Salut tout le monde ! Et bonne année ! (un peu en retard mais c'est l'intention qui compte !)

Ekaterina : je suis contente que la relation Harry-Severus te plaise

NEPHERIA, lyly, Touraz, jenni944 merci pour la review

adenoide : ce que j'ai fait de Ron et Terry ? Et bien ils sont tout simplement rentrés chez eux pour les fêtes !

Bijouf : je suis ravie que tu ais aimé le dernier chapitre ! Pour Gaby... et bien, oui, quelques petits malheurs en perspective... mais rien de trop méchant pour ce chapitre...

lafolledu2° : A demain !

Comme cadeau pour la nouvelle année, je vous offre un chapitre presque deux fois plus long que d'habitude ! J'espère que ça vous fait plaisir !

Dans ce chapitre, il y a un passage où Harry agit un peu... enfin, vous verrez bien ! Je tenez juste à vous prévenir que je sais que j'en ai fait un peu beaucoup, mais j'en avais envie !

Bonne lecture et n'oubliez pas les reviews !


Chapitre 32 :

Une nuit dans la grande salle

L'ensemble des élèves revint quelques jours après le nouvel an, et par la même, les 'futures victimes' de l'invention d'Harry ainsi que le reste de ses amis. A peine les étudiants furent-ils de retour dans le château que celui-ci retrouva toute son agitation habituelle.

Dans une salle de classe vide du deuxième étage, près des toilettes de Mimi Geignarde, trois gryffondors et deux Serdaigles discutaient gaiement de leurs vacances. Ceux rentrés chez eux parlaient des décorations du chemin de Travers où ils s'étaient rendus en famille pour des achats de dernière minute et de la fête qui s'était déroulée chez eux ; et ceux qui étaient restés au collège décrivaient avec abondance de détailles la journée de noël : la bataille de boules de neiges, la participation des professeurs de potion et de défense à leur jeu, 'l'incident' avec le professeur McGonagall, Remus et Severus transformés en bonhommes de neige puis en 'bébés', et bien sur, la soirée en elle-même avec l'apparition en 'publique' du directeur des Serpentards avec sa toute nouvelle chemise rouge pour le dîner.

Les quatre perdants prirent le temps de mettre au point leur tactique pour prendre au piège les jumeaux Weasley, puis, une fois que tout fut bien au point et changeant complètement de sujet, ils se lancèrent tous dans la description la plus précise possible des divers cadeaux qu'ils avaient reçu pour noël.

- « Un éclair de feu ? Ton père t'a offert un éclair de feu ?… Non ! … Tu plaisantes ? …un…un vrai éclair de feu ? Comme celui qu'on a vu à la boutique de quidditch du Chemin de Traverse ? » demanda Terry, tellement incrédule qu'il en bégayait.

- « Ouais Terry ! Un vrai ! Il a même fait graver son nom sur le manche. » fit Neville qui avait bien sur eu plusieurs fois l'occasion d'admirer la merveille pendant les vacances.

- « Un éclair de feu… » murmura Ron ébahi. « un véritable éclair de feu dans l'équipe de Serdaigle… cette fois-ci c'est sur, gryffondor peut faire une croix sur la coupe de quidditch ! On est pas prêt de la gagner à nouveau ! »

Harry et Neville passèrent ensuite de longues minutes à venter les mérites du nouveau balai, cherchant de temps à autre une confirmation de leur récit auprès d'Hermione. La jeune fille avait bien sur déjà eu droit à cette discussion à plusieurs reprises mais elle n'en écoutait pas moins son ami aux longs cheveux ébènes détailler en long en large et en travers la moindre brindille composant son nouveau balai.

L'après-midi passa ainsi rapidement, entre rires et discutions plus ou moins sérieuses et bientôt, l'heure de se rendre dans la grande salle pour le dîner était arrivée.

Tout en se rendant dans l'immense salle à manger, les farceurs revirent une dernière fois le rôle de chacun puis, arrivés au niveau des lourdes portes de chêne qui gardaient l'entrée de la pièce, ils se séparèrent en deux groupes, se rendant chacun à leur table respective.

Harry et Terry s'assirent à leur place habituelle, c'est à dire au milieu de la table des Serdaigle alors que de leur coté, les trois rouge et or prenaient place juste en face de Fred et George, lesquels les remarquèrent à peine puisque plongés dans une passionnante discussion avec leur ami Lee.

Le dessert venait d'être servi quand soudain, un grand 'CLANG !!' retentit du coté de la table de Serdaigle, faisant sursauter l'ensemble de la grande salle. En effet, Terry, d'un 'malencontreux' coup de coude venait d'envoyer une superbe tarte à la mêlasse s'écraser sur le sol, s'attirant ainsi tous les regards ou presque.

Il bafouilla quelques excuses en prenant un air désolé puis ramassa le plateau en or qui avait 'malencontreusement' subit un sortilège 'sonorus' de façon à faire un bruit d'enfer en tombant. Il nettoya finalement les restes du délicieux dessert d'un rapide 'evanesco' puis se rassit à table.

A la table des gryffondors, trois comploteurs avaient mis se temps à profit pour glisser un petit bonbon rond semblable à une bille de chocolat dans les parts de gâteau des deux garçons face à eux.

Moins de cinq minutes plus tard, un immense éclat de rire secoua la grande salle, gagnant même la table des professeurs : à la place des jumeaux Weasley se tenaient désormais deux grands lapins blanc avec une touffe de cheveux roux sur la tête. Ils portaient tous les deux un nœud papillon bleu à points jaunes autour du cou et étaient vêtus de larges salopettes rouges.

Comme Harry l'avait prévu, la métamorphose dura une poignée de secondes puis dans un 'POP', les deux garçons retrouvèrent leur forme d'origine, éclatant à leur tour de rire, mais se promettant néanmoins de trouver qui avait réussi à leur faire un coup pareille.

… bien qu'ils en aient déjà une vague idée.

-------------------------------------

Harry et Terry étaient sortis de cours de métamorphose depuis une vingtaine de secondes et se rendaient à la grande salle pour déjeuner. Ils marchaient quelques mètres derrière leurs trois amis gryffondors qui venaient de suivre le même cours qu'eux, discutant du match de quidditch Serdaigle/Serpentard qui devait se dérouler la semaine suivante.

Après avoir traversé une dizaine de couloirs plus ou moins longs, ils arrivèrent dans le hall d'entrée.

Alors qu'ils descendaient tranquillement le grand escalier de marbre, ils croisèrent Fred et George Weasley, lesquels étaient plongés dans une discussion animée avec leur ami Lee Jordan et quelques autres cinquième année.

Les deux rouquins, voyant Harry arriver, quittèrent rapidement leur conversation, sautant sur cette occasion pour lui parler. Ils l'approchèrent par derrière ,aussi discrets que des lions en chasse, et l'attrapèrent soudainement chacun par un bras, lui arrachant un cri de surprise mêlée de panique, puis l'entraînèrent le long du couloir face à la grande salle en direction de la salle vide la plus proche.

Ils le poussèrent à l'intérieur en criant aux amis du Serdaigle que celui-ci les retrouverait dans la salle à manger d'ici quelques minutes puis refermèrent la porte sur eux.

Dès qu'ils furent entrés à leur tour, Harry se mit à hurler, n'ayant pas vraiment apprécié de se faire empoigner de cette façon :

- « NON MAIS CA VA PAS ? VOUS ETES COMPLÈTEMENT MALADES DE SAUTER SUR LES GENS COMME CA ! VOUS M'AVEZ FAIT UNE PEUR BLEUE ESPÈCE DE CRÉTINS ! »

- « Oh là Gaby ! » lança Fred, amusé par la réaction légèrement excessive du plus jeune en levant les mains comme pour se défendre. « Range tes griffes ! On ne te veut aucun mal !... On aimerait simplement te poser quelques questions, c'est tout ! »

- « Qu'est ce que vous voulez savoir qui puisse nécessiter mon kidnapping ? » demanda prudemment Harry en gardant un oeil sur George qui avait déjà verrouillé la porte et qui se lançait à présent dans un sortilège d'insonorisation.

Les deux frères se regardèrent d'un air comploteur avant de se tourner vers lui, un sourire calculateur sur les lèvres.

- « C'est toi qui nous a changé en lapin l'autre soir n'est ce pas ? »

- « Comment est ce que j'aurais bien pu faire ? Je n'ai pas quitté ma table de tout le repas et je n'ai pas touché à ma baguette ! »

- « Aller Gaby ! C'est pas la peine d'essayer de nous mentir ! On a reconnu ton style ! » Ricanèrent Fred et George.

- « Hein ? »

- « Ron nous a raconté ta contribution au nouveau look de ce cher Lockhart l'an dernier... »

- « Du grand art ! »

- « Bon... OK, c'était moi ! » avoua Harry, comprenant qu'il ne servait à rien de nier mais pas rassuré pour autant quant aux intensions des deux rouquins.

- « Je le savais ! » jubilèrent les jumeaux.

