Toc toc toc… y'a encore quelqu'un ? Oui ?

Bon, je sais que ça fait très très longtemps que vous attendez ce chapitre et j'en suis désolée mais j'ai été victime d'un long syndrome de la page blanche ! Ce qui fait que je n'ai rien écrit pendant presque 3 mois !

Me voici donc de retour avec ce chapitre qui, j'espère va vous plaire ! (je l'ai quand même réécrit une dizaine de fois alors….)

Pour la suite, je ne sais pas quand elle arrivera mais je vous promet de ne plus attendre aussi longtemps.

Avant de vous laisser à votre lecture, j'aimerai pousser un petit coup de gueule !

J'ai vu à plusieurs reprises certains poster des demandes d'aide dans la partie du site réservée aux fics (Je sais que normalement il faut poster ces demandes sur les forum) … mais j'ai surtout vu les réponses que certaines personnes leur donne. Et c'est à ces personnes que j'aimerai m'adresser : UN PEU DE POLITESSE CA NE COÛTE RIEN !

Voilà ! J'espère que ce petit mot ne sera pas inutile…

Bonne lecture et à bientôt pour la suite !


Chapitre 41 :

Le 12 square Grimmaurd

- « On est où ? » demanda Gaby alors que son père, avec qui il venait de transplaner, le reposait sur le sol.

- « Attends un instant… » Chuchota Remus en arrivant à leurs côtés.

Alors que le lycanthrope fouillait dans les replis de sa cape, apparemment à la recherche de quelque chose, Gaby jeta un coup d'œil autour de lui.

D'après ce qu'il voyait, ils avaient atterris dans un coin sombre d'une petite place sinistre entourée de maisons délabrées. Le quartier était miteux et peu accueillant. Il aurait pu paraître abandonné tant les façades des maisons étaient crasseuses. Certaines d'entre elles avaient des fenêtres cassées qui luisaient tristement à la lumière jaunâtre des réverbères, la peinture des portes était écaillée, et des tas d'ordures couvraient par endroit les marches des perrons.

- « Ah ! Je l'ai ! »Marmonna Remus en sortant un objet ressemblant à un long briquet argenté d'une de ses poches.

Il en releva le capuchon, le tendit au dessus de sa tête, et l'alluma.

Le réverbère le plus roche s'éteignit alors dans un petit claquement.

Remus alluma à nouveau le briquet et le réverbère suivant s'éteignit à son tour.

Il l'actionna de la sorte – sous le regard curieux et intéressé de Gaby – jusqu'à ce qu'il n'y ait plus aucune lumière, plongeant ainsi le square dans la pénombre.

- « C'est quoi ce truc ? »

- « Un éteignoir. C'est un des gadgets d'Albus. »

- « Allons-y maintenant ! » intervint Severus en attrapant son fils par la main pour l'entrainer dans son sillage.

Ils traversèrent un vaste carré de pelouse laissé à l'abandon, tellement desséché par le soleil qu'il n'était en fait plus qu'un carré d'herbe roussie et craquante, et rejoignirent le trottoir d'en face.

Le son étouffé d'une chaîne stéréo s'élevait d'une fenêtre au dernier étage de la maison voisine et un tas de poubelle derrière la porte cassée dégageait une odeur âcre d'ordures en décomposition.

- « C'est là ! » indiqua Severus en tendant un morceau de parchemin à Gaby.

- « Là ?! » demanda celui-ci, étonné, sans s'intéresser à ce que lui tendait son père. « Mais… il n'y a rien d'autre que de vieilles maisons ! Je croyais qu'on allait au…. »

- « Chut ! …Lit ça Gaby ! » lui conseilla son père en l'éclairant un peu de sa baguette. « Tu vas comprendre ! »

Gaby, obéissant, baissa alors les yeux vers le morceau de papier et lut :

Le quartier général de l'ordre du phénix se situe au 12 square Grimmaurd, Londres

- « C'est ici que… » S'étonna Gaby, incapable de croire que le quartier général des opposants à Voldemort soit situé sur cette vieille place sinistre.

- « Chut Gaby ! Tais-toi ! Ne parle pas de ça ici ! » Lui intima Remus alors que Severus récupérait le morceau de papier pour y mettre le feu du bout de sa baguette.

Tandis que le message tombait en cendres incandescentes vers le sol, Gaby regardait plus attentivement les façades délabrées des maisons autour de lui : le numéro 10 … le numéro 11 … le numéro 13 … le …

- « Mais il n'y a pas de … »

- « Penses à ce que tu viens de lire ! » lui souffla Severus à l'oreille.

Gaby obéit à son père et, à peine s'était-il répété les mots '12 square Grimmaurd', qu'il vit une vieille porte décrépie surgir de nulle part entre les numéros 11 et 13. Puis des murs apparurent à leur tour, comme si une nouvelle maison avait soudainement écarté les deux autres pour se glisser entre elles.

