Merci à toutes celles (et ceux) qui ont répondu à mon sondage. J'avoue que ça m'a confortée dans mon idée. ( Maco je te rassure, ce ne sera pas McGonagall !)
Bonne lecture et à bientôt.
Chapitre 44 :
Un grand coup de balai
Une demi-heure plus tard, le directeur de Poudlard était au courant de tout ce qui s'était passé dans la maison les douze dernières heures, à savoir : la visite plus que matinale de Maugrey, la transformation de Gaby en chaton … et la série d'évènements ayant entrainé la fin 'tragique' de Mme Black.
Albus, plus que ravi des fulgurants progrès de son petit-fils, le félicita largement mais, à la stupéfaction des trois autres adultes, il se montra bien plus surpris par les capacités animagus de l'adolescent que par son violent accès de magie sans baguette.
Ils comprirent cependant mieux pourquoi quand, voyant leur visage ahuri, le vieil homme consentit à leur expliquer que cette forme de magie était un don très répandu dans sa famille. Gloussant, il ajouta même : « Un Dumbledore qui ne fait pas de magie sans baguette n'est pas un vrai Dumbledore ! »
(Rappel : si Albus n'avait pas confié son fils à son beau-frère, Harry ne s'appellerait pas Potter mais Dumbledore.)
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- « En tout cas, Gaby » insista encore Dumbledore en regardant son petit-fils droit dans les yeux pour lui prouver la véracité de ses propos, « jamais encore je n'avais vu un enfant de ton âge avoir de telles affinités avec la magie ! …Ni une telle maîtrise !... Et je crois que je ne pourrais jamais assez te répéter à quel point je suis fier de toi ! »
- « M-merci grand-père… » Bredouilla Gaby en rosissant à la fois de gêne et de plaisir sous le regard empli de fierté de son aïeul.
- « Il y quand même quelque chose qui m'inquiète un peu Albus. » intervint Severus.
- « Vous pensez que sa forme animal risque d'être instable, n'est-ce pas ? » demanda Albus en prenant un gorgée de thé, ayant lui aussi songé à ce 'petit' inconvénient.
- « Oui. » confirma Severus. « J'ai peur que sa transformation n'ait été trop rapide pour que son corps ait pu en retenir chaque étape et qu'il… »
- « M-mais… c'est pas grave, n'est-ce pas ? » s'inquiéta Gaby. « Je n'vais quand même pas exploser, hein ? »
Les quatre adultes pouffèrent en entendant cette idée ridicule.
- « Bien sur que non andouille ! » se moqua gentiment Severus en lui ébouriffant les cheveux. « Tu n'es pas une potion ! »
- « Mais alors qu'est-ce qui… »
- « Ce que Severus voulait dire » intervint à son tour Remus, « c'est que tu risques de te transformer sans le vouloir. … si on te surprend ou si tu as peur, par exemple. »
Gaby grimaça, manifestement peu enthousiaste à cette idée.
- « C'est un peu ennuyeux, en effet. » approuva Dumbledore, comprenant tout à fait ce que son petit-fils pouvait ressentir. « Surtout si ça t'arrive à Poudlard ! »
- « Mais qu'est ce que je peux faire ? »
- « T'entrainer ! » lui répondit son père. « T'entrainer tous les jours jusqu'à ce que ta transformation se fasse naturellement… et dans les deux sens. Quand tu y arriveras, il n'y aura plus aucun risque que tu te transforme sans… »
- « Ca veut dire que je vais devoir retourner à Poudlard pour le reste des vacances … » se morfondit Gaby. « Je ne pourrais pas voir mes amis ni… »
- « Ce ne sera pas nécessaire Gaby » déclara Sirius. « Tu pourras t'exercer ici. Il y a une salle d'entrainement au troisième étage. »
- « Mais je n'ai pas le droit de faire de la magie en dehors de Poudlard, Sirius ! Tu sais très bien que le décret de restriction… »
- « Tu n'auras aucun problème avec ça Gaby. » précisa Sirius. « La Trace ne fonctionne pas ici ! »
- « La…la Trace ? »
- « Tu ne sais pas ce que c'est ? » s'étonna le maraudeur.
