Salut tout le monde !

Désolée pour le retard mais d'abord il y a eu ffnet qui a bloqué et ensuite un manque de temps.

J'espère que vous ne m'en voulez pas trop et que vous me mettrez quand même des reviews.

Mara Jade : Merci beaucoup pour la review et pour les compliments. J'espère que la suite de ma fic te plaira tout autant.

Touraz, petite grenouille, adénoïde, Mika, NEPHERIA, Lyly, jenni944, grispoil : Merci pour la review

Lafolledu2°: voilà enfin la suite. Profite bien de tes quelques jours de repos. (au fait, AM est revenue. Ô joie ! )

Winrii : normalement, Malefoy va rester du côté des méchants… enfin… je crois

Bijouf : ravie que le dernier chapitre t'ait plu

Chapitre 37 :

'La fuite'

Au crépuscule, Albus Dumbledore, sa longue barbe argentée scintillant à la lumière du soleil couchant, descendit les marches du château accompagné de trois hommes.

Cornelius Fudge, le ministre de la magie, trottinait à côté de lui. C'était un homme d'aspect étrange, petit, corpulent, avec des cheveux gris en désordre et une expression anxieuse. Il portait des vêtements disparates qui formaient un curieux mélange : un costume marron à rayures, une cravate rouge, une longue cape noire, des bottes violettes à bouts pointus et un chapeau melon vert.

Derrière les deux hommes venaient un vieillard faisant partie de la commission de régulation des créatures dangereuses et Macnair, le bourreau, qui était vêtu tout en noir et portait une large cagoule masquant ses traits.

Ils traversèrent le parc en silence jusqu'à la cabane de Hagrid qui se situait à proximité du portail de l'école, puis Dumbledore frappa à la porte.

Crockdur aboya bruyamment derrière le panneau de bois puis, après un ordre de son maître qui venait d'ouvrir aux quatre arrivants, retourna se coucher auprès du feu.

- « Bonsoir Hagrid. Sale affaire qui nous amène ce soir… » Dit Fudge. « … très sale affaire…. Mais nous ne pouvions vraiment pas laisser cet hippogriffe s'en sortir sans sanction après l'agression dont a été victime le jeune Drago Malefoy ! Vous le comprenez j'espère ? »

- « Où est l'animal ? » intervint Macnair d'une voix glacée, apparemment plus qu'impatient d'exécuter la sentence.

- « De… dehors… attaché à un arbre. » répondit Hagrid d'une voix rauque.

Le bourreau s'approcha de la fenêtre et jeta un coup d'œil dehors pour s'assurer que l'animal était bien là.

- « Nous…euh… nous devons lire la déclaration officielle concernant l'exécution Hagrid. » fit le délégué de la commission en sortant un rouleau de parchemin à l'aspect officiel de sa poche. « Je serais bref. Ensuite, vous la signerez conjointement avec Macnair. »… « Macnair, vous devez aussi écouter la déclaration… question de procédure… »

L'homme encagoulé acquiesça et sans dire un seul mot quitta la fenêtre pour se joindre aux autres représentants du ministère.

Hagrid, quant à lui, retint difficilement un sanglot mais hocha la tête pour montrer qu'il avait compris.

Le vieil homme s'éclaircit donc la gorge et commença la lecture du document :

- « Par décision de la commission d'examen des créatures magiques dangereuses, l'hippogriffe Buck, ci-après nommé le condamné, sera exécuté à la date du premier mai au coucher du soleil.

Après procès , il a été établit que l'entière responsabilité de l'incident survenu début septembre entre lui et le jeune Monsieur Malefoy, élève de troisième année au collège Poudlard, lui revenait. Par conséquent, la commission a décidé sa mise à mort par décapitation pour mise en danger de la vie d'un sorcier. La mise en œuvre de la sentence sera confiée à Monsieur Walen Macnair, bourreau désigné par la commission, en présence de Monsieur Cornelius Fudge, actuel ministre de la magie ; de Monsieur Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, président du Magenmagot et directeur du collège Poudlard, lieu où se tiendra l'exécution ; et de Monsi… »

TOC ! TOC ! TOC !

Avant que la lecture de l'ordre d'exécution ne soit terminée, quelqu'un frappa à la porte, interrompant l'employé du ministère.

Dumbledore, qui était le plus près de l'entrée, se retourna et ouvrit.

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Une trentaine de minutes plus tôt, dans le passage secret sous le saule cogneur, Severus, Sirius et Remus s'apprêtaient à sortir. Ils attendaient simplement que Pattenrond, qui était actuellement en train de se faufiler entre les racines de l'arbre, leur libère le passage.

Quand ce fut fait, Sirius et Remus s'éclipsèrent rapidement et gagnèrent la lisière de la forêt où ils se fondirent dans l'ombre des arbres.