- « J'étais sur que ce n'était pas un hasard si notre cher frère et ses amis étaient assis en face de nous pour le dîner alors que d'habitude, ils se mettent à l'autre bout de la table. »

- « Dans ce cas, pourquoi m'avoir soupçonné moi ? L'idée aurait très bien pu venir d'eux ! »

- « C'est très simple mon cher Gaby ! »

- « Ron est trop idiot pour inventer un truc pareil... »

- « ... Hermione est trop sérieuse... »

- « ...Et Neville n'est pas assez audacieux ! »

- « En plus, il fallait vraiment être un as en potion pour réaliser un truc pareil. Ron et Neville se débrouillent tout juste dans cette matière et même si Hermione est douée, je ne pense pas que ce soit dans ses cordes... »

- « ... Ce qui nous ramène à toi ! »

- « Jolie déduction ! ... Mais je pensais que ça allait vous amuser... d'ailleurs, vous en avez ri... je ne pensais pas que... » bredouilla Harry.

- « Oh mais ne t'en fait pas... »

- « On a adoré ! »

- « C'est bien pour ça que tu es là d'ailleurs ! »

- « Comment ça ? » demanda Harry, perplexe. « Si ce n'est pas pour vous venger, qu'est ce que vous me voulez . »

- « On te veut toi ! »

- « Q-quoi ? » s'étrangla Harry soudain effrayé en se repliant légèrement sur lui même.(NdA : Il a tendance à être légèrement parano depuis que son oncle...)

- « On veut que tu sois notre partenaire... notre associé si tu préfères... Pour notre grand projet ! »

- « Un projet ? Quel genre de projet ? » interrogea Harry, se détendant de nouveau.

- « Ça remonte à notre première année... »

- « A cette époque là, nous n'étions encore que de jeunes et innocents étudi... »

- « Innocents ? Vous ? » demanda Harry en rigolant. « Parce qu'un jour vous l'avez été ? »

- « Plus innocents qu'aujourd'hui en tout cas ! » réajusta George en haussant les épaules.

- « Bref, quelques semaines après la rentrée, nous avons eu quelques petits problèmes avec Rusard. »

- « Une banale histoire de bombabouses perdues dans un couloir... Pas de quoi fouetter un chat si tu veux mon avis... »

- « Mais va savoir pourquoi, ça ne lui a pas plu du tout ! »

- « Ça c'est le moins qu'on puisse dire ! » poursuivit l'autre rouquin. « Alors comme tu t'en doutes, on a eu droit aux menaces habituelles... »

- « ... retenues... »

- « ... pendaisons... »

- « ... éventration... »

- « ... finalement, après une dizaine de suggestions toutes plus agréables les unes que les autres, il nous a traîné dans son bureau pour faire son rapport sur le 'crime' que l'on venait de commettre. »

- « Et alors qu'il réfléchissait à une sentence appropriée à l'immense gravité de notre acte, il y a eu un grand BOUM juste au dessus de son bureau. »

- « Tu le connais ! Après avoir pesté et vociféré contre Peeves, il nous a dit de ne pas bouger... »

- « ...et de surtout ne toucher à rien... »

- « ... et il s'est rué hors de la pièce, Miss Teigne sur les talons. »

- « Et bien sur, vous en avez profité pour fouiller un peu ! » sourit Harry.

- « Ouais ! On a trouvé deux ou trois bricoles intéressantes dans un tiroir sur lequel il avait écrit 'objets interdits et objets dangereux confisqués'. Ensuite, on a jeté un oeil dans les placards. »

- « Et c'est là, entre deux énormes dossiers poussiéreux, qu'on a trouvé notre bible ! » fit Fred, un air de pure vénération sur le visage.

- « Votre bible ? » demanda Harry, plongé dans une totale incompréhension.

- « Ouaip ! Un livre de près de 1000 pages intitulé 'Les meilleures blagues et les plus grandes inventions des maraudeurs !'. C'est là qu'on a trouvé la majeure parte de nos idées. »

- « Exact ! Chacune de leurs blagues ou de leurs idées de blagues y sont consignées en détail : il n'y a qu'à se servir ! Des hommes exceptionnels ces maraudeurs si tu veux mon avis ! Des génies !... que dis-je... des saints ! »

- « On s'est donc immédiatement dit qu'il serait dommage qu'un tel talent se perde. » ajouta Fred, solennel.

- « Donc... vous avez décidé de prendre la relève ? ... c'est bien ça ? » demanda Harry en souriant, imaginant déjà la tête de son père et de Remus quand il leur dirait ça.

- « Bien entendu ! Pour leur rendre hommage !...enfin... et aussi pour notre profit personnel, il faut bien l'avouer ! Grâce à eux, une fois Poudlard fini, on espère pouvoir ouvrir un magasin de farces et attrapes... enfin... si on trouve les fonds nécessaires, bien sur. »

- « On pourrait y vendre leurs inventions et les nôtres pour permettre aux prochaines générations de s'amuser et de violer les règlements ! »

- « Donc... si j'ai bien compris, vous voulez que je vous aide ? »

- « Tout à fait ! »

- « Mais pourquoi ? Pour faire quoi ? Vous vous débrouillez très bien sans moi ! »

- « C'est vrai. Mais on s'est dit que tes idées seraient un plus ! avec tes talents en potion, on est certain que tu peux inventer des trucs supers ! » expliqua immédiatement Fred.

- « Des choses dans le même genre que ce que tu nous as servi l'autre soir par exemple ! »

- « Et bien... je suis réellement flatté que vous ayez pensé à m... »

- « Oh aller Gaby ! Accepte s'il te plait ! » le supplia George en s'agenouillant devant lui.

- « Mais je... »

- « PITIÉ ! » enchérit Fred en se joignant à son frère aux pieds de Harry. « On ne dira rien à ton père si c'est ça qui t'inquiètes ! C'est juré ! »

- « Non, c'est pas ç... »

- « Gabyyyy ! » gémirent les jumeaux en lui baisant les mains, ne lui laissant une fois encore pas le temps de finir ce qu'il avait à dire.

- « Mais vous aller me laisser en placer une à la fin ! » s'énerva Harry.

- « S'il te plait Gaby ! »

- « Mais arrêtez ! » fit Harry en reculant pour se dégager des jumeaux qui faisaient à présent semblant de lui lécher les pieds. « Je n'ai jamais dit que je n'étais pas d'accord ! »

- « Alors... tu marches avec nous !... GÉNIAL ! » hurlèrent-ils en coeur, se levant vivement pour le serrer dans leurs bras.

- « Je veux bien vous aider MAIS... » poursuivit Harry tant qu'il avait l'occasion de parler.

- « Tout ce que tu veux ! »

- « Pas de blagues sur les professeurs... »

- « Pourquoi ?" le coupa George. "Celle sur Lockhart était pourtant géni... »

- « J'ai promis à mon père ! » l'interrompit à son tour Harry

- « Bon...bon, d'accord... autre chose ? »

- « Oui ! Rien d'humiliant ou de dégradant ! »

- « Même sur les Serpentards ? »

- « Même sur eux ! rien de ce genre sinon ne comptez pas sur moi ! »

- « C'est OK Gaby. Pas la peine de t'énerver. Rien d'humiliant et rien contre les professeurs ! » jurèrent les jumeaux.

- « Dans ces conditions, je suis absolument ravi de me joindre à vous ! » conclut Harry avec un grand sourire en leur serrant la main. « Je cherche de nouvelles idées et de nouvelles potions et vous, vous occupez des blagues... enfin, majoritairement... d'ailleurs, Sal sera ravi de vous donner un coup de main. Il adore faire des farces ! »

- « Ça tombe bien, c'est là qu'on est les meilleurs ! Mais... euh... qui est Sal ? »

- « Mon serpent ! Vous avez déjà du le voir... »

- « Oui, une ou deux fois. C'est juste que l'on ne connaissait pas son nom. »

- « Préviens-nous à ta prochaine trouvaille d'accord ? » fit Fred en déverrouillant la porte que son frère avait bloqué quelques minutes plus tôt.

-

- « Alors Gaby ? Qu'est ce qu'ils te voulaient ? » lui demanda Terry que fois qu'il eut rejoint la table des Serdaigles.

- « Rien de grave. Ils ont simplement découvert l'origine de leur métamorphose à la rentrée... mais je te raconterai les détails plus tard, quand les autres seront là. » répondit Harry sur un ton mystérieux avant de commencer à se servir à manger.

- « Ah Gaby ! Te voilà enfin ! Ça fait un quart d'heure que je te cherche ! »

- « Salut Roger ! Tu voulais me voir ? »

- « Oui. Pour te prévenir qu'on aurait un entraînement samedi. ...Après tout, on joue contre Serpentard dans moins de deux semaines ! »

- « Entendu. » répondit Harry en se saisissant d'un pichet de jus de citrouille.

