Salut tout le monde ! Merci beaucoup pour vos reviews ! (1017 pour 38 chapitre, c'est plutôt pas mal, non ?)

Je suis vraiment désolée mais je n'ai pas eu le temps de faire des RaR. Mais ne vous en faites pas, vous trouverez beaucoup de réponses à vos questions dans ce chapitre.

Par contre, je ne sais pas quand je posterai le suivant. Je suis désolée mais je suis bloquée au chapitre 43. Du coup, je préfère attendre un peu avant de vous mettre le début de la troisième partie. J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop.

Mais en attendant...

BONNE LECTURE !


Chapitre 39 :

Révélation

Pendant que son père parcourait les couloirs de Poudlard au pas de course, Harry, pelotonné contre Remus qui avait continué à le bercer comme une mère l'aurait fait avec un petit enfant, s'était endormi… et s'était aussitôt retrouvé dans le cimetière.

-

Le lieu était exactement le même mais à présent, Voldemort et Queudver n'étaient plus seuls : une dizaine de personnes, vêtues de capes noires, le visage masqué par des cagoules, étaient avec eux, s'avançant lentement, tout en se massant le poignet gauche, pour venir former un cercle autour de Voldemort et de son serviteur. Tous semblaient avoir du mal à en croire leurs yeux.

Lorsqu'ils furent suffisamment près de Voldemort, ils se laissèrent tous tomber à genou, et, presque en rampant, ils se traînèrent les uns après les autres aux pieds de leur maître pour venir embrasser l'ourlet de sa robe avant de reprendre leur place dans le cercle.

A côté de Voldemort, prostré devant la tombe de Tom Jedusor, Queudver observait ses collègues arriver, son moignon sanglant toujours enveloppé dans un morceau d'étoffe.

Lorsque tous les mangemorts eurent regagné leur place, laissant dans le cercle des espaces vides comme s'ils attendaient d'autres arrivants, la voix de Voldemort s'éleva :

- « Soyez les bienvenus Mangemorts ! »

Il regarda un par un ses fidèles qui frissonnèrent sous son regard perçant.

- « Douze années ont passé depuis notre dernière rencontre… et pourtant… pourtant, vous avez répondu à mon appel comme si nous nous étions vu hier. … Mais êtes-vous bien sûr que votre place est ici ?... Etes vous bien sûr de le mériter ? »

Un nouveau frisson parcouru le cercle.

- « Je vous vois tous apparaître devant moi en parfaite santé et pourtant, pas un de vous n'a essayé de me retrouver ! … PAS UN !... Pour quelles raisons ? » Termina Voldemort d'une voix basse et pleine de menace.

- « … »

- « Je peux répondre moi-même à cette question : vous m'avez cru brisé… anéanti ! »

- « … »

- « Et qu'avez-vous fait alors ?... Vous avez plaidé l'innocence ! Vous vous êtes roulés aux pieds des amoureux des sangs-de-bourbes et des moldus ! »

Quelques uns osèrent un mouvement de tête en signe de négation mais aucun n'osa ouvertement protester ou le contredire.

- « Et pourtant… » Poursuivit Voldemort, « ne vous avais-je pas donné plus d'une fois la preuve de l'immensité de mes pouvoirs ? … Ne vous avais-je pas déjà dit, il y a bien longtemps, que j'avais pris des prédispositions pour me défier de la mort ?... Je suis déçu ! R E E L L E M E N T déçu ! »

L'un des sorciers masqués, entendant ces mots, se laissa à nouveau tomber aux pieds de Voldemort, implorant sa pitié :

- « Pardonnez-moi maître… pardonn… »

- « ENDOLORIS ! »

Le mangemort se tordit aussitôt de douleur, hurlant à s'en déchirer les cordes vocales, jusqu'à ce que son maître se décide à lever le sort.

- « Debout Avery ! » lança Voldemort d'une voix parfaitement calme à l'homme étendu à plat ventre devant lui. « Tu me demandes pardon ?... Sache que je ne pardonne pas ! Et que je n'oublie pas !... Il faudra que tu me rendes douze ans avant de pouvoir espérer mon pardon !... A moins que tu trouves un moyen de te faire pardonner plus vite !... N'est ce pas Queudver ? »

Il baissa alors les yeux vers Pettigrow, lequel se trouvait toujours prostré au sol.

- « Oui maître… » Gémit celui-ci.

- « Queudver faisait parti, jusqu'à présent, de mes espions. Aucun d'entre vous n'avais jamais vu son visage alors laissez-moi donc vous le présenter…Laissez-moi vous présenter celui qui, pour moi, a trahis ses amis et qui aujourd'hui m'a aidé à retrouver mon corps. » Continua Voldemort de sa voix froide. « Bien qu'il soit revenu à moi tardivement, il m'a aidé ! Et Lord Voldemort récompense toujours ceux qui l'aident ! »

Joignant le geste à la parole, le seigneur des ténèbres leva sa baguette et la fit tournoyer au dessus de sa tête, faisant apparaître une volute d'argent fondu. La substance tournoya quelques temps sur elle-même, prenant peu à peu la forme d'une main brillante puis, une fois totalement formée, alla se greffer sur le bras mutilé de Queudver.

Le petit sorcier cessa aussitôt de sangloter. Il leva sa toute nouvelle main et l'observa un long moment, pliant et dépliant ses doigts scintillants, puis, pour tester sa nouvelle force, il ramassa une brindille sur le sol et la réduisit en poussière.

Il remercia longuement son maître puis, sans quitter sa main des yeux, rejoignit enfin ses camarades dans le cercle.

Voldemort s'approcha alors de l'homme qui se trouvait à sa droite.

