Lyly, petite grenouille, Soazig, Jenni944, raz-hal-ghoul, zozo, Touraz, Mika : merci pour la review

Orphée Potter : Un ragout de Malefoy et de Pattenrond ?… pas sur que ce soit très digeste ! Lol ! Avant d'y gouter, donnes-en un peu à Voldy, on ne sait jamais !

Adénoïde : Hermione a toujours été très curieuse alors je ne peux pas lui enlever ce trait de caractère. Mais ne t'en fais pas, elle n'est pas prête de découvrir la vérité ! Pour Remus, c'est vrai qu'on peut voir son attitude comme une forme de lâcheté mais il ne faut pas oublier que les maraudeurs étaient ses premiers vrai amis alors il ne voulait pas les perdre. Et … il intervenait quand même quand les choses allaient trop loin…

Saki123: merci d'avoir remis l'adresse de ton bloc. J'irai y jeter un coup d'œil, c'est promis !

Eliwan : c'est vrai que passer toute une journée avec Snape ne les a pas vraiment enchanté mais bon… au final, ils ont pu voir ce qu'il était capable de faire pour son fils !

Lafolledu2°: j'espère que tes deux terreurs… enfin 3 si on compte ton mari (d'ailleurs dit leur coucou de ma part) te laisseront lire ce chapitre tranquille. A mercredi !

Thonksdu59 : bienvenue ! T'as lu toute ma fic en deux jours ? Félicitation parce que mine de rien, elle commence à être longue ! Pour répondre à ta question, oui, c'est bien ma fic ! De toute façon, mon niveau en anglais ou toute autre langue n'est pas assez bon pour que je publie une traduction ! Si j'utilise Snape, c'est juste que je trouva ça plus joli que Rogue !

PS : on m'a demandé si je ne voulais pas couper mes chapitres pour publier plus souvent… qu'est ce que vous en pensez ? Je coupe en deux et je publie toutes les semaines ou je continue comme maintenant ? Dites moi ce que vous préférez, je me rangerai à l'avis de la majorité !

Bonne lecture !


Chapitre 25 :

Détraqueurs

La pluie qui tombait depuis le début de l'après midi avait redoublé de violence depuis quelques heures, obligeant Harry a attendre ses amis non pas à la gare de Pré-au-lard, comme c'était initialement prévu, mais bien à l'abri dans le hall d'entrée. D'une certaine façon, il en était grandement soulagé puisque cela lui évitait de passer à deux reprises à proximité des détraqueurs qui gardaient le château.

Il était là depuis quelques minutes à attendre quand il fut rejoint par le professeur McGonagall qui venait, comme d'habitude attendre les premières années qui devaient arriver en compagnie de Hagrid après avoir traversé le lac en barque. La sorcière d'apparence sévère n'avait pas changé depuis qu'elle avait accueilli Harry à cet endroit même il y a maintenant trois ans : les cheveux tenus en un chignon bien serré, une robe vert émeraude et toujours ce même regard perçant derrière ses lunettes carrées.

Moins de deux minutes plus tard, un groupe d'enfants apeurés et trempés jusqu'aux os franchit les grosses portes en chêne. D'après Harry, ils donnaient plus l'impression d'avoir traversé le lac à la nage qu'en bateau.

- « Merci Hagrid, je m'en occupe. Suivez-moi ! »

Guidés par le professeur McGonagall, les futurs élèves traversèrent l'immense salle au sol dallé et entrèrent dans la petite salle réservée aux élèves de première année où elle leur ferait sans aucun doute le même discours qu'avait entendu Harry pour leur présenter les maisons et leur fonctionnement.

Harry les suivit des yeux jusqu'à ce que la porte se referme sur eux puis reporta son attention vers le parc. Au milieu de l'obscurité, il pouvait discerner d'innombrables points lumineux s'approcher des portes de Poudlard en empruntant le long chemin sinueux qui traversait la pelouse. De nombreuses diligences qui semblaient tirées par des chevaux invisibles avançaient en cahotant comme une longue procession pour finalement s'arrêter au bas des marches menant dans l'école de sorcellerie afin de déverser le flot des élèves plus âgés.