- « Au fait, est ce que tu as pu remplacer ton balai pendant les vacances ? »

- « Oui, oui, c'est bon. Mon père m'en a offert un nouveau pour noël. »

- « Tant mieux. Le même model ou... »

- « Un éclair de feu. »

- « Un quoi ! Tu plaisantes ? »

- « Pas du tout ! Il m'a vraiment offert un éclair de feu. »

- « Un vrai ? »

- « Bien sur que non ! Juste la photo ! » répliqua Harry en roulant des yeux. « Évidement que c'est un vrai ! »

- « Tu... il vole vraiment à 240 km/h ? »

- « Oui. »

- « Il vire bien ? »

- « Oui. »

- « Il est stable ou... »

- « OUI ! »

- « Il est difficile à manoeuvrer ? »

- « Pas plus qu'un autre ! » répondit Harry excédé. » Écoute Roger, tu le verras de tes yeux samedi, d'accord ? »

- « Oui. ... Oui excuse-moi ! ... mais c'est tellement... c'est... je te laisse manger tranquillement... » fit Roger Davies, le capitaine de l'équipe de Serdaigle, avant de s'éloigner en murmurant pour lui même « un éclair de feu... fantastique... incroyable... victoire assurée... meilleur balai du monde... »

-------------------------------------------

Le 15 janvier, jour du match Serdaigle contre Serpentard, arriva rapidement. Le ciel était clair et frais et une brise glaciale soufflait par instant mais au moins, cette fois-ci, contrairement au match contre Poufsouffle, il n'y aurait aucun problème de visibilité.

Harry, malgré son trac, ressentait l'excitation que seules la perspective d'un match de quidditch et l'idée de chevaucher son éclair de feu pouvaient provoquer en lui.

Pendant que les élèves de Poudlard envahissaient les gradins, Harry et ses coéquipiers se préparaient dans les vestiaires, attendant fébrilement le début de la rencontre.

Une fois en tenue, Harry glissa sa baguette sous son T-shirt, ayant depuis l'été prit l'habitude de ne plus s'en séparer, même la nuit (il la garde prudemment sous son oreiller) puis suivit les autres vers le terrain, balai en main.

Ils sortirent sur la pelouse sous les acclamations du public, Gryffondor et Poufsouffle s'étant joints aux Serdaigles pour les encourager.

Les joueurs de Serpentard, vêtus de vert, étaient déjà là, ainsi que Mme Bibine, l'arbitre, et attendaient que les autres joueurs arrivent.

Quand Harry fut assez près d'elle pour qu'elle puisse voir ce qu'il tenait entre les mains, Mme Bibine quitta le milieu du terrain où elle se tenait jusqu'à maintenant et s'approcha de lui afin de lui demander si elle pouvait examiner l'éclair de feu.

Harry acquiesça et lui tendit l'objet, la laissant le regarder sous tous les angles.

Elle l'observa pendant si longtemps que Roger Davies finit par s'impatienter.

- « Madame Bibine ? » dit-il au bout d'un moment. « Est ce que vous pourriez rendre son balai à Gabriel, s'il vous plait ? On aimerait beaucoup commencer à jouer ! ... et le public s'impatiente ! »

Des sifflets et des cris commençaient en effet à se faire entendre dans le stade.

- » Oh excusez-moi. » fit Mme Bibine en rendant son balai à l'attrapeur des Serdaigles. « C'est vraiment un magnifique objet Gabriel. »

A peine eut-elle dit cela qu'un reniflement dédaigneux se fit entendre : Drago Malefoy, qui jouait lui aussi au poste d'attrapeur, regardait son adversaire d'un air mauvais.

- « Tu es sur que tu sauras t'en servir de ton nouveau jouet Snapy ? Parce que malgré tous ses accessoires, je ne crois pas que ses concepteurs aient prévu de parachute ! » lança t-il, les yeux brillant de malveillance alors que le reste de son équipe ricanait.

- « C'est aussi dommage que les tiens ne t'aient pas donné un troisième bras ! » répliqua Harry d'un ton cinglant digne de Severus. « Il arriverait peut-être à attraper le vif d'or celui-là ! »

Cette fois-ci, ce fut aux joueurs de Serdaigle d'éclater de rire.

- « Au moins mon père ne m'a pas caché pendant dix ans au reste de monde par honte d'avoir un bâtard comme toi pour fils ! »

Harry était prêt à se jeter à la gorge du blond quand madame Bibine intervint.

- « Allons jeunes gens, ça suffit ! » claqua t-elle d'un ton autoritaire en voyant qu'Harry était prêt à arracher la langue de vipère de son adversaire à mains nues. « Je ne tolérerai plus une seule remarque de ce genre ! Je vous préviens ! A la prochaine que j'entends, c'est un penalty pour l'adversaire ! C'est clair ? »

- « ... »

- « Tant mieux ! Flint ! Davies ! Serrez vous la main ! »

Les deux capitaines s'exécutèrent, tentant de s'écraser mutuellement les mains.

- « Enfourchez vos balais... attention... à mon coup de sifflet ... trois... deux... un... »

Harry décolla, amorçant immédiatement un tour de stade en cherchant le vif d'or des yeux alors que le commentaire de Lee Jordan résonnait dans tout le stade.

- « Ça y est ! C'est partit ! ... Le résultat final de se match ne faisant absolument aucun doute... (huée des Serpentards et applaudissements enthousiastes des trois autres maisons)... le clou du spectacle d'aujourd'hui est bien entendu le nouveau balai de Gabriel Snape : l'éclair de feu ! Si on en croit balai magasine, c'est le model qui a été choisi par toutes les équipes nationales qui participeront aux prochains championnats du monde ! C'est ce qui se fait de mieux sur le marché pour le moment, comme vous pouvez tous l... »

- « Jordan ! Veuillez vous intéresser à ce qui se passe sur le terrain ! » l'interrompit le professeur McGonagall.

- « Mais professeur !... Je ne fais qu'informer les autres étudiants de l'équipement actuellement disponible sur le marché du balai de course ! Ce qui me fait penser de vous rappeler le tout nouveau produit lustrant spécial Nimbus qui vient de sortir. Sa version 'éclair' devrait d'ailleurs sortir très prochainement et qui... »

- « JORDAN ! Vous n'êtes pas payé pour faire de la publicité à ce que je sache ! Alors CONCENTREZ VOUS SUR LE MATCH ! »

- « Très bien professeur... très bien... Le score est toujours de zéro à zéro et c'est l'équipe de Serpentard qui est à l'attaque ! Flint passe le souaffle à Montague... qui passe à Warrington, qui joue aujourd'hui son premier match en remplacement de Pusey... il redonne à Montague... qui l'envoie à Flint... qui tire... Et rate ! Il devrait peut-être apprendre à viser s'il veut... »

- « JORDAN ! »

- « ... C'est Chang qui récupère le souaffle pour Serdaigle et qui file de l'autre côté du terrain... elle évite un cognard envoyé par Derrick et poursuit son chemin... »

L'oeil aux aguets, prêt à agir au moindre éclat doré, Harry remarqua que Malefoy le suivait de près, calquant sa trajectoire sur la sienne. En fait, le blond ne semblait même pas chercher le vif d'or par lui-même.

Alors qu'agacé, Harry songeait à lui fausser compagnie, il aperçu enfin la petite balle dorée qui volait à un ou deux mètres au dessus du sol au beau milieu du terrain.

Il plongea immédiatement en piquet, Malefoy sur les talons, faisant se crisper Severus et Remus. Harry, surexcité, accéléra à fond, distançant ainsi le Serpentard. Les descentes en piquet étaient sa spécialité depuis la toute première fois qu'il était monté sur un balai et il n'eut donc aucun mal à prendre quelques mètres d'avance.

Alors qu'il arrivait à portée du vif, un cognard, envoyé par l'un des batteurs de Serpentard, surgit juste devant lui.

Harry vira en catastrophe et, alors que de son coté, Severus frôlait l'arrêt cardiaque, il évita la balle d'extrême justesse, ce qui permit au vif d'or de s'échapper une nouvelle fois.

Le public grogna de déception. Les uns parce que Gaby avait raté le vif d'or, les autres (beaucoup moins nombreux) parce que le cognard avait raté Gaby.

- « Serdaigle mène toujours dix à zéro ! Et regardez un peu les performances de l'éclair de feu ! Gabriel peut lui faire faire tout ce qu'il veut ! Le Nimbus de Malefoy ne fait vraiment pas le poids ! »

- « JORDAN ! VOUS VOULEZ VRAIMENT QUE JE FASSE LE COMMENTAIRE A VOTRE PLACE ? » hurla McGonagall « CONCENTREZ-VOUS SUR LE MATCH ! C'EST LA DERNIÈRE FOIS QUE JE VOUS LE DIT ! »

Jugeant plus sur de laisser sa directrice de maison se calmer, Lee reprit son commentaire.

- « Serdaigle à l'attaque... non, Serpentard à l'attaque... OUI ! Superbe interception de Chang !... Elle file vers les buts... EH ! Ils l'ont fait exprès ! »

Montague et Flint, les deux poursuiveurs de Serpentard, venaient de coincer Cho entre eux, manquant de la faire tomber de son balai. Elle réussit à éviter la chute malgré un spectaculaire tonneau mais ce geste lui avait malheureusement fait perdre le souaffle.

Madame Bibine donna un coup de sifflet, signalant ainsi le jeu dangereux des deux garçons, et offrit un penalty aux Serdaigles.

- « 20 à 0 ! Bien fait pour vous ! »

- « Jordan ! Soyez moins partial ! »

- « Mais je ne fais que dire la vérité professeur ! »

- « ... » Minerva pinça les lèvres mais ne répliqua pas, se contentant de lui lancer un regard acéré.

- « Davies marque un nouveau but ! Le score est à présent de 30 à 0 ! »

Sur les gradins, les supporters hurlaient à s'en casser la voix : leur équipe avait trente points d'avance.

