Salut à tous ! Voilà comme prévu le dernier chapitre de l'année 2006... en espérant qu'il vous plaira !

RAR:

Je vais faire très court aujourd'hui parce que là, je suis un peu pressée, mais je tenais à tous vous remercier pour les 30 reviews au chapitre précédent et les 807 depuis le début de ma fic ! J'espère en avoir autant pour la suite !

NEPHERIA, lyly, Corentenig, Touraz, jenni944, Patmol : merci pour la review

Bijouf : ravie de t'avoir donné une idée de cadeau... je suis sure que ta mère appréciera autant que Molly ! lol ! Pour l'histoire dont tu m'as parlé(Entre lune et étoile, de Fenice), je l'avais effectivement déja lu et je la trouve très bien. (en fait, elle n'est pas dans mes favorits pcq j'ai atteint le nombre limite (150) et que je peux plus en mettre...sniff...)

lafolledu2° : passe une bonne soirée du nouvel an (ne boit pas trop avec Gégé, t'as quand même des malades à surveiller ! lol !... et puis... trop d'eau, c'est dangereux pour la santé !)


Bonne année à tout le monde et à l'année prochaine !


Chapitre 31 :

Faelis dormiens nunquam titillandus

(Il ne faut pas chatouiller le chat qui sommeille)

Minerva McGonagall savait que ses collègues étaient sortis pour rappeler aux trois adolescents que l'heure du repas approchait. Ne les voyant pas revenir après plus de 45 minutes, elle avait pensé qu'ils devaient être en train de chercher leurs élèves à travers le parc de l'école et était donc sorti leur prêter main forte.

Elle avait tout d'abord suivi des traces dans la neige qui partaient en direction du stade de quidditch. Elle se rendit donc sur place, suivant le profond sillon tracé dans la poudre blanche, mais elle n'y trouva personne ; ni dans les airs, ni sur le terrain, ni dans les vestiaires, ni dans les gradins. Elle était donc ressorti et avait rebroussé chemin avant de suivre une autre piste qui, cette fois, la mena vers la rive nord du lac.

De loin, elle pouvait voir ce qui semblaient être les 'restes' d'un terrain ayant récemment servi pour une bataille de boules de neige. Deux épais murets de près d'un mètre de haut se dressaient à une quinzaine de mètres l'un de l'autre et la neige à l'arrière de ceux-ci était piétinée, ce qui prouvait que la bataille avait sans aucun doute été intense.

Alors qu'elle arrivait sur les lieux, elle entendit des rires en provenance des arbres qui se situaient un peu plus à l'ouest. Supposant qu'il s'agissait des enfants qu'elle cherchait, elle s'avança encore de quelques mètres en direction des voix et finit par apercevoir ses deux jeunes collègues, debout dos à dos et baguette en main, prête à l'emploi.

Se demandant ce que les deux hommes pouvaient bien être en train de faire, elle s'approcha d'eux à travers les arbres. Tout à coup, alors qu'elle sortait du bouquet de végétation, elle se retrouva sans comprendre comment ni pourquoi la cible d'une rafale de boules de neiges.

Surprise de la réaction des deux professeurs, elle ne pensa même pas à s'écarter ou à sortir sa baguette pour se protéger et se retrouva donc couverte de poudre blanche, les lunettes de travers, alors que son chapeau était envoyé quelques mètres plus loin.

Tandis que ses collègues la regardaient bêtement, les yeux ronds comme des soucoupes, ne sachant apparemment plus où se mettre, elle épousseta sa robe et réajusta minutieusement ses lunettes, se remettant ainsi peu à peu de sa surprise. Elle s'adressa finalement aux deux hommes d'un ton sec et empli de fureur, ton qu'elle réservait habituellement aux élèves les plus récalcitrants.

- « Messieurs Snape et Lupin… » gronda t-elle d'une voix sourde « Puis-je savoir ce que vous êtes en train de faire ? »

- « Minerva, quelle surprise ! Vous avez décidé de vous rafraîchir un peu avant le déjeuner ? » essaya Remus d'un ton qui se voulait taquin, utilisant la bonne vieille méthode des maraudeurs, c'est à dire, tenter de détourner la conversation de la personne visée sur un sujet autre que le problème principal afin de s'éviter des ennuis.