Il reconnu immédiatement Hermione qui sortait de la diligence la plus proche en compagnie de Neville et Terry. Il leur fit donc un signe de la main pour leur indiquer sa position et attendit qu'ils le rejoignent.

Avant qu'il n'ait le temps de les saluer, c'est une Hermione surexcitée qui se mit à lui parler à toute vitesse :

- « Oh Gaby ! J'ai eu tellement peur en ne te voyant pas à la gare ! »

- « Désolé mais comme il pleut, j'ai… »

- « Tu avais l'air tellement mal hier… » Poursuivit-elle sans même l'écouter. « Tu vas mieux maintenant ? C'est sûr ? »

- « Calme toi Hermione, ça va mieux, comme tu peux le voir. Papa m'a donné une potion calmante dès qu'on est rentré hier et après, ça a été, même s'il m'a donné une potion de sommeil pour être sûr que je sois assez reposé pour aujourd'hui. »

- « Je suis tellement désolée Gaby. Tout ce qui c'est passé est de ma faute. Si j'avais mieux tenu Pattenrond… mais je ne savais pas que cette allée était dangereuse… je… Et ton père, il ne risque pas d'avoir des ennuis au moins ? »

- « Tu n'y es pour rien Hermione. Et, non, ne t'en fais pas, papa n'aura pas d'ennuis à cause de Malefoy. »

- « On parle de moi Snape ? » fit une voix traînante et enjouée derrière eux.

- « Malefoy ? » Firent-ils en se retournant tous les quatre dans le même mouvement.

- « Alors Snape ? Ton papa n'est pas là pour que toi et la sang-de-bourbe puissiez vous cacher derrière lui ce soir ? »

- « Dégage de là Malefoy ! » répliqua Harry en s'avançant vers la grande salle.

Drago écarta Hermione d'un coup de coude et se mit en face d'Harry pour lui barrer le chemin.

- « Laisse-nous passer Malefoy ! » menaça Terry.

- « Ou sinon quoi ? Snape va faire comme hier et se mettre à pleurer ? Ou alors il va appeler son 'papounet' à l'aide ? »

Avant qu'Harry ne puisse répliquer quoi que ce soit, une voix douce s'éleva à leur gauche :

- « Qu'est ce qui se passe ici ? »

Le professeur Lupin venait de descendre le grand escalier de marbre qui permettait d'accéder aux étages supérieurs et se dirigeait vers eux.

Malefoy tourna la tête et l'examina des pieds à la tête, fronçant le nez d'un air dégoûté en avisant ses robes rapiécées.

- « Et vous êtes ? » fit-il d'un air insolent et sarcastique. « Le nouveau concierge ? »

- « Pas vraiment non. M Malefoy je suppose ? »

Malefoy répondit d'un reniflement hautain, comme si son nom de famille était l'évidence même.

- « C'est bien ce qui me semblait. Comme vous venez de me montrer à quel point vous appréciez notre concierge je vais vous donner l'opportunité de faire plus ample connaissance avec lui dans un petit tête à tête demain soir… vers 20h dans son bureau. Il trouvera sans aucun doute de quoi vous occuper. Maintenant circulez ! »

Malefoy grimaça et fit signe à Crabe et Goyle de le suivre.

- « Merci de nous en avoir débarrassé Moony. »

- « De rien Gaby. » répondit Lupin avec un petit sourire. « De toute façon, tu ne dois pas écouter ce que cette langue de vipère te dit. Il a l'air aussi mauvais que son père à son âge et quand on sait… enfin bref, il vaudrait quand même mieux que tu restes sur tes gardes avec lui, à partir de maintenant, on ne sait jamais. »

- « Je ferais attention Moony, ne t'en fait pas. Mais laisse-moi te présenter mes amis : Hermione Granger et Neville Londubat, qui sont tous les deux à Gryffondor, et Terry Boot qui est avec moi à Serdaigle. Tout le monde, je vous présente Remus Lupin, notre nouveau professeur de défense contre les forces du mal et celui que je considère comme mon parrain. » Termina t-il en regardant Remus droit dans les yeux pour lui montrer qu'il le pensait réellement.