- « Lucius… mon cher Lucius… J'ai beaucoup entendu parler de toi. On m'a dit que même si tu montrais au monde un visage respectable, tu n'avais pas abandonné les anciennes pratiques… Est-ce bien vrai ? »

- « Oui maître. »

- « Dans ce cas, pourquoi n'as-tu pas, TOI, mon fidèle lieutenant, essayé de me retrouver ? »

- « Je me tenais prêt maître ! » répondit précipitamment Malefoy, ne souhaitant pas s'attirer le courroux de son maître. « J'aurais accouru au moindre signe de votre part, je… »

- « Il suffit ! Tes piètres excuses ne rachètent en rien ta faute ! » Siffla Voldemort avant de s'avancer vers l'espace vide qui séparait Lucius de son voisin de droite. « Se sont les Lestrange qui devraient se trouver ici ! Malheureusement, ils sont enfermés à Azkaban !... Et savez-vous pourquoi ? Parce que contrairement à vous tous, ils me sont restés fidèles ! EUX SEULS ont essayé de me retrouver !... »

Il continua sa revue des troupes, passant devant certains sans rien dire, leur lançant simplement un regard courroucé, puis s'arrêta devant la silhouette d'un homme de forte stature.

- « Crabbe !... Tu feras mieux cette fois-ci, n'est ce pas ? … Et toi aussi Goyle ! » Termina t-il en s'adressant à un autre mangemort situé à proximité.

- « Oui maître… pardonnez-nous maître… » Balbutièrent les deux hommes en s'inclinant profondément.

- « Même remarque pour toi Nott ! » fit encore Voldemort en passant devant une silhouette voûtée qui semblait vouloir se dissimuler dans l'ombre de Goyle.

- « O-oui m-maître …j-je serais v-votre plus fid… »

- « Ca ira comme ça ! »

Il poursuivit sa marche, atteignant un large espace qui brisait le cercle. Il le contempla un instant, pensif, puis sa voix glacée s'éleva :

- « Il manque ici sept mangemort : trois sont morts à mon service… un a été trop lâche et a vendu ses frères, il le payera… un autre, mon fidèle espion, est toujours à son poste et travail déjà pour moi… il sera rejoint sous peu par mon plus fidèle serviteur que j'ai pu, il y a quelques jours, libérer de ses chaînes.

Quant au dernier…ce traître de Severus… il ne pourra pas rester indéfiniment caché dans les robes du vieux fou !... Et le jour où je l'aurais sous la main, je vous jure qu'il apprendra ce qu'il en coûte de me trahir ! Et ce ne sera pas difficile de le débusquer ! … D'ailleurs, si tout marche comme prévu, il sera bientôt à mes pieds ! Mes fidèles serviteurs y travaillent ! »

Voldemort éclata alors d'un rire démoniaque, faisant frissonner de peur et d'impatience mêlées le cercle des mangemorts.

Voyant que son maître avait fini son inspection, Lucius osa un pas en avant et posa la question dont tous brûlaient d'entendre la réponse :

- « Maître… nous avons tous hâte de savoir…. Comment avez-vous fait ? Comment êtes-vous revenu parmi nous ? »

- « C'est une longue histoire… » Répondit Voldemort d'une voix nonchalante « Une histoire qui a commencé voilà près de douze ans et qui s'est terminée ici, ce soir. »

Il s'avança jusqu'à la tombe de son père, retrouvant ainsi sa place au centre de ses fidèles, et poursuivit :

- « Comme vous le savez, la nuit où j'ai perdu mes pouvoirs et mon corps, j'avais essayé de tuer Harry Potter. Je m'étais débarrassé sans problème de sa mère et de son père mais cette idiote de sang-de-bourbe, en voulant sauver son fils, lui a sans le savoir offert une protection que je n'avais pas prévu. Je reconnais que je ne m'attendais pas à ça… de l'ancienne magie… j'aurais du m'en souvenir… A cause de son sacrifice, le sort mortel que j'ai lancé sur le gamin cette nuit là a été dévié et s'est retourné contre moi ! Je me suis alors senti sortir de mon corps… comme si j'en avais été arraché… devenant un simple esprit… et pourtant, j'étais quand même vivant ! Les sortilèges et les divers potions de magie noire que j'avais utilisé jusqu'alors avaient prouvé leur efficacité : j'avais vaincu la mort ! Je n'avais pas été tué alors que le sort qui m'avait touché, même atténué, était mortel, mais je me suis quand même retrouvé totalement dépourvu de forces et incapable d'agir seul. Alors je me suis réfugié en Albanie, dans la forêt, et j'ai attendu… EN VAIN ! PUISQUE AUCUN DE VOUS N'EST VENU ! »

Un nouveau frisson agita les mangemorts qui choisirent cependant, pour plus de sûreté, de rester silencieux.

- « Il me restait un seul pouvoir : celui de prendre possession du corps des autres. » reprit Voldemort une fois qu'il fut calmé. « Mais je me doutais que les aurors devaient toujours être à ma recherche… je ne pouvais donc pas sortir de ma cachette. J'utilisais néanmoins de temps à autre le corps de certains animaux mais ils ne m'étaient pas d'une grande aide, d'autant plus que ma présence en eux abrégeait leur vie.

Puis, il y a trois ans, j'ai cru avoir trouvé le moyen de revenir. Je suis tombé sur un jeune sorcier avide d'aventure qui, par le plus grand des hasards, était professeur à Poudlard. Je l'ai facilement convaincu de me ramener ici puis, après quelques temps, j'ai pis possession de son corps. Mais encore une fois, Potter s'est mis en travers de ma route en m'empêchant cette fois-ci de m'emparer de la pierre philosophale,… m'empêchant d'atteindre l'immortalité !

Mon serviteur est mort quand j'ai quitté son corps et moi, je me suis retrouvé aussi faible qu'avant.

Cependant, mon passage à Poudlard m'a quand même été bénéfique puisqu'il a permis à ce cher Queudver de retrouver ma trace.