Gaby contempla le nouveau bâtiment bouche bée. Apparemment, les habitants des maisons voisines ne s'étaient rendu compte de rien puisque la musique continuait à pulser du numéro 11.

- « Viens Gaby ! Dépêchons-nous ! » Lança Severus à l'adresse de son fils en lui passant un bras autour des épaules pour le faire avancer.

Accompagné par son père, Gaby monta les marches de pierres usées du perron, le regard fixé sur la vieille porte que s'était matérialisée quelques instants plus tôt.

Elle était couverte d'une peinture noire miteuse et éraflée par endroits. La poignée d'argent terni avait la forme d'un serpent enroulé sur lui-même et il n'y avait ni trou de serrure, ni boite aux lettre.

Lupin, qui les avait suivi jusqu'au seuil de la maison, tendit sa baguette et donna un petit coup sur le panneau de bois.

Gaby entendit alors une longue succession de bruits métalliques puis quelque chose ressemblant au cliquetis d'une chaîne, et finalement, la porte s'ouvrit dans un long grincement sinistre.

- « Entre vite mon ange ! » lui murmura son père. « Mais surtout ne touche à rien ! … Et ne fait pas de bruit ! » Ajouta t-il en le guidant d'une main sur l'épaule vers l'obscurité quasi-totale du hall d'entrée.

A peine eut-il franchit le seuil de la porte qu'une suffocante odeur d'humidité, de poussière et de moisissure lui fit froncer le nez.

L'atmosphère de la maison était étrange… inhospitalière… glaciale… et Gaby ressentait un fort sentiment d'appréhension. Il avait la gorge si serrée qu'il avait l'impression qu'un cognard s'était logé à l'intérieur.

Jetant un regard par-dessus son épaule, Gaby vit Remus, debout sur la dernière marche du perron, libérer une à une les boules de lumière que l'éteignoir avait dérobé aux réverbères. Chacune d'elle s'envola vers son ampoule éteinte et le square Grimmaurd fut à nouveau baigné d'une lueur orangée qui disparut lorsque le lycanthrope referma la porte, replongeant ainsi le hall dans le noir le plus complet.

- « Ne bougez pas… » Chuchota Remus, si bas que Gaby eut de la peine à l'entendre, alors qu'il reverrouillait magiquement la porte. « Je vais faire un peu de lumière. »

Il y eut soudain un léger sifflement qui fit tressauter Gaby puis de vieilles lampes à gaz d'un autre âge s'allumèrent peu à peu le long des murs, projetant une lumière tremblante et fantomatique sur le papier peint crasseux et à moitié décollé et sur les tapis usés jusqu'à la corde d'un long hall d'entrée sinistre.

En levant la tête, Gaby vit qu'il se tenait juste sous un lustre en argent en forme de serpents couvert d'une couche de poussière et de toiles d'araignées si épaisse qu'il n'émettait qu'une faible lueur grisâtre.

Il parcourut rapidement le reste de la pièce du regard et s'aperçut que par rapport au reste, les vieilles lampes à gaz semblaient presque en bon état.

A droite, une quinzaine de portraits noircis et accrochés de travers ornaient un mur sale et humide, cachant presque entièrement la tapisserie couverte de moisissures verdâtre.

A gauche se dressait une lourde double porte en chêne vermoulue, haute de près de trois mètres, à moitié décrochée de ses gonds. Derrière elle, on pouvait deviner une vaste pièce encombrée et obscure dont, grâce à l'éclairage du hall, on pouvait discerner une petite partie du plancher encrassé et poussiéreux.

Sur le mur gauche du hall étaient également tendus d'épais rideaux en velours grisâtre mangés aux mites derrière lesquels, supposait Gaby, devait se cacher une autre porte.

Un candélabre en argent terni – d'une finition semblable au lustre – posé sur une vieille table bancale et un porte-parapluies en forme de jambe de troll mettaient un point final à la décoration lugubre du hall, ne laissant sans aucun doute sur le fait que les anciens occupants, lesquels devaient avoir depuis longtemps quitter les lieux, étaient des sorciers plongés dans la magie noire.

Gaby entendit soudain le bois grincer au dessus de lui. Il tourna la tête vers l'escalier obscure et rempli d'ombres noires, froides et profondes qui permettait d'accéder aux étages supérieurs et vit qu'un homme mince aux cheveux sombres se tenait en haut des marches.

- « Sirius ! » s'écria Gaby, soulagé de voir qu'il s'agissait de son parrain et ayant totalement oublié la recommandation de son père.

- « Non Gaby ! Ne… »

La fin de sa phrase fut étouffée par un terrible hurlement ; un hurlement à glacer le sang. Les épais rideaux que Gaby avait remarqués quelques instants plus tôt s'écartèrent alors brusquement, dévoilant une fenêtre derrière laquelle une vieille femme hurlait de toutes ses forces, comme si on était en train de la torturer.