Depuis qu'il l'avait rencontré pour la première fois la semaine passée, il s'était en effet prit d'affection pour le lycanthrope et passait à présent souvent du temps avec lui à tel point que Severus semblait avoir mit sa rancune de côté et s'était lui aussi, par l'intermédiaire de son fils, rapproché de Remus avec qui il semblait finalement s'entendre plutôt bien.

- « Bonjour Monsieur. »

- « Bonjours les enfants. Alors comme ça, c'est vous qui avez aidé mon filleul à mettre au point le départ de mon prédécesseur ? J'espère que je ne subirais pas le même sort ? » Fit le professeur pour cacher l'heureuse surprise qu'avait provoqué l'annonce de son 'filleul'.

- « Pourquoi ? Je suis certain que toi au moins, tu aurais trouvé ça drôle ! »

- « Sur quelqu'un d'autre certainement mais pas sur moi ! Si tu veux un cobaye, tu n'as qu'à essayer sur ton père ! »

- « Ca va pas Moony ? Je tiens à ma tête moi ! » Répliqua Harry en rigolant « Et puis tu sais très bien que jamais je ne lui ferais une telle chose à lui. »

- « Je sais… mais ça aurait pu être drôle ! Aller, filez tous à vos tables, le banquet va bientôt commencer. Oh, j'allais oublier, Miss Granger ? »

- « Oui professeur ? » demanda Hermione et se retournant.

- « Le professeur McGonagall souhaite vous voir après le repas … à propos de votre emploi du temps il me semble. »

- « Merci beaucoup professeur. »

-

Ils venaient à peine de s'installer à leurs places respectives que la directrice de la maison Gryffondor fit son entrée, suivit par les premières années. La lumière des chandelles éclairait les visages au teint pâle des nouveaux et Harry remarqua même que certain tremblaient alors que le professeur les faisait s'aligner devant leurs camarades, derrière lesquels se tenaient les professeurs. Elle alla ensuite prendre le choixpeau et l'installa sur son tabouret.

Immédiatement celui-ci se mit à remuer et une déchirure, tout près du bord s'ouvrit en grand, comme une bouche avant qu'il ne se mette à chanter son habituelle chanson.

Lorsque le choixpeau fut de nouveau immobile, la grande salle éclat en applaudissements pour saluer sa performance puis la répartition commença.

Peu à peu, la longue file des premières années diminua jusqu'à ce que le dernier soit envoyé à Gryffondor sous les sifflets des verts et argents qui eurent droit à une œillade assassine de leur directeur de maison qui s'empressa des les rappeler à l'ordre, ce qui souleva quelques murmures incrédules alors que Dumbledore se levait pour son habituel discours de bienvenue.

Bien qu'il fût très vieux, le directeur donnait toujours l'impression de déborder d'énergie. Il avait de longs cheveux argentés, une grande barbe, des lunettes en demi-lune et un nez aquilin. Il était présenté comme le plus grand sorcier de l'époque et pourtant, il ne quitterait la direction de Poudlard pour rien au monde, pas même le poste de ministre de la magie qui lui a pourtant plusieurs fois été proposé.

C'est avec un immense sourire qu'il accueillit les élèves :

- « Bienvenue à tous ! Bienvenue pour une nouvelle année à Poudlard ! J'ai quelques petites choses à vous dire mais il y a un temps pour les discours et celui-ci n'est pas encore venu. Je ne dirai donc qu'une chose : Bon appétit ! »

Les assiettes et les gobelets d'or alignés sur les tables se remplirent alors de mets et de boissons, permettant à tous de se servir en abondance.

Comme d'habitude, le festin fut délectable. La Grande Salle résonnait du bruit des conversations et des rires, auxquels se mêlait le cliquetis des couverts.

Lorsque les derniers morceaux de tarte eurent disparus des plats en or, Dumbledore reprit la parole.

