Coucou tout le monde ! Je sais que je vous avais dit à dans deux semaines mais voilà, aujourd'hui, c'est l'anniversaire de lafolledu2° alors en cadeau, je poste ce chapitre.

Une petite chanson pour elle ? Oui ?

Joyeux anniversaire, Joyeux anniversaire, Joyeux anniversaire Estelle, Joyeux anniversaire !

RAR pour les anonymes :

- Yuki-Chan, fan de fanfic, kalhana, lyly, jreglisse, NEPHERIA, Touraz, rim 999, charlotte, Mika, kalika45 : merci pour les encouragements.

- Orphée Potter : Pourquoi je suis aussi méchante avec Gaby ? Par ce que j'ai voir papa Severus le ramasser à la petite cuillère ! Lol ! En fait, c'est simplement que si tout allait bien pour lui, je n'aurais plus rien à écrire !

- mae kusanagi : T'en fait pas, je fais toujours attention à ne pas atteindre le point de surchauffe... Même si j'avoue que j'ai plus d'une fois eu envie de balancer mon dernier chapitre par la fenêtre !

- Eni : Je suis ravie que tu perçoive les sentiments que j'ai essayé de faire ressortir dans cette fic en l'écrivant.

- adenoide : C'est vrai qu'Harry va avoir du mal à trouver quelque chose d'assez fort pour lutter contre les détraqueurs mais il finira par y arriver, tu peux lui faire confiance. En ce qui concerne la présence de ces "choses" à Poudlard, et bien, c'est simplement que Fudge veut protéger son peuple... donc il en a placé un peu partout ! Quel brave homme tout de même ! lol !

- neverland : c'est vrai que gaby a du mal à se remettre de ce qu'il a subit... d'autant que l'auteur est tellement sadique qu'il ne fait rien pour l'aider... oups... c'est de moi que je parle là non ?

- geminou : c'est vrai que Sev ferait presque pitié... je devrais peut-être lui donner un petit coup de main ?

- Eloïn : je suis ravie de ce que tu penses de mon passage "hard", j'avais peur qu'il ne passe pas très bien. J'ai essayé de faire le plus...soft... possible mais je voulais quand même y laisser ressortir une certaine violence... je suppose d'après ce que tu me dis que j'ai réussi.

- Petite grenouille : Je t'ai fait pleurer ? C'est vrai ? Mais ne t'en fais pas, il ne devrait normalement plus y avoir de chapitre aussi dur... enfin, je crois...

- jenny944 : effectivement, Harry va devoir très vite apprendre à faire face aux détraqueurs.

- Lothy : t'en fait pas Sev est là pour les calins et pour aider Gaby.

Tous les autres, je répondrais à vos reviews au maximum d'ici deux-trois jours.

En tout cas, merci à tous : 49 reviews pour le dernier chapitre, ça se fête !

Bonne lecture et à dans deux semaines !


Chapitre 21 :

Spero Patronum

Comme l'avait prévu Mme Pomfresh, Harry ne ferma pas l'œil de la nuit, continuant à se balancer d'arrière en avant, ne semblant pas se rendre compte de quoi que ce soit. De son côté, Severus avait passé son temps à lui parler, lui racontant toutes les bonnes choses qu'ils avaient vécu ensemble l'année précédente : le temps passé enfermés dans le laboratoire à préparer des potions tout en discutant ; le réveillon de noël avec Albus, Minerva et Pompom ; les promenades autour de Poudlard et dans la forêt qui borde leur maison ; les heures passées sur leurs balais ; la rencontre avec les Tornades de Tutshill ; le banquet de fin d'année et la blague à Lockhart ; tous les petits moments passés ensemble…

Tout en parlant, Severus ne quitta pas Harry des yeux une seule minute, guettant le moindre signe que l'enfant entendait ce qu'il lui disait. Il s'était assit sur le canapé au départ de Pompom la veille au soir et n'en avait pas bougé sauf pour essayer de se rapprocher de son fils. Cependant, comme celui-ci semblait toujours aussi effrayé lorsqu'il s'approchait à moins de deux mètres, il s'était résigné à rester là, lui parlant et réfléchissant à un moyen de ramener Harry à la réalité.