En y regardant mieux, Gaby se rendit compte qu'en réalité, il ne s'agissait que d'un simple tableau : le portrait grandeur nature le plus réaliste et le plus repoussant qu'il n'eut jamais vu. La sorcière qui y était représentée semblait si réelle que lorsqu'elle tendit ses mains griffues devant elle, Gaby fit instinctivement un pas en arrière.

Après seulement quatre ou cinq secondes, n'y tenant plus, il finit par se boucher les oreilles, incapable de supporter plus longtemps les cris stridents de la mégère.

Alors que la vieille femme coiffée d'un chapeau noir continuait à vociférer, bavant et roulant des yeux, Sirius descendit rapidement les marches pour tenter, avec l'aide de Remus, de rabattre les rideaux sur le portrait.

- « Tais-toi, espèce de vieille harpie ! Tais-toi ! » Rugit Sirius en tirant un peu plus fort sur les rideaux alors même que les autres portraits du hall se mettaient eux aussi à hurler.

- « Vermines ! Saletés ! » Criait la vieille femme en fendant l'air de ses mains comme pour lacérer le visage de Sirius et Remus. « Résidus de pourritures et d'abjections ! Bâtards ! Mutants ! Anormaux ! Monstres ! Erreurs de la nature ! Quittez ma maison ! Partez ! Partez ! Comment osez-vous souillez la noble demeure de mes ancêtres. »

- « JE T'AI DIS DE TE TAIRE ! ESPECE DE VIEILLE FOLLE ! » Gronda Sirius tandis que Severus, baguette en main, était occupé à faire taire les autres portraits à coup de stupéfix.

- « OOOOOOUUUUU ! » Braya la mégère encore plus fort en pointant un doigt noueux en direction de Sirius. « TOI ! TRAITRE ! ABOMINATION ! HONTE DE MA CHAIRE ET DE MON SANG ! COMMENT AS-TU OSE AMENER CES … »

- « Oh par pitié Black ! Fait taire cette vieille bique ! »le supplia Severus qui sentait venir une migraine.

- « Comment osez-vous me… »

Dans un effort colossal, Sirius et Remus parvinrent enfin à refermer les rideaux, permettant ainsi au silence de reprendre possession des lieux.

- « Enfin ! » soupira Sirius, légèrement essoufflé, en écartant les longues mèches sombres qui lui tombaient devant les yeux.

Il passa ensuite un bras autour de la taille de son compagnon et l'embrassa du bout des lèvres avant de se tourner vers son filleul.

- « Salut toi ! Comment tu vas ? Ma mère ne t'a pas rendu sourd j'espère? »

- « Cette…C'était ta mère ? » grimaça Gaby en jetant un regard dégoûté aux rideaux qui avaient repris leur place.

- « Ouais… ma c h è r e v i e i l l e m è r e ! Walburga Black !... Ca fait deux semaines que j'essaie de la décrocher de là mais il n'y a rien à faire ! Elle a du jeter un sort de glue perpétuelle derrière la toile. »

- « Je présume que tu ne vois aucun inconvénient à ce que j'essaie à mon tour ? » demanda Severus. « Parce qu'il n'est pas question que je supporte ses vagissements pendant toutes les vacances ! »

- « Tu as même ma bénédiction Severus ! Ce tableau est tout à toi ! » Répondit Sirius « Mais je te souhaite bonne chance parce que même Albus s'y est cassé les dents ! »

- « Je doute qu'il ait essayé d'utiliser ma méthode … » murmura vaguement Severus, pensif, en se frottant le menton. « C'est quoi comme pièce derrière ? »

- « Heu…la salle à manger. Pourquoi ? »

- « Simple curiosité… »

Légèrement décontenancé par la question de Severus, Sirius resta un instant silencieux puis repris d'un ton jovial :

-« Venez ! Descendons à la cuisine avant qu'ils ne se réveillent de nouveau !... En plus Gaby, je crois que quelqu'un qui a très envi de te voir t'y att… »

- « Grand-père ? » demanda Gaby avec une once d'espoir dans la voix.

- « Tu verras bien ! » répondit Sirius avec un petit sourire en coin en lui ébouriffant les cheveux avant d'entraîner Remus vers le fond du hall.

Il ouvrit une vieille porte à la peinture écaillée que Gaby n'avait pas remarquée auparavant, dévoilant ainsi un escalier de pierre étroit et poussiéreux, puis s'écarta du passage.

- « Vas-y, Gaby ! Passe le premier ! » fit-il, ayant bien remarqué que le jeune garçon trépignait d'impatience. « Il t'attend ! »

Gaby ne se le fit pas dire deux fois et, avec entrain, descendit les marches quatre à quatre jusqu'au sous-sol.

Il ouvrit une porte dont la poignée était complètement rouillée et arriva dans une salle de la taille d'une caverne, toute aussi sinistre que le hall, avec des murs de pierre brute couverts de mousse et de moisissure.