- « Tu restes là d'accord mon cœur ? Tu es en sécurité ici… alors tu ne bouges pas de là tant que je ne suis pas revenu te chercher ! »

- « Oui papa… de toute façon, avec mon genou, je vois mal où je pourrais aller… j'arrive à peine à faire trois pas tout seul ! Et encore… ça me fait un mal de chien ! »

- « A tout de suite ! » fit Severus avant de l'embrasser sur la tête pour l'encourager à rester tranquille et de filer dans la direction que les deux autres hommes avaient suivie une minute plus tôt.

° reste tranquille…ne fait rien qui puisse te mettre en danger… même si les détraqueurs arrivent tu n'interviens pas… non mais tu rêves là papa ! Si tu crois que je resterais à me tourner les pouces si tu es attaqué… °

Une fois que Severus eut rejoint les deux anciens Gryffondors, ils avancèrent ensemble et silencieusement parmi les arbres, sans s'enfoncer plus profondément dans la forêt, puis, arrivés en vue de la cabane d'Hagrid et de Buck, ils se cachèrent derrière un gros chêne et attendirent, jetant de temps à autre un coup d'œil prudent en direction du château, guettant l'arrivée d'Albus et des membres du ministère.

Après une vingtaine de minutes de patience, ils les virent enfin s'approcher, traversant la vaste étendue d'herbe d'un pas tranquille, pour aller frapper à la porte du garde chasse.

Celui-ci leur sembla pâle et tremblant quand il apparu sur le seuil de sa maison pour laisser entrer les exécuteurs.

De là où ils se trouvaient, Severus et les deux anciens maraudeurs avaient une vue parfaite sur l'intérieur de la cabane et ils pouvaient même, grâce à la fenêtre que le propriétaire des lieux avait par chance laissée entrouverte, entendre le déroulement de la conversation.

Bonsoir Hagrid…

- « J'y vais ! » Chuchota Severus après que la porte se soit refermée. « Attendez le bon moment pour agir… surtout toi Black ! Sers-toi de ta tête pour une fois !... et surtout n'oubliez pas de vous incliner ! Ne faites pas comme ce petit crétin de Malefoy ! »

Après ces derniers 'chaleureux' conseils, Severus prit sa forme animagus et aidé par l'ombre et son pelage sombre, traversa le potager d'Hagrid puis longea la maison pour se retrouver du côté de l'entrée.

# C'était tout juste ! J'ai bien cru que cet abrutit de Macnair allait me voir ! #

Avant de reprendre son apparence normale, il se donna un léger coup de griffe sur la tête pour rouvrir la profonde entaille qu'il s'était fait en tombant lorsque Black sous sa forme canine lui avait sauté dessus. Il poussa un petit feulement plaintif puis reprit forme humaine, portant immédiatement une main à sa tête qui saignait à nouveau abondamment.

# Qu'est ce qui fut pas faire ! … Aïe ! … Black tu vas avoir une sacrée dette envers moi ! #

Essayant de paraître légèrement groggy et d'afficher un air un peu perdu, il frappa finalement à la porte qui s'ouvrit presque aussitôt.

- « Albus… » Fit Severus en s'avançant, légèrement chancelant, vers le directeur avant de prendre appui de l'épaule contre le chambranle de la porte. « … j'espérais bien vous trouver ici… »

- « Par Merlin Severus ! Mais que vous est-il arrivé ? » Demanda précipitamment Dumbledore en prenant son employé par le bras pour le guider jusqu'à une chaise.

- « Hagrid, donnez-moi un linge propre et de l'eau s'il vous plait ! »

Le garde-chasse obéit immédiatement, sans discuter, et amena au directeur une cuvette d'eau fraîche, qu'il avait rapidement été chercher dans le grand tonneau devant sa maison, et une serviette de la taille d'une nappe.

- « Voilà Monsieur… voulez-vous que j'appelle Madame Pomfresh ? »

- « Je crois que ce serait plus prudent, en effet. » approuva Dumbledore en déposant le linge humide sur la tête du directeur de Serpentard qui, avachi sur sa chaise, semblait au bord de l'évanouissement, mais qui, en réalité, était plus qu'attentif à ce qui se passait autour de lui. « Utilisez la poudre de cheminette, ça sera plus rapide ! »

- « C'est tout à fait inutile Monsieur le Directeur… »

# Ca c'est une bonne idée ! Je n'ai pas envie de me vider de mon sang juste pour sauver la peau de Black ! …Et en plus je commence à avoir mal à la tête ! #

- « … Je vous assure que je vais très bien ! » Protesta faussement Severus en bougonnant avant de se lever de sa chaise pour aussitôt retomber 'évanoui' sur le sol.