Pour le moment, il se remémorait les paroles de l'infirmière : « Vous l'aimez, c'est tout ce qu'il demande…racontez lui…vacances…bons souvenirs…confiance… »

-

# Lui raconter des bons souvenirs…mais je ne fait que ça depuis des heures ! Il n'a même pas bougé d'un centimètre. Seule la peur semble avoir un quelconque effet sur lui. La peur…là je reconnais bien les détraqueurs…ils vous enferment dans votre propre peur, dans votre pire cauchemar…tout ça pour se nourrir de notre joie…lui qui en a connu si peu, je comprend qu'ils l'aient mit dans cet état…et tout ça à cause de moi !

Tu es un imbécile Severus Snape ! C'est de ta faute tout ça ! Si plutôt que te laisser envahir par l'appréhension de te retrouver face à face avec ces choses, tu avais agis plus vite, Harry n'en serait pas là ! Imbécile ! Pourtant, tu les connais bien leurs effets, tu aurais pu te douter de ce qu'ils allaient lui faire !

Si j'avais lancé ce fichu patronus tout de suite…si…#

-

- « …mon patronus… » Murmura Severus pour lui même, « Un patronus est une incarnation de pensées positives… peut être que si… »

Sans réfléchir plus longtemps, Severus sortit sa baguette et se mit à genou le plus près possible d'Harry. Il ferma les yeux et se focalisa sur tout les souvenirs où il avait laissé parler son cœur, tous les moments de tendresse entre lui et son fils… la joie qu'il avait ressenti quand celui-ci lui avait dit qu'il l'aimait vraiment comme un père…tout l'amour que lui-même ressentait pour le garçon… Il se concentra là dessus et leva sa baguette.

- « Spero Patronum ! »

Aussitôt, un magnifique animal blanc-argenté sortit de sa baguette et fondit sur Harry, l'enveloppant dans une bulle de lumière blanche.

Severus essaya de maintenir le sortilège le plus longtemps possible, implorant Merlin pour que ça fonctionne. Il commençait à désespérer quand un léger sanglot retentit dans la pièce.

Severus baissa aussitôt sa baguette et se retrouva face à Harry. Celui-ci ne se balançait plus. Il était toujours assit au même endroit mais il avait posé sa tête sur ses genoux. Ses épaules étaient secouées de soubresauts et il pleurait à chaudes larmes.

- « Gaby ? » demanda Severus plein d'espoir.

- « … papa… » Gémit Harry douloureusement, « …où es-tu papa…? »

- « Je suis là mon cœur…papa est là… » Murmura t'il en s'approchant doucement de son fils pour le prendre enfin dans ses bras. Harry ne tenta pas de le repousser ou de se débattre cette fois mais se laissa couler dans les bras de son père.

- « Je suis là Gaby… chut… je suis là… »

- « pourquoi ? …Pourquoi tu m'as laissé retourner là-bas ? …Pourquoi tu m'as laissé ? …Pourquoi ? … » Demanda Harry en s'accrochant de toutes ses forces à la chemise de Severus qui avait les larmes aux yeux d'entendre ces accusations.

- « Je ne t'ai pas laissé ! Même si c'est ma faute si tu as été obligé de revivre ça, je ne t'ai pas laissé ! Ce n'était pas réel Gaby ! Tout était dans ta tête ! C'ét … »

- « Tu mens ! » Cria Harry en s'arrachant de l'étreinte protectrice de son père pour aller se blottir dans le coin de la pièce derrière lui. « Je l'ai senti me frapper… me déshabiller… »

- « Non Gaby… je te jure que ce n'était pas réel ! Crois-moi je t'en prie ! »

- « Mais je l'ai senti ! Je l'ai senti en moi ! Je l'ai senti ! Et toi tu m'avais promis ! Tu m'avais promis qu'il ne me toucherait plus ! » Hurla Harry

- « Non Gaby ! Je te promets qu'il ne t'a pas touché ! Je te le promets ! »

- « Alors pourquoi ?… Pourquoi j'ai eu aussi mal ?… Pourquoi je me sens aussi sale ? … Pourquoi je l'ai revécu ?… Pourquoi ? »

- « C'est le détraqueur Gaby ! Il t'a fait replonger dans ton plus atroce souvenir ! Je sais que j'aurais du réagir plus vite… j'aurais du le chasser plus vite… Mais je t'en prie crois-moi ! Je t'aime mon cœur, jamais je ne te renverrais là-bas ! …Je ne t'ai pas menti ! … Ai confiance en moi ! Jamais je ne voudrais qu'il t'arrive du mal ! …Jamais !…Jamais ! …» répondit Severus qui pleurait à présent autant qu'Harry.