- « Remus cessez ça tout de suite ! » claqua la directrice des Gryffondors « Ce n'est même pas la peine d'essayer, vous savez aussi bien que moi que votre petit jeu n'a plus aucun effet sur moi, et ce, depuis longtemps ! James et Sirius me l'ont servi bien trop souvent durant votre scolarité pour que je m'y laisse encore prendre ! »

- « Min… »

- « AH NON SEVERUS ! VOUS N'ALLEZ PAS VOUS Y METTRE AUSSI ! »

- « M… »

- « JE NE VEUX RIEN ENTENDRE ! » ajouta t-elle, les lunettes étincelantes de menace alors que le professeur de potion s'apprêtait à se justifier. « JE CONNAIS VOTRE BARATIN TOUT AUSSI BIEN SEVERUS ! »

- « Mais je… »

- « SILENCE ! » explosa t'elle.

- « Minerva nous… »

- « JAMAIS DE TOUTE MA CARRIERE … » commença t-elle sans les quitter des yeux.

- « Écoutez, nous… »

- « JE SUIS OUTREE ! JE N'AURAIS JAMAIS CRU CA DE VOUS ! » poursuivit-elle coupant une fois de plus la parole à Remus.

- « Mais enfin Minerva, laissez nous vous expliquer. » insista le lycanthrope.

- « ET BIEN ALLEZ-Y ! EXPLIQUEZ-VOUS ALORS ! »

- « … »

- « J'ATTENDS ! » cria t-elle sans décolérer.

- « Nous… hum…nous vous avons prise pour quelqu'un d'autre. » expliqua Lupin. « Nous n'avions pas l'intention de… »

- « ENCORE HEUREUX ! » aboya t-elle. « IL MANQUERAIT PLUS QUE VOUS L'AYEZ FAIT EXPRES ! »

- « Nous faisions une bataille de boules de neige avec les enfants, Minerva. » raconta Severus, captant ainsi l'attention de la sorcière. « Quand vous êtes arrivée de cette façon, entre les arbres, on a pensé que c'était l'un d'eux qui sortait enfin de sa cachette. »

- « Une bataille de boules de neige ? Vraiment ? Rappelez moi quel âge vous avez tous les deux …33 ans ? »

- « … »

Ils confirmèrent tous deux d'un léger signe de tête.

- « Non mais franchement ! A votre âge, vous comporter de cette façon… »

- « … »

Les deux hommes semblèrent se ratatiner sur eux même.

- « Non mais regardez-vous ! » lança t-elle en les foudroyant du regard tout en les détaillant des pieds à la tête, s'attardant sur leurs joues rougies et leur tenue plus ou moins débraillée. « Vous avez l'air de deux gamins de dix ans ! »

La tirade de la directrice adjointe et le ton qu'elle avait employé renvoyèrent le professeur de défense contre les forces du mal et le directeur de Serpentard une vingtaine d'années en arrière, à l'époque où ils étaient eux même encore de jeunes élèves du strict professeur de métamorphose qui leur faisait face.

Ils baissèrent donc la tête piteusement, attendant la suite comme deux chiots surpris à faire des bêtises Ils entendaient presque la Gryffondor leur donner un semaine de retenues avec Rusard et retirer une centaine de points à leur maison respective tant la scène leur était familière.

C'est ce moment précis qu'Harry, Hermione et Neville choisirent pour pointer le bout de leur nez dans le but de soutenir les deux adultes avec lesquels ils s'étaient amusés durant une partie de la matinée. Ils se placèrent donc à leurs côtés, face à leur professeur, prêts eux aussi à essuyer ses foudres.

Harry ouvrait déjà la bouche, espérant avoir trouvé les mots qui pourraient calmer la sorcière, quand il remarqua le léger sourire satisfait qu'elle arborait à présent.

Rassuré quant aux intentions et à l'état d'esprit de leur enseignante, Harry fit rapidement comprendre à ses amis qu'ils ne devaient pas intervenir mais se contenter d'observer ce qui allait suivre.

Les deux hommes, avaient toujours la tête baissée et continuaient à écouter leur collègue vociférer en faisant les cents pas devant eux, expriment avec de grands gestes toute son incrédulité et son indignation face à leur attitude puérile et totalement inadaptée à leur statut d'enseignant, à l'exemple lamentable qu'ils donnaient aux enfants… etcetera…

Les trois étudiants, par contre, observaient la scène avec attention, se retenant à grand peine de rire devant leur attitude de petit garçon.

Finalement, après un bon quart d'heure passé à hurler et à s'agiter, le professeur McGonagall sembla se calmer. Après un dernier « Je n'aurais jamais cru une telle attitude possible de la part de deux professeurs de votre compétence ! » elle fit demi-tour, ramassa son chapeau et le replaça furieusement sur sa tête. Elle allait repartir vers le château lorsqu'elle se ravisa finalement.

Faisant volte-face, elle appela les trois étudiants, leur intimant de la suivre, et repartit d'un pas raide vers Poudlard, les entraînant avec elle.