Harry, lui, avait reprit ses tours autour du terrain, loin au dessus des autres joueurs, toujours suivi de près par Malefoy qui n'hésitait pas à utiliser les insultes les plus basses pour le déconcentrer dès qu'il était hors de portée de oreilles de Madame Bibine.

- « Comment elle a fait ta mère Snapy ? Elle mettait un sac sur la tête de ton père ? »... « Tu sais que tu ressemble à une fille ? Ton père devrait te vendre dans l'allée des embrumes, il y a peut être... »

Harry faisait de son mieux pour ne pas prêter attention aux paroles blessantes du blond, se concentrant sur le jeu...

Et soudain, il le vit ! La petite balle était juste une quinzaine de mètres au dessus de lui !

Occultant totalement le Serpentard, il donna immédiatement la pleine puissance à son balai et tendit la main pour attraper le vif mais tout à coup, l'éclair de feu ralentit, permettant à la balle de s'échapper une fois de plus.

Ne comprenant pas ce qui se passait, Harry regarda autour de lui : Malefoy, se sachant battu, s'était agrippé aux brindilles de son balai pour l'empêcher d'atteindre le vif et le regardait à présent avec un sourire narquois.

- « Tu croyais quand même pas que j'allais te laisser gagner Snapy ! Que j'allais laisser un déchet comme toi remporter la victoire ! »

Harry gronda ,fou de rage :

- « Espèce de... »

Il fut cependant interrompu par Madame Bibine.

- « Penalty ! Penalty en faveur de Serdaigle ! Je n'ai jamais vu une telle façon de jouer !" hurla t-elle. "Encore une action comme ça et vous sortez du terrain ! C'est clair ? »

Les supporters de Serdaigle hurlaient à pleins poumons, furieux.

- « Espèce de sale tricheur ! » hurla Lee dans le mégaphone en le tenant autant que possible éloigné des trois professeurs qui l'entouraient et qui tentaient de le lui arracher pour eux aussi faire savoir au blond leur façon de penser.

D'un côté, le professeur McGonagall, fan inconditionnelle de quidditch, brandissait son poing en direction de Malefoy, hurlant de colère, son chapeau tombé à ses pieds sous l'agitation de sa propriétaire.

De l'autre côté, le professeur Flitwick, directeur de la maison Serdaigle, était debout sur son siège et débitait un flot d'injures impressionnant étant donné le calme et la gentillesse dont il faisait habituellement preuve.

Derrière, un Remus Lupin semblant lui aussi passablement énervé tentait tant bien que mal de retenir un Severus Snape enragé qui menaçait de descendre sur la pelouse pour punir lui même son élève en le plongeant dans un de ses chaudrons. L'énervement du maître des potions fut d'ailleurs loin de se calmer quand il aperçu que Lucius Malefoy, installé dans la tribune à sa gauche, le regardait avec amusement, fier de la fourberie de son fils. Hagrid, qui était assit à droite de Severus, fut même obligé de prêter main forte au lycanthrope (qui a pourtant de part sa condition une force supérieure à la moyenne) pour retenir le directeur des Serpentards qui semblait, à l'heure actuelle, n'avoir plus qu'une envie : faire ravaler son air suffisant à Malefoy Senior !

C'est Roger qui tira le penalty, portant le score à 40 - 0.

Alors que son père continuait à ruer et à tempêter, Harry donna à nouveau toute la puissance à son balai, bien décidé cette fois à semer Malefoy et à ne plus le laisser approcher.

Il était à l'autre bout du terrain, heureux de ne plus avoir le Serpentard collé aux fesses, quand tout à coup, son coeur faillit s'arrêter de battre : juste devant lui, Drago Malefoy, l'air triomphant, fonçait en piquet en direction d'un minuscule point doré qui se trouvait à cinq ou six mètres au dessus du sol.

Bien décidé à ne pas laisser le Serpentard gagner, Harry accéléra au maximum mais Malefoy lui semblait avoir des kilomètres d'avance.

- « Plus vite... aller plus vite... accélère... » murmurait Harry, couché sur le manche de son balai.

Il était juste derrière Malefoy à présent mais le vif était tout proche...

Il était à la hauteur de Malefoy...

Encore un effort et...

Harry se jeta en avant, poussant Malefoy d'un bon coup d'épaule dans les côtes, le faisant ainsi dévier de sa trajectoire...

Et referma son poing sur le vif d'or avant de remonter en chandelle dans un tonnerre d'applaudissements.

- « Tu me payeras ça Snape ! Je me vengerai, ça tu peux en être certain ! » lui lança Malefoy, hargneux, avant de lui cracher au visage.

Manque de chance pour le vert et argent, Madame Bibine l'avait entendu... et surtout vu !

- « MALEFOY ! » cria t-elle, furieuse, en fondant sur lui comme un aigle sur sa proie avant de lui faire un sermon magistral, lui collant par la même deux semaines de retenue avec interdiction de monter sur un balai durant cette période et une suspension pour le prochain match pour son manque d'esprit sportif.

---------------------------------------

Le léger incident de la fin du match n'empêcha cependant pas les Serdaigles, pas même Harry, de vouloir fêter la victoire le soir même dans leur salle commune.

- « Tu viendras cette fois Gaby ?« lui demanda Terry alors que le dîner s'achevait.

- « Oui. Si mon père est d'accord. Mais je penses qu'il n'y aura pas de problème... Attendez-moi ici, je reviens tout de suite. » fit Harry en s'adressant au reste de son équipe et à son ami Terry avant de se diriger vers la table des professeurs à laquelle étaient encore installés son père, Minerva et Albus.

- « Papa ? »

- « Oui mon coeur, qu'est ce qu'il y a ? » demanda Severus, interrompant la conversation qu'il tenait avec sa collègue Gryffondor.

- « Est ce que je peux aller faire la fête avec les autres ce soir ? Dans notre salle commune ? »

- « Bien évidemment. Du moment que tu rentres avant le couvre-feu, tu peux... »

Severus s'interrompit en voyant le regard suppliant que lui lançait son fils.

- « Bon, d'accord, ... 22h. Je viendrais te chercher. »

- « Papaaa... Ça me laisse tout juste trois heures... » gémit Harry en accentuant un peu plus son regard.

- « Minuit ! Et c'est mon dernier mot ! »

- « Merci papa ! » répondit Harry avec un grand sourire.

- « Je viendrais te récupérer devant votre salle commune. Mais si à minuit cinq tu n'es pas sorti, je te préviens que je viendrais te chercher par la peau des fesses ! »

Le sourire d'Harry s'agrandit encore plus, et après avoir embrassé son père, il courut rejoindre ses amis.

-

Quand Severus se tourna à nouveau vers ses collègues, il remarqua immédiatement leur air amusé.

- « Je ne savais pas qu'il était si facile de vous amadouer Severus. » rigola Dumbledore. « La prochaine fois que j'aurai un service à vous demander, je vous ferrez les yeux doux, ça semble bien fonctionner ! »

- « Ne vous faites pas d'illusions Albus. Ça ne fonctionne qu'avec mon fils ! » répliqua le professeur de potion en lui jetant un regard vexé.

- « Le chef de la maison Serpentard se laisser avoir aussi facilement... tutu tut.. vous vous ramollissez Severus ! Pourtant... la manipulation n'est-elle pas une de vos spécialités d'habitude ? » ajouta Minerva d'un air amusé. « Remarquez... personne ne pourra nier que c'est votre fils. Je n'avais jamais remarqué qu'il vous ressemblait à ce point au niveau du caractère ! A se demander pourquoi il n'est pas à Serpentard ! Il est aussi roublard que vous ! »

Severus lui jeta un regard noir mais cacha son sourire derrière sa tasse de thé.

# Si vous saviez de qui vous parlez Minerva, vous en tomberiez sûrement à la renverse ! #

---------------------------------------------

Lorsque les joueurs de quidditch de Serdaigle entrèrent dans leur salle commune, le tumulte de la fête leur explosa aux oreilles, des cris et des applaudissements saluant l'apparition des héros du jour et plus particulièrement celle de Harry qui avait mit fin au match de la meilleur des façon en coiffant Malefoy sur le poteau.

Immédiatement, des mains l'attrapèrent et le tirèrent à l'intérieur de la pièce où il fut entouré d'une multitude d'élèves qui tenaient à le féliciter.

Une fois que tous furent un peu calmés, Harry put enfin rejoindre Terry qui parlait avec Michaël Corner et Anthony Goldstein près d'une table où se trouvait une quantité impressionnante de boissons et de sucreries en tous genres.

- « Ah Gaby ! Tu tombes bien ! On parlait justement de ce qu'a fait Malefoy pendant le match ! »

Ils discutèrent et rirent pendant des heures, refaisant le match, ... commentant chaque but...

Alors que Morag MacDougal amusait la galerie en imitant Bletchley, le gardien des Serpentards, face à Cho, le portrait s'ouvrit pour laisser passer le professeur Snape.

Aussitôt le silence se fit.

- « Papa ? » fit Harry en voyant l'air sombre qui ornait le visage de son père. « Je suis désolé. Je m'amusais tellement bien que je n'ai pas vu qu'il était déj... EH ! Mais il est à peine 23h ! Tu avais dis q... »

- « Je ne suis pas là à cause de ça Gabriel. » fit Severus, d'un air particulièrement tendu.