Gaby secoua négativement la tête.
- « La Trace, » expliqua Dumbledore, reprenant ainsi la parole, « est le sortilège qui permet au ministère de détecter l'activité magique autour des sorciers de moins de 17 ans. C'est ce qui leur permet de repérer la magie illégale chez les jeunes et de détecter les sorciers nés de parents moldus dès leur plus jeune âge. »
- « Et accessoirement, ça leur sert aussi à garder un œil discret sur ce qui se passe dans chaque famille de sorciers. » fit remarquer Sirius, ce que personne ne démenti. « Et c'est pour ça que mon arrière-arrière grand-père, Phineas Nigellus Black… »
- « ce nom me dit quelque chose… » murmura pensivement Gaby « …mais attend ! … Mais oui ! Il était… »
- « Directeur de Poudlard, oui. » confirma Sirius. « Sans doute le plus mal-aimé de l'histoire d'ailleurs !... Enfin bref… Donc, comme il ne voulait pas que le ministère puisse venir fourrer son nez dans ses affaires, il a inventé un sortilège anti-Trace ! »
- « Alors… ça veut dire que je peux rester ici pour m'entrainer ? »
- « En effet ! » acquiesça Albus. « Je suis désolé de t'imposer autant de travail Gabriel. Entre tes cours d'occlumencie et tes entrainements d'animagus tu n'auras pas beaucoup le temps de… »
- « Mais c'est génial ! » s'émerveilla Gaby, surexcité, sans porter la moindre attention à ce que lui disait son grand-père. « Je vais pouvoir faire tout ce que je veux ! Travailler mon animagus, commencer le programme de 6e année, apprendre la magie sans baguette, apprendre l'occlu… »
- « Je suis désolé Gaby mais pour la magie sans baguette, tu devras attendre la rentrée. »
- « QUOI ? » s'indigna Gaby. « Mais…mais pourquoi ? »
- « Parce que je suis le seul à pouvoir te l'enseigner et que je vais être très pris cet été. »
- « … »
Gaby baissa la tête, visiblement déçu, non seulement parce qu'il ne pourrait pas apprendre tout de suite cette forme de magie, mais surtout parce qu'il ne verrait que très peu son grand-père.
- « Et » continua Dumbledore, « parce que le peu de temps que je pourrais passer avec toi, je ne veux pas le passer à travailler ! »
Comprenant que son grand père voulait passer du temps avec lui simplement pour le plaisir et non par obligation, Gaby se sentit aussitôt beaucoup mieux. Relevant la tête, il s'exclama d'un ton enjoué.
- « Et bien dans ce cas, je vais me dépêcher d'apprendre le programme de 6e année. Comme ça à la rentrée j'aurai plus de temps pour… »
- « Pas avant que tu n'ais fini de travailler ton animagus Gaby. » le stoppa immédiatement Severus.
- « Mais papa ! » s'insurgea aussitôt celui-ci en se tournant vers son père. « Ca pourrait prendre des semaines ! Voir des mois ! Je… »
- « J'ai dit non Gabriel ! L'occlumencie et la transformation animagus sont deux des disciplines les plus éprouvantes de la magie ! Tu auras bien assez à faire comme ça ! Je ne veux pas que tu te surmènes, tu le sais !... Et puis je croyais que tu voulais passer tu temps avec tes amis ? »
- « Ca ne change rien ! J'aurais largement le temps de les voir même si je… »
- « Il n'en est pas question Gabriel ! … Et je ne reviendrais pas là-dessus ! On ne va quand même pas avoir la même dispute à chaque fois que tu es en vacances ! »
- « … »
- « Que ce soit bien clair Gabriel : Je t'interdit de travailler autre chose que tes devoirs, l'occlumencie et ton animagus ! »
- « Mais papa ! Si je… »
- « Gabriel Sébastian Snape » gronda Severus en plongeant son regard noir dans les yeux de son fils. « Est-ce que c'est bien clair ? »
- « …oui… » Baragouina Gaby à voix basse.