Caché sous sa forme de rat, il a entendu Potter et ses stupides amis Gryffondor parler de moi et, comprenant que j'étais encore en vie quelque part, il a cessé de jouer son rôle d'animal de compagnie et est parti à ma recherche. Il m'a cherché durant des semaines, aidé par ses amis les rats, puis un jour, il a entendu parler d'une étrange créature cachée au fond d'une sombre forêt… une ombre noire qui prenait possession du corps de petits animaux…

Il s'est donc rendu en Albanie et a fini par me retrouver.

Nous sommes resté là bas encore quelques temps, le temps pour Queudver de pouvoir en suivant mes instructions à la lettre, et malgré ses capacités plus que médiocres, me rendre un corps rudimentaire.

Cette nouvelle enveloppe était faible mais suffisante pour que je l'habite en attendant ma véritable renaissance. Je devais simplement prendre trois à quatre fois par jour une potion à base de venin de serpent et de sang de licorne pour me maintenir en vie le temps nécessaire.

Je savais que pour retrouver mon ancien corps et mon ancienne force, il me fallait utiliser une potion de magie noire traditionnelle peu connue, mais suffisamment simple pour que Queudver puisse la réaliser. Le seul problème étant qu'elle nécessitait trois puissants ingrédients. Le premier, je l'avais déjà à portée de la main… n'est ce pas Queudver ?... la chair du serviteur… Mais pour les deux autres, il me fallait revenir en Angleterre !... Du moins, c'est ce que je croyais…

Avant notre noyage de retour, Queudver avait décidé de faire quelques provisions et s'était donc rendu au village le plus proche pour voler un peu de nourriture à l'auberge. Seulement voilà, cet imbécile s'est fait prendre ! Et par qui ? … Bertha Jorkins ! Une sorcière travaillant pour le ministère de la magie britannique !

Cette rencontre aurait pu marquer la fin de Queudver et de mon dernier espoir de régénération mais, faisant pour une fois preuve d'un peu d'intelligence, il a réussi à la neutraliser … puis à me l'amener ! J'avais à présent mon deuxième ingrédient sous la main : le sang de l'ennemi !

Bien sûr, j'aurais préféré Potter… mais puisqu'il a décidé de disparaître, j'ai dû me contenter de celui-là…

Par ailleurs, j'ai profité d'avoir une employée du ministère sous la main pour l'interroger… et figurez-vous qu'avec un peu de 'persuasion', elle est devenue une véritable mine d'informations !... Elle m'a notamment appris qu'elle avait accidentellement rencontré un de mes fidèles mangemorts et que celui-ci serait très heureux de revenir à mes côtés si je parvenais à le libérer de… »

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Ministère de la magie

Bureau du ministre

Quelques minutes après la rencontre entre Severus et Dumbledore

- « Albus ! Que me faut l'honneur d'une visite aussi tardive ? » S'exclama joyeusement Fudge en sautant prestement sur ses pieds pour aller accueillir d'une poignée de main le sorcier qui venait de faire irruption dans son bureau.

- « Je … »

- « Mais entrez, voyons, … entrez… » Poursuivit-il en le guidant à l'intérieur de la pièce. « Et prenez un siège, je vous en prie… »

- « L'heure est grave, Cornélius ! » fit Dumbledore en s'installant dans le fauteuil que le ministre lui désignait.

- « Allons, allons, mon cher, … » rigola Fudge en se dirigeant vers un petit meuble situé au fond de la pièce. « Ne soyez donc pas si excessif ! … Du thé ? … Je suis sûr… Cinq sucres, c'est bien cela ?... Je suis sûr que comme d'habitude, vous vous inquiétez pour rien et qu… »

- « Voldemort est revenu ! » annonça d'une voix ferme le directeur de Poudlard.

Choqué, le ministre laissa tomber les deux tasses qu'il tenait dans les mains.

- « V…V-vous-savez-qui… est … est revenu ? » finit-il par balbutier, les yeux écarquillés, toute trace de bonne humeur ayant déserté son visage. « Allons Dumbledore… c'est impossible, ridicule… »

- « La marque de Severus a complètement réapparu il y a quelques minutes ! »

- « Voyons Dumbledore, ce n'est pas une preuve ! » dit Fudge en s'installant dans son fauteuil sans plus penser à servir quoi que ce soit à boire à son vis-à-vis. « Vous ne pouvez pas croire que Vous-savez-qui est de retour simplement parce qu'un mangem… »

- « Severus n'a jamais réellement été un mangemort Cornélius ! » le corrigea Dumbledore, agacé.

- « Peu importe… » Fit Fudge avec un geste négligeant de la main. « Il n'empêche que la simple parole d'un… d'une personne comme lui ne suff… »

- « Ecoutez-moi bien Cornélius ! » commença Dumbledore en se redressant sur son siège, avant de poursuivre d'une voix glaciale. « J'ai une confiance absolue en Severus ! A B S O L U E ! »

- « Peut-être bien m… »

- « Et j'ai vu sa marque de mes propres yeux ! Elle était aussi noire que quand Vold… »

- « Pardonnez-moi Dumbledore mais cela ne constitue pas une preuve tangible ! Il peut y avoir toutes sortes de raisons qui font qu… »

- « Citez-moi en une ! »

- « … »

- « Voldemort est revenu, Cornélius ! » Répéta Dumbledore « Si vous acceptez ce fait tel qu'il est et si vous prenez les mesures nécessaire, nous avons encore une chance de sauver la situation ! »

- « Si je mets de nouvelles mesures de protection en place, et si j'annonce son 'possible' retour, ça va créer un mouvement de panique qui va déstabiliser tout ce que nous avons construit au cours des douze dernières années ! »

- « Et le prix de l'inaction serait encore plus élevé ! Ces mesures sont indispensables, Cornélius ! Et la première chose à faire, c'est de retirer aux détraqueurs le contrôle de la prison d'Azkaban ! »