- « Comme je vous l'avais dit, avant de vous laisser aller vous reposer, j'ai certaines choses à vous dire. Tout d'abord, je suis heureux d'accueillir parmi nous deux nouveaux professeurs : le professeur Lupin, qui a bien voulu se charger de la défense contre les forces du mal… »

Il y eut quelques applaudissements venant surtout de la table des professeurs ainsi que d'Harry et ses amis. Beaucoup furent surpris de voir le professeur Snape applaudir lui aussi assez chaleureusement son nouveau collègue alors que tous les anciens élèves savaient très bien qu'il espérait avoir ce poste depuis des années et qu'ainsi, il n'avait jamais montré autre chose que du dégoût envers ceux qui occupaient la place qu'il convoitait. Pourtant, personne parmi les élèves ne connaissait la véritable raison qui poussait Severus à demander sans relâche ce poste alors qu'il était le meilleur dans le domaine des potions, personne sauf Harry. En réalité, Severus se présentait uniquement dans l'espoir que pour une fois, ce ne soit pas un incompétent qui soit placé à ce poste, sachant très bien l'importance de savoir se défendre pour résister à l'attrait du côté le plus sombre de la magie. Le seul problème, c'est que trouver un autre maître des potions était tout aussi difficile et qu'il ne pouvait pas assurer les deux postes en même temps, ce qui expliquait le perpétuel refus d'Albus.

- « … et le professeur Rubeus Hagrid, qui, à la suite du départ du professeur Brûlopot, a accepté d'ajouter l'enseignement des soins aux créatures magiques à sa fonction de garde chasse. »

Les applaudissements reprirent, beaucoup plus soutenus cette fois, faisant rougir Hagrid qui baissa la tête, gêné.

- « Ce que je tiens à vous dire à présent est très sérieux… Je vous demande donc la plus grande attention.» poursuivit Dumbledore une fois que le silence fut revenu. « Comme vous avez pu le constater en arrivant tout à l'heure, l'école a été obligée d'accueillir quelques détraqueurs d'Azkaban qui nous ont été envoyés par le ministère de la magie. Ils ont été postés à chaque entrée du domaine ainsi qu'autour de l'enceinte et tant qu'ils seront là, tout le monde doit bien être conscient qu'il sera rigoureusement interdit de quitter l'école sans permission préalable. La nature des détraqueurs ne les porte pas à prendre en considération les excuses ou les sollicitations. Je conseil donc à chacune et à chacun d'entre vous de ne jamais leur donner l'occasion de vous faire du mal. Je m'adresse donc tout particulièrement à notre Préfet-en-chef et à son … »

-

Harry écoutait le discours du directeur quand soudain, quelque chose d'étrange se produisit. Ce fut d'abord comme si quelqu'un avait baissé le son ou comme s'il avait la tête plongée dans l'eau, puis une vague de froid commença à l'envahir. Un froid qui le pénétra jusqu'au plus profond de lui-même… un froid terriblement familier… l'impression qu'une eau glacée se déversait dans sa poitrine et lui déchirait les entrailles à un tel point qu'il se crispa sur sa chaise. Ses mains agrippèrent la table si fort que ses articulations blanchirent.

- « Gaby, ça va ? » s'inquiéta Terry qui était assis juste à côté d'Harry.

Au même instant, à la table des professeurs, un homme en noir venait lui aussi remarqué que quelque chose n'allait pas en voyant son fils se tendre comme un arc.

Prit par un horrible pressentiment, Severus se leva immédiatement de sa chaise, interrompant ainsi Dumbledore dans son discours, et se dirigea à grands pas vers la table des Serdaigles, baguette en main.

#Oh non… pas maintenant… Pourquoi est ce qu'il ne peut pas être un peu tranquille pour une fois ? #

- « Gaby ? Qu'est ce qui ne va pas mon cœur ? » Demanda quand même Severus à voix basse en se penchant pour être à la hauteur de son fils.

- « I…Ils approchent papa… » Souffla Harry d'une petite voix à peine plus haute qu'un murmure.

- « Ca va aller Gaby, je suis là…Tout se passera bien ! » fit Severus pour le rassurer. « Prends ta baguette et prépare-toi, d'accord ? Essaie ce que je t'ai appris dès qu'ils seront entrés… et n'oublie surtout pas de te concentrer sur un souvenir heureux. » Poursuivit-il en posant une main encourageante sur l'épaule du garçon.

- « Que se passe t-il Severus ? » demanda Dumbledore qui venait de les rejoindre. « Gabriel est malade ? »

- « Non… il sent que les détraqueurs approchent ! » répondit Severus.