Il ne dut d'ailleurs qu'aux réflexes dignes d'un joueur de quidditch de Dumbledore de ne pas se fracasser réellement le crâne contre le foyer de la cheminée sur lequel il serait presque obligatoirement tombé si le directeur ne l'avait pas retenu dans sa chute en l'encerclant de ses bras pour le laisser glisser doucement contre lui jusqu'au sol.

- « Severus ? … Severus mon garçon vous m'entendez ? » … « Hagrid, installez-le sur votre lit s'il vous plait ! Et vous Cornelius, contactez Pompom ! Faites vite ! »

Snape, les yeux toujours fermement clos, sentit soudain deux bras puissant le soulever pour le déposer sur une surface à peine plus confortable que celle qu'il venait de quitter.

- « Je peux abréger ses souffrances si vous le souhaitez Dumbledore… » Proposa 'généreusement' Macnair en caressant du pouce le tranchant de sa hache.

# Toi n'essayes même pas de m'approcher ! #

- « Votre proposition viens du fond du cœur, j'en suis persuadé Macnair, mais ce ne sera pas nécessaire ! » Répliqua Albus d'un ton raide en s'asseyant à côté de son maître des potions pour lui appliquer de nouveau la serviette sur la tête.

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- « Je ne savais pas que Snivellus était un si bon acteur ! » pouffa discrètement Sirius alors que depuis sa cachette, il voyait le directeur guider le Serpentard 'au bord de l'inconscience' dans la cabane.

- « Il a quand même réussi à jouer le méchant mangemort sans cœur pendant des années je te signale ! »

- « Par ce que tu crois vraiment qu'il était de notre côté depuis le début ? » Questionna Black alors qu'à l'intérieur de la maison, Dumbledore commençait à éponger le sang qui coulait sur le visage de Severus. (Severus est bien blessé sur le côté de la tête mais comme il se tient avachi sur sa chaise, le sang dégouline sur son visage.)

- « Oui ! » répondit presque sèchement Remus.

- « Mais comment peux-tu être sûr que c'est vrai ? »

- « Par ce qu'il me l'a dit ! » trancha Remus. « Et si tu voyais de quelle façon il prend soin de Gaby, tu ne te poserais même pas la question ! »

- « Justement à ce propos… une fois que je serai réhabilité je… »

- « N'essaye même pas de les séparer Sirius ! Severus est son père maintenant alors ne te mêle pas de ça ! »

- « Mais… »

- « Maintenant tais-toi et viens ! » le coupa le lycanthrope. « C'est le moment où jamais ! »

Les deux hommes sortirent de leur cachette mais restèrent sous le couvert des arbres pour rejoindre l'endroit où était attaché Buck.

C'est inutile Monsieur le Directeur…

Une fois suffisamment proches de l'hippogriffe, ils s'incinèrent tous les deux profondément, sans quitter l'animal des yeux.

Buck s'agenouilla brièvement puis se releva.

Severus ? … Severus mon garçon vous m'entendez ? …

Remus s'employa alors à dénouer la corde qui retenait l'hippogriffe tandis que Sirius, lui, coinçait un morceau de parchemin bien en évidence dans un des nœuds de l'écorce.

- « Allez viens Buck ! » Murmura Remus. « Suis-nous !... On va te tirer de là… aller viens… »

Contactez Pompom …

Voyant que l'animal, les pattes avant bien plantées dans le sol ne semblait pas décidé à bouger, Sirius vint en aide à son ami et, à force de tirer sur la corde, l'hippogriffe consentît enfin à avancer en agitant ses ailes avec mauvaise humeur.

Ils commençaient à s'enfoncer dans les bois lorsqu'ils entendirent le bruit caractéristique d'une arrivée par cheminette.

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- « Vous m'avez demandé Albus ? » demanda Madame Pomfresh qui venait de sortir de la cheminée, sans lever les yeux de sa robe qu'elle était en train d'épousseter. « Que puis-je f… Par la barbe de Merlin ! Mais que lui est-il arrivé ? » Poursuivit-elle en s'avançant d'un pas vif vers le lit sur lequel Severus était allongé, 'inconscient'.

- « Aucune idée Pompom ! » répondit Albus en se levant pour laisser sa place à l'infirmière qui avait déjà sorti sa baguette pour lancer un sort de diagnostic sur le professeur blessé. « Il est arrivé ici la tête en sang et tout à coup, il s'est effondré ! »

Madame Pomfresh hocha la tête puis marmonna une formule.