- « Tu me le promets ? » demanda Harry légèrement plus calme, voyant la sincérité dans les paroles et les larmes de Severus. « Tu me promets que ce n'étais pas réel ? »

- « Oh mon cœur je te le jure ! Tu étais avec moi !… Je ne t'ai pas quitté un seul instant !… Je ne t'ai pas abandonné ! »

A présent certain que son père disait vrai, Harry se jeta dans ses bras en pleurant de plus belle.

- « J'ai … j'ai eu tel-tellement peur… c'é…c'était comme a-avant…tout…tout comme avant ! …les…les coups… ses mains…lui…le…le sang…je …je… tu m'avais ra-ramené là-bas tu voulais plus de…de moi…tu ne m'aimais plus… tu ne m'aimais plus… » Expliqua Harry le visage contre la poitrine de Severus dont la chemise était à présent trempée de larmes.

- « Ce n'était pas réel ! Je t'aime ! Je te promets que je t'aime ! Jamais je te laisserais tu m'entends ? Jamais ! » Souffla Severus en le serrant plus étroitement contre lui.

Harry pleura encore pendant plus d'une heure. Son état semblait le même voir pire que quand Severus l'avait ramené avec lui de chez les Dursley.

L'aube approchait lorsque enfin il se calma un peu, Severus voulu se redresser et l'emmener sur le canapé.

- « Non ! Papa ne me laisse pas ! S'il te plait… ne me laissa pas ! » Hurla Harry en s'agrippant aussi fort qu'il le pouvait à son père qui n'avait fait qu'esquisser un mouvement pour se lever.

- « Chut… calme toi Gaby ! … Je reste avec toi… je te promet que je reste avec toi ! Je veux juste qu'on aille sur le fauteuil ! Je vais appeler un elfe de maison pour qu'il t'amène quelque chose à manger. » Expliqua Severus en se levant, Harry toujours accroché à lui.

Il se dirigea vers le fauteuil et voulu y déposer son fils le temps d'appeler un elfe mais celui-ci, voyant que son père voulait le lâcher, enroula ses jambes fermement autour de sa taille et resserra sa prise autour de son cou.

Comprenant qu'Harry ne le laisserait pas faire un seul pas sans lui, il passa ses bras autour de son dos pour lui prouver qu'il ne le laisserait pas et se rendit ainsi vers une table ou il prit un morceau de parchemin sur lequel il griffonna quelques mots avant de se diriger vers la cheminée. Il prit une poignée de poudre verte et cria « les cuisines » avant de laisser tomber le papier dans les flammes.

Il retourna ensuite s'asseoir, gardant Harry sur lui. Celui-ci avait à présent le visage dans les cheveux de son père et semblait vouloir s'imprégner au maximum de son odeur, comme pour s'assurer qu'il était bien réel.

Cinq minutes plus tard, un plateau bien garni apparaissait sur la table basse devant eux.

- « Que veux-tu manger Gaby ? »

- « Rien… j'ai pas faim… j'ai mal au ventre… »

- « Il faut quand même que tu manges un peu. » expliqua t-il en installant Harry sur ses genoux de façon à ce qu'il puisse manger.

- « Un sandwich au jambon ? »

- « Non… »

- « Un peu de soupe au potiron ? »

- « … »

Voyant qu'il ne se décidait pas, Severus se pencha et attrapa le bol de potage. Il plongea une cuillère dans l'épais liquide orange et l'amena devant la bouche de son fils.

- « S'il te plait Gaby… fait un effort… »

A contrecœur, Harry ouvrit la bouche et laissa son père le nourrir.

- « Allez Gaby, encore un peu ! » demanda Severus alors qu'Harry n'avait prit que cinq cuillères de soupe.