- « Alors pourquoi est ce que tu... »

Harry s'apprêtait à demander à son père la raison de sa présence dans la salle commune des Serdaigles si tôt quand la voix amplifiée du directeur résonna dans tout le château :

"TOUS LES ELEVES SONT PRIES DE SE RENDRE DANS LA GRANDE SALLE SUR LE CHAMP !

PREFETS, VEUILLEZ GUIDER VOS CONDISCIPLES.

ALLEZ-Y DANS LE CALME ET RESTEZ GROUPES !"

- « Qu'est ce qui se passe ? » demanda Harry, inquiet, en se rapprochant de son père alors que le reste des Serdaigles se dirigeaient vers la sortie.

- « Black a été repéré dans le château. » lui expliqua rapidement Severus après que le portrait se soit refermé sur le dernier élève.

- « Q...QUOI ? » cria Harry, alarmé. « I-il est ici ?... M-mais... pourquoi ? ... Que... »

- « Calme-toi Gaby. Tu n'as absolument rien à craindre. » Le rassura Severus avant de lui donner une petite dose de potion calmante pour s'assurer qu'il ne fasse pas une crise de panique et de le serrer contre lui.

- « Ça va mieux ? » lui demanda t-il au bout de deux minutes.

Harry acquiesça d'un petit mouvement de tête.

- « Aller viens mon coeur. Je veux être sur que tu es en sécurité avant que je commence les recherches avec les autres professeurs. Je t'accompagne dans la grande salle... pas question que tu restes seul à l'appartement. »

Il passa un bras autour des épaules d'Harry puis, baguette en main pour parer à une éventuelle attaque, le guida jusqu'aux autres étudiants quelques étages plus bas.

Il le lâcha seulement une fois dans la grande salle, ne rangeant pas sa baguette pour autant, et le laissa rejoindre son groupe d'amis.

-

- « Tu te rends compte ! Il a essayé d'entrer dans notre salle commune ! » Cria Hermione dès qu'Harry fut à ses côtés.

- « Quoi ? Mais pour quoi faire ? » Demanda t-il immédiatement bien qu'il sache que son amie n'avait pas de réponse à lui fournir.

Avant que quiconque ne puisse ajouter quoi que ce soit, la voix de Dumbledore s'éleva, demanda le silence :

- « Comme vous le savez sans doute tous maintenant, … » commença le directeur d'une voix grave, « Sirius Black a réussi à s'introduire dans l'école. Les professeurs et moi-même allons donc fouiller le château de fond en combles pour nous assurer qu'il n'y a plus aucun danger. »

Pendant qu'Albus faisait son discours, Minerva et Severus, eux, étaient occupés à verrouiller les portes menant à la grande salle. (A l'exception des portes principales qui donnaient dans le hall bien sur).

- « Je crains que pour votre sécurité, vous ne deviez passez la nuit ici. » Poursuivit Dumbledore alors qu'il était rejoint par ses deux collègues, ceux-ci ayant fini leur travail. « Je demande donc aux préfets de monter la garde avec l'aide de Sir Nicholas et de la Dame Grise. Je leur confie le soin de tout organiser. »… « S'il y a le moindre problème, envoyez-moi immédiatement un des fantômes ! » ajouta t'il à l'adresse des préfets qui s'étaient avancés pour prendre leur poste.

Dumbledore s'apprêtait à rejoindre les autres professeurs dans le hall pour répartir à chacun une zone de recherches lorsqu'il se ravisa.

- « J'allais oublier ! » dit-il en sortant sa baguette.

Il fit un geste négligeant du poignet et aussitôt les longues tables s'envolèrent pour aller s'aligner dans le fond de la salle, le long du mur. D'un second geste, il fit apparaître des centaines de sacs de couchage aux couleurs de chaque maison.

- « Voilà ! Je sais que ce n'est pas ce qu'il y a de plus confortable, mais c'est le mieux que je puisse faire dans ces circonstances. … Dormez bien quand même ! »

Dès qu'il se fut éloigné, les conversations reprirent, alors que chacun se saisissait d'un sac de couchage aux couleurs de sa maison avant de chercher un endroit où s'installer pour la nuit.

Les cinq amis choisirent le coin le plus proche de la porte de façon à voir ce qui se passait dans le hall.

Alors qu'Harry s'installait, il vit les professeurs se séparer, Hagrid prenant la direction du parc, et Remus celle du couloir du rez-de-chaussée. Il supposait par ailleurs que son père fouillerait les cachots, les connaissant comme sa poche, alors que les autres se chargeraient des étages supérieurs et des tours.

-

- « Alors ? » demanda Terry, interrompant Harry dans sa séance d'espionnage. « Qu'est ce qui s'est passé exactement ? »

Ron se racla la gorge et expliqua :

- « Tout le monde était déjà couché, ou tout du moins dans son dortoir. J'allais me mettre en pyjama quand je me suis souvenu que j'avais laissé mon devoir de métamorphose sur une table de la salle commune…. Je suis donc retourné le chercher. Alors que je m'apprêtais à remonter dans le dortoir, j'ai entendu du bruit en provenance du portrait à l'entrée. Un espèce de … un peu comme un bruit de grattement… Comme Hermione nous avait dit que Pattenrond n'était pas rentré depuis deux jours, j'ai cru que c'était lui. J'ai donc ouvert pour le faire entrer et là : je suis tombé nez à nez avec Sirius Black ! Il avait un grand couteau dans la main. J'ai eu peur… je me suis mis à hurler… et il s'est enfui en entendant les autres descendre. »

- « Il a crié tellement fort qu'il a même réveillé McGonagall ! » poursuivit Neville. « On venait de descendre voir ce qui se passait quand elle est arrivée. Elle semblait furieuse qu'on ne soit pas encore couché mais quand elle a vu que le portrait de l'entrée avait été lacéré et que Ron lui a expliqué qu'il avait vu Sirius Black faire ça, elle s'est immédiatement calmée et est passée en trombe devant nous pour appeler Dumbledore et les autres professeurs par un appel général sur le réseau de cheminées de Poudlard. »

- « Vous auriez vu l'état de la toile ! » ajouta Hermione « C'était comme si une meute de chiens enragés s'étaient acharnés dessus ! Il en manquait des pans entiers. Heureusement que la grosse dame a eu le temps de fuir ! »

- « Elle a été retrouvée ? » demanda Terry

- « Oui. Enfin… d'après Peeves, elle se cache dans un paysage du troisième étage. » Répondit Neville.

- « Les autres professeurs et le directeur sont arrivés à peu près tous en même temps et McGonagall a commencé à leur expliquer ce qui s'était passé. C'est ton père qui est parti le premier Gaby. Dès qu'il a entendu le nom de Sirius Black, il est devenu blanc comme un linge et il a filé en poussant un espèce de grognement. Il a sans doute préféré te rejoindre puisqu'il a réapparu avec toi…. Le reste, tu le connais ! » Termina Hermione. « Dumbledore s'est lancé un puissant sonorus et a demandé à tout le monde de venir ici. »

- « Mais comment a-t-il bien pu faire pour entrer ? » chuchota Terry après un moment de silence durant lequel tous s'étaient posé cette question.

- « Aucune idée … » répondit Harry en haussant les épaules.

Il supposait cependant que la forme animagus de l'homme avait bien du l'aider.

- « Il s'est peut-être déguisé. » suggéra Ron.

- « Ou alors il a transplané ! »

- « impossible Neville. Le château est protégé contre ce genre d'intrusion. Et pour ce qui est d'un déguisement… » Poursuivit Hermione en se tournant vers Ron « Je ne vois pas en quoi ça aurai pu l'aider face aux détraqueurs ! »

- « sauf que… »

- « Extinction des feux dans deux minutes ! » cria Percy, le Préfet-en-chef. « Tout le monde dans son sac de couchage ! »

- « Tu disais Gaby ? »

- « - « Je disais : sauf que les détraqueurs, il les a côtoyé pendant des années et qu'ils n'ont pas vraiment eu d'effets sur lui ! »

- « Et un passage secret ? » proposa encore Terry. « Il y en a des dizaines dans le château ! Si ça se trouve, il y en a qui mènent dehors … peut-être même à Pré-au-lard ou dans la foret interdite ! »

- « Peut-être… » Admit Harry qui pensait que c'était l'idée la plus sensée de toutes celles qu'il avait entendu jusque là. « Seulement, Rusard doit sûrement les connaître ! Donc… »

- « ils doivent être surveillés ! » compléta Hermione.

- « on éteint les lumières maintenant ! » cria à nouveau Percy. « Alors silence ! Je ne veux plus entendre un seul mot ! Celui qui parlera coûtera cinq points à sa maison ! »

Tout de suite après, toutes les chandelles s'éteignirent d'un coup, laissant pour seules lumières la voûte étoilée et la forme argentée des deux fantômes.

-

Vers quatre heures du matin, alors que la majorité des étudiants s'étaient endormis, Harry qui n'avait réussi qu'à somnoler, ne se sentant pas suffisamment en sécurité parmi autant de monde pour réellement s'assoupir, vit son père et Remus revenir en compagnie de Dumbledore.

Les trois hommes s'arrêtèrent à quelques pas de l'entrée de la grande salle pour discuter à voix basse.