La cuisine était essentiellement éclairée par un grand feu de bois qui brûlait dans une immense cheminée aménagée au fond de la pièce. Casseroles et marmites ventrues étaient accrochées au plafond, à peine discernable dans la pénombre laissée par le manque de lumière tandis que le reste de la vaisselle était rangé dans un buffet ancien. Le centre de la pièce était occupé par une longue table en bois entourée de chaises et, au bout de cette table, devant la cheminée…

- « Grand-père ! »

- « Gaby ! » répondit Dumbledore, les yeux pétillants de joie, en posant sa tasse de thé pour réceptionner son petit fils qui arrivait vers lui en courant. « Comment vas-tu mon chéri ? » Ajouta t-il en le serrant chaleureusement dans ses bras.

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- « Aller Gaby ! Au lit maintenant ! » Ordonna Severus, deux heures plus tard alors que son fils, installé à ses côtés, la tête appuyée sur l'épaule de son grand-père, baillait à s'en décrocher la mâchoire.

- « J'ai… (bâillement)… pas sommeil … » marmonna quand même Gaby d'une voix endormie. « Ca faisait longtemps que je n'avais pas vu Sirius et grand-père et… »

- « Et rien du tout ! » Le coupa son père. « Il est presque une heure du matin Gaby ! Tu es fatigué, donc tu vas dormir !... Et pas de discussion ! » Ajouta t-il en voyant Gaby ouvrir la bouche pour protester. « En plus tu verras Remus et Sirius tous les jours puisqu'ils vont vivre ici avec nous. Et Albus t'a dit qu'il essaierait de passer te voir vendredi. »

- « Oui mais … »

- « Gabriel… » gronda Severus d'un ton sévère.

- « Pff… » Bougonna Gaby en se levant néanmoins de son siège.

- « Et sans râler s'il te plait ! »

- « … »

- « Sirius ? Tu veux bien nous montrer notre chambre ? »

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- « Je vous conseille de bien profiter des heures de sommeil qui vous reste. » chuchota Sirius alors qu'il précédait Severus et Gaby dans le grand escalier obscure menant aux étages. « On a une journée chargée qui nous attend demain. »

- « Qu'est ce que tu veux dire ? » le questionna Severus en haussant un sourcil interrogateur alors qu'ils atteignaient le premier palier.

- « Tu as vu dans quel état est cette maison ? … Et la décoration ? » Répondit Sirius en se retournant pour désigner la rangée de têtes réduites accrochées à des plaques qui ornaient la montée d'escalier. « Tout a été laissé à l'abandon depuis la mort de ma mère et des tas de trucs se sont répartis un peu partout. … Et je ne pense pas avoir besoin de te rappeler que quelques autres membres de l'ordre vont venir s'installer avec nous après la réunion de dimanche ? »

Severus hocha la tête.

- « Et bien, il faut encore qu'on nettoie quelques étages pour qu'ils puissent s'y installer ! … Et qu'on termine de rendre celui-ci et le rez-de-chaussée vivable ! Albus ne m'a remis ma nouvelle baguette que quelques heures avant votre arrivée. » Poursuivit Sirius en lui montrant l'artefact qu'il tenait dans la main. (NdA : Albus a très longtemps hésité à lui en procurer une par crainte que Sirius parte à la recherche d'Harry. Mais maintenant qu'il sait pour Gaby…) « Alors j'ai juste eu le temps de m'occuper de la cuisine et de deux chambres et de la salle de bain qui se trouvent dans ce couloir. Il y a aussi un salon à cet étage (il désigna l'autre côté du palier) et une troisième chambre –je pense qu'on devrait l'arranger pour Albus… au cas où – mais je n'ai pas encore regardé dans quel état ils sont. On pourrait peut-être s'en occuper demain ? Non ? Comme ça Albus pourra rester dormir ici s'il le souhaite et Gaby pourra jeter un œil à la bibliothèque du salon. »

- « Quelle charmante perspective ! » grinça Severus, sarcastique. « Moi qui avait toujours rêvé d'être transformé en elfe de maison ! »

- « Ce n'est pas ma faute si cet imbécile de Kreattur n'a plus fait son travail depuis des années ! » se défendit Sirius.

- « Kreattur ? » demanda Gaby, curieux.

- « Le vieil elfe de maison de ma mère. » précisa Sirius. « Il est un peu …dérangé et… »

Un léger grincement l'interrompit.

Vif comme l'éclair, Sirius se retourna brusquement et dirigea la lumière de sa baguette vers le fond du couloir.

- « Quand on parle du loup… » Marmonna Sirius pour lui-même alors que le faisceau lumineux se reflétait dans les yeux d'un vieil elfe de maison vêtu d'un chiffon crasseux.

Gaby avait juste eu le temps de remarquer les deux touffes de poils blancs sortant de ses oreilles semblables à celles d'une chauve-souris, sa peau blanche dont les plis pendaient de toutes parts, ses yeux injectés de sang et son gros nez charnu en forme de groin que déjà, traînant les pieds, l'elfe se détournait de la lumière aveuglante et, le dos voûté, se glissait à nouveau dans l'obscurité avant de disparaître dans les étages supérieurs en marmonnant des choses incompréhensibles.