- « Je peux pas… papa s'il te plait. » Gémit Harry en posant la tête sur l'épaule de Severus.

- « Très bien… » Soupira Severus, sachant très bien que s'il le forçait il n'arriverait qu'à le faire vomir « Allons prendre une douche et nous coucher dans ce cas. »

Harry hocha la tête et reprit sa position précédente, c'est à dire bras et jambes noués autour de son père.

Severus se dirigea d'abord vers la chambre de Gaby et récupéra un pyjama dans son armoire avant de passer la porte de la salle de bain et de déposer son fils sur le sol.

Il mit l'eau à couler et sortit un drap de bain du meuble derrière lui pendant qu'Harry commençait à se déshabiller.

- « Tiens Gaby. » dit-il en déposant la serviette sur le lavabo. « Rejoint-moi dans ma chambre quand tu seras lavé. Je te garde avec moi pour la nuit. »

- « Non… papa ne…ne me laisse pas tout seul s'il te plait. »

- « Je suis juste à côté Gaby et je laisse la porte entrouverte d'accord ? Tu n'as pas à t'inquiéter, je ne pars pas. » Expliqua Severus en passant la porte menant à sa chambre pour aller se changer.

Un quart d'heure plus tard, n'entendant aucun bruit venant de la salle de bain et ne voyant pas son fils ressortir, Severus ouvrit la porte.

Harry était assit sur le bord de l'immense baignoire (environ la taille d'un jacuzzi), juste vêtu de son caleçon et les bras serrés contre sa poitrine, pleurant silencieusement.

- « Gaby ? Gaby qu'est ce que tu as ? » Demanda Severus en s'approchant rapidement de lui, inquiet de son attitude.

Devant le manque de réponse de son fils, il s'agenouilla devant lui et posa ses mains des deux côtés de son visage pour le regarder dans les yeux.

Sentant la peau glacée de Gaby sous ses doigts, il se releva et retira la robe de chambre qu'il avait passée en attendant son fils dans sa chambre. Maintenant lui aussi uniquement vêtu d'un caleçon il attrapa Harry et le mit dans la baignoire avant de le rejoindre. Il s'installa tout près de lui et se saisit d'une grosse éponge en mousse avant de commencer à lui mouiller doucement les cheveux et à le laver, laissant l'eau chaude le réchauffer. Voyant que les larmes continuaient, il posa l'éponge et prit Harry dans ses bras.

- « Dis-moi ce qui ne va pas Gaby. Est ce que tu as mal quelque part ? »

Harry secoua négativement la tête avant de répondre.

- « Je me sens tellement ridicule… »

- « Mais tu n'es pas ridicule voyons, qu'est ce qui te fait penser une chose pareille ? »

- « Je… je suis tellement faible… j'ai …j'ai toujours eu besoin de savoir que tu étais là pour moi…et maintenant… je… je ne peux même plus être seul. Depuis que… que j'ai revécu ça… j'ai l'impression que tu vas disparaître dès que j'aurais le dos tourné… j'ai tellement peur que ça recommence… que l'année que j'ai passé en étant ton fils ne soit qu'un rêve… j'ai peur que… je suis un tel poids… je… » Bredouilla Harry, ayant du mal à mettre en ordre toutes les pensées qui se bousculaient dans sa tête.

- « Gaby… » Soupira Severus et le faisant sortir de l'eau. « Tu n'est pas et tu ne seras jamais un fardeau ! Sors-toi cette idée ridicule de la tête ! »

Il ramassa sa baguette qu'il avait posé sur le lavabo et lança un sort de séchage à Harry avant de faire de même pour lui même puis l'aida à enfiler son pyjama.

- « Je t'aime, je te l'ai déjà dit. Pour moi tu es réellement devenu mon fils et je n'ai pas l'intention de t'abandonner un jour ou de te délaisser parce que tu te sens mal. Alors pourquoi penses-tu ce genre de chose ? »

- « Je… oncle Vernon me le répétait sans cesse. Il me rappelait toujours à quel point je leur avais toujours causé des problèmes, qu'ils auraient été plus heureux sans moi… que j'étais une charge qu'on leur avait imposé… que… que je ne devrais pas exister…que… »

- « Mais enfin Gaby, on a déjà parlé de tout ça ! C'est ce que ton oncle te disait, mais tu sais que tu ne le méritais pas ! C'est comme si tu disais qu'il avait raison de te faire subir ce qu'il t'a fait si tu reconnais ses paroles comme la vérité ! Cet 'homme' est un monstre, c'est lui qui ne mérite pas de vivre, pas toi ! Toi tu es quelqu'un d'adorable, de gentil, qui mérite d'être aimé ! » Termina t-il en le serrant contre lui.