- « Mais vous êtes fou, Dumbledore ! » s'écria Fudge en se levant, les deux mains posées à plat sur son bureau. « Enlever les détraqueurs ?! … Je serais démis de mes fonctions dans l'heure si je faisais une telle proposition ! La plupart des habitants de ce pays n'arrivent à bien dormir que parce qu'ils savent que les détraqueurs montent la garde à Azkaban ! »

- « Et moi je dors beaucoup moins bien depuis que vous avez confié la surveillance des plus dangereux partisans de Voldemort à des créatures qui se rangeront à ses côtés dès qu'il le demandera ! » répliqua aussitôt Dumbledore. « Et lorsque les détraqueurs et ses anciens partisans l'auront rejoints, vous aurez du mal à l'empêcher de retrouver toute sa puissance ! »

- « Même s'il devait revenir, … rien ne dit que les détraqueurs décideraient de se joindre à lui ! »

- « Ils ne vous resteront pas fidèles, Cornélius ! Voldemort a beaucoup mieux à leur offrir qu'une poignée de prisonniers pour satisfaire les désirs et exercer leurs pouvoirs ! »

Dumbledore laissa le silence s'installer quelques instants, souhaitant laisser à Fudge le temps de méditer sur la question, et poursuivit :

- « La seconde chose à faire est d'annuler la coupe du monde de quidd… »

- « FOLIE ! »

- « … d'annuler la coupe du monde de quidditch et le tournoi des trois sorciers ! » Poursuivit Dumbledore sans tenir compte de l'intervention du ministre.

- « Je ne peux pas annuler deux évènements de cette ampleur sur de simples suppositions ! Ce serait la fin de ma carrière Dumbledore ! »

- « Vous êtes aveuglé par l'amour de votre fonction Cornélius ! » Fulmina Dumbledore. « Vous ne vous inquiétez même pas de la sécurité des sorciers qui seront présents à ces compétitions ! »

- « Nous avons mis en place un service de sécurité à toute épreuve pour la coupe du monde ! » protesta Fudge « Quant au tournoi des trois sorciers, il se déroulera à Poudlard, alors je ne vois pas ce qui pourrait arriver ! Je ne crois pas avoir besoin de vous rappeler que même au temps de sa grandeur, Vous-savez-qui n'a jamais osé s'y attaquer ! C'est un des endroits les plus sûrs du pays ! Alors non Dumbledore ! …Non… rien ne sera annulé ! »

- « Reportez-les au moins de quelques mois dans ce cas ! Laissez le temps aux organisateurs de revoir la sécurité à la hausse ! »

- « … »

- « Ne vous obstinez pas à fermer les yeux !... Prenez les mesures qui s'imposent ou j'agirai comme je le jugerai bon ! »

- « Maintenant ça suffit Dumbledore ! » s'insurgea Fudge en pointant un index accusateur sous le nez du directeur de Poudlard. « A ce que je sache, c'est encore moi le ministre de la magie ! Pas vous !... Je vous ai souvent laissé intervenir dans les affaires du ministère mais cette fois-ci, s'en est trop ! … Vous voulez que je prenne des mesures ? Que j'augmente la sécurité ?... Très bien : C'est ce que je vais faire ! »

Fudge sortit une plume à papotte d'un des tiroirs de son bureau et la plaça sur un parchemin vierge avant de poursuivre :

- « Moi, Cornélius Oswald Fudge, actuel ministre de la magie britannique, prend en ce jour les décisions suivantes :

Premièrement, arrêt des recherches visant à retrouver Harry James Pott… »

- « Comment ? » s'alarma Dumbledore. « Mais ça n'a rien à voir av… »

- « Depuis près de deux ans, la moitié des aurors du pays sont mobilisés pour retrouver la trace de ce garçon. Et jusqu'ici, ça n'a rien donné ! Pas le moindre indice ! Je les relève donc tous de cette enquête ! »

- « Cornélius, vous ne pouvez pas… »

- « Dumbledore laissez-moi finir ! »… « Deuxièmement, je poste tous les aurors relevés de cette tâche au renforcement du service de sécurité de la coupe du monde de quidditch puis du tournoi des trois sorciers qui se dérouleront tous deux comme il était prévu. »

Il stoppa un instant la plume et lança à Dumbledore :

- « Vous voyez Albus, contrairement à ce que vous prétendez, je me préoccupe de la santé de mes… »

- « Vous devez coûte que coûte continuer à rechercher Harr… »

- « J'avais beaucoup de respect pour vous Dumbledore… » Poursuivit Fudge sans même écouter le ton presque suppliant de son interlocuteur. « Même si je n'ai pas toujours été d'accord avec vos décisions, je n'ai jamais rien dit ! Mais cette fois-ci, ça suffit ! Je vous ai laissé la bride sur le cou suffisamment longtemps ! Il est temps à présent que je reprenne les rênes !

… Ce qui nous amène au troisième point : il n'est plus question que vous gardiez un loup-garou ou un demi-géant comme professeur ou que vous fixiez à votre guise l'entièreté du programme scolaire sans en référer au ministère ! »

- « Cela ne… »

- « Vous voulez mettre votre nez dans mes affaire ? Et bien je vais mettre le mien dans les vôtres Dumbledore ! »

Puis, laissant la plume à papotte reprendre son travail, il poursuivit :

- « Troisièmement : dès le premier septembre, une employée du ministre sera présente à Poudlard pour inspecter la conformité des enseignements dispensés. Et en raison du renvoi de Remus Lupin et Rubeus Hagrid, j'ordonne à Albus Dumbledore de trouver un autre professeur de soins aux créatures magiques et de défense contre les forces du mal ! Si aucun professeur compétant n'est trouvé pour les remplacer, le ministère s'en chargera. »… « Vous pouvez garder ce Hagrid comme garde chasse si ça vous fait plaisir, mais je ne veux plus voir Lupin dans l'école sans quoi je le ferais arrêter ! J'espère que c'est clair ? »

- « Mettez qui vous voulez au poste de professeur si ça vous amuse Cornélius » dit Dumbledore alors que Fudge signait la déclaration qu'il venait de dicter. « Mais je vous en conjure, ne faites pas stopper les rechercher pour retrouver Harry ! Cet enfant est… »

- « Mort ! » coupa Fudge d'une voix vide de toute émotion, choquant le vieux directeur. « C'est regrettable mais c'est comme ça ! » poursuivit-il en se dirigeant vers la porte de son bureau qu'il ouvrit en grand. « Sur ce, je ne vous retiens pas Dumbledore ! »

Albus, comprenant que l'entretien était bel et bien terminé et que toute autre discussion ne servirait qu'à braquer encore un peu plus le ministre, poussa un long soupire résigné puis se leva.