Une fois dans le hall d'entrée, elle sécha leurs capes encore pleines de neige d'un coup de baguette, ne voulant pas qu'ils s'enrhument, puis après leur avoir demandé de laisser croire à Severus et Remus qu'elle était encore dans une colère noire, elle leur adressa un clin d'œil complice et gravit le escalier de marbre en direction du premier étage, un sourire digne de Salazar Serpentard en personne collé sur les lèvres.

-

Severus et Remus vinrent rejoindre les enfants pour le déjeuner quelques dix minutes plus tard. Harry, Hermione et Neville étaient tous les trois installés à la table des Gryffondors et dévoraient littéralement le contenu de leur assiette. A la table des professeurs, seuls étaient encore présents Albus Dumbledore et Madame Pomfresh. Le vieil homme était en train de savourer une grosse part de tarte au citron, en mastiquant minutieusement chaque bouchée comme pour être sur de ne pas en perdre une miette et Pompom, elle, sirotait une tasse de thé.

Vu le peu de personnes présentes, ils remarquèrent immédiatement que Minerva n'était pas présente.

- « Minerva a déjà terminé son repas, Albus ? » Demanda le plus innocemment possible Remus.

- « Je ne sais pas. Peut-être est-elle descendu plus tôt, je ne l'ai pas vu de la matinée. Pourquoi cette question ? »

- « Oh… pour rien. J'avais juste quelque chose à lui demander. Mais ce n'est pas urgent, ça peut attendre. » répondit-il d'un ton qui se voulait détaché avant de se servir un morceau de dinde farcie et une cuillérée de purée de marrons.

Les enseignants ne laissèrent ensuite plus sortir une seule parole, n'ouvrant la bouche que pour prendre un peu nourriture qu'ils mâchonnaient ensuite lentement, trop préoccupés pour la savourer.

Ils étaient tous les deux très gênés et désireux de s'excuser auprès de leur collègue, mais pour ça, il fallait qu'ils sachent où celle-ci était partie.

Ils quittèrent donc leur table, laissant leur assiette quasiment intacte à leur place et se dirigèrent vers les trois jeunes.

De son côté, Albus se servait une énième part de tarte avec un air gourmand, faisant fi des regards désapprobateurs que lui lançait l'infirmière.

- « Gaby, est ce que tu sais où est parti Minerva ? » Demanda Severus en prenant place en face de son fils.

- « Et bien… je ne suis pas vraiment sur. » Répondit Harry entre deux bouchées de pudding de noël. « Elle nous a accompagné jusque dans le hall et elle a séché nos vêtements… »

Il prit une autre cuillère de dessert et avala le reste de son verre de jus de citrouille avant de poursuivre.

- « …Après cela, elle a monté l'escalier. Alors, je suppose qu'elle doit être soit dans son bureau, soit dans sa salle de classe, soit dans ses appartements. En tout cas…(il prit encore une bouchée de dessert, comme pour laisser mijoter son père et son 'parrain' un peu plus longtemps)… elle était encore vraiment en colère quand elle est parti. »

- « C'est la première fois que je la voyais aussi furieuse… » fit pensivement Hermione.

- « Ça c'est vrai ! » ajouta Neville en reposant son verre sur la table, affirmant ainsi les dires de ses amis. « Même le jour où j'ai transformé mon pupitre en écureuil par accident elle ne s'était pas mise dans cet état… même quand il lui avait mordu la jambe. »

Severus et Remus pâlirent légèrement. Après cette courte discussion, ils se sentaient encore plus mal et il leur semblait nécessaire d'aller s'excuser au plus vite.

Sans un mot de plus, ils quittèrent la grande salle, passant les portes principales qu'ils refermèrent derrière eux, ayant la ferme intention de trouver leur collègue coûte que coûte.

Ils n'étaient pas sortis depuis trente secondes que deux cris suivis de deux bruits sourds déchirèrent le silence qui régnait dans le château, attirant les occupants de la salle à manger.

Au milieu du hall, juste aux pieds de l'escalier de marbre qui avait à présent plutôt l'aspect d'un toboggan de glace géant, Minerva McGonagall était en train d'apposer la touche finale, à savoir un gros nez rouge et un chapeau de clown, à deux magnifiques bonhommes de neige d'environ un mètre de haut.

En s'approchant un peu plus, tous purent constater qu'une paire de jambe dépassait à la base de chaque bonhomme et que leurs yeux, dorés pour l'un et noir charbon pour l'autre, semblaient étrangement vivants.

- « Est ce que c'est qui je crois ? » demanda Dumbledore en retenant un rire, les yeux pétillants de malice.

- « En effet ! Ce sont bien les professeurs Snape et Lupin. » confirma Minerva.