- « Merci papa…je t'aime tu sais. Si jamais tu… »

- « Gabriel Snape arrête tout de suite ! Je ne veux plus que tu penses à ce genre de chose c'est clair ! Allez, allons nous coucher, je crois que la fatigue à tendance à te rendre stupide ! »

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Moins de deux heures plus tard, c'est une infirmière très inquiète qui arriva en courant devant la gargouille du bureau du directeur.

- « Sorbet citron ! » dit-elle hâtivement à la statue qui lui libéra alors le passage.

Elle s'avança sur l'escalier en colimaçon. Le mur derrière elle se referma et les marches s'élevèrent enfin jusqu'à une porte en chêne avec un heurtoir de cuivre en forme de griffon. Elle ne se donna même pas la peine de s'annoncer et entra précipitamment dans le bureau circulaire du directeur. Celui-ci était penché sur une table sur laquelle étaient déposés d'étranges objets en argent qui bourdonnaient en émettant de petits nuages de fumée.

- « Eh bien Pompom, que me vaut une visite aussi matinale ? »

- « Severus ne répond pas Albus ! Hier soir je l'avais prévenu que je passerais tôt dans la matinée pour voir comment Gabriel se portait mais voilà plus de vingt minutes que je frappe à la porte sans résultat ! J'ai bien essayé de convaincre le portrait de m'ouvrir la porte mais comme vous vous en doutez, il a refusé de me laisser entrer sans le mot de passe ! »

- « Voyons Pompom, ce n'est pas une raison pour paniquer comme ça ! Il n'est même pas 8h, Severus est certainement encore endormi s'il… »

- « J'en doute ! » coupa l'infirmière, « Rappelez-vous noël dernier Albus. Severus avait refusé de dormir et de manger pendant trois jours pour pouvoir veiller sur son fils. J'ai peur qu'il soit arrivé quelque chose Albus ! »

- « Que voulez vous qu'il lui arrive Pompom ? Je ne pense pas que Gabriel ait attaqué son père, aussi profondément immergé dans son monde de cauchemar soit-il. Il m'a semblé plutôt incapable d'agir, même pour se défendre puisqu'il se contentait de fuir à l'approche de ce qu'il pensait être un ennemi ! Et de toute façon, vous savez aussi bien que moi que Severus est tout à fait capable de faire face à un adolescent, aussi puissant soit-il ! »

- « Je ne remet pas les compétences de Severus en cause, Albus, et je n'ai aucune raison de penser que Gabriel pourrait vouloir l'attaquer de toute façon, j'ai vu son attitude apathique moi aussi. Ce qui m'inquiète par contre, c'est Severus lui-même ! Qui sait ce qu'il est capable d'essayer pour aider son fils ? Imaginez qu'il ait décidé d'utiliser la légilimancie de nouveau ! Vous avez vu dans quel état il était hier après qu'il soit entré dans l'esprit de Gabriel ! »

- « Vous avez peut-être raison… » Admit Albus après un instant de réflexion. « Il est vrai que Severus peut se montrer très déterminé, et parfois même trop. Il est sans aucun doute capable de beaucoup de choses et même des plus dangereuses pour faire sortir son fils de sa léthargie. Allons vérifier, comme ça nous serons fixés ! » Termina t-il en se dirigeant vers la cheminée de son bureau.

Il jeta une poignée de poudre verte dans les flammes en s'y engouffra en criant :

- « Appartements de Severus Snape ! »

Cette cheminée était la seul dans tout le château permettant de se déplacer, (et encore, uniquement dans l'enceinte du collège) les autres étant uniquement utilisables pour communiquer. (C'est pour ça que Severus doit aller jusqu'à Pré-au-lard pour transplaner quand il doit rentrer chez lui.)