- « Greffier ! » entendit-il alors qu'il s'éloignait dans le couloir, « Veuillez faire publier et exécuter ceci au plus tôt ! »

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Lorsque, après avoir montré sa marque nouvellement réveillée à Dumbledore, Severus revint chez lui, il trouva le salon vide. Il n'eut cependant pas le temps de s'inquiéter pour son fils puisque, presque aussitôt, il entendit la voix de Lupin.

De là où il se trouvait, il ne pouvait discerner qu'un murmure, mais lorsqu'il passa la tête par la porte entrouverte de la chambre de Gaby, il se rendit compte qu'en réalité, Remus chantonnait…

-

Le lycanthrope, voyant que Gaby s'était endormi dans ses bras, s'était en effet levé, les jambes encore légèrement vacillantes, et l'avait porté jusqu'à son lit. Puis, lui ayant retiré ses chaussures, il l'avait recouvert de son doux couvre-lit blanc avant de le border et de s'asseoir à ses côtés.

Après ça, le dos appuyé contre la tête du lit, il s'était mis à fredonner de vieilles comptines que sa mère avait l'habitude de lui chanter quand il était petit et qu'il avait peur.

Caressant tendrement les cheveux d'un Harry à présent profondément endormi, il avait ensuite enchaîné sur une berceuse qu'il avait entendu à de nombreuses reprises lorsque Lily chantait pour son fils.

-

Tu peux dormir, le vent nous veille

Le vent qui va, qui vient dehors

Son nid bercé l'hippogriffe sommeille

Le sombral dort, ne craint pas le sort.

Dans la maison où tu sommeilles

Un vieux balai plein de merveilles

Rêve qu'il vole quand il dort

Le vent est fort

Dort…

Tu peux dormir, maman te veille

Au bout du champ, un rat s'endort

La nuit sort plus jeune et plus vieille

Le cerf pour toi est brave et fort.

Le train passe, le hibou veille

Quelque grand chien se promène

Et le loup reste aux abords

Dort…

Tu peux dormir, le temps nous veille

Une heure, un siècle, une heure encore

Chaque seconde a sa pareille

Ton rêve est l'envers du décor.

Tu peux rêver, Fleur de Lys veille,

Le miel du temps cherche une abeille

Au fond du bois la licorne s'endort

Il neige dehors

Dort.

-

- « Remus ? »

Lupin sursauta légèrement, n'ayant pas remarqué que Severus était rentré.

- « Tu es déjà de retour ? » demanda t-il inutilement en se levant du lit le plus précautionneusement possible pour rejoindre son ami.

- « Dumbledore voulait informer Fudge au plus vite. » justifia rapidement le maître des potions en posant un regard à la fois inquiet et attendri sur son fils. « Comment va-t-il ? »

- « Bien… » Chuchota Lupin en sortant de la pièce après avoir jeté un dernier coup d'œil à l'endormi en refermant la porte derrière lui. « Enfin… je pense… Il s'est rendormi presque tout de suite. »

- « Il n'a pas… »

Toc Toc Toc

Interrompu, Severus traversa le salon pour ouvrir le tableau et tomba sur un Albus Dumbledore au visage assombri. Il n'avait pas son habituel sourire bienveillant et ses yeux ne pétillaient pas de malice derrière ses lunettes en demi-lune.

- « Albus ? » demanda aussitôt Severus, inquiet. « Que se passe t-il ? »

- « Il se passe que cet imbécile de Fudge n'a rien voulu entendre ! Voilà ce qui se passe !... Il n'a pas cru un seul mot de ce que je lui ai dit ! »

- « Quoi ?! » Firent d'une même voix Remus et Severus.

- « Vous lui avez parlé du retour de la marque des té… »

- « D'après lui, ce n'est pas une preuve suffisante ! »

- « Mais c'est … vous voulez vraiment dire qu'il ne croit pas au retour de Voldemort ? Que… qu'il n'a pas mis les aurors en alerte ? … Qu'il n'a pris aucune mesure ou… »

- « Oh si ! Pour avoir pris des mesures… ça, il en a pris ! » Fulmina Dumbledore. « Mais pour le moment le temps presse ! Je vous parlerai de ça plus tard. »

Dumbledore marmonna quelques mots ressemblant fort à des insultes dans sa barbe puis se tourna à nouveau vers les deux sorciers.

- « L'attitude de Fudge change tout ! Nous devons réunir l'ordre sans perdre un instant. »… « Remus, prévenez Sirius immédiatement… et surtout, faites en sorte qu'il ne se moque pas pendant une éternité de votre nouvelle apparence ! »

Remus rougit légèrement, ayant depuis les hurlements de douleur d'Harry totalement oublié ses 'nouveaux atouts'.