Elle lança ensuite un 'finite incantatem' sur les marches puis commença à gravir l'escalier. Arrivée à mi-hauteur, elle s'arrêta et sans se retourner, fit d'un ton enjoué que peu lui connaissaient :

- « Vous resterez comme ça pendant un demi-heure ! Que ça vous serve de leçon ! »

Elle reprit finalement le chemin qui la menait vers son bureau, satisfaite, pendant qu'Albus et Pompom demandaient quelques explications aux jeunes, leurs regards laissant deviner qu'ils étaient au courant de quelque chose.

-

Une trentaine de minutes plus tard, comme promis,la neige commença à fondre, libérant pu à peu les deux 'prisonniers'. Une fois la neige totalement disparue, les laissant miraculeusement secs, une immense bannière lumineuse apparue face aux deux hommes assis sur le sol l'un à côté de l'autre. Dessus, trois simples mots : « NOUS VOILÀ QUITTE ! »

Remus et Severus fixèrent le message, incrédules, n'ayant jamais imaginé que la stricte Minerva McGonagall, le bloc de glace écossais (dixit les élèves de Serpentard), soit capable de leur jouer un tel numéro.

Les spectateurs quant à eux leur lançaient des regards amusés et semblaient avoir beaucoup de mal à s'empêcher de rire.

- « Hum…. Papa ?… Moony ? » fit Harry qui tentait de ne pas laisser échapper son fou rire.

Les deux hommes en question détournèrent difficilement le regard du message du professeur de métamorphose pour s'intéresser au jeune garçon.

- « Vous… vous… » balbutia Harry avant d'éclater de rire en les montrant du doigt, incapable de se retenir plus longtemps et entraînant les quatre autres spectateurs avec lui.

- « Arrêtez de ricaner et dites-nous ce qu'il y a de si drôle ! » ordonna Severus, boudeur, en croisant les bras sur sa poitrine, augmentant encore si c'est possible le rire des autres sorciers.

Bon joueur, Dumbledore, sans cesser de glousser, fit apparaître d'un mouvement de baguette un miroir identique à celui qui avait révélé sa nouvelle apparence à Gilderoy Lockhart l'année précédente.

Severus et Remus grimacèrent quand ils comprirent la raison de l'hilarité générale : (comme ils sont assis juste l'un à côté de l'autre et qu'une fois la neige fondue, ils se sont focalisés sur la bannière puis sur Harry, ils ne se sont pas encore vu l'un l'autre)

Non contente de les avoir transformé en bonhomme de neige, McGonagall avait également métamorphosé leurs vêtements. Ainsi, Severus se trouvait à présent affublé d'une grenouillère verte et d'un bavoir décoré d'un serpent argenté, une grosse sucette attachée autour du cou , tandis que Remus, lui, était vêtu d'un magnifique pyjama rouge avec des lions dorés et portait des pantoufles en forme de lapin rose. En plus de cela, ils avaient tous les deux le visage barbouillé avec ce qui semblait être un mélange de purée de carotte et de chocolat.

A peine eurent-ils jeté un œil à leur accoutrement qu'ils virèrent tous les deux au rouge tomate.

Ils s'empressèrent de remettre leurs vêtements en ordre et de se débarbouiller puis se relevèrent d'un bond avant de s'enfuir chacun de leur côté en direction de leur appartement, grommelant à qui voulait l'entendre qu'à partir de maintenant, ils ne s'approcheraient plus à moins de cinquante mètres de l'animagus.

------------------------------------

Quelques heures plus tard, à l'heure du dîner Harry et Severus à présent plus amusé que fâché de la 'vengeance' de sa collègue, quittèrent leurs quartiers pour se rendre à la grande salle.

Comme il l'avait promis à son fils, le professeur portait sa toute nouvelle chemise de soie rouge par dessus laquelle il avait simplement passé une robe de sorcier noire de la même matière et de coupe élégante, ouverte sur le devant . Il avait également débarrassé ses cheveux de toute lotion protectrice et les avait attaché en catogan lâche à l'aide d'un ruban assorti à sa chemise que lui avait 'généreusement imposé' son fils, ravi qu'il respecte sa promesse.

Gaby avait quant à lui opté pour une tenue relativement similaire : une robe de soirée bleue nuit (celle que son père lui avait acheté un an et demi plus tôt et qu'il n'avait pas eu l'occasion de porter) ouverte sur un pantalon noir et une chemise en soie, noire également, mais qui, avec ses reflets bleutés, mettait ses yeux en valeur. Il avait par ailleurs détaché (pour une fois) sa longue chevelure, la laissant tomber en cascade jusqu'à ses fesses.