Albus atterrit donc dans le salon de son professeur de potion, suivi, quelques secondes plus tard par Mme Pomfresh. Aucun bruit n'attestait de la présence de quelqu'un d'autre dans les lieux, ce qui n'arrangea pas l'état d'anxiété de la pauvre infirmière.

- « Allons voir dans la chambre de Gabriel, c'est là que je les ai trouvé l'été dernier après que Gabriel ait eu une nuit particulièrement difficile. » expliqua Albus en se dirigeant vers la pièce en question.

-

- « Ils ne sont pas là, et de toute évidence, personne n'a dormi ici. » fit remarquer Albus en désignant le lit impeccablement fait. « Allons voir dans la chambre de Severus. »

Ils se dirigèrent vers l'autre porte et l'ouvrirent le plus silencieusement possible. Dans le grand lit, Gabriel et Severus dormaient paisiblement. Severus était allongé sur le dos et avait passé un bras autour du garçon. Celui-ci avait repoussé les couvertures vers le bout du lit et on voyait clairement qu'il avait voulu s'assurer que son père ne partirait pas sans lui ou que personne ne pourrait lui arracher pendant son sommeil. Il avait enroulé ses deux jambes autour de la jambe gauche de Severus, ses bras étreignaient sa taille et sa tête était posée au niveau de son coeur, comme si le battement de ce dernier le rassurait.

Alors que l'infirmière esquissait un pas pour s'approcher du lit, Albus l'attrapa par le bras et l'emmena dans le salon.

- « Mais enfin Albus ! Je voulais juste vérifier comment va Gabriel ! Je n'avais pas l'intension de les réveiller. »

- « Je n'en doute pas Pompom, mais si jamais Severus ouvre les yeux au moment ou vous pointez votre baguette sur son fils, je n'ose imaginer dans quel état il vous mettrait. »

- « Pardon ? Mais il sait que je ne veux aucun mal à Gabriel, au contraire ! » Répondit l'infirmière choquée.

- « Bien entendu qu'il le sait. Mais voyez-vous, il a la baguette plutôt facile au réveil. Un souvenir du temps où il était dans les rangs des mangemorts je suppose. En tout cas, la dernière fois que je l'ai surprit, le sortilège de stupéfixion qu'il m'a lancé m'a manqué d'un cheveu ! Alors je n'imagine même pas sa réaction si la première chose qu'il voit est une baguette dirigée sur son fils. »

Préférant ne pas prendre le risque de se retrouver collée au mur ou pire dans un autre monde, l'infirmière préféra finalement laisser un mot au professeur, le priant de l'appeler dès son réveil pour qu'elle puisse examiner Gabriel, puis sortit de l'appartement à la suite du directeur.

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A son réveil, Severus sentit un poids sur sa jambe et sa poitrine. Ouvrant les yeux, il vit qu'en dormant, son fils s'était littéralement enroulé autour de lui et qu'il semblait à cet instant dormir encore profondément. Il essaya donc de se lever le plus doucement possible pour ne pas le réveiller mais s'aperçu vite que c'était peine perdue tant celui-ci avait mêlé ses jambes aux siennes. Il pensait à un moyen de se dépêtrer des jambes et des bras de son fils quand celui-ci redressa la tête, révélant des yeux encore bouffis de sommeil.

- « Papa ? » demanda t-il d'une petite voix ensommeillée.

- « Bonjours mon cœur. Tu vas mieux ce matin ? »

- « Je crois oui. »

- « Tu veux bien me laisser me lever alors, ou je vais être contraint à passer la journée au lit ? »

- « Non, on peut se lever. » répondit Harry en se redressant totalement. « J'ai un peu faim de toute façon. »

- « Dans ce cas, va commander un petit déjeuner aux elfes pendant que je m'habille et … »

- « Je… je préfère t'attendre… » Répondit précipitamment Harry.

- « D'accord. Laisse moi une minute alors. » Dit Severus en se dirigeant vers la salle de bain.

- « Papa ? » demanda Harry alors que celui-ci s'apprêtait à fermer la porte derrière lui.

- « Qu'est ce qu'il y a ? »

- « Tu… tu veux bien laisser la porte un peu ouverte ? »

Sévérus acquiesça, voyant bien qu'Harry ne se sentait pas prêt à rester seul de nouveau.