- « Il a perdu une quantité non négligeable de sang mais sa vie n'est pas en danger. Il ne souffre d'aucune fracture, seulement une légère commotion… »

# Seulement ? … Seulement ! … BLACK ! Espèce de sac à puce ! Tu me le payeras, ça tu peux en être sûr ! #

- « … Il a le crâne solide, ne vous en faites pas ! … et je l'ai déjà vu dans un état pire que ça ! Pour cette fois, mis à part une belle cicatrice… »

# Génial ! Vraiment génial ! Comme si je n'en avais pas assez comme ça ! #

- « … et un bon mal de tête, il n'aura aucune séquelle. »

Après avoir rassuré le directeur, Pompom sortit une petite boite en bois de sa poche puis l'agrandit avant d'en sortir un baume cicatrisant qu'elle appliqua consciencieusement sur la plaie sanguinolente du maître de potion puis, utilisant quelques compresses qu'elle avait amené avec elle, elle termina d'enlever le liquide poisseux qui lui restait sur le visage et dans les cheveux.

- « Est-ce que vous êtes vraiment obligé de rester à côté de lui Albus ? » interrogea Fudge « Parce que je vous rappelle qu'on a une sentence à exécuter… pas que je ne me soucie pas de la santé de votre professeur de potion, même si ses antécédents… »

Voyant le regard dénué de tout pétillement que le directeur de Poudlard lui lançait, il ne termina pas sa phrase.

- « Et moi je vous rappelle que tous les occupants de ce château sont sous ma responsabilité Cornelius ! »

- « Heu… oui, bien sur… je n'ai pas dit le contraire Albus… je… mais Madame Pomfresh s'occupe de lui alors… »

C'est ce moment que choisit Severus pour se réveiller, n'ayant pas envie que son mal de tête s'aggrave en raison d'une dispute entre Dumbledore et le ministre. Ayant jugé qu'il avait de toute façon gardé la maisonnée occupée suffisamment longtemps pour permettre à Sirius et Remus de détacher Buck, il cligna doucement des paupières puis, les yeux entrouverts, tourna la tête vers l'infirmière qui était assise près de lui.

- « Il se réveille Albus ! » fit celle-ci à l'intension du directeur qui s'approcha aussitôt.

- « Severus vous m'entendez ? »

- « … »

- « Severus ? »

Choisissant de mimer un peu plus sa reprise de conscience, Severus émit un simple grognement avant de porter la main à sa tête en grimaçant.

- « Comment est-ce que vous vous sentez ? »

- « Ca va… » Grinça le Serpentard. « Seulement un léger mal de tête… »

- « Une grosse migraine donc ! » lança l'infirmière. « Tenez… » Ajouta t-elle en sortant une autre fiole de sa boite de secours « Avalez ça ! »

- « Merci Pompom ! » soupira sincèrement Severus.

Après avoir bu la potion, il laissa l'infirmière l'aider à se redresser puis se mit assis au bord du lit.

- « Vous rappelez-vous ce qui vous est arrivé Severus ? » demanda Dumbledore.

- « Oui… parfaitement bien même… » Répondit l'homme en noir. « C'est pour ça que je suis venu ici d'ailleurs !... Je me promenais au bord du lac quand j'ai entendu du bruit dans les buissons. Je me suis approché pour voir ce que c'était mais il ne s'agissait que d'un imbécile de chat. J'ai donc fait demi-tour mais alors que j'allais repartir, Sirius Black a jaillit de derrière un arbre et m'a frappé avec un espèce de gourdin. Il m'a assommé. … Je ne sais pas combien de temps je suis resté inconscient mais quand j'ai retrouvé mes esprits, il n'était plus là. »

- « Si… Sirius Black ?... Vous dites que Sirius Black était ici ? » Balbutia Fudge à la limite de la panique.

- « Oui Monsieur le ministre, c'est bien ce que j'ai dit ! »

- « Macnair ! Allez tout de suite prévenir les détraqueurs ! Dites leur de fouiller immédiatement le parc et la forêt ! »

- « Bien ! » Grogna celui-ci en se dirigeant vers la porte, sa hache toujours en main.

Le bourreau n'était pas sortit depuis dix secondes que les occupants de la maison entendirent un rugissement de rage suivit du bruit d'une hache qui s'abat.

Le ministre et le représentant de la commission se précipitèrent dehors, assez rapidement suivis par Albus et Pompom qui soutenaient légèrement le professeur de potion qui avait tenu à les accompagner.

- « Où est-il ? » demanda d'une voix chevrotante le vieil employé du ministère. « Où est l'hippogriffe ? »

- « Il était attaché ici ! » Vociféra Macnair avec fureur. « Je l'ai vu tout à l'heure ! Il était juste là ! »

Alors qu'Hagrid, ravi que l'animal se soit échappé, affichait un sourire jusqu'aux oreilles en répétant « Il est parti ! Mon petit Buck est parti ! » et que Macnair fouillait les environs des yeux, les autres s'approchèrent de l'arbre que ce dernier leur avait désigné un instant plus tôt.

- « Quelqu'un a forcement du le détacher ! » éructa le bourreau.