- « Pardon ? »
- « Oui. » répéta l'adolescent, un peu plus fort cette fois, jugeant préférable de ne pas tester plus longtemps la patience de son père… d'autant plus qu'à première vue, les autres adultes semblaient tout à fait d'accord avec celui-ci. Il ne pouvait donc espérer aucun soutient de ce coté.
Il montra cependant très nettement son mécontentement en se tassant complètement sur sa chaise les bras croisés sur la poitrine.
Les quatre adultes remarquèrent bien entendu son attitude boudeuse mais firent comme si de rien n'était, sachant très bien qu'il allait très rapidement découvrir que Severus avait raison de restreindre au maximum ses sujets d'étude.
- « Tout sera-t-il prêt pour la réunion de ce week-end ? » demande après quelques instants Dumbledore, rompant ainsi le long silence qui avait suivi la démonstration d'autorité parentale de Severus.
- « Normalement oui. » répondit Sirius « A condition qu'on commence le nettoyage dès cet après-midi. A ce propos Albus, savez-vous à peu près combien de personnes vont emménager ici avec nous ? »
Dumbledore acquiesça.
- « La famille Weasley au complet, c'est-à-dire neuf personnes, et sans doute aussi monsieur Londubat puisque sa grand-mère m'a parlé de le laisser avec ses amis. »
- « Onze personnes donc » compta Remus. « Une chambre pour Molly et Arthur… et je pense que les jeunes accepteront de partager une chambre pour deux, ce qui fait encore cinq chambres : une pour Miss Weasley, trois pour les garçons Weasley, et une pour monsieur Londubat. »
- « Six chambres donc. » fit pensivement Sirius. « Et il vaudrait mieux qu'on en prépare une septième, au cas où. … On n'a pas le choix : il va falloir remettre en état le deuxième et le troisième étage.
Soupirant, il ajouta :
- « J'avais vaguement espéré que le deuxième étage suffirait mais bon… on devrait y arriver quand même. »
- « Parfait ! » s'exclama Albus en se levant de sa chaise. « Puisque les derniers détails techniques sont réglés, je vais… »
- « Un instant Albus ! » l'interpella Severus, voyant qu'il s'apprêtait à prendre congé. « Il me semble qu'il y ait un problème important auquel vous n'avez pas pensé. »
Tous – sauf Gaby qui lui faisait toujours la tête – se tournèrent vers lui.
- « Vraiment ? » s'étonna Dumbledore.
- « Ne croyez-vous pas que cela va paraître étrange que mon fils vous appelle grand-père ? »
- « … Eh bien… c'est vrai que je n'y avais pas réfléchi mais… »
- « Albus pourrait tout à fait être son grand-père Severus. » fit remarquer Remus. « Après tout, personne ne connaît le nom de la mère de Gabriel… enfin, de sa supposée mère. »
- « C'est vrai mais.. »
- « Et Dumbledore est suffisamment vieux pour avoir des petits-enfants et même des arrière-petits-enfants. … enfin… je ne voulais pas dire vieux dans le sens… heu… vieux… » Se rattrapa maladroitement Remus en se rendant compte de ce qu'il venait de dire. « Je … je voulais juste dire que vous aviez l'âge d'être grand-père Albus. »
- « C'est bien ce que j'avais compris Remus. » rigola le vieil homme en voyant l'embarra de son cadet. « Ne vous en faites pas ! … Cependant… jamais personne ne croira que Gabriel est réellement mon petit-fils, ni même mon arrière-arrière-arrière-etcetera petit-fils. »
- « Pourquoi cela ? » s'exclama Sirius. « C'est une excellente idée au contraire !... Et en y réfléchissant, tout le monde trouverait même ça logique vu la puissance de Gaby ! »
- « Et vous croyez que si ma fille ou ma petite-fille… ou je ne sais quelle autre de mes descendantes avait eu un enfant, je ne l'aurais pas su ?... Allons Sirius ! Vous pensez vraiment que j'aurais pu ne pas être au courant de l'existence de mon petit-fils avant que Severus le ramène avec lui ? »
- « Vous auriez pu avoir un grave dispute avec sa mère ou… »
Dumbledore secoua négativement la tête.