- « Heu… est-ce que c'était… »

- « Kreattur ? Ouais… c'était lui !... Comme je le disais, il est un peu dérangé, alors je vous conseille de verrouiller la porte de votre chambre. Il ne vous ferait pas de mal mais ce n'est pas vraiment agréable de le trouver penché au dessus de soi en se réveillant ! Vous pouvez me croire ! »

Après ces quelques informations, Sirius s'avança de quelques pas dans le couloir décrépit.

- « Votre chambre est à droite, la première porte. Tout au fond à gauche, c'est la salle de bain. Ma chambre est juste là. »

- « Entendu ! A demain Sirius. » Fit Severus.

Il attendit Gaby qui embrassait son parrain pour lui dire bonne nuit puis ils s'enfoncèrent dans le couloir au bout duquel brillait faiblement un vieux candélabre posé sur un guéridon poussiéreux lui-même installé devant une fenêtre obstruée par des planches.

- « Oh ! J'allais oublier ! » Ajouta Sirius alors que le maître des potions posait la main sur la poignée en forme de tête de serpent de la porte de sa chambre. « Evitez d'ouvrir l'armoire ou la commode ce soir. Je ne les ai pas vérifiées. … Et il vaudrait aussi peut-être mieux ne pas trop vous approcher des rideaux ! Il doit y avoir quelques doxis ! … Par contre vous pouvez vous mettre au lit sans crainte ! Les draps et les couvertures sont propres ! »

- « Parfait ! … Vraiment parfait ! » Soupira Severus en secouant la tête, se demandant si finalement il ne serait pas plus simple et plus rapide de raser complètement la vieille baraque que de la nettoyer.

-

La chambre dans laquelle Gaby et Severus allaient devoir séjourner était une pièce spacieuse qui avait du être belle autrefois. Elle était à présent sombre et humide et ses murs au papier peint sale et décollé avaient dû, il y a longtemps, être verts… ou peut-être même beiges…

Face à l'entrée, il y avait une grande fenêtre – sans doute obstruée – masquée par de lourds rideaux de velours gris.

Au haut plafond auquel il manquait de larges fragments de plâtre était suspendu un lustre recouvert d'une épaisse couche de poussière qui portait encore des restes de chandelles d'où pendaient des coulées de cire figées semblables à du givre.

Le mobilier richement sculpté et le grand miroir accroché au mur étaient couverts d'une fine pellicule poussiéreuse et une grande toile d'araignée s'étirait entre le lustre et le haut de la grande armoire en bois.

En fait, en dehors des lits qui étaient propres et faits, rien ne semblait avoir était touché depuis des années.

… Et à la faible lumière d'une unique lampe à gaz posée sur une petite table aux côtés d'un vieux bouquet de roses noires fanées, toute la pièce avait un aspect grisâtre et froid.

Severus et Gaby n'essayèrent même pas de retenir leur grimace de dégoût en entendant s'enfuir les souris qu'ils avaient dérangées et, après avoir jeté un regard circulaire sur les lieux, se décidèrent à entrer.

- « Il faut vraiment qu'on dorme ici ? » demanda Gaby en observant du coin de l'œil le paysage d'une lande sinistre d'un vieux cadre ouvragé qui était accroché près de l'armoire, rompant quelque peu la monotonie des murs.

- « On n'a pas vraiment le choix… » Lui répondit son père en lui passant une main réconfortante sur la tête. « Mais je te promet que dès demain, j'essayerai de faire de ce taudis un endroit acceptable !... En commençant par cette chambre et la mégère d'en bas ! »

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Gaby se sentit brusquement sortir des limbes du sommeil par un courant d'air froid qui lui glaçait les pieds. Il ramena donc ses jambes sous la couverture puis s'étira paresseusement en entrouvrant un œil encore embué de sommeil.

C'est alors qu'il se rendit compte qu'il se trouvait dans un endroit sombre et inquiétant qui n'avait absolument rien à voir avec sa chambre à Poudlard.

Paniqué, il se redressa brusquement dans ce lit qui n'était pas le sien, un cri au bord des lèvres, mais se rappela finalement qu'il était au quartier général de l'ordre.

Il poussa un long soupire soulagé et se traita mentalement de crétin en se laissant retomber sur son oreiller, puis jeta un coup d'œil au réveil en forme de vif d'or que son père lui avait offert à son dernier anniversaire : 3h56 !

Agacé de s'être réveillé à une heure pareille, il laissa échapper un grognement mécontent et s'emmitoufla un peu plus dans ses couvertures, espérant réussir à se rendormir.

… Mais il eut beau se tourner et se retourner, le monde de Morphée refusait de l'accueillir à nouveau ! … Et la raison en était très simple : maintenant qu'il était réveillé, il avait faim ! Et même si, chez les Dursley, c'était une situation qu'il avait l'habitude de gérer, il avait maintenant, après deux années passées aux bons soins de Severus, énormément de mal à s'endormir le ventre vide !