Un murmure de panique s'éleva dans la salle alors que certains élèves commençaient déjà à se lever pour prendre la fuite.

- « Tous à vos places ! Ne bougez sous aucun prétexte ! » Cria immédiatement le directeur qui avait amplifié sa voix à l'aide de sa baguette pour se faire entendre.

Les autres professeurs s'étaient également levés et s'apprêtaient à rejoindre le centre de la salle où se trouvait Dumbledore quand tout à coup, les flammes des chandelles vacillèrent. Un court instant plus tard, une vague de froid intense se répandit depuis le hall d'entrée par les portes ouvertes de la salle.

Tous tournèrent la tête. Une centaine de détraqueurs s'étaient regroupés dans l'immense hall et se dirigeaient à présent vers eux. Serrés les uns contre les autres, ils semblaient aspirer l'air dans une sorte de râle profond. D'un seul coup, alors qu'un coup de tonnerre retentissait au loin, toutes les bougies s'éteignirent, rendant l'atmosphère des lieux encore plus angoissante.

Un éclair aveuglant zébra le ciel du plafond magique et tous purent voir que les détraqueurs étaient à présent tous entrés dans la pièce. Il y eut quelques hurlements de terreur mais ceux-ci se turent quand un immense phénix argenté s'éleva de la baguette du directeur en direction du plafond.

- « Sirius Black n'est pas caché ici ! Partez ! » Intima Dumbledore d'une voix puissante à l'intention des intrus.

Devant leur manque de réaction, il dirigea finalement sa baguette vers eux. Dans un mouvement quasi synchronisé, l'ensemble des professeurs, qui l'avaient à présent rejoint au milieu de la pièce, levèrent eux aussi leur baguette, envoyant ainsi une quinzaine de formes argentées à l'assaut des détraqueurs sur les traces de l'oiseau du directeur qui lui s'était déjà rué sur les formes encapuchonnées pour les faire reculer.

- « Vas-y Gaby, essaie ! » encouragea Severus qui avait lui aussi lancé son patronus dans le combat.

- « SP…SPERO PA…PATRONUM ! S…SPERO PATRONUM ! SPERO PATRONUM ! » Tenta Harry d'une voix tremblante en essayant tant bien que mal de chasser la voix de son oncle de son esprit.

Au bout du compte, un mince filet argenté sortit finalement de sa baguette, mais il s'éteint immédiatement alors qu'Harry perdait de plus en plus conscience de l'endroit où il se trouvait.

- « Gaby reste avec moi ! » lui demanda Severus d'une voix presque suppliante avant de retirer sa main de son épaule pour passer son bras autour lui pour le rapprocher de sa poitrine, espérant que sa présence contre lui serait suffisante pour que son fils reste conscient de la réalité. « Bat-toi Gaby ! Allez, concentre toi ! »

Malgré son cerveau engourdi par une espèce de brouillard blanchâtre qui tourbillonnait dans sa tête, Harry entendit l'appel de son père. Il essaya tout d'abord de s'accrocher à un souvenir heureux pour lutter contre le cauchemar qui l'envahissait de plus en plus mais il n'en trouva pas un seul, pas même un tout petit. Il décida donc de focaliser son attention sur les patroni de ses professeurs, tentant de se rappeler la sensation de bien-être et de sécurité qui l'avait envahi lorsque celui de son père l'avait entouré. Il se mit donc à observer un peu plus attentivement les différentes formes qui faisaient à présent rempart entre les détraqueurs et les occupants de la grande salle. Il fut déconcerté de constater que seulement quatre avaient une forme définie avant de se rappeler, dans un moment de lucidité, que son père lui avait expliqué la difficulté et la puissance demandée pour créer un patronus corporel. Devant lui se dressaient donc : l'immense phénix de Dumbledore, le faucon de son père, qu'il voyait enfin, une sorte de loup qui semblait appartenir au professeur lupin et un ours qui, à sa grande surprise, provenait de la baguette du professeur Flitwick, le minuscule professeur de sortilèges.

(Nda : cela peut sembler étonnant que le patronus de Remus soit un loup lorsque l'on sait à quel point c'est difficile d'être un loup-garou, mais il a été trahis ou désabusé si souvent qu'il n'a plus confiance qu'en son 'loup intérieur' qui lui, ne l'a jamais trompé.)