-

Lorsqu'ils ouvrirent les portes menant à la grande salle, ils découvrirent qua la pièce avait été somptueusement décorée durant l'après-midi. Des guirlandes de gui et de houx étaient suspendues aux murs et pas moins d'une douzaine d'arbres de noël se dressaient fièrement le long des parois, certains recouverts de glaçons scintillants, d'autres de chandelles étincelantes, d'autres encore de fées vivantes. Les tables avaient été repoussées dans le fond de la pièce, là où trônaient habituellement les professeurs, pour n'en laisser qu'une seule, dressée au centre de la salle. Elle comportait dix couverts. Les professeurs Dumbledore, Chourave et Flitwick étaient déjà là, ainsi que Rusard, le concierge, qui avait remplacé son habituelle veste marron par une vielle jaquette de cérémonie passablement moisie, et l'infirmière, qui elle aussi avait abandonné ses 'vêtements de travail' pour les remplacer avantageusement par une robe mauve et blanche en velours. Neville et Hermione étaient déjà installés eux aussi et semblaient un peu gênés de se trouver à la même table que leurs professeurs et le directeur.

- « Joyeux noël ! » dit Dumbledore en voyant approcher Severus et Harry « Puisque nous sommes si peu nombreux à rester au château cette année encore, il serait stupide d'utiliser plusieurs tables n'est ce pas ?… et puis, c'est beaucoup plus convivial comme ça, non ? »

Severus acquiesça en soupirant devant l'air plus qu'enjoué de son supérieur et s'installa entre son fils et Madame Pomfresh, juste en face du petit professeur d'enchantement.

- « Votre chemise est vraiment magnifique Severus ! Ça vous va nettement mieux que ces austères robes noirs que vous vous complaisez à porter le reste de l'année. »

- « Merci Albus. » répondit presque fièrement le professeur de potion à l'homme installé en bout de table sans faire attention à sa remarque au sujet des ses habituelles tenues. « C'est le cadeau que m'a fait Gaby pour noël ! » ajouta t-il en passant une main affectueuse dans les cheveux de son fils.

- « Cet enfant a vraiment de meilleurs goûts que son père ! » lança sarcastiquement Minerva qui arrivait face à Severus pour s'asseoir entre les professeurs Dumbledore et Chourave.

- « C'est évident ! Il doit tenir ça de sa mère qui heureusement, n'avait pas les mêmes goûts que vous ! » répliqua Severus en jetant un œil critique à la robe écossaise de sa collègue. (exactement le même model que celui qu'elle portait le noël précédent)

McGonagall fut piquée au vif mais avant qu'elle ne puisse répliquer, le directeur intervint.

- « Severus, Minerva, s'il vous plait vous n'allez pas commencer à vous chamailler. Je n'ai vraiment pas envi d'assister une fois encore à l'une de vos joutes verbales ! Amusons-nous plutôt ! »

A peine eut-il dit cela qu'une multitude de pétards surprise apparurent sur la table. Il en attrapa un et le tendit à Minerva qui tira dessus sans grande conviction.

Une fois tous les pétards ouverts et que la majorité de ce qu'ils contenaient fut 'redistribué' aux trois enfants, Dumbledore frappa dans les mains, faisant apparaître le dîner de noël.

- « Bon appétit ! » fit Dumbledore, le visage réjoui.

Sur la table se dressaient à présent une quinzaine de plats différents : dinde rôtie, saucisses, ragoûts, tripes, légumes en tous genre, pâtés en croûte, sauces, bonbons à la menthe, rosbif…

Alors qu'Harry se servait son deuxième morceau de dinde et discutant avec ses deux amis, la porte de la grande salle s'ouvrit et le professeur Trelawney s'avança en glissant vers eux comme si elle était montée sur roulettes… un peu à la manière d'un détraqueur.

Elle avait revêtu pour l'occasion une robe verte à paillettes qui la faisait s'apparenter à une sorte de libellule géante et semblait porter encore plus de bijoux que d'habitude.

- « Sibylle !Quelle bonne surprise ! » s'exclama Dumbledore en voyant son employée arriver. « Il est si rare de vous voir ici ! »

- « J'ai regardé les astres monsieur le directeur. » dit-elle de sa voix la plus mystérieuse. « Et après avoir vérifié à l'aide de ma boule de cristal et de mon jeu de tarot, je me suis vu abandonner mon repas solitaire pour me joindre à vous. Qui serais-je pour m'opposer aux décisions du destin ? Surtout après tant de preuves. Je me suis donc rapidement préparée puis je me suis dépêché de descendre de ma tour pour me joindre à vous. »

- « Mais faites donc Sibylle, je vous en prie. » dit Dumbledore, apparemment ravi de cette invitée inattendue. « Je vous fait parvenir une chaise tout de suite ! »

Il tira sa baguette magique de sa poche et d'un léger mouvement du poignet, fit voler une chaise à travers la salle pour la placer entre les professeurs Chourave et McGonagall.