- « J'ai fouillé les cachots Albus. Aucune trace de lui de ce côté. Et pour vous ? »

- « Les tours et les étages sont vides. Il n'y est pas ! Hagrid a cherché dans le parc mais rien de ce côté-là non plus…. Est-ce que l'un de vous deux à une idée sur la façon dont il s'y et pris ? »

Les deux hommes secouèrent négativement la tête.

- « Pas la moindre, Albus… » Soupira Remus d'un ton las.

- « Bien… Si jamais il vous vient une idée, n'hésitez pas à m'en faire part…. Je dois aller voir les détraqueurs à présent. Je leur avais dit que je les préviendrai quand nous aurions terminé les recherches. »

- « Et que fait-on des élèves Albus ? » l'interrogea Severus en désignant d'un mouvement de tête les occupants de la grande salle.

- « Laissons-les dormir. Il est inutile de les renvoyer dans leurs dortoirs maintenant. Il faut d'ailleurs envoyer les préfets se reposer eux aussi. Les fantômes veilleront sur eux. »

Sur ce, Dumbledore quitta le hall d'un pas rapide et silencieux.

Severus et Remus restèrent un instant immobiles, le regardant partir.

Alors que le premier s'apprêtait à se rendre dans la grande salle pour informer les préfets de la situation et récupérer son fils, il entendit son collègue et nouvellement ami pousser un long soupir à travers lequel perçait une grande tristesse.

Il appela donc les préfets et leur donna rapidement les nouvelles instructions, les envoyant se coucher puis se retourna vers le lycanthrope.

- « Remus ? » demanda Severus et s'approchant à nouveau de lui. « Est-ce que tu vas bien ? »

- « (reniflement)… C'est rien…. Ne t'en fais pas… » Murmura celui-ci. « Ça va passer… ça finit toujours par passer… »

- « Tu trembles Remus ! Alors n'essaye même pas de me faire croire que tout va bien ! »

Sachant très bien qu'il n'avait aucune chance 'd'échapper' à son collègue, Remus se tourna vers lui, dévoilant ainsi des yeux pleins de larmes contenues.

- « Je… c'est juste que LE chercher ici… ça m'a rappelé tout ce qu'on a vécu ensemble et… »

Ne pouvant se retenir plus longtemps, Lupin laissa les larmes rouler le long de ses joues.

Severus, qui contrairement à ce que certains pensaient ne se réjouissait pas de la détresse des autres, fit un pas en avant et prit le lycanthrope dans ses bras, lequel s'accrocha immédiatement à lui comme à une bouée de sauvetage.

- « Je sais que je devrais l'avoir oublié depuis longtemps… mais je ne peux pas Severus… je n'y arrive pas !... je… » Expliqua Lupin en se laissant aller contre la poitrine rassurante de son collègue.

Severus ne répondit pas. Il savait qu'aucun mot n'aurait pu aider l'homme blessé qu'il tenait contre lui. Il se contenta de le serrer un peu plus fort, le laissant évacuer tout ce qu'il avait sur le cœur depuis si longtemps.

Au bout de quelques minutes, Remus se détacha de lui.

- « Heureusement que tout les élèves dorment Severus. Ta réputation en aurait prit un coup sinon ! » Dit Lupin dans un léger sourire.

- « Je ne vois pas pourquoi ! Ils auraient sans doute cru que j'essayais de t'étouffer pour récupérer ton poste ! » Lança Severus faussement sérieux. « Et de toute façon, tu te doutes bien que j'ai vérifié que personne ne regardait. Tu ne croyais quand même pas que j'allais me laisser aller à te montrer de l'affection en public ! »

- « Je me disais aussi… » Répliqua son collègue amusé par la réponse que celui-ci venait de donner. « C'est vrai que ça aurait pu choquer ! Le directeur de Serpentard serrant contre lui un ancien Gryffondor... »… « Tu ne voulais pas récupérer Gaby ? »

- « Si. Il sera beaucoup mieux dans son lit que sur un sol de pierre. »

- « Vas-y, je t'attends ici pour lui dire bonne nuit. »

Severus acquiesça puis se dirigea vers la grande salle, faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller les étudiants endormis.

Il lança un regard circulaire sur la pièce, scrutant la pénombre à la recherche de la silhouette familière de son fils.

Après quelques instants, il le repéra enfin, entouré par les quatre sacs de couchage de ses amis.

Il le rejoignit et vit que celui-ci l'observait d'un regard embrumé, les yeux à peine entrouverts.

- « Aller lève-toi mon cœur ! » chuchota t-il en se penchant vers lui. « On rentre à la maison. Tu seras mieux dans ton lit. »

- « …hum… »

- « Aller marmotte, on y va ! »

Voyant que le garçon n'avait pas la moindre envie de faire l'effort de se redresser, Severus se courba un peu plus et le souleva du sol, avant de le serrer contre lui, le calant contre son épaule gauche.

Instinctivement, Harry enroula ses jambes autour de sa taille et enfuit son nez dans ses cheveux, poussant un soupire de bien être.

Chargé de son fils qui s'était endormi dès qu'il l'avait pris dans ses bras, Severus retourna dans le hall où Remus l'attendait.

- « Ça va aller ? »

- « Oui, oui… ne t'inquiète pas Severus. » répondit remus. « On se voit demain matin, d'accord ? »

- « Entendu. Essaie de réfléchir à ce que je t'ai demandé d'accord ? »

- « Promis. Mais je ne vois pas lequel il aurait pu prendre. »

Puis avisant le corps endormi d'Harry, il ajouta :

- « Tu devrais le mettre au lit Severus. Bonne nuit. »

- « Bonne nuit Remus. »

- « Bonne nuit Gaby. » ajouta ce dernier en embrassant le garçon sur la tête.

Harry bougea légèrement dans son sommeil mais ne se réveilla pas.

----------------------------------

Le lendemain matin, quand Harry ouvrit les yeux, il entendit le bruit d'une conversation venant du salon. Il se leva en s'étirant puis, ses pantoufles aux pieds, sortit de sa chambre. Une fois dans la pièce principale, il découvrit son père et Remus, installés l'un à côté de l'autre sur le confortable canapé en cuir, deux tasses de thé fumantes et une assiette de toasts posées sur la table basse devant eux.

Ayant entendu une porte s'ouvrir, les deux adultes avaient interrompu leur discussion et le regardaient à présent approcher, en pyjama, les cheveux légèrement en broussaille et la marque de l'oreiller sur le visage.

Harry les embrassa tous les deux sur la joue pour leur dire bonjour, leur lançant néanmoins un regard étrange que ni l'un ni l'autre ne su comment interpréter puis s'installa avec eux.

- « qu'est ce que tu fais déjà levé mon coeur ? » demanda Severus. « Il n'est que neuf heures tu sais. Tu avais encore le temps de dormir. »

- « J'avais plus sommeil. » répondit Harry, baillant pourtant à s'en décrocher la mâchoire.

- « Tu as faim ? » lui demanda encore Severus.

Harry n'eut pas besoin de répondre, son estomac s'en chargeant pour lui, laissant échapper un grondement sourd.

- « Va te servir. Il y a tout ce que tu veux sur la table. » Fit Severus en désignant l'autre côté de la pièce.

Harry acquiesça et se leva du fauteuil pour aller se servir.

C'est un petit déjeuner gargantuesque qui l'attendait : croissants, crêpes, toasts, œufs sur le plat, bacon, pain grillé, marmelade, hareng fumé, lait, cacao, fruits en tous genres, brioche, jus de citrouille, jus d'orange…

Ravi, il prit une assiette et entreprit de la remplir d'un peu de tout.

Pendant ce temps, Severus s'était de nouveau tourné vers son collègue :

- « Alors Remus » reprit-il « Tu disais que les maraudeurs avaient découvert plusieurs passages secrets menant en dehors du château ? »

- « Oui. » répondit Remus. « Il y en a sept en tout… si on compte celui du saule cogneur. »

- « Il n'a pas pu utiliser celui-là justement ? Ce doit être celui qu'il connaît le mieux ! »

- « Non, c'est impossible Severus. On ne peut pas atteindre le nœud depuis l'intérieur du tunnel. Alors à moins d'avoir eu un complice dans le parc pour 'calmer' l'arbre comme le faisait Peter sous sa forme de rat en se faufilant jusque là à travers les branches, il n'aurait jamais pu sortir. »

- « Il y a un passage secret sous le saule cogneur ? » demanda Harry qui terminait de se servir tout en écoutant la conversation des deux adultes d'une oreille attentive. « Il mène où ? »

- « Ne t'occupe pas de ça Gaby ! »

- « Mais papa… je veux juste… »

- « Gabyyy ! » fit Severus en lui lançant un regard lourd d'avertissement. « Cette discussion ne te regarde absolument pas ! Tu n'es pas chargé de la protection de l'école ni de la sécurité des élèves à ce que je sache ! »

- « Non… » Murmura Harry, tête baissée, en venant se rasseoir sur le fauteuil fasse aux deux adultes.