- « Qu'est ce que c'est Albus ? » demanda soudain Pompom en désignant le parchemin que Sirius avait laissé sur l'arbre quelques minutes auparavant.

- « Je ne sais pas… » Murmura celui-ci en lâchant Severus qui s'appuya un peu plus sur l'infirmière. « Ah ! … C'est pour vous Cornelius ! »

Fudge s'empara du petit rouleau de papier et le déroula.

Il le parcourut rapidement des yeux puis, l'air fou de rage, il le lut à haute voix :

- « Merci pour ce merveilleux moyen de transport Monsieur le ministre !

Je quitte l'Angleterre pour le moment mais je reviendrai, ne vous en faites pas !

Et ce jour là, j'aurai la preuve de mon innocence entre les mains !

Signé : Sirius Black ! »

- « Pourrais-je voir cette lettre ? » demanda poliment Dumbledore alors que Fudge froissait le parchemin d'une main crispée.

- « Oui, oui…Tenez ! » fit le ministre en lui tendant la note. « Nous n'avons pas de temps à perdre ! Il faut fouiller le… »

- « Cornelius, si Black a détaché Buck, je doute que ce soit pour partir à pied ! » dit calmement Dumbledore avant de poser les yeux sur la lettre.

Avant même d'en avoir lu un seul mot, il fronça les sourcils. Cette écriture là, il l'aurait reconnue entre mille ! … Et ce n'était pas celle de Sirius Black mais celle de Severus Snape !

Il jeta subrepticement un coup d'œil au directeur des Serpentards qui lui renvoya son regard accompagné d'un léger d'un mouvement de tête à peine perceptible qui suffit cependant à lui faire savoir qu'il avait vu juste.

Il lui fallait à présent savoir à quoi rimait toute cette mascarade.

-

- « Peut-être devriez-vous retourner rapidement au ministère Cornelius ! » suggéra Dumbledore. « Il serait préférable de faire renforcer la surveillance de nos frontières et de mettre en route les recherches internationales. »

- « Vous avez raison Albus ! J'y vais de ce pas ! Peut-être n'est-il pas trop tard ! » Répondit Fudge en prenant sans attendre le chemin de Pré-au-lard.

- « Cornelius ! »

Le ministre de la magie s'arrêta et se tourna vers le vieux sorcier.

- « Peut-être pourriez-vous également renvoyer les détraqueurs à Azkaban ?... Après tout, ils ne sont plus d'aucune utilité ici… et vous savez aussi bien que moi que beaucoup de parents se sont déjà plaints de leur présence à proximité du collège… »

- « Je m'en occupe de suite ! » approuva le ministre qui ne souhaitait pas se mettre des électeurs à dos. « Vous venez Messieurs ? » ajouta t-il en s'adressant à Macnair et au membre de la commission qui lui emboîtèrent aussitôt le pas.

- « Attendez-moi, je vais vous accompagner jusqu'au portail ! » fit Dumbledore en s'avançant à leur suite. « Severus, si vous vous sentez suffisamment en forme, peut-être pourriez-vous m'attendre dans mon bureau pour prendre une tasse de thé en ma compagnie ? »

- « Avec plaisir Albus ! »

- « Excellent !... A tout de suite dans ce cas ! » S'exclama le directeur en s'éloignant. « Pompom va vous accompagner… juste au cas où ! »

Sur ce, il prit la direction du village, suivit peu de temps après par Hagrid qui avait décidé d'aller fêter l'évasion de Buck chez Madame Rosemerta en buvant quelques pintes d'hydromel.

- « Vous pouvez me laisser Pompom. Je me sens très bien maintenant alors ce n'est p… »

- « Certainement pas ! Je vous accompagne jusqu'au bureau d'Albus ! Je ne voudrais pas que vous fassiez un malaise dans les escaliers et que vous vous rompiez le cou ! »

- « Je vous assure que ce ne sera pas nécessaire ! Je… »

- « Severus Angelus Snape ! Ce n'est même pas la peine de discuter ! » Lança l'infirmière en le regardant d'un air sévère, les mains sur les hanches en une attitude menaçante qu'elle adoptait face à tout patient récalcitrant.

- « Bon très bien… » Abdiqua Severus, n'ayant ni le courage ni l'envie de se battre avec la femme têtue face à lui. « Suivez-moi alors ! »

- « Je vois que vous êtes raisonnable pour une fois, c'est bi…mais où allez-vous Severus ?... Le château est dans l'autre direction ! »

- « Je vais chercher Gabriel ! »

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Madame Pomfresh suivit le professeur de potion jusqu'au saule cogneur et le vit ramasser une longue branche pour immobiliser l'arbre.

- « Severus mais … »

- « Maintenez le passage ouvert Pompom ! … Merci ! » Lança Severus avant de passer la tête dans le trou entre les racines de l'arbre.