- « Ca aurait pu être une solution, en effet. Mais me pensez-vous réellement capable de rompre définitivement tout lien avec ma famille pour quelque chose d'aussi futile qu'une simple dispute ? »
- « … »
- « Non ! Définitivement non !... et de toute façon, annoncer à tout le monde que Gabriel est réellement mon petit-fils compliquerait sans doute encore plus les choses. Je ne tiens pas à rajouter une nouvelle couche de mensonges par-dessus ceux que Severus à été obligé de tisser quand il a pris Gabriel avec lui. »
- « … »
- « Je devrais à nouveau t'appeler professeur alors ? » balbutia finalement Gaby avec une profonde tristesse dans la voix.
- « Certainement pas ! »protesta Dumbledore. « On a été séparé suffisamment longtemps comme ça ! »
- « Que peut-on faire alors ? » demanda Severus, ne voyant pas comment résoudre le problème.
- « Mais absolument rien ! » sourit Dumbledore.
- « … »
Devant l'air perdu des quatre autres, il poursuivit :
- « Je crois que vous devriez tous penser les choses plus simplement. Gabriel est encore jeune après tout ! »
- « Excusez-moi Albus, mais je ne vois pas le rapport. »
- « J'entend par là qu'il est encore suffisamment jeune pour se choisir un grand-père de substitution Severus. Tout simplement !... Et ce serait une réaction tout à fait normale pour un enfant de son âge que de vouloir se recréer la famille qu'il n'a plus… surtout après ce qu'il est sensé avoir traversé avec la mort de sa mère. Il n'y a aucun mal qu'il me choisisse pour grand-père étant donné le temps que nous avons passé ensemble, Non ? »
-
Le détail des liens entre Gaby et Dumbledore réglé, les cinq sorciers discutèrent encore quelques instants puis Albus se vit finalement dans l'obligation de regagner Poudlard, ses devoirs de directeur se rappelant à lui.
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Après un rapide déjeuné composé de simples sandwichs, Sirius, Severus, Remus et Gaby commencèrent avec plus ou moins d'entrain le nettoyage et l'assainissement de la maison.
Comme le maître des potions l'avait promis à son fils, ils s'attaquèrent en premier lieu à leur chambre, laissant aux deux maraudeurs le soin de réaménager la cuisine.
Le nettoyage de leurs quartiers prit à Gaby et Severus une grande partie de l'après-midi mais c'est satisfaits de leur travail qu'ils rejoignirent Sirius et Remus pour prendre une légère collation vers 16h30.
Lorsqu'ils ouvrirent la porte du sous-sol, la cuisine était presque méconnaissable. A présent, la moindre petite surface brillait de tous ses feux : les marmites et les casseroles de cuivre avaient été astiquées et luisaient d'une teinte rosée, la table de bois miroitait, les coupes et les assiettes déjà disposées pour le diner étincelaient à la lumière du feu qui ronflait joyeusement dans la cheminée, et les murs, débarrassés de toute trace de mousse avaient retrouvé leur couleur gris clair d'origine.
Après une bonne tasse de thé, Gaby et Severus s'occupèrent de la salle à manger où ils trouvèrent des araignées grosses comme des soucoupes cachées dans un buffet tandis que Remus, lui, nettoyait le hall d'entrée, lequel, depuis les 'travaux' de Severus, était complètement ouvert sur la salle à manger. (Ils avaient décidé de ne pas reconstruire le mur et de supprimer la double porte pour rendre le rez-de-chaussée plus lumineux et plus accueillant.)