Au lieu de s'installer, le professeur de divination se contenta de fixer sa chaise, réfléchissant sans doute aux risques encourus en étant un nombre impaire à table ou étant la dernière à s'asseoir, ou une autre stupidité de ce genre.

- « Installez-vous donc Sibylle ! La dinde est en train de refroidir ! » fit Minerva d'un ton agacé alors que Trelawney était debout près d'elle depuis cinq bonnes minutes.

La médium hésita puis s'assit finalement, gardant les yeux fermés et les dents serrées comme si elle s'attendait à ce que la foudre s'abatte sur la table.

- « Détendez-vous donc un peu Sibylle. Le sinistros ne va pas nous sauter dessus pendant le dîner ! » ajouta encore le professeur de métamorphose en se rappelant de la 'prédiction' que sa collègue avait faite en début d'année.

- « Moquez-vous si ça vous chante Minerva. Vous verrez bien que j'avais raison ! Seulement là, il sera trop tard pour les regrets ! »

- « Et bien je prends le risque ! » lança McGonagall d'un ton qui n'admettait aucune réplique en plongeant une louche dans la soupière la plus proche pour se servir une assiette de tripes avant de faire de même pour sa voisine sans lui demander son avis.

Cette dernière ne jeta même pas un regard à son dîner laissant ses yeux dériver d'une personne à l'autre, comme pour s'assurer qu'aucune malédiction ne venait de leur tomber dessus.

- « Mais où est donc ce cher professeur Lupin ? » demanda t'elle soudain.

- « Il est resté dans ses quartiers, le malheureux ne se sentait pas très bien. » répondit Dumbledore « Mais ne vous en faites pas pour lui, je lui ai fait porter un bon dîner. Ça aurait été vraiment dommage qu'il rate cette succulente dinde… lui qui en raffole ! »

- « Mais ne venez vous pas de dire que vous aviez vu ce repas dans votre boule de cristal, Sibylle ? Dans ce cas, vous deviez déjà savoir que Remus était souffrant non ? Tout comme votre troisième œil a du vous dire que la potion que je lui ai préparé avec l'aide de Gabriel devrait lui permettre d'être sur pieds dans deux jours au plus tard, non ? » attaqua Severus qui ne manquait jamais une occasion de prouver la mystification des propos de sa collègue.

- « Bien entendu que je le savais Severus ! Tout comme je savais que ce cher Hagrid serait lui aussi absent. Mais ce n'est pas parce que mon troisième œil est plus développé que la moyenne que je dois m'en venter à a tout bout de champ ! »

- « Quelle excuse bien pratique ! » marmonna Severus de façon à ce que seuls ses voisins les plus proches l'entende.

- « D'ailleurs, si vous voulez tout savoir Severus j'ai lu il y a peu de temps dans les feuilles de thé que la santé de ce pauvre homme n'irait pas en s'améliorant. Son temps parmi nous lui est compté ! »

A ces mots, Harry, qui essayait déjà tant bien que mal de ne pas rire de ce que son père venait de dire, s'étouffa dans sa dinde, si bien qu'il lui fallut trois grandes claques dans le dos de la part de Severus pour pouvoir à nouveau respirer et retrouver une couleur normale.

- « Vous voyez ! » s'écria Trelawney en agitant son doigt en direction de Gaby « Je savais qu'un malheur allait s'abattre sur nous ! »

- « Oh Sibylle, je vous en prie ! » lança Severus d'une voix glaciale. « Si vous ne racontiez pas des stupidités à longueur de temps, rien ne serait arrivé ! »

- « Au contraire ! Ça prouve que vous avez dénigré mes avertissements une fois de plus mais que j'avais comme toujours raison depuis le début ! Et vous verrez que ce sera la même chose avec Lupin ! »

°Comment peut-elle croire que toutes les sornettes qu'elle raconte sont vraies ? ° s'interrogea Harry.

- « Si vous voulez mon avis professeur, » fit Harry d'un ton hautain et dédaigneux parfaitement emprunté à Malefoy, « Remus ira très bien dès demain soir et il sera encore avec nous pour de nombreuses années. Il sera vite sur pieds, vous verrez ! »

- « Est ce que vous suggérez que je pourrais m'être trompé dans mes prédictions jeune homme ? » demanda la voyante, vexée.