- « Il faut prévenir les autres dès cette nuit ! Commencez par les anciens : Arabella Figgs, Maugrey Fol Oeil, Mondingus Fletcher, etcetera… et passez aussi chez les Weasley ! Oh !… et quand vous verrez Alastor, dites lui de me rejoindre dans mon bureau demain à la première heure ! Pour tous les autres, rendez-vous à quinze heures - On se servira de mon bureau en attendant de trouver un endroit plus sûr… »

- « Entendu Albus ! »

- « Et demandez à Sirius de vous aider à contacter tout le monde ! » termina Dumbledore alors que Remus se dirigeait vers la sortie. « Et ne vous en faites pas pour lui, ils sont tous au courant de son innocence ! »

Remus lui répondit d'un signe de tête et un instant plus tard, disparaissait dans le couloir, courant en direction de ses appartements.

- « Et maintenant Albus, si vous me disiez ce qu'a dit Fudge pour vous mettre dans un état pareille ? » fit Severus dès qu'il fut seul avec le vieil homme. « Vous n'allez quand même pas me faire croire que se sont ses 'mesures' inutiles qui… »

- « Cornélius a donné l'ordre de stopper les recherches pour retrouver Harry… » Soupira Dumbledore en se laissant tomber sur le fauteuil qui se tenait derrière lui. « D'après Monsieur Le Ministre… » Continua t-il d'un ton amère, « puisqu'il n'a donné aucun signe de vie en bientôt deux ans de recherches, c'est qu'il est sans doute mort. Donc… il a relevé tous les aurors qui étaient à sa recherche pour les placer à des postes d'agents de sécurité à la coupe du monde et au tournoi. »

- « Il ne les a pas annulé ? » s'étonna Severus.

- « Bien sûr que non… » Marmonna Albus. « Puisque 'Vous-savez-qui' n'est pas de retour, il n'y a aucun danger… rien à craindre… »

- « L'imbécile ! » grogna Severus avant de poursuivre d'une voix plus douce, ayant remarqué l'air affligé de son supérieur lorsque celui-ci avait mentionné le 'décès' d'Harry Potter. « Albus ? … Pourquoi vous intéressez-vous tant à ce qu'il a pu advenir de Potter ? Je conviens qu'il est tragique qu'il ait disparu de cette façon mais ce n'est sans doute pas le seul enfant à … »

- « Harry n'est pas un enfant comme les autres ! » grommela Dumbledore en se renfrognant encore un peu plus.

- « Mais enfin Albus, qu'a-t-il donc de si spécial ? Je l'ai eu en tant qu'élève et je ne lui ai rien trouvé d'exceptionnel ! D'ailleurs ses résultats aux examens de fin d'année le prouvent ; si je me souviens bien, il était tout juste dans la moyenne… C'est vrai qu'il a eu la chance de survivre à Voldemort quand il était bébé mais comme je viens de le dire, c'était de la chance ! Mis à part cet 'exploit', il n'était rien d'autre qu'un étudiant médiocre parmi beaucoup d'aut… »

- « NON ! Harry était … est bien plus que ça ! »

- « Vraiment ? » lança Severus d'un ton légèrement méprisant en se traitant lui-même de menteur. « Et bien je ne vois pas en quoi ! … Je veux bien, à la rigueur, lui reconnaître un petit talent au quidditch mais pour le reste, que ce soit en potion ou dans les autres disciplines, il… »

- « Quand vous étiez mangemort, avez-vous entendu parlé d'une prophétie ? » l'interrompit Dumbledore, ne supportant plus de l'entendre déprécier ainsi le jeune garçon. « Une prophétie qui aurait été rapportée à Voldemort environ un an et demi avant sa disparition ? »

- « Vaguement… » Répondit Severus après un instant de réflexion. « Le seigneur des ténèbres a toujours refusé de nous en révéler le contenu mais je sais qu'il a fait de nombreuses recherches à ce sujet. … Et puisque vous m'en parlez maintenant, je suppose qu'elle avait un rapport avec Potter ? »

- « Pas exactement… au départ en tout cas. Quand elle a été faite, cette prophétie ne désignait personne en particulier. »

- « Comment le savez-vous ? »

- « Je l'ai entendue. C'est à moi qu'elle a été faite… J'étais en entretien avec une jeune femme qui se disait voyante et qui cherchait un emploi de professeur de divi… »

- « Attendez Albus !... C'est Trelawney ? C'est cette espèce de folle… cette mystificatrice qui a fait cette prophétie ? … Mais enfin ! Comment avez-vous pu croire un seul mot de ce qu'elle vous a dit ! »

- « L'important ce n'est pas que moi j'y ai cru ou non, Severus. L'important c'est que Voldemort y ait cru ! D'ailleurs si personne ne lui avait rapporté son contenu, il est fort probable que cette prophétie ne ce serait jamais réalisée… Même si pour une fois, Sibylle était réellement en transe… »

- « Et que dit-elle cette prophétie ? »

- « Celui qui a le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres approche… Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois… et le seigneur des ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le seigneur des ténèbres ignore… et l'un d'eux devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit… celui qui a le pouvoir de vaincre le seigneur des ténèbres sera né lorsque mourra le septième mois… »

Pensif, Severus s'installa à son tour dans un fauteuil, et, le menton entre les mains, réfléchit à ce qu'il venait d'entendre.

- « L'espion n'a eu connaissance que du début. « Poursuivit Dumbledore. « Le gérant de la tête de sanglier où je recevais Sibylle l'a surpris alors qu'il écoutait derrière la porte et l'a mis dehors. Tout ce que Voldemort a donc appris, c'est la naissance fin juillet d'un enfant dont les parents se seraient par trois fois mesurés à lui et que cet enfant pourrait causer sa perte. Evidement, il en a rapidement déduit que les parents de l'enfant devaient faire parti de l'ordre du phénix….et comme il pensait qu'il serait plus facile de se débarrasser d'un bébé que d'attendre que l'enfant en question soit suffisamment âgé pour l'affronter, il s'est aussitôt mis à leur recherche.

