé, c'était déjà trop tard ! »

- «Voyons Severus… ce n'est pas votre faute si…»

- «Je n'ai pas su le défendre Albus ! J'ai réagi trop tard ! J'ai trahi sa confiance ! Je ne mérite même pas d'être son père !» Cria en bondissant de sa chaise Severus, dont la colère envers lui même fit exploser un vase qui était posé sur la table près de lui.

- «Severus Snape calmez vous immédiatement ! Ce n'est pas en vous mettant dans cet état que vous l'aiderait !» Hurla à son tour Pompom.

Cette remarque fit retomber la colère de Severus comme un soufflet et il s'effondra de nouveau sur sa chaise.

- «Vous l'aimez et c'est tout ce qu'il vous demande ! Alors continuez ! Restez avec lui, parlez lui… racontez lui ce que vous avait fait pendant les vacances… rappelez-lui de bons souvenirs… mais ne commencez pas à vous en prendre à vous même pour quelque chose dont vous n'êtes pas responsable ! C'est comprit ?»

Severus ne répondit pas mais elle vit dans son regard la petite flamme qu'elle cherchait aussi elle ajouta :

- «Je repasserai ce soir pour voir comment il va. En attendant, parlez lui et essayez de lui faire manger quelque chose si vous y arrivez. Essayez aussi de vous rapprocher de lui petit à petit pour ne pas l'effrayer. S'il se sent en confiance, peut être reviendra t-il plus vite.»

---------------------------------

- «Du changement ?» demanda Pompom en entrant dans l'appartement sept heures plus tard.

- «Quelques uns mais très peu.» soupira Severus. «Je réussi à ce qu'il garde une couverture sur lui il y a moins d'une heure mais j'ai tout essayé pour le faire manger, je n'ai même pas réussi à lui faire ouvrir la bouche.»

- «Ou est-il ?» demanda Pompom voyant que Gabriel n'était plus sur le canapé.

- «Dans le coin près de la cheminée. Quand vous êtes parti tout à l'heure, je me suis assis sur le canapé à environ un mètre de lui mais il n'a pas supporté ma présence. Il s'est jeté par terre et s'est traîné là-bas. Depuis, je n'ai pas pu m'approcher à moins de deux mètres sans qu'il ait un mouvement de recule.»

- «Et pour la couverture, comment avez-vous fait alors ?»

- «Sortilège de lévitation. Je l'ai déposée sur son dos et il s'est enroulé dedans avant de reprendre ses genoux entre ses bras et de recommencer à se balancer.Vous croyez qu'il va réussir à dormir ? »

- «J'en doute. D'ailleurs si dans trois jours il ne va pas mieux, nous serons obligé de l'emmener à Ste Mangouste. Mais d'ici là, continuez à lui parler des bons moments qu'il a vécu. C'est la seule chose qui peut l'aider je pense.»

- «Très bien. Je vous remercie Pompom. Bonsoir !»

- «Vous ne vouez pas que je reste ?»

- «Je préfère pas mais c'est gentil de l'avoir proposé.»

- «Dans ce cas… je reviendrais demain. Essayez de vous reposer quand même un peu Severus. Je vous l'ai déjà dit : ce n'est pas en vous rendant malade que vous pourrez l'aider.»

- «Je sais…» Murmura Severus en refermant le portrait derrière l'infirmière.

-

A suivre...

PS: J'aime pas beaucoup mendier des reviews mais avouez que 21 reviews pour plus de 900 personnes ayant lu le dernier chapitre... ... ... ... ... ...