- « Alors occupe-toi de ce qui te regarde ! »

- « … »

- « Allons, Severus. Il ne fait rien de mal ! » Intervint Remus. « C'est tout à fait normal d'être curieux à son âge ! »

- « Je sais bien !... Et c'est pour ça que je ne veux pas qu'il en sache trop ! Il s'attire déjà suffisamment d'ennuis comme ça ! »

- « Généralement, se sont plutôt les ennuis qui me trouvent ! » Répliqua Harry partagé entre les larmes et la colère. « Ce n'est pas moi qui ai demandé à l'autre cinglé de tuer mes parents ou à l'oncle Vernon de s'acharner sur moi ! »

- « Je n'ai pas dis ça Gaby ! Je ne dirai jamais que ce que ces monstres t'ont fait subir est de ta faute ! Jamais ! Ce sont eux les coupables, pas toi ! »

- « … »

- « Excuse-moi si je t'ai blessé… ce n'était absolument pas mon intension… mais depuis que je sais que Black peut entrer comme il veut dans le château, j'ai les nerfs à vif ! »

- « Et si tu laissais Gaby manger Severus ? On pourrait peut-être en revenir à nos chaudrons ? » Suggéra Remus alors que Severus et Harry se lançaient des regards incertains depuis près de cinq minutes.

- « Vas-y, je t'écoute. » fit Severus en lâchant le regard de son fils qui lui, commença à manger silencieusement.

- « Comme je le disais, il y a sept passages. Rusard en connaît quatre. Ceux-là sont bien surveillés, j'ai vérifié hier soir… enfin, ce matin… avant d'aller me coucher. »

- « Et les autres ? »

- « Celui du miroir au quatrième étage est impraticable. Bloqué par un éboulement… Même un chien ne pourrait pas entrer par là. Quand à l'autre, je vois mal comment il aurait pu l'emprunter. »

- « Pourquoi ça ? »

- « La trappe d'accès se situe dans le sous-sol de Honeydukes. »

- « C'est vrai qu… » Commença Severus avant d'être interrompu par Harry qui n'avait pas pu tenir sa langue.

- « Je ne vois pas comment un criminel et fuite ou même un chien aurait pu entrer dans cette boutique sans que personne ne le remarque. Surtout qu'en dehors des sorties organisées par Poudlard, a part quelques gamins, il ne doit pas y avoir foule ! »

- « Gabriel ? Qu'est ce que je viens de te demander ? » Demanda Severus d'une voix légèrement irritée en le regardant droit dans les yeux.

- « Quoi ?... A oui, c'est vrai : je n'entends pas, je n'écoute pas, je suis sourd ! Mais allez-y, ne faites pas attention à moi, vous pouvez continuer !... Personne n'entend, je ne suis pas là !... En fait, je n'existe même pas ! » Fit Harry entre ses dents en piquant rageusement sa fourchette dans une tranche de bacon.

- « Tu comptes faire la tête longtemps Gabriel ? » demanda Severus, agacé par l'attitude de son fils.

- « Je ne fais pas la tête ! » Répliqua Harry, un peu trop sèchement au goût de Severus.

- « Je te conseille de baisser d'un ton Gabriel ! Et de te calmer ! Je suis ton père alors je te prierai de me parler autrement ! »

- « … »

- « Et si ne veux pas que tu en saches trop, c'est uniquement pour ton bien je te signale ! »

- « Je sais… » Répondit enfin Harry. « Mais je n'aimes pas que tu m'ignores comme ça ! »

Severus poussa un long soupire.

- « Mais je ne t'ai absolument pas ignoré ! »

- « SI ! » répondit Harry, amère.

- « Mais enfin, j'ai le droit de discuter avec quelqu'un sans te demander ton avis ou t'inclure dans la conversation tout de même Gabriel ! Tu n'est pas le centre du monde ! Et si… »

- « CA JE SAIS ! TU ME L'AS SUFFISAMMENT REPETE QUAND J'ÉTAIS EN PREMIÈRE ANNÉE ! JE NE RISQUE PAS DE L'OUBLIER ! MERCI BIEN ! » Claqua Harry en se levant d'un bond, envoyant l'assiette qu'il avait sur les genoux se fracasser sur le sol, avant de s'enfuir dans sa chambre et claquant la porte derrière lui.

- « Gabriel reviens ici ! » cria Severus en se levant à son tour… « Gabriel ! » fit-il encore, debout face à la porte verrouillée de la chambre de son fils.

- « Laisse-moi tranquille ! » Répondit Harry depuis l'autre pièce, les larmes nettement perceptibles dans sa voix.

- « Ouvre moi cette porte Gabriel ! » fit Severus qui, ayant essayé de tourner à plusieurs reprises la poignée, s'était rendu compte que le garçon avait bloqué la porte à l'aide d'un sort.

- « Non… laisse-moi tout seul ! Retourne avec Remus et laisse-moi ! Je ne gênerai plus comme ça ! »

- « Attends Severus ! » intervint Remus en voyant son collègue sortir sa baguette. « Laisse-le un peu seul… Laisse-le se calmer ! Si tu force sa porte maintenant, tu risques d'empirer les choses. »

- « Mais qu'est ce qui lui prend ? » demanda Severus à la fois blessé et abasourdi par la réaction de rejet d'Harry en se tournant vers son collègue.

- « Il te l'a dit Severus… Il s'est senti de trop… exclu… »

- « Mais… »

- « Non ! Laisse moi finir. … Reviens t'asseoir un moment et laisse-moi t'expliquer ce que je penses. »

Souhaitant vraiment comprendre ce qui avait poussé son fils à agir de cette façon, Severus acquiesça et après avoir 'ramassé' d'un coup de baguette le petit déjeuner qui s'étalait sur le tapis, reprit sa place sur le canapé.

- « Je t'écoute… »

- « D'après ce que j'ai pu voir et ce que tu m'as dis… » Commença Remus, « Depuis que tu l'as sauvé des griffes de son oncle et que tu l'as accepté comme un fils, il vient dès qu'il le peut se blottir dans tes bras. »

- « Oui… ça le rassure… Et il aime se faire câliner… » Expliqua Severus ne voyant pas vraiment le rapport avec ce qui venait de se passer.

Remus leva la main pour empêcher son collègue de poser la question qu'il avait sur le bout de la langue et poursuivit :

- « Quand il entre dans la grande salle, il te cherche immédiatement des yeux…j'ai même remarqué que parfois, quand il ne sais pas quoi choisir, il attend que tu te sois servi en prend la même chose que toi…il a même adopté certaines de tes mimiques. En fait, beaucoup de choses me rappellent le comportement qu'a un très jeune enfant vis-à-vis de sa mère. C'est comme s'il avait…je ne sais pas exactement comment appelé ça… disons… 'Fusionné' avec toi ! »

- « Comment ça ? » demanda Severus en fronçant les sourcils. « Et d'où tu sors ça d'abord ? Tu t'es lancé dans la psychanalyse ou quoi ? »

- « Non, pas du tout ! » répondit Remus en secouant négativement la tête, un micro sourire nostalgique sur les lèvres. « Pendants sa grossesse, Lily nous avait forcé, James, Sirius, Peter et moi à ingurgiter un nombre inimaginable de livres sur les enfants : leur comportement, leur développement, leur alimentation, comment s'en occuper… de façon à ce qu'on sache comment se débrouiller si elle devait nous le confier pendant quelques heures une fois qu'il serait né. Parmi toutes ces lectures, je me souviens d'un épais volume traitant des liens d'attachement créés par l'enfant aux différents stades de sa vie. »

- « Et ? » l'interrogea à nouveau Severus, avide de savoir ce qu'avait son fils.

- « Je ne me souviens pas de tout mais… je me rappelle d'un passage qui disait que durant les premiers temps, l'enfant s'attache de manière très importante au parent qu'il associe à l'idée de confiance…celui qui le soigne, qui répond à ses besoins, l'apaise quand il va mal… »

Severus écoutait avec attention les paroles de l'autre homme. Pour le moment, ce qu'il disait lui semblait correspondre plutôt bien au comportement qu'Harry adoptait avec lui.

- « Quand l'enfant grandi, il voit soudain toute personne retenant l'attention de son parent comme un ennemi qui cherche à lui voler ce qu'il a de plus précieux. D'habitude, Gaby me voit comme un soutient… un ami… mais aujourd'hui, si mes déductions sont exactes, il m'a vu comme une menace dans votre relation. Je ne sais pas vraiment ce qui a pu déclancher ça mais il a sans doute ressenti un énorme sentiment d'abandon. Si je me souviens bien, les psychanalyste appellent ça 'angoisse de castration'. Chez l'enfant, c'est une réaction qu'on voit apparaître entre trois et quatre ans : il voit alors son père comme une personne qui veut lui prendre sa mère et… »

- « Une… une minute Remus ! Vers trois ans ?... Mais Gaby en a treize ! Ça ne peut pas être ça ! »

- « Harry Potter à treize ans Severus. Gabriel Snape, lui a tout juste 18 mois ! »

- « Tu plaisantes j'espère ! »

- « Pas du tout. »

- « Alors quoi ? Tu es en train de me dire qu'il fait un dédoublement de personnalité ? C'est ça ? »

- « Bien sur que non, Severus ! Ce que j'essaye de te dire, c'est que Gaby est né il y a un an et demi ! Tu sais mieux que moi que sa vie à réellement commencé quand tu l'a pris avec toi ! Tu es le premier sur qui il peut vraiment compter !... Bien sur, il y a eu James et Lily mais il était trop jeune quand … il ne s'en rappelle plus ! Il n'a pas eu le temps de créer tous les liens nécessaires à son équilibre psychologique avec eux !... Et ce n'est pas chez les Dursley que ça aurait pu se faire ! Je penses donc qu'il essaye de rattraper inconsciemment tout ce qu'il a raté de son enfance… en particulier au niveau relationnel. »