- « Encore faudrait-il que vous fassiez des prédiction Sibylle. Moi aussi je peux regarder dans une boule de verre et raconter tout ce qui me passe par la tête ! » lança Severus sautant sur cette occasion inespérée pour lui dire ses quatre vérités.

- « Dis-moi Gabriel, comment ce fait-il que le professeur Lupin et toi soyez aussi proches ? » demanda Albus Dumbledore, autant par curiosité que pour couper court à la conversation entre les professeurs de potion et de divination qui risquait de dégénérer d'une minute à l'autre.

- « Oh… euh… et bien, nous avons beaucoup discuté les jours précédent la rentrée et il se trouve qu'on s'est très vite bien entendu. D'ailleurs, je ne sais pas si on vous la dit, mais je le considère comme mon second parrain. » répondit Harry qui ne voulait pas rendre le directeur trop suspicieux.

- « Et comment va ce pauvre Hagrid, Albus ? » demanda Severus pour sauver son fils des griffes du directeur.

- « Pas très bien, j'en ai peur. »

- « Qu'est ce qu'il a ? » demanda Harry, inquiet pour celui qui fut le premier à le sortir de l'enfer.

- « Il a reçu une lettre de la commission d'examen des créatures magiques ce matin. Ils ont décidé de retenir la plainte de Lucius. L'audience se tiendra le 20 avril. Si Buck est déclaré coupable, il sera mit à mort. »

- « Mais c'est injuste ! » s'insurgea Harry. « Si cet abrutit de… »

- « Gabriel langage ! »

- « 'scuse papa. N'empêche que si Malefoy junior n'avait pas joué les imbéciles, rien ne se serait passé ! Tout est de la faute de ce crétin ! »

- « On sait tous cela Gabriel. » répondit Dumbledore. « C'est la raison pour laquelle Hagrid est absent ce soir. Il n'a pas voulu laisser Buck tout seul dehors alors qu'il est innocent et l'a donc installé dans sa maison. Comme il se doute que ce sera le dernier noël de l'animal, il a préféré le passer avec lui. »

- « Mais il ne sera pas forcement exécuté ! On peut témoigné de ce qui s'est réellement passé et si Hagrid explique ce que … »

- « Je crois que tu ne comprends pas très bien Gaby. » l'interrompit Severus. « La commission a déjà prit sa décision… Lucius aura fait ce qu'il faut pour ça , tu peux me croire ! Et rien de ce que pourra dire ou faire Hagrid ne sauvera l'hippogriffe. Même si le procès n'a pas encore eu lieu, le verdict lui est déjà tombé ! »

- « Mais c'est pas juste ! Il… »

- « Je sais Gaby. Mais il n'y a rien qu'on puisse faire. Le ministère est depuis longtemps sous le contrôle de Lucius et de ses gallions ! »

-

Il était plus de 3 heures lorsque Harry, le ventre bien rebondit et des jouets de toutes sortes dans les bras, quitta la grande salle en compagnie de son père pour rejoindre leur appartement.

------------------------------

Le lendemain, ce n'est que vers 13 heures qu'Harry ouvrit les yeux. Severus, lui, était déjà levé depuis plusieurs heures, n'ayant jamais eu besoin de beaucoup de sommeil, et avait commencé à déjeuner lorsque son fils se décida enfin à sortir de sa chambre, encore vêtu de son pyjama et les yeux bouffi de sommeil.

- « B'jour papa ! »

- « Bonjour mon cœur. Bien dormi ? »

- « Très bien ! » répondit Harry en se frottant les yeux.

- « Tu as faim ? Tu veux que je commende un petit déjeuner aux elfes de maison ? »

- « Non, ça ira. Je penses qu'un morceau de dinde rôtie fera tout aussi bien l'affaire. »

- « Dans ce cas, installe-toi ! » fit Severus en mettant un gros morceau de volaille dans une assiette pour son fils. « Tu veux de la purée et des légumes aussi ? »

- « Non merci papa. J'ai pas beaucoup faim. »

- « Alors ? Qu'est ce que tu as prévu de faire aujourd'hui ? Encore une bataille de boules de neige ? »

- « Non. Je crois qu'on va plutôt faire une ou deux parties de quidditch sur mon terrain de simulation. D'ailleurs… je peux inviter Hermione et Neville ici ou… »

- « Bien entendu. De toute façon, j'avais prévu de passer l'après-midi à faire du rangement dans mon bureau et ma salle de classe…. Alors du moment que vous n'avez pas l'intention de tout dévaster… » poursuivit Severus avec un sourire.