-

Après quelques minutes de lutte éprouvante, les professeurs prirent finalement le dessus, chassant ainsi les détraqueurs du château.

C'est seulement quand, après avoir rallumé les chandelles, Dumbledore fit apparaître du chocolat pour tout le monde, qu'Harry se rendit compte du regard inquiet de son père, qui l'avait fait pivoter sur son banc, et essayait d'obtenir son attention en le secouant, les deux mains sur ses épaules.

- « …aby ?… Gaby répond bon sang ! »

Harry cligna plusieurs fois des yeux avant de murmurer un faible « papa » qui fit pousser un long soupire de soulagement à Severus qui lui fourra un énorme morceau de chocolat dans la bouche.

- « Mange ça mon cœur, ça te fera du bien. »

Harry avala difficilement, la gorge nouée par les larmes qu'il n'avait pas laissé sortir.

- « Comment te sens tu Gaby ? »

- « … »

- « Gaby est ce que ça va ? » insista Severus, inquiet face à l'immobilité et à l'attitude complètement absente de son fils qui avait à présent les yeux rivés vers le sol.

Harry hocha négativement la tête, laissant échappé un lourd sanglot avant de relever son regard troublé pour se plonger dans les yeux noirs, si semblables aux siens, qui lui faisaient face.

- « Ramène moi à… à la maison…s'il te plait…papa… »

Severus acquiesça et aida Harry à se lever avant de le guider vers la sortie de la salle pendant que Dumbledore et les autres professeurs vérifiaient que les autres élèves allaient bien. Ils continuèrent à avancer doucement dans les couloirs des cachots jusqu'à ce que les jambes d'Harry lui fassent subitement défaut. Il se serait écroulé par terre sans les réflexes de son père qu'il l'avait immédiatement rattrapé avant de le prendre dans ses bras pour le reste du trajet.

Une fois dans l'appartement, il se rendit immédiatement dans sa chambre, attrapant au passage un flacon de potion calmante sur la table du salon. Il déposa Harry sur le lit et lui donna une gorgée du breuvage avant de lui tendre un pyjama.

- « Allez Gaby. Change toi et met toi sous les couvertures, tu dormiras avec moi ce soir. »

- « Merci papa. » répondit Harry d'une voix beaucoup plus calme, les effets de la potion se faisant déjà ressentir.

Il venait tout juste de fermer le dernier bouton de son vêtement quand des coups retentirent contre le portrait de l'entrée.

- « Je vais voir qui c'est mon cœur. Je reviens dans deux minutes. » Fit Severus avant de se rendre dans le salon.

Il ouvrit le portrait et c'est presque sans surprise qu'il tomba sur un Remus Lupin à l'air inquiet qui attendait impatiemment en marchant de long en large dans le couloir.

- « Comment va-t-il Severus ? » demanda celui-ci avant que le maître des potions ne puisse dire quoi que ce soit.

- « Il a été secoué mais ça devrait aller. » Répondit Severus en s'écartant pour le laisser passer. « Je lui ai donné une dose de potion calmante et je l'ai mis au lit immédiatement. »

- « Tu devrais peut-être lui donner aussi une potion de sommeil sans rêve. » suggéra le lycanthrope.

- « Je ne peux pas. » répondit Severus en poussant un long soupir. « J'ai été obligé de lui en donner hier et comme tu le sais, on ne peut pas en prendre deux jours de suite. »

- « Qu'est ce qui s'est passé ? Je croyais que vous aviez retrouvé ses amis au chemin de traverse ? »

- « En effet mais on a rencontré ce qu'on pourrait appeler un imprévu. » commença Severus avant de lui raconter en détail leur rencontre avec les Malefoy et la menace à peine dissimulée qu'avait proféré Lucius à l'encontre du jeune garçon.

- « Celui-là, si je le tenais… » Grogna Remus qui, considérant Harry comme un membre de sa meute et avait envers lui un fort instinct de protection.

- « Moi aussi Lupin. Mais si jamais il ose s'approcher à moins de dix mètres de lui… »

Lupin hocha la tête en signe d'accord avant de faire demi-tour. Il ouvrit le portrait et s'engouffra dans le passage.