- « Allez viens Gaby ! »

- « C'est toi papa ? … Tout c'est bien passé ? »

- « Simplement un petit imprévu… » Répondit Severus en aidant son fils à sortir.

-

- « … Bonsoir Madame Pomfresh… »

- « Gabriel…. » Le salua t-elle en retour. « Est-ce que vous pourriez m'expliquer ce qui se passe Severus ? » Fit l'infirmière en croisant les bras sévèrement alors que Severus prenait Harry dans ses bras, ne voulant pas qu'il fatigue sa jambe.

- « Gabriel s'est luxé le genou… » Expliqua Severus. « Je lui ai remis en place mais il a encore mal en marchant. »

- « Je ne parlais pas de ça Severus ! » marmonna l'infirmière en examinant le genou du Serdaigle. « … Faites lui un bandage pour maintenir l'articulation en place et mettez un peu de glace dessus pour limiter la douleur et l'inflammation… Et ne force pas pendant une semaine Gabriel ! » … « … Ce que je veux savoir » poursuivit l'infirmière en revenant au sujet de sa question, « c'est ce que Gabriel faisait là dedans et ce que vous mijotez !... Et n'espérez pas vous débarrasser de moi sous prétexte que ça ne me regarde pas ! »

- « Très bien… mais restez calme ! » soupira Severus avant de lancer son patronus en direction de la forêt.

Deux minutes plus tard Remus Lupin accompagné d'un gros chien noir sortir des arbres.

Pomfresh jeta au nouvel arrivant un regard à la fois intrigué et suspicieux mais se doutant qu'elle n'obtiendrait aucune réponse à ses questions maintenant, elle resta silencieuse, rongeant son frein, sachant très bien qu'en accompagnant les trois sorciers dans le bureau du directeur elle serait mise au courant de toute l'affaire. De toute façon, elle en savait déjà beaucoup trop pour que Dumbledore se contente de la remercier et de la renvoyer à son infirmerie.

-

Si en entrant dans son bureau Albus fut surpris d'y trouver autant de monde, il ne le montra pas le moins du monde, et, après avoir invoqué suffisamment de sièges pour que tous puissent s'asseoir, il alla lui-même s'installer tranquillement dans son confortable fauteuil derrière son imposant meuble de travail.

- « Alors ? » lança t-il en jetant un regard circulaire autour de lui. « Que signifie ceci ? » ajouta t-il en déposant la lettre écrite de la main de Severus devant lui.

Avant que celui-ci ou Lupin ne puisse répondre, Sirius Black, qui jusqu'à présent était resté aux pieds de Remus, s'avança vers le centre de la pièce et reprit sa forme normale… pour se retrouver dans l'instant avec la baguette de Pompom sous le nez.

- « Vous ne risquez absolument rien Pompom ! » fit immédiatement le lycanthrope « Ne vous inquiétez pas ! Nous allons tout vous expliquer mais si vous pouviez baisser votre b… »

- « Certainement pas ! » claqua l'infirmière d'un ton qui n'admettait aucune réplique. « Il n'est pas question que je le laisse plus longtemps dans un tel état d'épuisement et de maigreur ! Je suis même étonné qu'il tienne encore debout ! »

A peine eut-elle dit ça que, détournant sa baguette du fugitif, elle métamorphosa un des fauteuils du directeur en un divan sur lequel elle obligea Sirius à s'allonger sous le regard amusé des occupants de la pièce.

Alors qu'elle commençait à s'affairer autour de son patient, le directeur reprit la parole.

- « Et si vous profitiez que notre chère Pompom s'occupe de Monsieur Black pour me raconter toute l'histoire ? » proposa Albus en invoquant une théière et une grande assiette de petits gâteaux.

- « J'étais dans le parc avec Gabriel. » débuta Severus alors que le directeur sirotait sa tasse de thé. « Comme personne n'était autorisé à sortir aujourd'hui à cause de l'exécution, j'avais décidé que cela lui ferait du bien de prendre un peu de soleil donc pour une fois, de faire son entraînement sur les sortilèges informulés à l'extérieur. On travaillait sur les sortilèges de troisième année depuis un peu plus d'une heure quand quelque chose m'a sauté dessus. Je suis tombé et je me suis cogné la tête contre une pierre ou une racine… je ne suis pas sur. Quand j'ai repris connaissance, Lupin était penché au dessus de moi et Gabriel avait disparu. J'ai… je me suis inquiété… je ne savais pas où il était et sa baguette était par terre à côté de moi. C'est quand Remus m'a dit qu'il m'avait trouvé en se rendant au saule cogneur pour voir qui avait déclanché l'alarme qu'il avait posé sur le passage que j'ai compris que celui qui m'avait attaqué avait sans doute emmené Gabriel par là. On est donc descendu dans le souterrain pour suivre le kidnappeur et c'est seulement en le voyant dans la cabane hurlante que j'ai su que c'était Black qui m'avait attaqué.