- « T'en fais pas, on réparera tout avant que tu reviennes ! »

-

Une demi-heure plus tard, Harry, vêtu à présent d'une robe de sorcier bleue et verte, était assit au bas du grand escalier de marbre et s'amusait à enrouler une de ses longues mèches ébène autour de son doigt en attendant ses deux amis.

Après une dizaine de minutes d'attente, il vit enfin les deux gryffondors arriver. Il se leva de la marche sur laquelle il s'était assis et les accueillit avec un sourire chaleureux.

- « Salut Hermione, salut Neville. »

- « Salut Gaby ! »

- « Excuse-nous pour le retard mais j'ai eu un mal fou à réveiller Neville. »

- « C'est rien Hermione. On y va ? »

- « Heu… si tu veux mais on va où ? Parce que je te signale que tu n'es pas vraiment habillé pour sortir. »

- « Mais je n'en avais pas l'intention Hermione. Je voulais simplement qu'on aille dans ma chambre. J'ai envi d'essayer la nouvelle équipe de quidditch que Neville et Terry m'ont offerte pour noël et… »

- « Attend ! » fit Neville en le prenant par le bras, s'arrêtant au beau milieu du couloir menant au cachot où le professeur Snape donnait habituellement ses cours. « On va vraiment chez toi ? Enfin… ton père est d'accord ?… parce que… je veux dire, c'est vrai qu'il est moins… enfin plus… tu vois, quoi… mais c'est quand même encore le professeur Snape ! Le professeur qui déteste tout ce qui se rapporte à Gryffondor. »

- « Il est d'accord, ne t'en fait pas. Et de toute façon, il n'aura même pas à supporter d'avoir deux lions dans son antre puisqu'il ne sera pas là de l'après-midi. » expliqua Harry en se dirigeant vers le portrait de l'alchimiste qui gardait les appartements de son père.

- « Tu veux dire qu'il nous laisse seuls chez vous ? »

- « Ça semble vous étonner Miss Granger ? » fit Severus en sortant de ses quartiers. « Je fais confiance à mon fils pour qu'il n'y ait pas de dégâts. »

- « Oh… euh… oui… bien sur professeur… je ne voulais pas dire… »

- « Comment se fait-il que tu sois encore là ? Je pensais que tu serais déjà dans ton bureau avec de la paperasse jusqu'en haut de la tête. » lança Harry à son père.

- « Et bien, je m'apprêtais à partir quand je me suis dit que vous risquiez d'avoir faim dans l'après-midi alors j'ai préparé quelques sandwichs à la dinde…. Mais si tu n'en veux pas, je peux toujours les prendre avec moi. » fit Severus en faisant mine de faire demi-tour.

- « Ah non ! Surtout pas ! Tu ne voudrais quand même pas risquer de faire une tache sur un de tes livres ou sur tes fiches de cours parce que du jus de dinde ou de la sauce serait tombé dessus ! »

- « T'as rien trouvé de plus grotesque espèce de sale gosse ? Comme si de toute façon, je ne pouvais pas tout nettoyer d'un simple recurvite ! Aller, entrez ! Et ne faites pas de bêtises ! »

- « Promis papa ! »

- « Non monsieur. »

- « Je ne reviendrais pas trop tard. » dit Severus en passant une main cajolant sur la tête d'Harry. « Amusez-vous bien !… et soyez sages ! » ajouta t-il en donnant une petite tape sur les fesses de son fils.

- « Hey ! Mais j'ai encore rien fait ! » cria Harry faussement indigné en se frottant énergiquement le derrière comme s'il souffrait atrocement alors que Severus lui, rentrait déjà dans son bureau.

-

Harry, Hermione et Neville entrèrent finalement dans les quartiers du maître des potions. Harry les laissa découvrir le salon. La jeune fille s'intéressa immédiatement à la grande bibliothèque plus qu'à moitié cachée par le grand sapin qui trônait au milieu de la pièce et les deux garçons durent pratiquement l'arracher à sa contemplation avant de se rendre dans la pièce suivante.

Une fois dans sa chambre, il les invita à prendre place dans son confortable fauteuil alors que lui même s'installait sur l'épais tapis qui recouvrait le sol de la pièce.

- « Alors … » fit Harry en déposant son sachet de sucreries-farceuses devant lui « si nous commencions par parler affaire avant de nous amuser ? »

- « Je reconnais que tu avais raison Gaby. Ton père a effectivement accepté de porter sa nouvelle chemise en public pour le repas de noël. » dit Hermione en regardant son ami lui lancer un sourire victorieux.

- « Bon… dis nous ce que tu veux qu'on fasse exactement. On se chargera de l'expliquer à Ron et Terry à la rentrée. » poursuivit Neville.

A suivre...

Félicitation à tous ceux qui avait trouvé qui se prenait les boules de neige !