De son côté, Sirius, armé d'un grand sac, jetait sans cérémonie tout ce qui lui tombait sous la main et qui pouvait lui rappeler sa famille : vaisselle en porcelaine frappée aux armoiries et à la devise des Black, têtes d'elfes empaillées, porte parapluies en forme de jambe de troll… Le même sort fut ensuite réservé à une série de photos anciennes conservées dans des cadres en argent terni dont les sujets poussèrent de petits cris aigus lorsque le verre qui les protégeait se brisa dans la chute. Tous les portraits, quant à eux atterrirent directement au grenier.
Après une bonne nuit de repos, ils passèrent au premier étage où ils aménagèrent une chambre pour Albus à proximité des leurs puis s'attaquèrent au salon, ce qui leur prit le reste de la matinée.
C'était une vaste pièce aux plafonds hauts et aux murs vert olive ornés de tapisseries sales. De petits nuages de poussière s'élevaient du tapis à chaque fois que posait le pied dessus et les longs rideaux couleur vert de mousse bourdonnaient sans cesse comme s'ils étaient infestés d'abeilles.
- « Qu'est ce que c'est que ce bruit ? » demanda Gaby en pénétrant dans la pièce.
- « Des doxys. » lui répondit Sirius en lui tendant un gros vaporisateur rempli d'un liquide noir. « Ils sont cachés dans les rideaux. »
- « Et ça, c'est quoi ? » fit encore Gaby en désignant le récipient que son parrain venait de lui donner.
- « Du doxycide. Une bonne pulvérisation et on serra débarrassé de ces sales bêtes. »
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- « Heu… Sirius ? » Appela Gaby, l'air légèrement inquiet alors que son père et Remus décrochaient les lourds rideaux imbibés par la vaporisation intensive dans le but de s'en débarrasser. « C'est normal que ce meuble bouge ? »
- « Sans doute un épouvantard. » dit Sirius en se penchant légèrement pour examiner un vieux secrétaire fermé à clé qui, en effet remuait légèrement. « Mais mieux vaut le laisser fermé pour le moment. Je demanderai à Fol-œil d'y jeter un œil avant de faire quoi que ce soit, ce sera plus sur. Connaissant ma mère, ça pourrait être quelque chose de bien pire. »
Gaby acquiesça et préféra faire un pas en arrière… juste au cas où…
- « Aller viens, on doit encore s'occuper de ça. » fit Sirius en désignant de grandes armoires vitrées encombrées d'un étrange assemblage d'objets qui se dressaient de part et d'autre de la cheminée.
- « Qu'est ce qu'on fait de tout ça ? » demanda Remus en désignant les étagères d'un signe de tête.
- « On jette tout ! » affirma Sirius. « Mais faites attention ! Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'il y a là-dedans. »
C'est donc avec une très grande concentration qu'ils vidèrent les vitrines de leur contenu, d'autant plus que la plupart des objets n'avaient pas la moindre envie de quitter leurs étagères poussiéreuses. Sirius se fit mordre cruellement par une tabatière en argent remplie de poudre à verrues et Gaby fut sauvé de justesse par son père d'une sorte de pince à épiler pourvue de nombreuses pattes qui avait essayé de lui percer la peau.
Outre ces deux instruments en argent, ils trouvèrent également des poignards rouillés, des peaux de serpent et des griffes (que Severus récupéra), une bouteille en cristal au bouchon incrusté d'une grosse opale contenant apparemment du sang, un ordre de Merlin première classe, un anneau d'or aux armoiries des Black, une boite à musique d'où s'élevait une mélodie aigrelette et un peu sinistre, et divers autres objets dont beaucoup étaient indiscutablement liés à la magie noire.
Finalement, après de longues heures d'effort pour assainir le salon – et après quelques derniers Recurvite – il ne restait plus que deux éléments indésirables : le secrétaire et une vieille tapisserie décolorée qui recouvrait tout la surface d'un mur.
S'en approchant, Gaby remarqua qu'il s'agissait en fait de l'arbre généalogique de la famille Black.