- « Mais pourquoi seulement maintenant ? Pourquoi n'a-t-il pas fait ça plus tôt ? »

- « Je ne sais pas… il a pu se passer quelque chose… Sa réaction est moins intense que chez un petit enfant car son esprit 'conscient', lui, a bien treize ans… Ça explique que d'habitude, il a un comportement proche de celui d'un gamin de son âge, si ce n'est qu'il a besoin d'un peu plus d'attention. C'est pour ça qu'il a tant besoin de ta présence…ses manques affectifs et relationnels, sans compter ce qu'il a subit, font qu'il a beaucoup de mal à couper le cordon…. Mais en même temps, même si ça lui a coûté beaucoup, il n'a pas vraiment essayé de s'imposer entre 'nous', puisque ça semble être le problème. Il nous a montré son mécontentement de nous voir discuter sans lui puis est partit… comme s'il ne voulait pas que tu te sacrifies pour lui… »

- « … »

- « Euh… je sais pas si j'ai été très clair, surtout sur la fin, mais… »

- « Si… » Fit Severus, plongé dans ses pensées, « Si… j'ai bien compris ce que tu voulais dire… il est aussi possessif qu'un petit enfant donc il ne supporte pas de me 'partager' mais en même temps, il préfère 'mon bonheur' au sien… donc il se sacrifie… c'est pour ça qu'il est parti comme ça… il est blessé et jaloux mais il ne veut pas me faire de mal alors… »

Severus poussa un long soupire.

- « Qu'est ce que je peux faire ? »

- « L'aider à se détacher de toi peu à peu… aider son 'inconscient' à grandir… »

- « Et je fais ça comment ? » demanda Severus, la tête entre les mains.

- « Je n'en ai pas la moindre idée… peut-être que maintenant que tu en as conscience, ça se fera tout seul…peut-être qu'un facteur extérieur va déclancher quelque chose, comme aujourd'hui mais dans l'autre sens… je ne sais vraiment pas… »

- « … »

- « Je vais te laisser Severus. Il doit avoir eu le temps de se calmer à présent. Va lui parler… essaye de comprendre ce qui a déclanché cette crise de jalousie… »

- « … »

Remus se leva et se dirigea vers la sortie.

- « Je vais aller mettre des alarmes sur les passages du saule et de chez Honeydukes… juste au cas où…comme ça, si quelqu'un passe par là, je le saurai immédiatement ! »

- « Et si c'est un élève ? » demanda Severus, tentant de s'intéresser un instant à ce sujet à présent très loin de ses préoccupations.

- « Il y a peu de chances. Les passages sont très bien cachés. Je doute que quelqu'un d'autre que les maraudeurs les ait découvert…A plus tard Severus ! »

-

Une fois Lupin partit, Severus prit encore quelques minutes pour réfléchir à la théorie de celui-ci au sujet du comportement de son fils. Tout semblait concorder. Après cinq minutes, il se leva du canapé et se dirigea vers la chambre de Gaby.

Il frappa à la porte et attendit.

- « Gaby ? » hasarda t-il après une minute, appelant son fil à travers l'épais panneau de bois. « Laisse-moi entrer s'il te plait ! »

N'obtenant aucune réponse, il tenta à nouveau de tourner la poignée mais la porte resta hermétiquement close.

Il sortit donc sa baguette et lança un alohomora sur la serrure qui céda facilement.

Il remit sa baguette dans sa poche, actionna la poignée et entra.

Harry n'ayant pas ouvert ou ayant refermé les rideaux (en créant la chambre, Dumbledore a prit soin de mettre une fenêtre magique pour rendre la pièce plus lumineuse), la pièce était plongée dans une quasi obscurité. Seule la lueur provenant d'un tableau accroché au mur permit à Severus de distinguer la forme recroquevillée de son fils sur le lit.

– « Gaby ? » répéta t-il encore en s'approchant.

Seul un sanglot étouffé lui répondit.

D'un geste, il entrouvrit les épais rideaux, laissant passer un filet de lumière suffisant pour éclairer la pièce sans pour autant donner trop de clarté, puis alla s'asseoir sur le lit juste à côté d'Harry.

Celui-ci ne fit pas un mouvement, gardant la tête enfuie dans la peluche en forme de panthère q'il avait dans les bras.

- « Gaby dit quelque chose, s'il te plait… parle-moi… » Essaya Severus en lui passant un main douce et apaisante dans les cheveux.

- « L…Laisse-moi… » Balbutia Harry, des larmes plein la voix. « V…Va retrouver R-Remus…I-il… est p-plus important q-que moi… »

- « Mais enfin qu'est ce que tu racontes ? »

- « J-je s-sais bien q-que j-je suis d-de tr-trop… » Poursuivit Harry en pleurant de plus belle. « J-j'ai l'habitude… j-j'ai t-toujours été d-de trop… »

- « Mais qu'est ce que tu… Tu sais bien que non voyons ! »

- « S-si…j-je sais…d-déjà avec l-les Du-dursley… et …et maintenant…si j-je n-n'étais p-pas là…t-tu pourrais être t-tranquille a-avec R-remus… t-tu p-pourrais aller v-vivre a…avec l-lui…»

- « Mais je n'ai jamais eu l'intention d'aller vivre avec Remus ! Qui est ce qui t'a mis une idée pareille en tête ? … Et d'ailleurs, pourquoi je voudrais aller vivre avec lui ? »

- « P-parce q-que t-tu l'aimes… et à… à cause d-de moi… »

- « Mais … on n'est pas ensemble Remus et moi ! C'est vrai qu'on est finalement devenu amis mais il n'y a absolument rien de plus que ça ! Qu'est ce que tu as été t'imaginer ? »

- « C-c'est pas v-vrai… j-je v-vous ai vu hier s-soir… »

- « Tu nous a vu ? » demanda Severus qui ne comprenait pas du tout ce qu son fils voulait dire.

- « I-il d-dans tes b-bras… »

Severus poussa un long soupire effaré. Jamais il n'avait pensé que ce geste d'amitié et de soutien ne soit perçu par qui que ce soit de cette façon !

- « Ce n'est pas du tout ce que tu t'imagines, Gaby ! Je l'ai pris dans mes bras, c'est vrai, mais uniquement pour le consoler ! »

- « C…c'est vrai ? » demanda Harry en relevant enfin la tête, dévoilant ainsi un visage ravagé par les larmes.

- « Bien sur que c'est vrai ! » Répondit Severus. « Et tu ne crois pas que s'il devait y avoir quelque chose entre lui et moi, que ce soit lui ou quelqu'un d'autre d'ailleurs… je t'en aurai parlé ? Je n'ai jamais rien ressenti de ce genre là pour Remus !... Ni pour aucun homme d'ailleurs ! »

- « M-mais ce matin, … v-vous… »

- « On parlait de la sécurité de l'école. »

- « Ou…oui m-mais…j'ai cru que… qu'il avait… t-tu sais… toi et lui… cette nuit… j'ai cru que j-je gênais… » Expliqua Harry, rouge comme une tomate, en essuyant les larmes qui coulaient encore le long de ses joues. « J-j'ai cru que c'était parce que j'étais là q-que vous parliez de ça… que v-vous attendiez juste q-que je parte pour parler d'autre chose ou… comme vous étiez assis t-tout prêt l'un de l'autre… que… »

A présent Harry était plus que pivoine.

Severus eu un petit sourire amusé en voyant la gêne de son fils qui s'était imaginé Merlin sait quoi sur Remus et lui.

# Remus avait bel et bien raison : il était jaloux ! Il est devenu ultra possessif avec moi !... Et en même temps, il serait prêt à renoncer à son bonheur pour que moi je sois heureux …C'est agréable de se sentir aimé à ce point… mais je ne peux pas le laisser continuer comme ça… il faut que je l'aide à retrouver une certaine autonomie… #

- « Écoutes mon cœur… même si Remus et moi avions eu une conversation privée, je ne t'aurais pas jeté hors de la pièce pour autant ! Nous aurions remis cette discussion à plus tard, c'est tout. Tu sais que je t'aime de tout mon cœur, ça ne changera jamais… même si je devais avoir quelqu'un dans ma vie ! »

Pleinement rassuré, Harry délaissa sa peluche au profit des bras de son père.

# Ça ne va vraiment pas être facile…#

Harry resta de longues minutes ainsi, sans bouger, semblant simplement réfléchir.

- « A quoi est-ce que tu penses mon cœur ? » lui demanda Severus après un certain temps en plongeant ses yeux dans les siens.

- « Je me demandais simplement… si un jour Remus et toi vous sortez ensemble…tu crois qu'il me laissera l'appeler maman ? » demanda Harry qui semblait avoir retrouvé toute sa bonne humeur.

- « Imbécile ! » rétorqua Severus en lui donnant une tape sur la tête, un grand sourire aux lèvres en raison des idées farfelues de son fils… lequel le regardait avec des yeux à nouveau pétillants de gaieté.


A suivre...