Il n'a pas mis bien longtemps à découvrir que seuls deux garçons correspondaient à ces critères : Harry Potter et Neville Londubat !... et étrangement, alors que tous auraient pu penser qu'il allait porter son choix sur Neville, un sang-pur, il a choisi Harry, un sang-mêlé, comme lui. Peut-être s'est-il un peu reconnu en lui ? … Peut-être était-il 'jaloux' que lui ait une famille alors qu'il avait passé son enfance dans un orphelinat … je ne sais pas… En tout cas, il a rapidement focalisé ses recherches sur les Potter et a demandé à tous ses serviteurs de… »

- « Alors c'est pour ça que ça vous préoccupe tellement… » Gronda soudain Severus d'une voix sourde en redressant la tête pour plonger son regard dans celui de Dumbledore, un vague air de dégoût flottant sur ses lèvres.

- « Pardon ? » fit Dumbledore, décontenancé, ne comprenant pas ce que l'autre sorcier voulait dire, n'ayant pas remarqué que celui-ci n'avait pas suivi le moindre mot de ses dernières explications, s'étant arrêté à la prophétie.

- « C'est pour ça que vous voulez tellement retrouver Harry ! » poursuivit Severus en haussant le ton, une colère sans précédant s'infiltrant peu à peu dans ses veines au point qu'il ne se rendit même pas compte que, contrairement à son habitude, il avait appelé 'Potter' par son prénom. « Je pensais que vous vous inquiétiez pour lui… que vous vouliez savoir ce qui lui ait arrivé… que vous vouliez comprendre pourquoi et comment il a disparu… je pensais que vous vouliez l'aider… Mais en réalité, vous vous fichez TOTALEMENT de ce qu'il a pu endurer ! VOUS VOUS FICHEZ DE CE QU'IL A VECU … DE CE QU'IL VIT ! VOUS AVEZ SIMPLEMENT BESOIN DE LUI POUR TUER VOLDEMORT ! TOUT CE QUE VOUS VOULEZ, C'EST RETROUVER VOTRE ARME ! » Hurla Severus en se levant brusquement de son siège alors que tout ce qui était en verre dans la pièce explosait, preuve que sa colère était devenue incontrôlable.

- « Je vous interdit de dire une chose pareille, Severus ! Comment pouvez-vous penser ça de moi ? Comment pouvez-vous croire que je… »

Effondré, Dumbledore s'affaissa dans son fauteuil et laissa couler le long de son visage ridé une larme qui alla se perdre dans sa barbe.

- « Harry est tout ce qui me reste, Severus…il est tout ce qui me reste… » Fit-il encore dans un murmure à peine audible en levant les yeux vers son employé qui était toujours debout face à lui et qui n'avait pas décoléré le moins du monde.

- « Qu'est ce que vous voulez dire ? » lança suspicieusement celui-ci en fronçant les sourcils.

- « Il …Harry… Harry est mon… mon arrière petit-fils… »

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- « …TUER VOLDEMORT ! TOUT CE QUE VOUS VOULEZ C'EST RETROUVER VOTRE ARME ! »

La voix de Severus, pleine de rage, réveilla Harry en sursaut.

Il resta une ou deux secondes hébété, se demandant comment il avait atterrit dans son lit puis, se rappelant soudain de la menace que Voldemort avait proféré contre son père, il se leva précipitamment et, sans perdre le temps d'enfiler ses pantoufles ou de remettre un peu d'ordre dans sa tenue, il se précipita vers la porte.

Il s'apprêtait à l'ouvrir quand, à travers le panneau de bois, lui parvint la voix légèrement assourdie de Dumbledore.

- « … Harry est mon… mon arrière petit-fils… »

Pour Harry, se fut comme si quelqu'un venait de lui planter un poignard en plein cœur : son grand-père… son grand-père était encore en vie !

…Ca signifiait alors qu'à la mort de ses parents, il n'avait pas voulu de lui !

… Albus Dumbledore, l'homme qui prenait chaque année sous son aile des dizaines d'enfants… l'homme qui s'était pendant deux ans occupé de Gabriel Snape comme s'il avait été de sa famille, lui offrant des cadeaux et le félicitant… cet homme qui avait été si gentil avec lui depuis son arrivée à Poudlard… cet homme n'avait pas voulu de lui ; de son 'vrai lui' !

... Cet homme l'avait laissé avec les Dursley ! … Il ne l'aimait pas !

… peut-être était-il même heureux de la façon dont ils l'avaient traité pendant toutes ces années…

… Peut-être que c'était lui qui avait demandé aux Dursley de le traiter comme… comme ça…

… peut-être que lui aussi le considérait comme un monstre ou un fardeau !

… Pour tous les élèves, il jouait le rôle d'un grand-père bienveillant mais lui, son arrière petit-fils, il ne l'aimait pas !

… Peut-être même avait-il découvert sa véritable identité…

… peut-être allait-il maintenant l'arracher de la nouvelle famille qu'il s'était crée avec Severus…

… peut-être que…

N'entendant même plus ce qui se passait dans la pièce d'à côté, Harry lâcha précipitamment la poignée de la porte, comme s'il s'était brûlé, puis recula doucement, la respiration saccadée et les larmes aux yeux, jusqu'à ce qu'il s'écroule en se prenant malencontreusement les pieds dans le tapis, ne faisant aucun geste pour amortir sa chute.

Pleurant et tremblant, il se recroquevilla finalement sur lui-même, laissant toute sa tristesse et son amertume s'échapper en un long gémissement alors que les mots 'il va me renvoyer chez les Dursley' ou 'il ne m'aime pas' se bousculaient dans sa tête.