Se disant que s'il voulait pouvoir encore profiter de quelques heures de sommeil, il ferait mieux de grignoter quelque chose, Gaby se tourna vers son père. Mais malheureusement pour lui, Severus dormait profondément – peut-être pour la première fois depuis que Voldemort était de retour – et il n'eut pas le cœur de le déranger.

Il repoussa donc ses couvertures au pied du lit et se leva le plus silencieusement possible pour ne pas le réveiller. Frissonnant, il passa ses pantoufles avant de se diriger vers la porte sur la pointe des pieds, s'aidant de la lumière de la lampe à gaz qui était restée allumée pour ne pas se prendre les pieds dans le tapis. Il ouvrit délicatement le verrou, lequel émit quand même un petit crissement métallique, puis se glissa par l'ouverture avant de refermer doucement la porte derrière lui.

Une fois dans le couloir, il constata, soulagé, que l'antique chandelier à cinq branches était lui aussi resté allumé, même si sa lumière ne portait pas très loin, ce qui lui fit supposer que le reste de la maison n'était sans doute plus éclairé.

Espérant se tromper, il s'avança jusqu'à l'angle du mur, ses pieds s'enfonçant dans l'épais tapis poussiéreux, et ne put que constater qu'effectivement les escaliers et le rez-de-chaussée étaient plongé dans l'obscurité la plus complète.

Il revint donc sur ses pas et se saisit d'une bougie, faisant bien attention à ne pas se brûler avec la cire chaude, et s'engagea à nouveau dans le couloir jusqu'à déboucher sur le palier.

Arrivé en haut des marches, il marqua soudain le pas, frappé d'une hésitation en jetant un coup d'œil par-dessus la rampe en direction du hall obscure.

Gaby avait la sensation de se tenir devant un gouffre, devant un néant lourd de menace.

Pas vraiment rassuré – après tout, la maison avait appartenu à des adeptes de la magie noire et personne ne savait vraiment ce qui pouvait s'y cacher – Gaby posa un pied sur la première marche, laquelle grinça sinistrement sous son poids.

La bouche sèche, il resserra ses doigts autour de sa bougie et tendit le bras pour éclairer la cage d'escalier.

Il observa un instant la dizaine de tête d'elfes dont les yeux brillants semblaient suivre chacun de ses mouvements comme s'ils étaient vivants puis s'engagea plus franchement dans les escaliers.

La main agrippée à la vieille rampe vermoulue et branlante de façon à être le plus loin possible des têtes réduites – après tout, on ne sait jamais – il descendit, marche après marche, attentif au moindre mouvement.

Il arriva en bas sans encombre. Malgré ses craintes, les horribles visages étaient simplement restés accrochés au mur, immobiles.

… Et pourtant, il n'était pas complètement rassuré.

Etait-ce le silence pesant ou percevait-il une présence invisible qui l'observait dans l'ombre, il n'en savait rien, mais ce qui était sûr, c'est qu'il ne se sentait vraiment pas rassuré.

°Ce que tu peux être bête mon pauvre Gaby !° se sermonna t-il pour se tranquilliser alors que son cœur battait à un rythme effréné. °Tu sais bien qu'il n'y personne dans cette maison à part ton père, Sirius et Remus. Alors pas de panique… tu ne risques rien… absolument rien…°

-

Une fraîcheur moite, presque surnaturelle pour la saison, régnait sur le hall et les veilleuses des lampes à gaz vibraient dans l'obscurité, faibles lueurs à peine perceptibles.

Gaby s'arrêta un instant au pied de l'escalier pour laisser à son cœur le temps de se calmer. Levant sa bougie au dessus de sa tête, il en profita pour jeter un coup d'œil aux alentours.

Face à lui, telles deux silhouettes sombres dissimulées dans la pénombre, les rideaux de madame Black semblaient bien en place et immobiles, signe que la mégère était assoupie. D'ailleurs, tous les portraits devaient dormir puisque de légers ronflements lui parvenaient de tous les côtés.

Légèrement rassuré et n'ayant rien descellé d'anormal, Gaby s'avança encore de quelques pas, scrutant toujours l'obscurité autour de lui à la recherche d'un danger quelconque.

Bizarrement, sa bougie ne lui permettait pas de voir très loin, comme si l'atmosphère de la maison était plus épaisse que la normale.

Il marchait donc lentement, prenant bien garde à ne pas heurter le porte-parapluies en forme de jambe de troll ou quoi que ce soit d'autre qui se serait trouvé sur son passage.

Il venait d'atteindre le milieu du hall quand soudain, il entendit une sorte de trottinement juste derrière lui.

Tendu, l'oreille aux aguets, il stoppa net et pivota brusquement sur lui-même, respirant fébrilement.

Malheureusement pour lui, son mouvement fut trop rapide pour la flamme de sa bougie qui vacilla frénétiquement en s'inclinant vers lui avant de s'éteindre !