Vous savez quel genre de … 'relation'…nous avions quand nous étions au collège… et comme en plus de cela, nous pensions depuis l'affaire Potter qu'il était un mangemort, j'ai pensé qu'il avait enlevé mon fils pour m'atteindre. Mais en fait… il pensait faire exactement le contraire. Il pensait avoir sauvé un étudiant des griffes d'un mangemort.

… Nous nous sommes disputé. Je vous passe les détails, Albus, ils n'ont aucune importance, mais finalement j'ai accepté, de même que Remus, d'écouter sa version de ce qui s'est passé en 81.

Vous vous doutez bien que je ne l'ai pas cru sur parole ! J'ai donc vérifié ses dires en pénétrant son esprit et… tout ce qu'il venait de nous expliquer se révéla exact. C'est Peter Pettigrow qui était le gardien du secret des Potter et c'est lui qui les a trahis pour Voldemort, pas Black. Ce fameux soir, après avoir constaté la mort de ses amis et avoir laissé le bébé avec Hagrid, il s'est lancé à la poursuite du traître mais celui-ci a réussi à s'échapper. »

- « Comment est-ce possible ? » demanda Pompom qui en avait terminé avec son malade, lequel s'était endormi. « Je veux dire… il y avait de nombreux témoins ce jour là qui ont assisté à la mort de Peter et … on a retrouvé un de ses doigts dans les décombres ! »

- « Il a provoqué une explosion et a profité de la panique et de la fumée pour se trancher lui-même un doigt avant de prendre la fuite par les égouts sous sa forme animagus… sous forme de rat. »

- « Voyons c'est impossible Severus ! Que Black ait réussi à devenir animagus je peux le concevoir, il a toujours été très doué, mais Pettigrow … »

- « Peut-être pouvez-vous nous en dire un peu plus sur ce sujet Remus ? » demanda Dumbledore en regardant le lycanthrope qui semblait légèrement mal à l'aise.

- « Hum… oui… » Fit Remus en se tordant les doigts. « Et bien …en fait… Sirius, Peter et… et James sont devenu animagus pendant notre cinquième année… C'est … c'est pour moi qu'ils l'ont fait… pour me tenir compagnie les soirs de pleine lune… Je suis vraiment désolé de ne jamais vous en avoir parlé Albus mais… »

- « Je ne vous en veux pas pour cela mon garçon… même s'il aurait été plus prudent de me l'avouer lorsque Sirius s'est évadé de prison… prison dans laquelle il n'aurait jamais du aller d'ailleurs… » Termina Dumbledore en soupirant.

- « Vous n'avez rien à vous reprocher Albus ! Vous ne pouviez pas … »

- « C'est moi qui ai confirmé au ministère qu'il était le gardien du secret des Potter, Remus ! C'est de ma faute si un innocent a été enfermé pendant douze ans à Azkaban ! … C'est lui que James m'avait dit avoir choisi, je ne savais pas qu'il avait changé d'avis… »

- « Une idée de Sirius apparemment… » Expliqua Lupin. « D'après ce qu'il nous a dit, c'est lui qui a suggéré ces changements à James pour brouiller les pistes. »

- « Et on peut dire que ça a été une réussite … »

Le vieux directeur resta un instant silencieux. Assis au fond de son fauteuil, le dos légèrement voûté et le menton reposant entre ses mains, il semblait pour une fois faire son age.

- « Et sa présence ici ? » reprit-il soudain, faisant presque sursauté Harry qui commençait à somnoler sur son fauteuil. « Est-ce qu'il a dit quelque chose à ce sujet ? »

- « Il est venu pour moi… » Murmura Remus alors que ses joues prenaient une légère couleur rosée. « Nous… hum… enfin… lui et moi étions ensemble avant que tout cela n'arrive alors… »

- « Vraiment ? » demanda Dumbledore en regardant le professeur d'un air surpris. « Et bien c'est… »

- « Surprenant ? » proposa Severus, ravi de voir que certaines choses pouvaient laisser Dumbledore sans voix.