Elle était très ancienne mais, bien que les doxys l'aient grignotée par endroits, le fil d'or avec lequel elle avait été brodée continuait de briller suffisamment pour qu'on puisse voir que les différentes branches de l'arbre remontaient jusqu'au moyen-âge. Tout en haut de la tapisserie était écrit en grosses lettres : la noble et très ancienne maison des Black « toujours pur »
Observant les ramifications les plus récentes, Gaby fut très étonné de ne pas y trouver son parrain.
- « Tu n'y es pas Sirius ! » s'exclama t-il, surpris.
- « J'y étais. » Répondit le maraudeur en s'approchant à son tour du mur. « Juste là ! »
Il montra à Gaby un petit trou rond aux bords noircis qui ressemblait à une brulure de cigarette.
- « Ma mère m'a effacé lorsque je suis parti de la maison. »
- « C'est quand tu es parti habiter chez les Potter ? C'est ça ? »
Sirius acquiesça.
- « Et…pourquoi ? Enfin… c'est vrai que ta mère est un peu…mais… »
L'animagus chien eut un sourire amer.
- « Pourquoi je suis parti ? Parce que je les haïssais tous ! Mes parents avec leur manie du sang pur, qui étaient convaincus qu'être un Black donnait quasiment un rang royal… mon idiot de frère, suffisamment bête pour les croire…Tiens ! C'est lui ! »
Sirius tapota de l'index le bas de l'arbre où était inscrit le nom de Regulus Arcturus Black avec en dessous, sa date de naissance et sa date de décès.
- « Il… il est mort ? » demanda Gaby d'une voix hésitante.
- « Ouais… tué par ses amis mangemorts quand il a paniqué devant ce qu'on lui demandait de faire ! … L'imbécile… s'il m'avait écouté… »
- « Et tes parents ? Eux aussi ils étaient mangemorts ? »
- « Non. Mais ils approuvaient les idées de purification de Voldemort. »
- « Tu n'as plus du tout de famille encore vivante ? » questionna encore Gaby.
- « Bien sur que si ! » le détrompa Sirius en lui montrant une autre branche de l'arbre. « Andromeda – elle devrait être ici – (il désigna un trou semblable à celui où se trouvait son propre nom) et ses sœurs sont encore en vie. »
- « Ta mère l'a aussi faite disparaître. »
- « Ouais… elle a épousé un sorcier d'origine moldue alors… »
Sirius mima le geste par lequel on avait brûlé le nom d'un coup de baguette magique puis eut un rire amer.
- « A chaque fois qu'un membre de la famille se révélait un peu trop ouvert, il était renié. »
- « Et ses sœurs ? Elles sont toujours dessus. »
- « Parce qu'elles ont épousé de charmants et respectables sang-purs. Bellatrix a épousé Rodolfus Lestrange… ils croupissent aujourd'hui à Azkaban pour leurs activités de mangemorts… Et Narcissa, quant à elle, à épousé Lucius Malefoy. »
- « La mère de Mal-Drago est ta cousine ?! »
- « Toutes les familles de sang-purs sont parentes. En cherchant bien sur cet arbre, je suis sur que tu trouverais une branche me reliant à Severus ou même à Dumbledore et à toi. »
Poussant un profond soupire, Sirius jeta un dernier regard noir à la tapisserie puis posa une main sur l'épaule de son filleul.
- « Aller viens Gaby, allons manger, il est presque midi. On a assez vu cette horreur pour aujourd'hui ! »
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L'après-midi et la journée suivante furent tout juste suffisant pour leur permettre de préparer les chambres du deuxième et du troisième étage mais le dimanche matin, tout était prêt pour accueillir l'ordre du phénix.
Etonnamment, durant les trois jours qu'avait duré le nettoyage et l'assainissement de la maison, Kreattur ne s'était pas montré une seule fois. Ce n'est que quelques heures avant la première réunion de l'ordre dans son nouveau QG (la précédente s'était déroulée à Poudlard) qu'il réapparu, couvert de poussière de la tête aux pieds.
Après que Sirius l'ait interrogé, il s'avéra qu'il avait passé son temps dans le grenier, prostré devant le tableau de Mme Black, à se lamenter et à maudire son maitre, le fils indigne de sa chère maitresse.