- « Papa ? »

- « Quoi ? » demanda Snape depuis la salle de bain.

- « Hier, tu as bien dit que tu avais chassé le détraqueur ? »

- « Oui. »

- « Comment ? »

- « Avec un sortilège. Il est appelé sortilège du patronus. »

- « Tu voudras bien me montrer ? »

- « Tu sais, c'est un sort très difficile et même les sorciers adultes ont souvent du mal à le maîtriser. » dit Severus en sortant de la salle de bain.

Tout en fermant sa chemise, il se dirigea vers le salon, Harry sur les talons et commanda immédiatement un petit déjeuné aux elfes, bien qu'il soit plutôt l'heure du goûter.

Il s'installa ensuite à table en côté d'Harry et trouva le mot de l'infirmière.

- « Je vois que Pompom est passée voir comment tu allais pendant qu'on dormait. » dit-il à son fils après avoir lu les quelques lignes à son attention. « Je vais lui dire qu'elle peut venir. Elle aimerait s'assurer que tu vas bien. »

-

Harry entamait sa deuxième tartine de miel quand trois coups brefs retentirent, faisant sursauter Harry qui laissa tomber son morceau de pain.

- « C'est certainement Pompom. » supposa Severus avant de crier le mot de passe « ELEDOHPSA » (asphodèle à l'envers) pour lui ouvrir.

Dès qu'elle fut dans la pièce elle se dirigea vers Harry qui instinctivement se leva, faisant tomber sa chaise, pour venir se réfugier derrière son père.

- « Voyons Gaby. Pompom ne te veux pas de mal ! » Dit Severus en attirant Harry sur ses genoux pour être sûr qu'il reste calme le temps de l'examen de l'infirmière. Ce n'est d'ailleurs qu'une fois dans les bras de Severus que celui-ci réussit à se détendre.

Pompom l'examina pendant quelques minutes puis baissa sa baguette avant de s'asseoir à la place qu'occupait Gaby précédemment.

- « Alors ? » demanda Severus en plaçant une tasse de thé devant l'infirmière.

- « Physiquement, tout à l'air normal. Par contre, j'aimerais savoir comment tu te sens Gabriel, ce que tu éprouves. Quant à vous Severus je veux que vous m'expliquiez comment il se comporte depuis qu'il est revenu à lui. Mais d'abord, je veux savoir comment vous y êtes vous pris pour le ramener à la réalité ? »

- « Je lui ai lancé mon patronus Pompom. J'étais en train de penser à ce que vous m'aviez suggéré : lui rappeler des bons souvenirs, le mettre en confiance… et j'ai voulu essayer ça. »

- « C'était une excellente idée Severus. Le plonger dans quelque chose de totalement positif ne pouvait que l'aider. Je n'y aurais jamais pensé moi même. »

- « Merci. Mais j'ai eu beaucoup de chance que ça fonctionne. »

- « Alors Gabriel. Si tu m'expliquais comment tu te sens. » Continua l'infirmière.

- « Pas trop mal mais fatigué. »

- « Et comment te sens tu dans ta tête ? »

- « Je…je sais pas… » Murmura Harry, ne sachant pas comment répondre à cette question.

- « Il se comporte comme il y a un an. C'était même encore pire hier soir. »

- « Comment ça pire ? »

- « Et bien, en revenant à lui, il a d'abord beaucoup pleuré et a eu énormément de mal à accepter que rien n'avait été réel. »

- « C'est normal, de son point de vue, il était vraiment enfermé et maltraité. »

- « Je sais. Une fois la crise de larme passée et que j'ai pu lui faire comprendre que tout était arrivé à cause du détraqueur, il n'a plus voulu me lâcher ne serait-ce qu'un instant. J'ai du le garder dans mes bras, le porter, le faire manger et même prendre un bain avec lui. Et ce matin, quand je me suis réveillé, il était entortillé autour de moi. Mais depuis son réveille, ça va un peu mieux. Il a voulu m'attendre pour venir au salon mais il a marché derrière moi cette fois et il a prit un petit déjeuner correct. Par contre, le simple bruit de coups frappés sur le portrait quand vous êtes arrivée l'a effrayé. » Expliqua Severus en essayant d'être le plus objectif possible afin que l'infirmière puisse se faire une idée de la situation réelle de son fils.