Pendant un instant, il se laissa submerger par la panique et son cerveau cessa de fonctionner. Tout ce qu'il voyait c'est qu'il était là, dans le noir, … et que vraisemblablement, il n'était pas seul !

Peut-être y avait-il une araignée géante… ou un rat… ou un mangemort… ou… son oncle !

Sa respiration se transforma en râle et un gémissement de terreur à peine perceptible sortit de sa bouche. La peur distilla son venin dans ses veines et le paralysa. 'Seul' dans le vaste hall, il n'avait plus aucun repère et sentait l'humidité ambiante s'infiltrer en lui comme une ombre nocturne rampante.

Soudain, le trottinement cessa ; aussi brusquement qu'il avait commencé.

Attentif, les yeux fouillant le hall obscur, Gaby tendit un peu plus l'oreille.

La maison lui sembla alors s'animer d'une multitude de bruits furtifs : des grincements… des craquements… le reniflement sournois du vent… sa propre respiration erratique … et un marmonnement : « Ingrat… n'arrive pas à la cheville de la maîtresse… contamine la maison… »

- « K-Kreattur ? » chuchota Gaby qui avait reconnu, soulagé, le babillage de l'elfe.

- « … »

- « Kreattur ? »

- « … Le sale petit humain parle à Kreattur ? … il ne devrait pas être ici à fouiner dans la maison de la maîtresse ! Kreattur doit faire comme s'il n'entendait pas … si seulement il pouvait le faire partir… »

- « Kreattur » essaya encore Gaby. « Aide-moi s'il te plait ! Allume les lumières ! »

- « Kreattur n'a pas à obéir … le sale petit humain n'a qu'à se débrouiller tout seul…si seulement la maîtresse était encore là… elle savait dresser les petit fouineurs comme lui…. Oh oui… elle savait… »

Gaby attendit encore, espérant que l'elfe finirait par avoir pitié de lui, mais il entendit les marmonnements s'éloigner, prouvant que la créature était partie.

A nouveau seul, il n'avait plus aucune raison de rester immobile. Il se décida donc à avancer, les bras tendus devant lui, cherchant à atteindre le mur le plus proche.

Cependant, marcher dans l'obscurité la plus complète, en particulier dans un lieu quasiment inconnu, n'est pas la chose la plus facile à faire !

… Et c'est ainsi que se prenant les pieds dans un repli du tapis, Gaby se retrouva étalé par terre.

Pestant et grognant intérieurement, il se mit à genou et, à tâtons, essaya de retrouver la bougie qu'il avait lâchée dans sa chute, sachant qu'elle lui serait utile pour le trajet de retour.

Partout où il posait les mains, il sentait ses doigts s'enfoncer dans un épaisse couche de poussière à la fois duveteuse et crasseuse. Il cherchait depuis une minute ou deux quand soudain, ce n'est pas le tapis qu'il sentit mais une surface visqueuse et gluante.

Écœuré, il retira précipitamment sa main et se redressa avec une sorte de hoquet dégoûté en imaginant ce qu'il avait bien pu toucher, en oubliant même ce qu'il cherchait.

Etait-ce le fruit de son imagination ? Sa propre peur ? … Peut-être… Mais il lui semblait maintenant que l'air s'était encore épaissi, languissant dans ses poumons.

Bien que sa raison lui disait que son angoisse en était l'instigatrice, Gaby était cette fois complètement paniqué.

La respiration sifflante, le noir et la terreur lui ayant fait perdre tout sens de l'orientation, il se mit à marcher au hasard, d'un pas hésitant, tournant une fois à droite, une fois à gauche, sans savoir où aller.

Des larmes de détresse s'accumulaient aux coins de ses yeux et c'est lutant pour ne pas pleurer ou se mettre à crier qu'il heurta finalement un panneau de bois.

Il tâtonna, cherchant à savoir ce que c'était, et poussa rapidement un soupire de soulagement : il avait trouvé la porte menant au sous-sol !

Il se dépêcha de l'ouvrir et se précipita à l'intérieur, accueillant la lueur des flammes de la cheminée comme une lumière salvatrice, et referma juste derrière lui comme pour mettre une barrière entre lui et les ténèbres du hall.

Il laissa quelques minutes s'écouler, le temps de se calmer, puis s'engagea dans l'étroit escalier de pierre.

Une fois en bas, il se dépêcha d'aller se laver les mains, ne tenant vraiment pas à avoir plus longtemps sur la peau l'étrange substance qu'il avait touché un peu plus tôt.

Il avait à peine terminé qu'une voix rauque s'éleva du fond de la pièce :

- « Qu'est ce que tu fais là toi ? »

Gaby sursauta. Il n'avait pas remarqué que quelqu'un se trouvait dans la cuisine.

Il se tourna doucement… et se figea sur place !

L'impression de chaleur qui l'avait envahi à son entrée dans la cuisine s'était complètement dissipée et une sensation glacée se répandait à présent dans son estomac.