- « Prends bien soin de lui Severus !… Et embrasse le pour moi. » Termina t-il avant de refermer le tableau.

Une fois son collègue sortit, Severus rejoignit Harry dans la chambre. Celui-ci s'était allongé sous les couvertures et somnolait légèrement en raison de la dose de potion qu'il avait reçu un peu plus tôt.

- « C'était qui ? »

- « Remus. Il voulait savoir comment tu allais. » Expliqua Severus en se dirigeant vers la salle de bain. Moins de cinq minutes plus tard, il était lui aussi allongé dans le lit, Harry confortablement glissé entre ses bras.

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Harry ouvrit les yeux. Il lui fallu quelques secondes pour réaliser qu'il ne connaissait pas du tout l'endroit où il se trouvait. C'était une petite pièce sombre éclairée par une seule et unique bougie posée sur un tabouret contre le mur en face de lui.

Qu'est ce qu'il faisait là ? Comment était-il arrivé dans cette pièce ? Et surtout, où était son père ?

Il essaya de se lever mais il ne pu pas faire un seul mouvement. Il se demandait pour quelle raison il ne pouvait plus bouger lorsqu'il se rendit compte qu'il était pieds en poings liés aux barreaux d'un lit.

Commençant à paniquer, il s'aperçu qu'il était non seulement attaché mais qu'il était aussi complètement nu. Il se mit alors à tirer sur ses liens, tentant ainsi de se détacher mais ceux-ci, trop serrés refusaient de le relâcher.

Tout à coup, il entendit des pas lourds semblant se rapprocher dans ce qu'il supposait être un couloir et qui se trouvait de l'autre côté de la porte sur sa droite.

Un instant plus tard, la porte claqua violemment contre le mur, révélant une silhouette massive.

La forme s'approcha et il put reconnaître son oncle.

- « Alors Harry… » Fit celui-ci d'une voix qui lui dressa les cheveux sur la tête, « ça fait longtemps qu'on ne s'est plus amusé tous les deux, non ? Tu m'as manqué tu sais… enfin, ton petit cul m'a manqué… » Poursuivit le pachyderme en défaisant sa ceinture tout en s'approchant du lit sous le regard horrifié d'Harry.

- « On va voir si tu es toujours aussi serré… » Poursuivit-il en s'installant entre les jambes écartées du garçon qui à sa grande horreur était incapable de se défendre.

Détournant le visage pour ne pas voir ce qui allait suivre en tirant aussi fort qu'il le pouvait sur les cordelettes qui le retenait, Harry distingua un mouvement dans le coin le plus sombre de la pièce. Une longue et mince silhouette se détacha de l'obscurité enroulée dans une grande cape noire, révélant ainsi un visage grisâtre et des yeux rouges brillant d'une lueur de pure haine.

- « Voilà ce qui en coûte se dresser contre moi Harry Potter… » Siffla le nouveau venu, « …maintenant tu vas payer pour ce que tu m'as fait ! »

A peine avait-il dit ça qu'Harry se mit à hurler, son oncle venant de s'enfoncer en lui…

-

- « Réveille-toi Gaby ! Ce n'est qu'un cauchemar ! Réveille-toi ! » Appelait depuis près de cinq minutes Severus, que le cri d'Harry avait réveillé en sursaut.

- « NON ! NON LAISSE MOI ! AHHHHH ! »

- « Gaby mais réveille-toi par Merlin ! » poursuivit Severus en le maintenant fermement contre le matelas pour ne pas qu'il se blesse en se débattant.

- « AHHHH ! NON ! NON ! ARRÊTE ! NON ! »

Voyant que le garçon restait sourd à ses appels, Severus opta pour la seule solution qu'il lui restait même si ça lui faisait mal : il le gifla.

Aussitôt, Harry ouvrit les yeux en grand et reconnaissant son père, cessa de hurler et de se débattre pour se mettre à pleurer.

- « Chut… c'était juste un rêve… calme toi… tu es en sécurité ici…. » Lui murmura Severus à l'oreille tout en le serrant dans ses bras pour la cinquième fois cette nuit là, jusqu'à ce qu'il se rendorme, cette fois-ci, paisiblement.


A suivre...