- « Je vois. Ce que vous me dites là n'est pas dramatique Severus. C'est le comportement auquel je m'attendais après un traumatisme de ce type. »

- « Gabriel, pourquoi sembles-tu avoir si peur que ton père parte ? Quand je suis passée ce matin avec Albus et que je t'ai vu dormir, j'ai eu l'impression que tu t'accrochais à ton père comme pour être certain qu'il resterait avec toi. »

- « Je…hier… j'ai cru qu'il m'avait abandonné… qu'il m'avait renvoyé dans cet horrible endroit parce qu'il ne voulait plus de moi… » Expliqua Harry tandis que son père lui passait les doigts dans les cheveux pour le réconforter et lui assurer qu'il était là pour lui.

- « Ça explique beaucoup de choses dans ton comportement en effet. Mais ne t'en fait pas, je pense que dans quelques jours, les effets du détraqueur et de ce que tu as revécu devraient s'estomper et tu pourras sans doute à nouveau passer du temps seul. Severus t'aidera. »

- « Bien entendu. Je compte de toute façon le garder avec moi, en particulier la nuit aussi longtemps que nécessaire. »

- « Je n'en doute pas Severus. Par contre, je pense qu'il faut au plus vite que vous vous joignez à nous pour les repas. Ça aidera Gabriel à accepter de nouveau le contact d'autres personnes et à retrouver un certain équilibre. Il ne faut pas qu'il se renferme sur lui même par ce qu'il a peur des autres, ce qui semble pour le moment être un peu le cas si j'en crois sa réaction quand je suis arrivée. »

Harry acquiesça d'un mouvement de tête, légèrement honteux de son comportement puéril.

Voyant cela, l'infirmière continua :

- « C'est quelque chose de normal après ce que tu as vécu Gabriel. Après tout, c'est comme si tu avait revécu ce qu'ils t'ont fait durant près de 18h d'affilées. Je comprend que tu n'ais confiance qu'en ton père pour le moment mais tu verras, tu retrouveras assez rapidement tes repères si tu acceptes de voir du monde. Si vous avez besoin de moi, vous savez où me trouver ! » Termina t-elle en se dirigeant vers la sortie.

- « Je me sens tellement stupide, tellement faible… » Marmonna Harry après que l'infirmière soit partie. »

- « Tu ne l'ais pas ! » assura Severus en l'embrassant sur la tête. « Tu es même l'enfant le plus courageux que je connaisse. »

- « Alors pourquoi les détraqueurs ont cet effet là sur moi ? »

- « Tout simplement parce qu'il y a dans ton passé beaucoup trop d'horreur pour un enfant de ton âge… pour quiconque d'ailleurs. Jamais tu n'aurais du vivre ça. »

- « Alors la prochaine fois que je croise une de ces choses, tout va recommencer ? »

- « Non, je vais t'appendre à te défendre contre eux ! »

- « Tu vas m'apprendre le patronus alors ? »

- « Oui mon cœur. Je sais que c'est difficile mais j'ai confiance en toi, tu y arriveras. Et même si ton sortilège n'est pas parfait, il t'aidera au moins à mieux résister à leurs effets. »

- « Ça veux dire que je ne croirais plus que tout est vrai ? Que je ne reverrais plus ça dans ma tête ? » Demanda Harry, espérant que ce soit le cas.

- « Pas tout à fait. Ton patronus, même s'il est faible agira comme un filtre qui diminuera les effets des détraqueurs. Tu verras sans doute encore des flash dans ta tête mais tu arriveras à rester conscient de ton environnement et donc à t'enfuir si besoin. Par contre, si ton patronus est suffisant puissant, tu pourras le chasser et ainsi éviter qu'il ait le temps d'agir sur toi et de te vider de tes sentiments heureux. »

- « Quand commençons-nous ? » demanda Harry avide d'apprendre à résister au pouvoir des détraqueurs, ne souhaitant plus jamais revivre ça.

- « On commencera d'ici deux ou trois jours, avant je préfère que tu te reposes. La journée d'hier a été éprouvante. »

A suivre...