Il aurait bien voulu hurler de terreur mais c'est à peine si un petit piaulement sortit de sa gorge.

La silhouette massive d'un homme… enfin… de quelque chose ressemblant à un homme, se découpait dans la lumière des flammes, projetant ainsi un ombre immense et menaçante devant lui.

Il était appuyé sur un grand bâton et portait une large cape de voyage de couleur sombre.

L'homme étant éclairé de dos, Gaby ne pouvait pas discerner ses traits mais il n'avait pas besoin de cela pour supposer qu'une silhouette si menaçante ne pouvait pas appartenir à quelqu'un de 'gentil'.

Sortant enfin de son immobilité, Gaby commença à reculer doucement, retenant sa respiration, persuadé qu'il se trouvait face à un mangemort, mais, à sa grande horreur, au fur et à mesure qu'il s'éloignait, l'autre s'avançait, un claquement sourd et régulier résonnant à chacun de ses pas.

L'homme eut un espèce de grognement sourd et soudain, le feu se mit à briller plus intensément, baignant les lieux d'une lumière orangée.

… Et ce que vit alors Gaby ne le rassura pas le moins du monde ; au contraire !

Incapable de faire le moindre mouvement, Gaby le détailla des pieds à la tête, hurlant sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche ; le cri refoulé plongeant au fond de son être comme une pierre qui tombe au fond d'un puits.

L'homme devant lui avait une longue crinière de cheveux gris sombre et broussailleux encadrant un visage comme Gaby n'en avait jamais vu ! On aurait dit qu'il avait été taillé dans un vieux morceau de bois usé par quelqu'un qui n'aurait eu qu'une très vague idée de la physionomie humaine et de l'art de la sculpture !

Chaque centimètre carré de sa peau semblait marqué par des cicatrices. Sa bouche avait l'air d'une entaille tracée en diagonale au milieu de son visage et il lui manquait une bonne partie du nez.

Sous sa lourde cape, il portait une robe de sorcier de couleur terre qui lui arrivait un peu au dessus des chevilles laissant ainsi voir ses pieds. Le premier était tout à fait normal mais le second semblait être en bois et était doté de griffes acérées.

Malgré tout cela, ce qui le rendait vraiment effrayant, c'était ses yeux !

L'un d'eux était petit, perçant, noir et froid ; l'autre était grand, rond comme une pièce de monnaie et… bleu ! Pas comme les yeux de Dumbledore, non, celui-là était d'un bleu vif électrique !

L'œil bleu remuait sans cesse, sans jamais ciller, roulant dans son orbite d'un côté à l'autre et de haut en bas, totalement indépendant de l'œil normal, comme s'il était en train d'examiner chaque recoin de la pièce. Durant un instant, il se tourna même complètement, ne laissant alors plus voir qu'un globe blanc.

- « Et bien répond garçon ! » gronda l'homme, sortant ainsi Gaby de sa transe. « Qu'est ce que tu fais là ? »

Alors que le sorcier recommençait à avancer vers lui, Gaby, tremblant, recula encore d'un pas, puis, lui jeta un dernier coup d'œil terrifié avant de faire volte-face pour s'enfuir à toutes jambes, le vieux sol de pierre crissant sous ses pas.

Il escalada les escaliers à toute vitesse et une fois en haut, se jeta sur la porte… qui refusa de s'ouvrir !

Sans même se rendre compte qu'il essayait de pousser au lieu de tirer, il commença à s'acharner sur la poignée, la tournant dans tous les sens puis, voyant que cela ne marchait pas, il se mit à marteler le panneau de bois et à pousser des hurlement déchirants. Ses cris étaient si perçants qu'ils firent résonner toutes les pièces de la maison, réveillant ainsi madame Black qui se mit à son tour à s'égosiller.

Il entendait le claquement sec et répétitif des pas de l'homme s'approcher de lui, gravissant les escaliers marches après marches, mais dans son affolement, il ne trouvait rien d'autre à faire que de cogner encore plus désespérément sur cette porte qui restait irrémédiablement close.

Soudain, alors qu'il ne pensait pas que l'homme soit déjà arrivé si près de lui, il sentit une énorme main calleuse s'abattre sur son épaule.

- « Reste donc un peu tranquille garçon ! Tu vas… »

Encore plus effrayé par ce geste, Gaby se recroquevilla sur lui-même et se réfugia dans l'angle du mur, comme il le faisait quand son oncle commençait à le frapper. Il poussa alors un petit cri, dénué de force, dénué de frénésie ; un son faible mais qui néanmoins trahissait sa peur et subitement, sans qu'il puisse se contrôler, s'inonda d'urine.

Il n'eut cependant pas le temps de se sentir honteux puisque pratiquement au même moment, il sentit comme un barrage se rompre au plus profond de lui-même.

Il ferma les yeux alors qu'une sorte de décharge électrique parcourait l'ensemble de son corps et soudain… tout lui sembla différent…


A suivre ...