- « Vu la réputation que le jeune Sirius avait durant ses études ici, je dois bien avouer que je ne m'attendais pas à cela ! »… « Et… et l'attaque sur la Grosse Dame ? »

- « Il était persuadé qu'Harry n'avait pu être qu'à Gryffondor alors il espérait rencontrer certains de ses amis pour en apprendre plus sur lui… pour avoir une idée de comment et où le retrouver. »

- « Je comprends… »

- « Et bien, tout ceci me semble très clair ! » Ajouta le directeur après quelques secondes de silence avant de se tourner vers l'infirmière. « Comment va-t-il Pompom ? »

- « Il est très loin d'être au mieux de sa forme Albus ! » Lui répondit celle-ci. « Les années de détention l'ont beaucoup affaiblit et les semaines qu'il a passé à se cacher depuis sa fuite n'ont pas vraiment arrangé les choses. Ses réserves magiques sont au plus bas… à se demander où il a trouvé la force de se transformer… il a de nombreuses petites plaies et écorchures dont certaines sont infectée et un vingtaine de kilos en plus ne lui feraient pas de mal ! Pour le moment je ne lui ai donné que quelques vitamines, une potion de gavage et une potion de sommeil mais à son réveil il aura droit à une ou deux potions de tonus ainsi qu'à un bon repas. … Et vous verrez qu'après un bon bain avec une lotion désinfectante… et un shampooing anti-puces, il sera déjà plus présentable. »

- « Mais est-ce qu'il va totalement s'en remettre ? » demanda Remus, inquiet.

- « Physiquement, oui. Avec du repos et une alimentation enrichie, d'ici quelques mois, il sera comme neuf ! Mais pour ce qui est du reste, je ne peux rien affirmer. Tout dépendra de l'impact qu'ont eu les détraqueurs sur lui durant toutes ces années. Je présume cependant qu'il aura des moments de déprime et des cauchemars. »

- « Pensez-vous que nous pouvons envoyer Monsieur Black dans un endroit sûr tout de suite Pompom ? Ou vaut-il mieux pour lui qu'il reste à Poudlard ? »

- « Je ne pense pas que le laisser seul soit une bonne idée Albus. Pas plus que de le laisser courir dans la nature à la recherche de son filleul ! Il serait plus prudent de le laisser rester avec son ancien compagnon pour lui permettre de retrouver ses repères !... Enfin… si Remus est d'accord, bien entendu… »

- « J'ai déjà passé douze ans loin de lui… » Murmura Remus en prenant la main de Sirius, qui était allongé à côté de lui, dans la sienne. « Il n'est pas question que nous soyons séparés une minutes de plus ! »

- « Tout est réglé alors ! Sirius restera dans vos appartements Remus. »… « Pompom, je vous laisserai les y accompagner ? » … « Cependant, il ne devra en sortir sous aucun prétexte ! J'expliquerai la situation aux autres professeurs donc il n'y aura rien à craindre d'eux, par contre, on ne peut pas prendre le risque qu'un élève le voit. »

Les trois autres adultes acquiescèrent.

- « Nous pouvons en rester là pour aujourd'hui je pense…. Un bonbon au citron Gabriel ? » Fit Albus, les yeux pétillants en ouvrant une boite de sucreries qui était posée sur son bureau.

- « Avec plaisir professeur ! » Répondit Harry avant de se lever précipitamment de sa chaise.

Il n'avait cependant pas fait un pas vers le directeur qu'il fut obligé de porter une main à son genou blessé, une vive douleur le traversant de part en part.

Il fut aussitôt attrapé par une paire de bras solides qui le soulevèrent du sol pour le réinstaller sur son siège.

- « Est-ce que ça te fait encore très mal ? » demanda Severus qui s'était agenouillé devant lui, les sourcils froncés.

Harry répondit d'un hochement de tête, les dents serrées.

- « Laissez-moi faire Severus. » intervint Pompom en pointant sa baguette sur l'articulation douloureuse d'Harry.

- « Alors ? »

- « Ce n'est rien. Juste une inflammation des ligaments… Mettez le au lit avec un pansement réfrigérant et donnez lui une infusion d'essence de murlaps, je n'en ai pas sur moi. Tout devrait rentrer dans l'ordre rapidement mais si demain cela ne va pas mieux, ramenez-le moi Severus ! »

- « Merci Pompom ! »

- « Merci madame Pomfresh ! »

- « Mais de rien voyons. Au fait Gabriel, comment t'es tu fait ça ? »

- « Je me suis coincé la jambe dans une racine du saule cogneur. » répondit Harry alors que son père l'avait déjà repris dans ses bras pour le ramener chez eux. « Quand monsieur Black m'a emmené j'ai vraiment eu très peur, je pensais qu'il voulais me faire du mal. Alors quand j'ai vu qu'il avait l'intension de m'entraîner dans ce tunnel, j'ai essayé de m'accrocher à ce que je pouvais. J'ai agrippé une racine avec mon pied mais mon genou n'a pas résisté. »

L'infirmière hocha la tête en signe de compréhension puis attendit qu'ils soient sortis pour se diriger à son tour vers les escaliers en compagnie de Remus, Sirius flottant derrière eux, toujours profondément endormi.

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Le lendemain matin, tous les journaux annonçaient que Sirius Black avait quitté l'Angleterre et que les détraqueurs avaient été renvoyés à leur poste.

A suivre...