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Dans le salon, un silence pesant avait suivi la déclaration de Dumbledore puis finalement, alors que le vieil homme aurait plutôt pensé que Severus allait compatir à sa situation, celui-ci explosa :

- « VOTRE P E T I T F I L S !... Harry est votre petit fils et vous l'avez confié à ces monstres ?! »

- « Je… »

- « COMMENT AVEZ-VOUS PU FAIRE UNE CHOSE PAREILLE !... POURQUOI ?POURQUOI ... »

- « Je devais le protéger, je… »

- « LE PROTEGER ? … VOUS VOULIEZ LE PROTEGER ? »

- « Lily a utilisé de l'ancienne magie pour le sauver. En se sacrifiant, elle a ainsi doté d'une protection durable contre Voldemort. Une protection que seuls les liens du sang pouvaient entretenir ! … C'est pour ça que j'ai confié Harry à sa tante, à la sœur de sa mère ! Sa maison était l'endroit le plus sûr p… »

- « VOUS SAVIEZ QUE LA SŒUR DE LILY DETESTAIT TOUT CE QUI AVAIT ATTRAIT A LA MAGIE ! VOUS AURIEZ TRES BIEN PU LE PROTEGER VOUS-MEME ! VOUS L'AVEZ CONDAMNE A L'ENFER ALBUS ! »

- « Vous exagérez quand même un peu Sev… »

- « J'EXAGERE ? … J'EXAGERE ? … PAR MORGANE ALBUS, VOUS VOUS FICHEZ DE MOI ? VOUS AVEZ VU DANS QUELLES CONDITIONS IL VIVAIT ? VOUS AVEZ VU CE QU'ILS LUI ONT FAIT ? … ILS L'ONT VIOLE,ALBUS ! VIOLE ET FRAPPE AVEC UNE TELLE BRUTALITE QUE SI J'ETAIS ARRIVE UNE HEURE PLUS TARD, IL SERAIT PEUT-ETRE MORT ! ILS L'ONT HUMILIE ! ENFERME DANS UN PLACARD ! ILS L'ONT AFFAME ! ILS … ILS … »

C'est seulement en voyant l'air choqué de son supérieur qui semblait à présent au bord de l'évanouissement que Severus se rendit compte de ce qu'il venait de dire : sans le vouloir, dans sa colère, il venait pratiquement de dire à Albus que Harry et Gabriel étaient une seule et même personne !

Severus se figea et devint blanc comme un linge.

Il cherchait déjà le moyen le plus efficace pour faire oublier à Dumbledore ce qu'il venait d'entendre quand un bruit de chute en provenance de la pièce voisine le sortit de sa réflexion.

- « Oh non… » Murmura t-il, alarmé, en se précipitant vers la chambre de son fils, comprenant que celui-ci avait du se réveiller et entendre une partie de leur conversation.

-

Lorsqu'il entra, ses yeux se posèrent immédiatement sur le corps tremblant de son fils.

Voyant dans quel état de détresse celui-ci semblait être, il s'approcha à grand pas, s'agenouilla à ses côtés, puis se pencha pour l'envelopper de ses bras.

Gaby se laissa étreindre sans réagir, si bien que Severus eut l'impression de serrer dans ses bras une poupée de chiffons.

- « Gaby ? »

- « … »

- « Gaby ? »

- « P…pa…p-pa… » Hoqueta misérablement Harry alors que son père le soulevait du sol pour le prendre tendrement contre lui.

Pleurant de plus en plus fort, comme si le dernier barrage qui retenait ses larmes venait de céder, Harry essaya de balbutier encore quelques mots, s'accrochant à son père de toutes ses forces :

- « v…v-ve…r-res…ter…a…a-vec…t-toi….i…i…m…a-ab…ban…d-don-né…i…i… »

- « Chuttt… calme-toi mon cœur…je suis là…chutt… » Lui murmura Severus en le berçant, une main posée sur sa tête et l'autre lui caressant le dos.

- « P-pa…pa… »

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Pendant que Severus essayait de toutes ses forces de calmer son fils, Dumbledore, qui n'avait pas bougé d'un centimètre, planté au milieu du salon, se demandait comment, par Merlin, il avait été assez stupide pour ne pas se rendre compte par lui-même, et beaucoup plus tôt, que Gabriel et Harry ne faisaient qu'un !... Et pourtant, il n'avait pas manqué d'indices :

…l'arrivée de Gabriel quasiment au même moment que la disparition d'Harry…

…le fait que Gabriel ait tant essayé d'être ami avec Ronald Weasley…

…le fait qu'il lui ait pardonné malgré tout ce qu'il lui avait fait subir…

…son talent pour le quidditch…

…le fait qu'il se soit si facilement lié à Remus puis à Sirius…

…le fait que Sirius, une fois au château, n'ait pas plus fortement insisté pour repartir à la recherche de son filleul…

…le fait que Gabriel soit fourchelangue alors que le seul descendant de Salazar Serpentard encore vivant n'est autre que Voldemort…

…le fait que Gabriel soit si puissant…

Se remettant du choc, Albus rejoignit finalement Severus dans la chambre du garçon.

Lorsqu'il vit qu'Harry pleurait, il voulu lui aussi le consoler et s'agenouilla donc à son tour avant de tendre la main pour la pauser sur l'épaule de son petit fils.

Il l'avait cependant à peine effleuré que celui-ci eut un geste de recul, comme si ce simple contact lui avait fait mal, et qu'il s'éloigna de lui en se cachant un peu plus contre Severus.

- « Je vous interdit de le toucher ! » cracha le professeur de potion, le regard plus noir que jamais, en repoussant d'un geste brusque la main tendue du vieil homme avant de reculer de quelques dizaines de centimètres pour mettre son fils hors de portée de Dumbledore, s'installant même de façon à lui tourner le dos.

- « Severus ? … »

- « … »

- « Harry ?... »

- « … »

- « S'il vous plait, laissez-moi vous expliq… »

- « Partez ! » l'interrompit Severus, sans même se donner la peine de le regarder.

- « Mais je… »

- « Sortez de chez moi ! »

- « Enfin, écoutez-moi je… »

- « Monsieur le directeur, je vous serai gré de quitter mes appartements dans les plus brefs délais ! Vous n'y êtes désormais plus le bienvenu ! »


A suivre... (fin de la deuxième partie)